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Adissiàs e benvenguda a tots. Bonjour et bienvenue à tous.

Vous avez été 1456 visiteurs par mois au premier semestre 2016 sur fenouilledes.free.fr record en avril avec 2238 visites, en ne prenant en compte que les dix articles les plus suivis. Curieusement la nouvelle édition 2016 fenouilledes.fr plus documentée ne totalise que 346 visiteurs en moyenne mensuelle.

Quand la réalité est dure à avaler, l’aseptiser avec des termes creux ou de doux euphémismes revient à la masquer. Vous aurez beau les qualifier de seniors, les octogénaires demeureront des vieux; Un malentendant restera un sourd… Nous allons nous efforcer de nommer concrètement ce qui suit, il s’agit d’accepter qu’un chat soit appelé un chat. A la recherche d’un juste milieu entre la langue de bois et l’acrimonie, cependant cela n’est pas évident en étant doublement exposé entre ses recherches historiques et au contact permanent dans la vie courante de la mentalité des roussillonnais, laquelle est bien connue.

Des internautes, que je remercie ici de leurs critiques, ont été outrés que ce site soit haineux aux dépends des catalans ! Ce n’est qu’une illusion initiée par un lourd passif à charge développé sur plusieurs articles sans éléments opposables. La haine est fondamentalement bannie de ma pensée. Si vous êtes objectifs vous comprendrez aisément au fil des pages qu’ils ont poussé et qu’ils poussent toujours le bouchon trop loin, tellement qu’ils sont passés dans le dictionnaire : 

Le mot Catalan figure dans le vocabulaire occitan-languedocien, hormis le sens évident, il se traduit en français par le diable. Dico Languedocien – français de l’Institut d’Etudes Occitanes dit L’Alibert.

 

 

Les auteurs

Père et fils, le premier, Jacques né en 1955 est issu de très anciennes familles de Prats, Rabouillet, Le Vivier et limitrophes, permanentes dans ces villages depuis les XVIe-XVIIe siècles, probablement antérieurement. Quelques ancêtres furent influents sous l’Ancien Régime avec ou sans soutane. Plus récemment plusieurs générations ont prospéré dans la fabrication et le commerce de chaussures entre Agly et Aude notamment pour l’armée.

J’ai quitté pendant quelques années le département dans le cadre de ma formation professionnelle au LEPA de Castelnaudary puis un tour de France des plus grands noms de la jardinerie et de la pépinière ornementale.

 

Démarche et processus

Dès mon retour au pays, les différences comportementales des roussillonnais comparativement à d’autres provinces me sont apparues de toute évidence. Il règne autour de Perpignan une pléthore de superlatifs aussi négatifs que infondés aux dépends du Fenouillèdes, des Gavachs, un état de désinformation généralisée de l’Histoire. Quelques fois comme nous allons le voir sur l’article Gavach des affirmations qui semblent être l’expression d’un regard hautain à l’encontre des occitans, d’ailleurs recherchez Gabach sur Google, vous ” apprécierez ” leurs interprétations sur les sites catalans. En matière de Fenouillèdes le roussillonnais lambda est d’ordinaire mal conseillé.

  • Définitivement acquis à la France dès 1258, le passé Aragonais ou Catalan ( sic ) du Fenouillèdes est des plus réduits, résultante de deux testaments, vers 1170 à 1220 et  vers 1240 à 1250, les tentatives d’invasion ont été maîtrisées. Au temps des carolingiens et des francs il dépendait de la Marche d’Espagne et du comté de Bésalu, localité au sud de la frontière actuelle. Ces régions militaires jusqu’au sud de Barcelone étaient régies par la ” France “, les comtes carolingiens de l’entourage de Charlemagne, leurs descendants et marquis prêtaient serment d’allégeance à St Denis… Quasiment tous les roussillonnais l’ignorent.

Rapidement je fus intrigué par les divergences* entre les historiens des Pays Catalans et leurs homologues languedociens ou français avec l’écheveau qui en résulte. Pour plus d’objectivité ou moins d’escamotages, il m’ est apparu nécessaire de croiser les récits à la catalane avec les transcriptions occitanes. Pour autant, ces derniers ou les français sont ils plus impartiaux ? Peut-on se fier à quelqu’un ? Plus simplement  des auteurs catalans au panthéon de diverses spécialisations liées à l’Histoire ont leurs pages Fenouillédes pleines d’énormités, de contrevérités…  Le lecteur de ces travaux bâclés n’y verra que du feu et le livre se sera vendu quand même !

* Divergences : De même sous un seul drapeau. Vous en avez une sélection listée  en première page de l’article  VI ème au XIII ème siècles.

Il fallait faire quelque chose en réplique objective à ces niaiseries, lesquelles désinforment les nouveaux catalans autant que ceux autochtones. Mais comme on l’a vu je ne suis pas un historien. J’ai essayé de procéder à un tri des auteurs selon leur bagage et l’origine géographique, les présumés proches des très actives associations culturelles catalanistes sont exclus par précaution élémentaire, les autonomistes et identitaires sont parmi elles. Ceux retenus figurent sur l’article Liens et Livres Fenouillèdes, ils ont bien entendu toute mon admiration. Ce sont souvent des œuvres d’une vie, impliquant des recherches colossales. Les articles qui suivent sont une synthèse d’ouvrages parus depuis 1880, la plupart dits de référence, documentés via des sources antérieures faisant autorité.

Rien dans ce site n’est inventé ou réinterprété, amis catalans il est stupide de vous emporter lorsque son contenu diffère des préjugés dont on vous a consciencieusement imprégnés au risque de vous en abêtir. Faites comme nous, fuyez le tout Catalan, échappez vous de votre cercle somme toute relativement restrictif, de sorte à diversifier vos sources d’information. 

Cliquez en haut d’écran sur les articles suivants : Les Gavachs, Toponymie occitane en Pays Catalan, vous allez en apprendre de belles s’agissant plus particulièrement des fondements occitans sur lesquels les catalans sont assis à leur insu, cela leur est méticuleusement dissimulé. Toujours en ce sens, sont incontournables les chapitres regroupés dans la rubrique Chronologie couvrant la période carolingiens – Traité des Pyrénées.

Enfin le Fenouillèdes est méconnu même de ses riverains de la plaine. Ses milieux préservés d’une grande diversité, sa densité inouïe en monuments archéologiques et historiques, se doivent d’être divulgués et protégés.

 

Croix occitane : En héraldique simplifiée,  croix d’or alésée*, pattée, vidée sur un champ de gueules, ornée de trois pommettes à chaque branche. Adaptation de formes similaires apparues au II ou III siècle au Moyen – Orient dont le chrisme cathare. Importée par les wisigoths ariens puis orthodoxes en l’état de préfiguration, c’était la croix dite de Byzance ou de Constantinople dès 375 – 404. Plus tard arborée par les comtes de Toulouse à partir de Venasque en Provence d’où les appellations de croix de Venasque ensuite Raimondine et de Toulouse.

Emblème des comtes carolingiens de Barcelone jusqu’à leur sécession du XII siècle. Ainsi des wisigoths aux Raimond Bérenger de Barcelone il a durablement flotté sur les comtés catalans, donc ceux des Pyrénées – Orientales :  Conflent, Cerdagne, Roussillon et Vallespir. Voir aux dates impliquées par ce qui précède. Il est de nos jours invisible en 66, que ce soit sur les bâtiments publics, les pôles touristiques…  ou sur les étals des Paysans.**

*Alésée : Qui n’atteint pas les bords de l’écu. Pattée : A allure de patte. Vidée sur un champ de gueules : Imaginez la croix posée sur un fond rouge. 

** Lecture conseillée : La Croix Occitane, B. de la Farge aux éditions Loubatières.

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La Senyera reial et Enseigne royale d’Aragon : D’Or à quatre pals de gueules*,  elle commença par être le blason du comte carolingien de Barcelone dès le XII siècle. Elle serait inspirée d’un gonfanon du Vatican en temps de guerre et son émergence coïncide avec le séparatisme susdit. A Forcalquier toujours vers les années 1100 à 1200 le comte de Barcelone a introduit un modèle à la ressemblance troublante, lequel est-il l’initiateur du second, le provençal ?  Origines plus ou moins réelles synthétisées aux dates correspondantes.
Peu de temps après la scission ” Ramon Bérenguer ” s’auto – proclame roi,  Raimond Bérenger IV se marie à l’héritière du royaume d’Aragon, il est à la tête de ces deux Etats réunis. Leur fils sera le premier roi de la Couronne d’Aragon et sacré à Saragosse. Ce quartier devient les Barres d’Aragon.
Quand à la variante du XX ème siècle dite Estelada, c’est à dire L’Etoilée agrémentée d’une étoile blanche ou rouge elle permet de ” Repérer ” les indépendantistes.
*D’Or à quatre pals de gueules : Soit à quatre bâtons  ( Pieu, barre, canne…) rouges.

 

 

Géographie

Le Fenouillèdes sis au nord des Pyrénées Orientales, s’étend sur le bassin de l’Agly en amont d’Estagel, au sud de la barrière climatique et géologique des Corbières. Ainsi que sur le canton ( Au sens 1790 ) d’Axat dans la haute vallée de l’Aude*, du département du même nom, en rive droite de ce fleuve, du Capcir à St Martin Lys. Escouloubre et le Bousquet* déduits. Voir cartes. Il couvre ceux de Latour de France ( Hors Estagel, Montner, Tautavel ), Saint Paul de Fenouillet et Sournia ( Sans Arboussols, Tarérach ). Tous de culture Occitane qu’ils se situent dans  le 11 ou le 66. De 797 à 863 ou 864 il comprenait le Razés. Pays de Rhedae c’est à dire Rennes le Château . * S’agissant du Roquefortés ( Roquefort de Sault, Buillac, Ste Colombe et Counozouls ) les auteurs que nous avons lus sont dans le flou, aux XIVè – XVè siècles les De Peyrepertuse de Rabouillet en étaient seigneurs.

Aux 10ème / 11ème siécles il lui fut rattaché le Perapertusés, le bassin du Verdouble, du Pech de Bugarach jusqu’à Montgaillard, Palairac, Aguilar, Nouvelles,  Tuchan , Vingrau, Tautavel, Cases de Péne, Peyrepertuse. Baixas en fit partie antérieurement.

 

 

Fenolhedés

en graphie Occitane tel que, Carcassés, Cabardés, Termenés, Razés, Narbonés…. Phonétiquement on frôle Fenouillèdes.

– D.Baudrel conservateur de la cité de Carcassonne,

– P.Ponsich,

– Institut d’Etudes Occitanes de Toulouse et selon l’usage des populations autochtones. Il arrive que l’accent aigu soit remplacé par un grave. Lequel est quelquefois posé sur le E médian. Ces deux variantes sont à oublier.

Institut d Etudes Catalanes à Barcelone – Université de Perpignan.

 

Fenolhedés équivaudrait à Pays des foins, du latin fenum. Nonobstant cela en languedocien le fenolh c’est le fenouil ou foeniculum vulgare. Cette apiacée abonde jusque sur les hauts de la D7 et paraît – il sur les armoiries de Pierre Ier de Fenolhet. Le Fenolhedés serait il tout simplement le pays où croît le fenouil ? Mais ces hypothèses répandues ne font pas l’unanimité auprès des plus éminentes autorités en la matière. Comme on le verra plus loin, Fenolhedés s’écrivait différemment au Moyen   Age.

Fenolheda par dérive reconnait le Conseil Général des Pyrénées Orientales , qui a osé se référer à un toponymiste* de la Catalogne. Hors le Fenouillèdes c’est l’Occitanie et la France. Il y avait donc mieux placé pour cette tâche. Peut être aussi moins outrageant pour la République*. Autre anecdote croustillante émanant de la louable démarche, du Conseil Général cent pour sang Catalan, de matérialiser les accès routiers du Fenolhedés. La déviation ci dessus à fait l’objet d’une propagande télévisée un 7 novembre, c’est à dire le jour anniversaire du traité des Pyrénées en 1659 lequel libéra les catalans du nord de 500 ans d’occupation ibérique ( Sic ), en exhibant plein écran un panneau Fenolheda sans aucune rectification de cette déviante médiévale

* Auteur diffusé par Terra Nostra dont il fut le fondateur en 1965, association à fort penchant identitaire catalan,  actuellement présidée par Ramon Gual. C’est tout… Et plus qu’il n’en faut pour être de mauvais augure, quand au reste voir plus bas à Divergences.

Terra Nostra est une revue catalane scolaire…Nombreux  ouvrages publiés, tous en défenses de la langue et de la culture catalanes...François Calvet, Sénateur Maire de Le Soler.  Nom repris à titre de reconnaissance par le magazine de Perpignan Méditerranée Métropole.

Fenolheda sur l’Alibert : endroit couvert de fenouil.

Sinon en Catalan : Fenolléde et Fenolledés, exclusifs chez trop de sommités locales dans leurs écrits dédiés. C’est fort ennuyeux en matière de neutralité historique attendue. Rendez vous compte  être français autochtone de la Catalogne Nord* et oser rhabiller en catalan s’agissant des noms du Fenouillèdes ! Même des universitaires dont un de renom international, méconnaîtraient ils la forme languedocienne ? Ce ne serait pas surprenant dans le contexte qui suit.. Per favor = S’il vous plait en catalan, mettez à contribution votre IEC* et université de Perpignan.

*  Catalunya del Nord, nom territorial proposé en 1938 par un visionnaire Alphonse Mias d’Amèlie les Bains Palalda puis relancé en 1974 par Laurent Planes – Llorenç Planes de Coustouges 66 avec l’adoubement du Conseil Général le 10 décembre 2007. De là à supputer que le Conseil Général de la République soit noyauté par des politiques identitaires et/ou indépendantistes? La Catalogne Nord englobe la Cerdagne, une part du Capcir, le Conflent, le Roussillon et le Vallespir.

** Institut d’Etudes Catalanes.

Le Pago Fenuleto

Est la plus ancienne dénomination connue, d’après une charte de Charles le Chauve du 24/12/842. Il fut rattaché à la France dès 1258, le reste du département en 1659 au traité des Pyrénées. Sa position frontalière pendant quatre siècles lui a valu une succession impressionnante d’exactions. Du fait des antagonismes entre les royaumes de France et ceux de  Catalogne, d’Aragon, Majorque, Espagne. Il fut aussi un poste avancé des Templiers, reconquête chrétienne de l’Espagne oblige. Précédés par les Romains, les Wisigoths, les Faidits (Cathares dépossédés de leurs terres). Suivis de Simon de Montfort, de bandes de Huguenots et de tant d’autres indésirables qui n’ont eu de cesse de le piller et de le saigner à blanc. Ces multiples ruptures et transferts font que l’histoire du Fenouillèdes compte des lacunes. Les archives sont dispersées entre Montpellier, Tolède, Toulouse, Saragosse…

 

 

Divergences ou l’Histoire séculairement frelatée

On vient de comprendre avec quoi peut rimer Catalan. Restons dans cet ordre d’idées et sans exhaustive, les cas de figure sont légion. Il règne généralement un sorte de négativisme de l’histoire quand elle est abordée par eux ou de ” génocide culturel ”  sournois, dont les victimes sont les occitans des Pyrénées Orientales. C’est  vraisemblablement d’abord l’illustration de faiblesses identitaires catalanes qui ne sauraient être atténuées par la double cause d’être historien enraciné à cheval sur les Pyrénées en Pays Catalan.

–  Ci-dessus

–  Le magazine du Conseil Général des Pyrénées- orientales intitulé L’Accent Catalan ignore les languedociens de ce département. Cela concerne l’ensemble de la presse*. Par contre les associations, partis, mouvements, artistes engagés identitaires et indépendantistes catalans y sont omniprésents; Ce qui contribue, comme le rhabillage pré cité à la désinformation du public en s’appliquant à le matraquer unilatéralement et sans cesse. Proportionnellement, aucun contenu relatif au rôle de ces occitans en matière de culture et d’histoire.

Pareillement lorsque vous composez un numéro de téléphone du Conseil Général, vous êtes invité à patienter avec un sympathique message exotique ( En catalan ). L’association d’un équivalent languedocien serait opportune.

* N’allez pas interpréter compromission active de L’Indépendant.  Cependant ayant voulu vérifier mon opinion tout en suggérant un rééquilibrage à la rédaction, je dirais plus sûrement infiltration par d’irréductibles catalans à l’horizon très limité, après avoir reçu une lettre anonyme en guise de  réponse. 

 

 

001

Denis Dupont, L’Indépendant du 27 avril 2016.

A cette date, cet avis n’est que le dernier du genre, il revient continuellement et de toujours. Il  est unanimement partagé en Fenouillèdes. Ci – dessous un extrait de compte – rendu d’un conseil municipal d’un village du Fenouillèdes en mars 2017.

… Le Maire expose aux membres de l’assemblée qu’en proposant la dénomination de SYDEEL du Pays Catalan, le syndicat, institution représentative de l’ensemble des communes du département des Pyrénées-Orientales, exclut de fait les communes occitanes, dont …, de son périmètre d’action. Il ajoute que le Conseil Municipal de la commune de … a toujours soutenu toutes les actions de revendication en faveur de la prise en compte du Pays Catalan par la nouvelle région Occitanie, mais ne peut pas accepter une démarche qui écarterait les communes occitanes du Fenouillèdes. Il regrette que tant d’énergie soit déployée à cette action, hors du champ de compétence du Syndicat. Il ne peut accepter l’absence de prise en compte de la particularité occitane du Fenouillèdes au sein du département des Pyrénées-Orientales, à plus forte raison au sein d’un syndicat, tel que le SYDEEL 66, dont le fondement repose sur la représentativité de toutes les communes du département ! Le Conseil Municipal, à l’unanimité des membres présents, rejette dans toutes ses dispositions les nouveaux statuts du Syndicat Départemental d‘Energies et d’Electricité des Pyrénées Orientales (SYDEEL66), et propose de conserver la dénomination actuelle.

PS : Qu’est – il arrivé aux acteurs languedociens de ce syndicat ?

 

–  Contrairement au Catalan, l’Occitan est absent des programmes scolaires par contre le premier est enseigné en Fenouillèdes !

– Cartes de l’IGN :  Déjà réputé franciser à tout va; Sur les éditions à partir du début des années 1990, des toponymes Français et Occitans de l’aire catalane ont été remplacés par leur traduction catalane*,  dans tout l’espace compris entre la frontière de 1258 et l’actuelle. Voir en 863 un aspect occulté et le détail sur Toponymes Occitans en Pays catalan.

* Si quelqu’un en connait les ” Justifications ” je suis preneur.

–  Des faits historiques re – cuisinés à la sauce Catalane sont couramment servis, notamment concernant les événements du XIIè siècle et antérieurs, sous forme habituelle d’omission généralisée de la contribution française – languedocienne fut – elle prépondérante. De très nombreux auteurs catalans sont impliqués*. Une sorte de déni de l’existence du Fenouillèdes – Languedoc mitoyen. De tous temps leur relation est en contradiction avec celle de leurs homologues français et l’emmêle. Il faut savoir que :

… les historiens Aragonais et Catalans ont toujours été jaloux de reculer les limites de l’Espagne... François Jaubert de Passa 1785-1856. Dans un rapport remis au préfet par ce savant Catalan du nord. En parodiant leur célèbre compatriote Julio Iglésias, non ils n’ont pas changé… Puisque généralement ils s’inspirent en bloc des écrits de leurs prédécesseurs sans purger le texte de mentions invraisemblables susceptibles de dénaturer l’histoire.

Tant, pour ne pas s’interroger, sont ils non intentionnels ? Les historiens* ou supposés tels du sud des Corbières seraient-ils sous influence, que ce soit à leur corps défendant ou pas ? A rapprocher de, nos ancêtres les Gaulois, inculqué aux écoliers d’Afrique noire, d’Indochine… Ou s’agit il d’égocentrisme identitaire, d’hypothèses et d’interprétations aventureuses ? D’une sorte d’adoration, d’obnubilation, d’idéalisation de leurs origines, en oubliant déjà que leurs aînés y ont fui la dictature et un sous – développement relatif, aboutissant dans l’ensemble à une approche bornée à la Catalogne, entre Barcelone et le Mont Canigó* ? Sans doute de tout un peu. Voir aussi la réputation des roussillonnais commentée en pages Gabachs. De toute évidence on est aussi en présence d’une ” Catalanisation ”  larvée et épurative des acquis languedociens en Catalogne.

* * * * Laissant à penser à :

– un prosélytisme à la gloire exclusive de la Catalogne autant initié par les historiens de village que par toutes personnalités largement diffusées jusques dans les revues spécialisées en archéologie ou en histoire ainsi que dans tous les documentaires télévisés.

– Une inclination favorable aux indépendantistes. Plus inquiétant des enseignants sont dans ce lot.

Ce contexte fait qu’on s’achemine vers une disparition de la culture et de la langue occitane chez les languedociens amalgamés au Pays Catalan du nord consécutivement à la création des départements en 1790.

Le jacobinisme catalan tous azimuts : Il est à craindre que quelques lignes de cette étude soient polluées, comme les milieux administratifs, culturels et les médias le sont par ces conquistadors. Pareillement tout catalan ou roussillonnais lambda quelque soit son niveau d’instruction, est maintenu trompé par ces mêmes canaux relativement à l’histoire de son département. 

Un précédent au nuage radioactif de Tchernobyl arrêté aux frontières de l’hexagone, s’il fallait tomber dans le panneau des allégations catalanes. Soyons lucides, les Corbières pas plus que les Pyrénées n’ont jamais été des obstacles hermétiques à la circulation des  influences culturelles quel que soit le sens du courant, encore moins spécifiquement aux seules contributions Nord – Sud.

Les trois immigrations hispaniques massives du XX ème siècle dont les républicains Espagnols fuyant la dictature de Franco, n’ont rien arrangé par la force du nombre. Celle favorisée par une différence sensible de développement demeure active. On estime communément 4 à 5 habitants d’origine ibérique pour un de souche française locale, cette proportion nous paraît fantaisiste, cependant elle a le mérite d’exister. Ces réfugiés et leurs descendants étant largement majoritaires sont courtisés par des candidats aux élections venus chercher leur bénédiction, ce qui participe aussi à la confusion historique ambiante, à en tomber dans le panneau…  Pays Catalan d’entrée de village*.

* Le type d’initiative digne d’un :  – On aurait pu y penser plus tôt,  sauf manœuvre groupuscule catalan plus tourné vers Barcelone que de Paris.

 Il n’est qu’à discuter avec pour s’en convaincre. A titre d’exemple :

  • Ils ignorent tous que leur emblème était la croix occitane jusqu’à ce que la bannière à quatre pals de gueules et d’or leur soit imposée par le petit comte de*Barcelone au XII ème siècle. Un bourrage de crâne dès les plus jeunes années. A tel point que en dépit de la transmission acquise de mes aînés,  j’en fus réduit à être fier d’être catalan, tant  le raisonnement en arrive à être insidieusement abruti par des interprétations unilatérales, ayant vécu toute ma scolarité dans ce pétrin. De quoi en avoir rétrospectivement une honte indescriptible quand on descend du Languedoc. Un second exemple  plus actuel et savoureux en point de chute de l’article XI ème.

* Selon la formule de René Quehen à – propos du ” Coup d’Etat ” de ce carolingien, voir plus haut aux blasons.

On vient d’en avoir un avant goût, les pages qui suivent mettent entre autres en évidence l’héritage languedocien de la Catalogne du Nord. Présenté  dans la bonne humeur, cela revient à écrire : Ubu ou Artaban le Catalan fièrement dressé du haut de son piédestal culturel et historique d’Occitanie, sans qu’il en soit instruit !

 

Pis ! Le Grand n’importe quoi :

  • Des sites  du Fenouillèdes et pas des moindres, arborent l’étendard de la Catalogne ou incluent dans leur condensé historique des assertions trop influencées de ce côté là.
  • Le long de la 117 tous les producteurs locaux drapent aux couleurs catalanes leurs étals de fruits et légumes, croquants, miel, vins…  Plus que des outrages envers leur Pays, ces aveux d’ignorance entretiennent la méprise.

 

Un brin d’humour.

Les bleds du Roussillon : Bled au sens de localité perdue, la différence est que là il s’agit de l’état d’esprit des autochtones de Perpignan et de sa plaine ! Cliquez sur Les Gabachs, vous aurez un portrait des catalans du 66.  Trop de roussillonnais presse comprise (magazines locaux, guides de randonnées ou touristiques…), étiquettent volontiers nos villages comme étant des bouts du monde. Erreur d’appréciation qui pourrait trahir un orgueil ibérisant plus ou moins inconscient, leur empêchant d’admettre que ce sont eux qui le sont dans les diverses acceptions du terme. Manifestement leur mentalité,  citadins associés, est généralement plus reculée que ne le sont géographiquement les localités sus visées. Pays méconnu serait plus approprié car ils s’aventurent peu hors de leur microcosme. En s’en tenant aux plus excentrés, Rabouillet et Vira sont à moins d’une heure du centre-ville de Perpignan. Côté audois il faut moins de temps pour descendre à Quillan.

Illustration des dérives du Tout et Tous Catalans:

  • Revoir en pages Divergences, l’extrait d’un conseil municipal.
  • Coll pour Col est Catalan mais nous sommes en lisière d’une forêt domaniale délimitée par des bornes à fleur de lis donc en Languedoc, on devrait lire Còl. Il resterait aux dizaines de milliers d’occitans de Catalogne Nord à s’insurger en rebaptisant en languedocien les lieux emblématiques de leur sphère de vie ( Mairie, église, monuments…), les irréductibles catalans ne le supporteraient point. A Perpignan la Place de Catalogne et le Palais des rois de Majorque deviendraient Plò de Catalonia et Palaissòt dels reis de Malhòrca… Et cela serait moins incohérent que la discordance qui précède, en prenant en compte le socle languedocien du Roussillon.

 

Remerciements

A ceux qui se sont inspirés ou ont puisé dans ce site et son jumeau ci dessous :

– Plus particulièrement à Mme Geneviève Gavignaud Fontaine agrégée d’histoire. A ce titre c’est le meilleur encouragement que je pouvais recevoir. Saint – Paul et les Fenouillèdes – Les racines de leur histoire, livre présenté en pages Liens et Livres Fenouillèdes. Mais là je me dois de me répéter pour cause de souci de crédibilité, je n’ai aucune qualification d’historien.

– Aux professeurs Bordes, Calvet et Crambes pour leurs apports et éloges.

– A un anonyme, à priori un anglais ? Qui m’a devancé en publiant une copie en PDF de l’article Toponymie Occitane en Terre Catalane.

– Aux auteurs de liens.

-Un grand merci à mon fils Alexandre, lequel dés ses 14 ans a eu l’initiative et le dévouement illimité de créer ces sites. N’étant pas né à l’ère de l’informatique, ce fut et demeure une contribution essentielle.

Du même auteur : histoireetrando-prats-de-sournia.fr axé sur la randonnée. Histoire locale, toponymie , fiches de randonnées abondamment documentées pour vous épargner d’avoir à prétendre au retour : Il n’y a rien à voir. D’autres sont à venir.

 

Fenouillèdes 1700 à nos jours

– XVIIIe siècle –

  • Quelques personnalités liées au pays et célèbres tant en Espagne que en France, à la date 1939.

 

Au début de ce siècle, les vignes et les oliviers ayant gelé, développement de la sériciculture principalement dans les localités de la frange Est du Fenouillèdes, Felluns et Trévillach*? Caramany, Latour de France, Cassagnes…Cependant en plein essor, consécutif à la crise phylloxérique  du XIXè, l’ouverture du canal de Suez en 1869 en facilitant l’importation de cocons asiatiques, fut fatale aux magnaneries. Par ailleurs deux épizooties la flacherie et la pébrine décimaient les chenilles dans des proportions effrayantes, ce qui valut au département la visite de Pasteur, motivée par des dommages  moindres comparé aux Cévennes où il était en résidence dans le cadre de ses recherches.

* Deux indications toponymiques, respectivement l’Amorièr ou amourié en usage phonétique  = Plantation de mûriers. L’Armourière à Roquevert.


08/04/1702 : La cour des comptes de Montpellier ordonne la séparation de la communauté de Fenouillet de celle de Caudiès.


20/12/1703 : Partage entre les habitants de Fenouillet et le Conseil général (ce terme est-il adéquat ? ) de Caudiès des censives, dettes et gages. Sans aliénation des droits et privilèges des fenouilletins sur le territoire de Caudiès et pareillement pour ceux des caudèriencs sur celui de Fenouillet.

Censives : Redevance en argent ou en denrées que certains biens doivent annuellement au seigneur.

Conseil Général : Assemblée convoquée par les consuls, dirigée par les plus riches chefs de famille dans les petits villages, hormis l’élection des consuls leurs délibérations étaient celles d’un conseil municipal actuel. Ailleurs  des avocats menaient les débats, lesquels recevaient les bourgeois et les commerçants. Tous les administrés avaient la possibilité d’y assister à titre consultatif.


18/05/1704 : Le Conseil général de Caudiès décide d’alléger les impôts des brassiers  (ouvriers agricoles qui travaillent avec les bras et ne possèdent rien d’autre), souvent forcés d’aller gagner leur pain en Roussillon et en contre partie de majorer ceux des grands propriétaires.


27/04/1708 : Logement à Caudiès, ville étape, de douze compagnies du régiment des dragons de Guyenne. Plainte auprès de l’évêque pour viols orchestrés par les officiers, vols, dégradations de maisons et des ustensiles, coups portés aux hôtes. Le régiment fut condamné à verser 300 livres.Le séjour des armés royales provoquait des dommages considérables, en plus des charges financières imposées à la communauté. A tel point que toutes les ruses étaient valables pour essayer de se faire exempter du logement des troupes qui traversaient le Fenouillèdes depuis au moins le XVe siècle.Il n’était pas rare que les soldats soient mal payés ou que les capitaines accaparent leur solde. Comment se nourrir et s’armer dans ces conditions ? Sinon quand s’adonnant au pillage. Des mendiants, des mercenaires, des routiers étaient communément enrôles pour compléter l’effectif.


1709 : Terribles gelées, voir les liminaires ci-dessus.


1715 : Règne de Louis XV jusqu’en 1774.


1716 : La Régence instaure le système de Law.  A la mort de Louis XIV la dette publique s’élevait à 1200 millions de livres. L’Ecossais John Law fondateur de la banque générale, de la compagnie française d’occident future compagnie des Indes et contrôleur général des finances, tenta un système basé sur l’utilisation du papier monnaie qui se solda par une banqueroute après avoir connu un réel succès. Pendant la Révolution les assignats connaîtront la même trajectoire.


1718 : Ouverture d’un bureau de poste à Limoux par lequel le courrier du Fenouillèdes est acheminé.


1718 – 1776 : Sébastien Trenier, bourgeois de Montfort sur Boulzane, procureur juridictionnel.


20/11/1719 : Contrat passé devant Pierre Fauré, notaire à Caudiès entre Jean Viguier, entrepreneur de bois et lumières des corps de garde et du bois de chauffage pour les troupes du roi, et les frères Dauliac d’Ansignan pour qu’ils transportent le bois de Salvanère par flottage depuis Montfort jusqu’à Rivesaltes. Mise à l’eau prévue pour 1000 piles de bois soit 4500 livres payables en 4 fois. C’est à dire à la mise à l’eau, à ses arrivées à Caudiès, Latour et enfin Rivesaltes. Il n’est pas sûr que cet acte ait été suivi d’effet et le débit de la Boulzane étant forcément limitatif.

Des grumes du Haut – Fenouillèdes transitaient aussi via le cours de l’Aude, voir en 1228 et 1671. Flottage sur l’Aude Fédération Aude claire.


1720 : Création par D.Font d’une forge à Puilaurens, près de Gincla.

10/02/1720 : Alexandre du Vivier vend à Guillaume* Castanier d’Auriac, Conseiller secrétaire du roi, pour le prix de 240 000 livres les seigneuries de Montfort et d’Aussières avec la forêt de Salvanère. Vente devant maître Bentajou notaire de Limoux. Ensuite la marquise de Poulpry en hérita.Catherine Françoise Castanier fille de François II Castanier d’Auriac et épouse de Louis Marie de Poulpry, lieutenant général des armées. Les Castanier avaient prospéré dans le textile. Assez pour acquérir une trentaine de seigneuries dans l’Aude.

Guillaume* Castanier d’Auriac, employait environ 800 personnes à la manufacture royale de Villeneuvette. Un de ces villages usine crées par Colbert dont l’activité consistait à fabriquer des draps à partir de la laine des ovins. Sur la route de Clermont l’Hérault à Mourèze. Une contrée méritant une escapade à plus d’un titre.

* Le II, le III ou le IV, mystère?


Été 1720 à Mosset : 39 855 caprins et ovins en estive, autres villages non comptés,  généralement en provenance du triangle Latour, Opoul, Perpignan plus 3030 de Durban. Les principaux axes de transhumances hormis  les troupeaux andorrans et ariégeois venant passer la mauvaise saison en Roussillon :

  • Du rivesaltais au col de Jau, le Donezan et au – delà via la ligne de partage des eaux entre Agly et Têt afin d’éviter les ravins et les rivières. Le Col de la Bataille recevait aussi ceux du Roussillon.
  • De Tuchan par la vallée du Mauri, Derc village disparu au sortir de la Clue de la Fou, Le Vivier… Une bifurcation à Estagel vers Planèzes, la Désix, Sournia…
  • L’énorme troupeau des cisterciens de Fontfroide parcourait  le premier itinéraire avec haltes à Génégals ( Vingrau, Pas de l’Escale ), Château de Jau / Fief des cisterciens de Ste Marie de Clariana monastère proche du Col de Jau,  Sequères…

08/1720 : Crise financière de Law : Les actionnaires furent très nombreux à vouloir récupérer simultanément leur or. Lequel avait disparu dans le renflouement des caisses du régime. Ce système bancaire était vassal de la royauté et avait à sa charge la dette publique.Les du Vivier auraient été ruinés par la chute des actions et la dévaluation des assignats. D’où la vente du 10.02.


1733 – 1739 : Des dates plus tardives circulent, elles aboutissent à la Révolution. Une famille  d’origine italienne, les Cassini de Thury *, mandatés par Louis XV, cartographie le Fenouillèdes. Dés 1683 trois générations de ces géographes arpentent autour du Canigou.

* Les lieux – dits Thury avec ou sans H ( Caramany, Montfort, Pézilla, Trevillach  … ) sont ils liés à ces travaux ou au célèbre lieutenant de Simon de Montfort, Lambert de Thury, mystère ? Pour notre part nous sommes enclins à faire prévaloir le tuf = Turi en parler local. Le versant sud de Pézilla de Conflent en est pétri. 

Consultez librement la carte Cassini sur Geoportail.gouv.fr

Ces cartographes ont été devancés en 1719 Par Lhuillier et Villaret.


1739 : Les consuls de Sournia obtiennent la création d’un pèlerinage à Saint Laurent d’Arsa.


1740 : Gelées mémorables. Grande famine partout en France.Il est probable que l’expression “tenir une faim de quarante” en soit issue.


08/1741 : Etablissement d’un nouvel impôt, le dixième, prélevé sur les revenus supérieurs à 100 livres. Les nobles y étaient assujettis depuis 1710. En 1749 il fut réduit au vingtième et généralisé.


1750 : Depuis 1700 des centaines de familles ont fuit la misère et le Fenouillèdes pour s’établir en Roussillon : Rennes le château, Counozouls, Cassagnes…  L’âge d’or du pastoralisme est révolu, la picote et la morve mortelle chez l’homme, ont décimé les ovins et caprins et ruiné les bergers. La deuxième moitié du siècle verra empirer cette hémorragie démographique avec la promulgation de deux édits taxant chaque mouton et plus favorables à l’agriculture puis le partage des communaux. Au début des années 1800 la clavelée ou variole du mouton fera de nouveaux ravages en dépit du cantonnement de chaque troupeau.

03/08/1754  Etats Généraux du Languedoc : Examen d’une plainte des consuls de Latour de France déposée en décembre et relative aux droits de leude ou péage sur les marchandises.


16/08/1756 : Lettres patentes autorisant Marc – Antoine Marie – Thérèse Dax d’Axat dit marquis d’Axat à construire les forges d’Axat.


14/09/1767 : Jacques Antoine de Rivals achète la seigneurie de Gincla aux Du Vivier. Peu après il fait l’acquisition auprès de Catherine Françoise  de Poulpry des forges et de deux moulins à grains sis également à Gincla. Il était aussi concessionnaire de la forêt de Boucheville et en Conflent des mines de fer à Fillols. La marquise de Poulpry reste propriétaire de près de 2000 ha de forêts en ne considérant que le Fenouillèdes, de Salvanére à Gincla, en passant par Ste Colombe sur Guette, avec les métairies d’Aussières et de la Margarido et son minier.


1774 : Felix Armand est nommé curé de Saint Martin Lys.


1774 / 1850 : François Cambriel, né à Latour de France. D’abord fabriquant de draps à Limoux puis,  après être monté à Paris, philosophe hermétique auteur de Cours de philosophie hermétique ou d’alchimie.


1775 : La session annuelle des Etats décide la création d’un itinéraire de substitution au chemin de l’étape c’est à dire la route militaire venant de Limoux par le col de Saint Louis. Jusques là l’axe Caudiès, le Vivier, les Albas, Caramany, Latour, Estagel était en usage. Le diocèse d’Alet et les Etats décident d’un nouveau tracé Espéraza – Caudiès – Estagel par la vallée du Maury. Cette nouvelle voie sera achevée peu avant la Révolution. etats-du-languedoc.univ-montp

Vers 1775 : L’ingénieur des mines Antoine de Genssane puis son fils mandatés par les Etats explorent le Languedoc dont le Fenouillèdes* à la recherche de nouveaux gisements de houille et métallifères, le coût du charbon de bois étant devenu prohibitif. Son expertise s’exprime pleinement dans les cinq volumes de L’ Histoire naturelle de la province du Languedoc parus à partir de 1776.

* Vallée de la Boulzane, synclinal du Fenouillèdes, Rasiguères, Bugarach…

1779 Salvezines :  Concession octroyée au sieur Dubosc pour l’exploitation de filons d’argent, cuivre, plomb. Les inondations du 14/01/1783 ravageront irrémédiablement le haut – fourneau et la manufacture d’aciers.


Vers 1780 : Le seigneur de Gincla Raymond Jacques Pascal Rivals-Gincla est receveur général des finances de Carcassonne et membre de l’Orient de la même ville. Il est à l’origine de la dynamique industrielle des forges de Gincla. Dont le renom remontera jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir.On lui doit l’aménagement de la route Lapradelle-Montfort. Cet antique chemin permettait d’aller à Prades par Aussiéres et Mosset.


21/05/1782 : Suite à une épidémie de suette les Saints Paulais implorèrent Saint Antoine de les délivrer de ce fléau, lors d’une procession. Ils se rendirent de Saint Paul à Galamus par Saint Christophe, l’Agly, la Tirounère c’est à dire le débouché des gorges. Puis ils gravirent les éboulis jusqu’à rejoindre ce qui deviendra en 1892 la route de Cubiéres, quelques dizaines de mètres avant le parking de l’ermitage.L’épidémie cessa et une chapelle fut créée en action de grâces.La suette milliaire ou gale bédouine est une maladie contagieuse provoquée par un acarien, le sarcopte, révélateur d’une mauvaise hygiène. Avec fièvre doublée d’hyperhydrose et d’éruption cutanée.


1784 : La pomme de terre est déjà cultivée à Trevillach, sans être soumise à la dîme.

1784-1789 : En Fenouillèdes comme partout en France, succession de la calamités naturelles, voir à géologie, paragraphe Genèse de la Révolution Française. Les paysans ont perdu la presque totalité de leurs récoltes et les semences, c’est la famine. Parallèlement le petit peuple est très lourdement imposé particulièrement sur le sel, lequel était incontournable pour la conservation des denrées. Le clergé et la noblesse ne sont que très peu ou pas soumis à l’impôt.

  • Une autre catégorie ” De tous temps ”  fortement exemptée, les paysans chargés de la défense du pays en cas de raid de l’ennemi. En contrepartie  de ce privilège héréditaire ils avaient obligation de servir toutes affaires tenantes.

1785 : L’intendant de la province donnait des ordres aux officiers de Louveterie de Toulouse pour chasser les loups et les ours autour de Caudiès.


1787 : Edit de tolérance, fin des persécutions religieuses, le XVIIIe n’est il pas le siècle des Lumières. Des idées novatrices et de progrès se vulgarisent, mais elles ne sont pas en phase avec l’absolutisme.


08/12/1788 : Louis XVI ayant convoqué les Etats Généraux, les notables de St Paul s’adressent au roi dans une requête imprimée relative à la représentation du Tiers aux Etats, à l’élection et au statut social de ses députés. Le ton est emphatique envers le monarque, ce courrier s’achève avec un Vive le Roi ! Copie de ce document de quatre pages sur la revue Fenouillèdes No 40.


02/1789 : Les cahiers de doléances : De février à avril et sur décision de Louis XVI, le tiers-état de chaque paroisse s’adresse au roi. Le clergé et la noblesse établissent leurs propres documents.Mais dans la sénéchaussée de Limoux le texte définitif fut l’œuvre de Raymond Ribes substitut de l’intendant du Languedoc, sans tenir compte des doléances des communautés.  Voir à la fin de ce siècle.

Vers le 10/03/1789 : Nomination des députés aux États généraux du diocèse d’Alet. Chaque paroisse pouvait désigner deux délégués électeurs sauf Saint Paul et Caudiès qui avaient droit à quatre électeurs. Tous les français ayant 25 ans au minimum et inscrits sur le rôle des contributions pouvaient être mandatés comme électeurs ou devenir députés.  Ils se rendaient à l’assemblée du Tiers État de la sénéchaussée de Limoux pour procéder à l’élection, élaborer le cahier de la sénéchaussée.

02/05/1789 : Versailles : Sur ordonnance de Louis XVI motivée par la crise économique réunion des États généraux. Présentation des mille deux cents députés , vêtus spécifiquement selon leur ordre et la volonté du roi. En décembre Necker obtint le doublement de la représentation du Tiers. Ses députés sont dorénavant plus nombreux que ceux du clergé et de la noblesse réunis.

09/07/1789 : Aux  États les députés du Tiers proclament l’Assemblée nationale Constituante, c”est l’amorce de la Révolution Française.

04/08/1789 : A 02.heures du matin la Constituante abolit les droits féodaux et les privilèges. Affirmation de l’unité juridique de la nation jusques là variable selon les communautés et les provinces.

06/08/1789 : Caudiès, couvent des Augustins : Constitution de la première Fédération de France. Événement tombé dans l’oubli. Celle d’Etoile dans la Drôme n’a été fondée que le 29 novembre 1789. Ce village  est pourtant connu pour être le précurseur de ces rassemblements d’assistance mutuelle. Entre 40 communautés et 12.000 gardes nationaux.Cette première Fédération est consécutive à deux événements qui ont ébranlé Caudiès. D’abord le pillage du grenier à sel du Fenouillèdes les 3 et 4 du même mois par 3.000 brigands. Avec l’entrepôt de tabac et la cave du receveur Regnard des Fontaines. Ces bandits mirent à profit la chute de la Bastille et du pouvoir pour sévir à Caudiès qui était jusques là ville royale. Puis le lendemain le bruit courut qu’une nouvelle bande approchait en venant de vers Quillan. Mais ce n’était apparemment qu’une rumeur. Au plan national c’était La Grande Peur, une panique collective impliquant des bandes de brigands, le plus souvent imaginaires, prêts à vous tomber dessus. Toujours est-il que seuls des renforts des paroisses du Fenouillèdes et du Conflent accoururent au secours de Caudiès. C’est à partir de là que fut décidé de créer une confédération à but défensif des patriotes des villages alentours soit 1500 hommes environ. Dont la milice bourgeoise de Mosset commandée par le sieur Escanie, celles de Montfort, Saint Paul, Sournia… venues secourir Caudiès. Une trentaine de communautés aurait participé, si cette évaluation n’est pas fantaisiste ? Il en reste le pré de la Fédération anciennement le pré du Saint sacrement et champ de foire.

Le grenier à sel de Prades avait subit le même sort le 28 juillet.

Caudiès ville royale était alors siège de la viguerie du Fenouillèdes.

Le rapport de forces s’inverse brutalement au détriment des gabelous assimilés à des sangsues du peuple. Le douanier Hyacinthe Fabre ( Lequel sur la base du prénom, pourrait être des Fabre – Fabresse de Rabouillet ou circonvoisins )  en mission dans les faubourgs de Perpignan le 22 / 02 / 1791 est massacré à coups de baïonnettes lors d’une énorme émeute. La contrebande va connaître ses heures de gloire jusques en 1792, comme le littoral* les cols pyrénéens sont désertés par la douane.

* Particulièrement  à St Laurent de la Salanque, réputé nid de contrebandiers tant ils y furent représentés. Synthèse ouvrage de Michel Brunet  1931 – 2017, historien agrégé.

02/11/1789 : Afin d’éponger la faramineuse dette de l’Ancien régime. confiscation des biens du clergé par la Nation, cultures, forêts, forges,  moulins, biens de fabrique, mobilier, bâti…. On s’imaginera aisément que les richesses amassées par les représentants de l’Eglise aient excitées des convoitises. Souvent leurs biens ont été vendus sous évalués. A titre d’exemple ce fut l’opportunité d’acquérir les meilleures terres à moindre coût.

31/12/1789 Baronnie de Rabouillet : Le Sieur François Cabarrus l’achète pour 440 000 réales de Vellon au seigneur de Peyrepertuse installé en Espagne. Achat effectué par son excellence Don Pedro…comte d’Aranda… sur autorisation de Louis XVI d’avril 1782.


26/02/1790 : Décret fixant les limites des départements. Les députés de la province du Roussillon voulaient incorporer la vallée de la Boulzane (canton d’Axat) dans les Pyrénées Orientales. En prenant appui sur la volonté en ce sens des habitants de Montfort dont les relations commerciales avec le Roussillon étaient bien ancrées. Meilleur accès aidant, Felix Armand et ses paroissiens de Saint Martin Lys n’avaient pas achevé le percement du Trou du curé dans les gorges de Pierre Lys. Lagrasse et ses alentours avaient également pour objectif d’intégrer les Pyrénées-Orientales ou plus exactement et selon la désignation de l’époque, le département du Roussillon, n°65 dans une série de 83, totalisant environ 110.000 habitants.

Inversement Joseph Armagnac dans le Messager de Notre Dame de Laval avril 1925 déclare en substance :

  • Le véritable désespoir (le mot n’est pas trop fort) qui s’empara de nos aïeux lorsque on arracha le Fenouillèdes à la sénéchaussée de Limoux, pour en faire avec le Roussillon le département des Pyrénées Orientales.

Il ressort de ce nouveau découpage administratif que les quatre cantons Est ci-dessous, sont si l’on peut dire, victimes d’une trahison échafaudée par la Constituante. En étant rapprochés des roussillonnais trop proches de leurs cousins d’outre Pyrénées et ennemis séculaires de la France. Ne perdons pas de vue que d’innombrables générations de villageois de Ansignan à Vira se sont sacrifiées pour que leur terre demeure de France. L’invasion espagnole de 1793 avec l’appui massif du Roussillon qui n’avait pas encore intégré le Traité des Pyrénées de 1659, allait leur donner cruellement raison.

Le Fenouillèdes est découpé en cinq cantons dont quatre dans les Pyrénées Orientales et un dans l’Aude, celui d’Axat*. Côté Roussillon, les trois actuels plus celui de Caudiès composé de Fenouillet, Fosse, Prugnanes et Vira. Il sera dissout sous la Restauration. A lire : Dictionnaire topographique du département de l’Aude par l’abbé Sabarthès. * Avec Roquefort, Buillac, Ste Colombe et Counozouls.

Fin des États généraux du Languedoc sous la présidence du dernier archevêque de Narbonne Monseigneur Arthur-Richard Dillon qui ira s’exiler à Londres. Sous l’Ancien régime le Fenouillèdes était une composante de la Généralité de Toulouse dans la province du Languedoc.

1790 : Sur proposition de Talleyrand évêque d’Autun, l’Assemblée constituante met en place l’unification des poids et mesures. Fondée sur la définition du mètre (dix millioniéme partie du méridien terrestre.)

En Fenouillèdes trois unités de mesures étaient en usage. Celles de Caudiès, de Latour, de Saint Paul. La cétérée, la quartière, le dourg, la charge, respectivement pour les surfaces, les grains, l’huile, le vin. D’autres barèmes étaient utilisés en Roussillon. Pour en savoir plus, hormis le lien qui précède nous vous recommandons la revue Fenouillèdes n* 30. Le mètre carré, le kilogramme, le litre, n’avaient pas cours. Deux cent vingt ans plus tard ces modes de calculs et les termes inhérents aux sous divisions demeurent familiers à ceux nés dans l’entre deux guerres.

30/03/1790 : Election des premiers maires.

11/07/1790 : La Garde Nationale de Caudiès prête le serment civique à la Nation, à la loi et au roi devant le maire et les officiers municipaux. Elle succède à la milice, voir en 1559.

14/07/1790 : Paris à la Bastille : première fête de la Fédération. Célébration de l’unité nationale et de la prise de la Bastille. Le roi et La Fayette prêtent serment à la Constitution. Sous la Révolution une fédération désigne une association formée pour lutter contre les ennemis de la Liberté.

24/08/1790 : Promulgation de la Constitution civile du clergé. Les curés deviennent des fonctionnaires. Début de la vente des biens ecclésiastiques. Les fonds provenant de leur vente sont recueillis dans une caisse de l’extraordinaire. D’où les assignats à 5% d’intérêts, les premiers billets. Les prêtres sont nommés par l’administration et doivent prêter serment civique à la Nation, à la loi et au roi.

05/ 11/1790 : Abrogation de la gabelle  et des traites entre provinces donc  du Languedoc au Roussillon et inversement.

14/12/1790 : Loi organisant les municipalités avec un Conseil général = Conseil municipal composé de membres proportionnels à l’importance de la population et nommés par les électeurs primaires ou citoyens actifs.Le maire est entouré d’officiers municipaux et d’un corps de notables en nombre double des précédents. L’Agent national désigné par la Convention était nanti de tous les pouvoirs d’exécution pour faire appliquer les mesures décrétées.

Citoyen actif : Celui qui s’acquitte d’un impôt au moins égal à trois journées de labeur agricole. Son vote participe à l’élection du maire.


31/01/1791 : Le curé Gabriel Deville de Saint Paul mais né à La Tour, devient le premier évêque constitutionnel de Perpignan. Son homologue de Carcassonne est monseigneur Bésaucèle.

15/06/1791 : Tous les citoyens actifs sont tenus de se rendre au chef lieu du canton pour nommer les députés.

20/06/1791 : Première élection législative.

Le même jour à Varennes arrestation de  Louis XVI et des siens.

09/1791 Adoption de la première Constitution Française.

01/10/1791 : Décret de la Constituante instaurant le suffrage censitaire. Seuls les plus riches peuvent voter. L’Assemblée constituante devient la première assemblée législative du nouveau régime. Pour être électeur il fallait payer un impôt correspondant à dix jours de labeur agricole et pour être député l’équivalent de cinquante jours de travail.

12/11/1791 : Vente aux enchères des biens nationaux. Voir ci-dessus à 02/11/1789.L’ermitage Saint Antoine de Galamus est vendu pour la somme de 800 livres à JM.Laforce et à P.Baudet, ermites prête-noms du conseil de fabrique de Saint Paul. Ils en firent abandon pur, simple et irrévocable auprès de la dite fabrique le 11 juin 1807 devant maître A.Pons notaire impérial à Saint Paul.

Conseil de fabrique = Marguillerie, cette structure assurait la maintenance des constructions, la gestion des ressources issues du culte, des cultures, dons…


1792 : Émigration des Suspects, les nobles et les prêtres réfractaires*,  vers l’Espagne et l’Italie dont Félix Armand, pour échapper à l’emprisonnement ou à la délation ( Primes incitatives ), à la déportation. Confiscation de tous leurs biens. L’Espagne profitant du chambardement révolutionnaire manœuvre aux fins d’attiser une révolte des roussillonnais, face aux autorités françaises.

* C’est à dire ayant refusé de prêter serment de fidélité à la nation, à la constitution civile du clergé.

06/05/1792 : Le caudiésien François Roussel orphelin à 13 ans d’un cavalier de la maréchaussée, élu commandant de la Garde Nationale du canton, composée de 300 hommes armés de 40 fusils.

20/09/1792 : Laïcisation de l’Etat civil.

21/09/1792 : La Convention, ex-Assemblée législative proclame l’abolition de la royauté. Le lendemain débute l’an 1 de la première République laquelle durera jusqu’au 18 mai 1804. Le 22 septembre devient le premier Vendémiaire.

En 1792 les paroisses deviennent des communes et les mairies sont crées.

11/11/1792 : Élection à Prades des huit directeurs de l’Administration départementale dont Roussel. Le député Lucia fut réélu Procureur général du département.  Jacques Truillet de Rabouillet, instituteur , officier public, administrateur du district de Prades.


21/01/1793 : Exécution de Louis XVI.

07/03/1793 : La Convention déclare la guerre à l’Espagne de Charles IV, les troupes ennemies étaient massées à la frontière depuis janvier.

Le 17 avril pénétration des espagnols du général Antonio Ricardos, par Saint Laurent de Cerdans au bénéfice de la trahison de gardes nationaux Laurentins qui boutèrent le bataillon des volontaires du Tarn cantonné dans leurs murs. Aux côtés de l’ennemi au moins 400 émigrés et beaucoup de  prêtres monarchistes. Seuls le Fenolhedés, Perpignan et ses alentours ne sont pas occupés.

05/05/1793 : Le département lève 800 hommes pour former un quatrième bataillon. Un commissaire se transporte dans chaque village pour procéder au recrutement de volontaires. Si le quota local n’était pas atteint le solde était désigné d’office. A la faveur de cette invasion espagnole, soulèvement d’une partie du Roussillon contre le pouvoir révolutionnaire.

25/06/1793 : Suite à la chute de Bellegarde ce même jour, il sera levé 1500 volontaires dans le pays de Sault et le Razés constitutifs des braconniers montagnards des Corbières. Au cours de l’été il passa à Caudiès plus de 25 000 volontaires se rendant des départements alentours à l’armée des Pyrénées Orientales, au sien de laquelle les catalans étaient qu’une petite minorité (Michel Brunet).

27/08/1793 : Le registre des représentants du peuple prés l’armée des Pyrénées – Orientales ordonne de transporter en tous lieux de sûreté les grains, farines, foins, etc. De réquisitionner les chariots et les chevaux.

05/ 09/ 1793 :La Convention proclame  la Terreur, durcissement de la révolution qui dérape en guerre civile. Acharnement envers l’Église Catholique, ceux qui se sont enrichis sur le dos du peuple ou qui n’ont pas intégré les nouvelles mesures révolutionnaires. Parallèlement la France est en conflit armé contre une coalition de monarchies, Autriche, Espagne, Prusse

08/09/1793 : L’armée espagnole est stationnée à Rivesaltes.

17/09/1793 : Bataille de Peyrestortes : Victoire décisive de la France sous la conduite des conventionnels Cassanyes et Fabre et des généraux d’Aoust et Goguet. Il était temps, l’armée du général Don Joseph Simon de Crespo avait pris Mosset le 20 août. Le 30 c’étaient Montner et Caladroi après Saint Féliu. Heureusement le 28 au col de la Perche, le général Dagobert avait refoulé un autre corps d’armée avec les braconniers montagnards des Corbières, Mont Louis était libéré. Fabre affirme a la Convention : Ces catalans du  Roussillon sont plus espagnols que français. C’est une vaste famille de prêtres et d’émigrés. Gérard Bile maire d’Espira de l’Agly écrit dans son histoire d’un village du Roussillon : Le camp de Ricardos, riche en matériels de toutes sortes puisqu’il devait alimenter une armée de environ 12 000 hommes  et 35 bouches à feu, fut très largement pillé par les habitants des alentours qui n’avaient pas pris parti. La défaite de l’Espagne entraîna un exode massif des catalans du nord, chiffré en milliers d’habitants. Les gardes civiles du Fenouillèdes ont joué un rôle prépondérant, notamment en expulsant les espagnols de Mosset. Ce fut la seule intervention de la fédération de Caudiès.

Ce même jour adoption de la loi des Suspects. Dans un premier temps la guillotine fonctionna contre les nobles émigrés,  leurs parents et les réfractaires. Puis un public plus large fut concerné.

29/09/1793 : En réaction à la hausse vertigineuse du coût de la vie, les députés Montagnards votent la loi du Maximum. Chaque conseil général ( Conseil municipal ), instaure des prix plafonds pour les denrées et les produits de première nécessité, accompagné d’un blocage des salaires. Les contrevenants sont assimilés aux ennemis de la Révolution et ainsi aux Suspects. Ils s’exposent de fait à être emprisonnés voire à la décapitation.

20/10/1793 : Loi du… Tout curé non assermenté est passible de la peine de mort s’il n’a pas quitté le sol de la République dans un délai de 10 jours.

06/11/1793 : Nationalisation des biens de fabrique, destinés à être rapidement revendus.


04/02/1794 : Abolition de l’esclavage grâce à la contribution de François Arago 1786 / 1853.

Estagellois devenu astronome, député, ministre de la guerre est assurément avec le maréchal Joffre le plus célèbre des catalans .

  • Dans le pays Arago se prononce Aragou, ils  s”écrivent Aragon, le premier résulte manifestement d’un sous doué en orthographe. Quelles sont les origines réelles de cette illustre famille ? Estagel tel que communément brandi par les catalans nord –  pyrénéens ?   Estagel ancien village frontière est la porte du Fenouillèdes, hors ce patronyme y était répandu multi séculairement à Sournia,  Prats, St Paul…Ses ancêtres se seraient – ils installés dans la plaine comme tant de familles? Peut être à quelques kilomètres de là, juste du coté opposé ( France – Languedoc ) de l’ancienne frontière vers  Tautavel d’où en 1720 Pierre Antoine ancêtre du célèbre physicien émigra chez ses voisins catalans. Il suffit  de vérifier sur geneanet ou sur histoireetrando-prats-de-sournia.fr

01/05/1794 : Bataille de Le Boulou, retraite définitive de l’armée espagnole. Mais la menace de ses canons est telle que jusqu’aux dernières années 1800, l’armée n’aura de cesse d’ériger de nouvelles défenses, batteries de Collioure et de Port Vendres, fort du Serrat d’en Vaquer à Perpignan…

27/07/1794 : Chute de Robespierre et des Montagnards, fin de la Terreur.


07/04/1795 : La Convention proclame que le franc remplace la livre de l’Ancien régime. Le mot franc était déjà connu pour désigner la livre. Division du franc selon le système  décimal comme les mesures en 1790.

22/07/1795 Bâle : Traité de paix avec l’Espagne. François Cabarrus dont une fille Thérésa avait épousé le conventionnel Jean – Lambert Tallien aurait été actif dans sa conclusion .

23/10/1795 : Fin de la Convention, nouvelle constitution.


Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle accroissement de l’activité charbonnière, liée aux besoins de la métallurgie et au développement démographique. Les hêtraies en ont souffert jusqu’à atteindre l’épuisement de la ressource suite à une rotation excessive des coupes. Des cahiers de sénéchaussée ( doléances ) révèlent une pénurie de bois de chauffage. Ailleurs cessation d’activité de certaines forges faute de charbon disponible. Ceux qui connaissent la somptueuse hêtraie sapinière de la Boulzane, seront ahuris à la lecture de la date du 26.05.1852.

Il fallait 65 mètres cubes de bois pour une tonne de fer, le carbone du charbon de bois était l’élément indispensable pour obtenir la réduction du minerai dans les fourneaux. Le volume de charbon fluctuait sensiblement selon le genre, l’âge et le taux de dessiccation. Les forêts de Le Vivier, Vira, Fenouillet… Fournissaient les forges de Gincla, les plus importantes, Montfort, Puillaurens et plus anciennement la fonderie de la Fargasse Sournia. Les dernières charbonnières étaient en activité dans la forêt de Le Vivier jusqu’à la fin des années 1940. Les charbonniers souvent d’origine italienne vivaient plusieurs  mois sur place dans des conditions spartiates, la ventilation de la meule exigeait une surveillance jour et nuit. De nos jours Ils seraient probablement confondus avec des sans domicile fixe. Il n’en subsiste que des places au sol noirci et crissant, des vestiges de marmites au col de Tulla, à Castel Fizel… Il faut ajouter que ces lombards sont un modèle d’intégration dès la première génération.

L’été jusqu’au cœur murî de l’automne, les hommes noirs de la forêt habitaient des huttes de branchages et de pierres, aux toits feuillus. On leur louait des places charbonnières aux clairières profondes des sous bois. Joseph Ribas Canigou montagne sacrée des Pyrénées éditions Loubatières 2003.


01/1797 : Arthur Richard Dillon archevêque de Narbonne depuis le 21 mars 1763 intervient dans une lettre pour que le chemin de Caudiès à Saint Louis soit mis au gabarit de l’artillerie des troupes allant guerroyer en Espagne.Cette voie Limouxine se poursuivait vers Castel Fizel, le Vivier, les Albas, Ansignan, Caramany, Latour de France, Estagel. Une bifurcation à le Vivier à destination de Prats, Sournia et Prades. Outre l’itinéraire Saint Paul Perpignan en venant de Bayonne par Saint Girons. Dans les deux cas par le col de Saint Louis.


09/01/1799 : Coup d’Etat, Bonaparte renverse le Directoire et instaure le Consulat, effectif jusques en 1804.


Fin XVIIIe début XIXe : F.Armand vulgarise la culture de la pomme de terre. C’est Louis XVI qui lança la patane en 1785 mais voir plus haut en 1784. Quand au maïs il fut introduit dés le début du XVIIe et s’avéra être une contribution à la disparition des famines.

Construction d’une route pour voitures roulantes de Caudiès à Estagel.


– XIXe siècle –

1800 : Dissolution du diocèse d’Alet, éclaté entre ceux de Carcassonne, Perpignan, Pamiers. Dans un premier temps celui de Carcassonne engloba l’Aude et les Pyrénées Orientales. L’évêché d’Elne ne sera rétabli que en 1825. En 1801 Arthur Richard Dillon le dernier archevêque de Narbonne ira s’exiler à Londres d’où il ne reviendra quand 2007.

La loi Chaptal du nom d’un lozérien ministre de l’intérieur et bien connu des vignerons crée le Conseil Général.


18/05/1804 : Fin de la première République. Proclamation de l’Empire.


02/12/1805 : Victoire d’Austerlitz.

09/02/1808 : Renversement des rôles,  Napoléon Ier annexe la Catalogne espagnole.


1811 : Raymond Gaychet, né à Bélesta, chevrier à Caramany et récipiendaire de la Légion d’Honneur au grade de Chevalier, suite à une action d’éclat décisive à la bataille de Marengo. La Légion d’Honneur ayant été instituée le 19 mai 1801 par Napoléon Bonaparte, R. Gaychet est vraisemblablement le premier du Fenouillèdes à en être décoré. Cette distinction pour mérites éminents civils ou militaires n’était pas encore distribuée aux saltimbanques ou au copain de son parti politique.  Dans les pages qui suivent nous citerons quelques uns des braves aux quels elle fut décernée en nous arrêtant à la seconde guerre mondiale.


01/01/1812 : Premier bureau de Poste en Fenouillèdes à Saint Paul. Celui de Caudiès sera mis en service le 01.08.1839, en annexe du précédent. Avant 1812 le courrier était acheminé par Limoux.


27/01/1814 : Disparition de la marquise de Poulpry, son neveu le baron Jean de la Rochefoucault hérite (biens énumérés au 14/09/1767). En reconnaissance de services rendus pendant la Révolution, Catherine Françoise Castanier ayant dû émigrer en Allemagne.

06/04/1814 : Abdication inconditionnelle de Napoléon Bonaparte empereur depuis le 18 mai 1804.  Départ pour l’ile d’Elbe. Retour des Bourbons, c’est la Restauration, Louis XVIII frère cadet de Louis XVI  est au pouvoir.

F.Armand et ses paroissiens de Saint Martin Lys percent les gorges de Pierre Lys, au terme de 40 ans de labeur. Arrêt des travaux pendant la Révolution. Le curé entrepreneur s’était réfugié en Espagne avant de revenir clandestinement. La portée de son œuvre lui valut  de recevoir la croix de la Légion d’Honneur. Depuis il n’est plus nécessaire de monter au col de Saint Louis pour se rendre à Quillan ou à Limoux.

Ange Jean – Michel Bonaventure de Dax d’Axat dit marquis d’Axat est fait Chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint Louis, l’équivalent de la Légion d’Honneur instituée par Bonaparte. Il fut maire de Montpellier de 1814 à 1830. Héritier des forges d’Axat en 1788, il finança sur ses fonds propres la construction  de la route  du défilé de Pierre lys à Axat.

05/12/1814 : Ordonnances de restitution aux émigrés ou à leurs descendants des biens confisqués et passés dans le domaine public.


01/03/1815 : Début des 100 jours de Napoléon qui débarque à Golfe Juan.

18/06/1815 : Défaite de Waterloo.

22/06/1815 : Nouvelle abdication de Napoléon. Deuxième Restauration et retour de Louis XVIII.


05/04/1819 : Jean- François Barrau né à Caudiès de Fenouillèdes est élevé au grade de Chevalier dans l’Ordre royal de la Légion d’Honneur.

 


 

1821 : Voyage pittoresque dans les Pyrénées, Celui de A. Cervini et I. Melling mandatés par l”Etat.


13/ 03/1828 :  Le hameau de Comes au sud de Campoussy est amputé de son appartenance  historique au Fenouillèdes en étant distrait du canton de Sournia pour être rattaché administrativement à la commune de Eus en Conflent au mépris des aspirations de ses habitants, J. Marmayou originaire de Comes.Come4news.com/comes,-le-village-fantome


1822/1901 : Achille Mir et Lo sermon del curat de Cucugnan, un de ses poèmes des plus appréciés en Corbières, il l’aurait recueilli alors qu’il était instituteur au pied du château de Quéribus… Admettons. Il fut en quelque sorte dès 1871 le bras droit de Frédéric Mistral en charge de la mise en place de la structure félibréenne audoise, le développement de la littérature en Langue d’Oc. Organisée en 1890 sous les auspices de l’Escòla Audenca – l’Ecole Audoise qu’il présida.


1824 : Entre l’aciérie fenderie, les forges, le laminoir et les martinets, 307 personnes travaillent à Gincla. Les transports en occupent 200. Ses aciers et limes avaient une très bonne réputation jusqu’en Belgique, au point de se voir décerner des distinctions. Mais la durée annuelle d’activité de la fenderie n’était que de 4 mois. La Boulzane ayant un débit insuffisant. Cette industrie déclinera suite à l’avènement de la houille, pour s’arrêter définitivement vers 1865.

16/09/1824 : Règne de Charles X frère de Louis XVIII qui vient de mourir. Mais le nouveau roi est plus tourné vers l’Ancien Régime.


1827 : Suite à une exploitation excessive des ressources forestières, mise en place d’un nouveau code forestier visant à réduire les consommations de bois et interdisant le pâturage en forêt, les droits de marronnage (bois de construction), de chasse, de pêche et de cueillette.  Même le ramassage du bois de chauffe dans les forêts publiques était encadré par de sévères restrictions. Ce code soumet à autorisation préalable de l’Etat l’installation de forges et autres structures grosses consommatrices de bois. Ces disposition deviendront une des racines de la révolution de 1848.


01/04/1830 : Création de la poste rurale, installation d’une boite aux lettres dans nos villages . Courrier distribué tous les deux jours. Quotidiennement à dater du 01/01/1846. Les relevés étaient quotidiens à Caudiès, Maury, par contre un jour sur deux à Sournia. Avant 1830 les bureaux de poste les plus proches étaient à Saint Paul et à Prades. Les ruraux dépendaient des commerçants itinérants ou du voisin se rendant au marché pour envoyer ou recevoir leur courrier. Généralement la taxe postale était à la charge du destinataire.

14/06/1830 : Avènement de Charles X.

Point de départ de la colonisation de l’Algérie. Assez rapidement des familles du Fenouillèdes sont allées s’y installer. 120 ans plus tard un militaire pratois en ” voyage organisé ” à Mostaganem eut comme gradé un colonel originaire de son village et portant le même patronyme. Les parents de ce dernier tenaient un commerce d’habillement sur la place de la gare.

07/1830 : Du 27 au 29. Révolution dite des trois glorieuses. Chute des Bourbons et exil de Charles X auquel succède Louis Philippe. Les années allant de la révolution 1830 à celle de 1848 sont désignées par le terme de Monarchie de juillet. Le mois de Juillet marque un sommet de l’anticléricalisme qui sévissait depuis quelques décennies. C’est la victoire des libéraux sur l’alliance du trône et de l’autel. Charivaris anticléricaux courants en Fenolhedés dés l’été. Manifestations populaires réunissant des villages entiers et visant à faire fuir le desservant de la paroisse, Caudiès, Latour, Lesquerde, Maury… Symbole de l’Ancien Régime. Malheur au pauvre curé s’il s’y superposait une liaison secrète.


1832 /  1909 : Gabriel Baille, violoniste né à St Paul de Fenouillet, directeur de l’école nationale de musique. Il est l’auteur de l’arrangement musical de Muntanyes Régalades, ce n’est pas la Marseillaise des catalans mais peu s’en faut.


21/12/1833 :Naissance de la SASL ou Société Agricole Scientifique et Littéraire des Pyrénées Orientales issue de la Société Royale d’Agriculture fondée sous Louis XVIII. De nombreux agriculteurs innovants du Fenouillèdes seront primés et médaillés par cette société savante,apiculteurs, arboriculteurs, éleveurs, sériciculteurs…


1836 à 1872 : Caudiès de Saint Paul : Période d’activité du relais de poste aux chevaux. Des entreprises de diligence assurent le transit du courrier avec les voyageurs et les marchandises. Deux compagnies exploitaient les lignes Carcassonne-Perpignan et Perpignan-Toulouse. Nonobstant le percement du trou du curé, le trajet se faisait apparemment encore par le col de St Louis.


19/02/1838 : St Paul épicentre d’un séisme estimé de magnitude VI. Les principaux tremblements de terre entre temps sur Terre de séismes.


15/09/1839 : A l’occasion de leur voyage en Algérie, le duc et la duchesse d’Orléans firent un détour dans le sud. Ce qui les amena à Caudiès en venant de Carcassonne via Limoux et le col de Saint Louis. Alors que les cochers venaient de changer les montures et s’apprêtaient à regagner Perpignan, les autorités locales et la population allèrent au devant de ces altesses et les invitèrent à une réception organisée à l’insu du protocole. Le duc d’Orléans disparu accidentellement à Saint Omer le 13 juillet 1842, était le fils ainé de Louis Philippe. L’inscription engravée au bord de la route, un peu plus bas que le château des Maures commémore leur arrêt déjeuner en ce lieu.


1840 à 1897 : Alphonse Daudet et le curé de Cucugnan. Un conte  qui le conduisit devant les tribunaux pour s’en être cavalièrement emparé en modifiant l’intitulé en curé de Cucuron (  Du Luberon ). Les félibres provençaux en la personne du très respectable Joseph Roumanille, créateur de ce mouvement avec Frédéric Mistral,  l’avaient reçue d’Achille Mir instituteur et poète à Cucugnan, loin de Fontvieille et du soi disant Moulin de Daudet…. Roumanille en concocta une adaptation occitane, se permettant de la signer de son pseudonyme Lo Cascarelet = L’ Étourdi ! Oui mais tout cela n’est pour l’essentiel que ce qui se raconte entre Agly et  Verdouble, il subsiste un doute et diverses versions. Le véritable auteur serait maître Auguste Blanchot  de Brenas un contemporain originaire d’Yssingeaux,  juriste de son état et fin lettré honoré par l’Académie Française. Il publia en 1859 dans La France Littéraire ” Voyage dans les Corbières ” au retour d’un déplacement de Carcassonne à Lagrasse, c’est ainsi par un heureux hasard que l’histoire du célèbre curé vînt à Lui. En résumé Roumanille a plagié un magistrat !

Phonétique : Lou cascaréllet’. Ce qui n’est pas sans évoquer le chant du perdreau ou de la caille voire le gloussement de la poule. Ces trois interprétations sont en occitan languedocien, Roumanille en grand maître du Provençal a fait allusion à  Caqueter, Babiller selon l’occitan de Provence.

Version A. Daudet en français.


1840 à 1920 : La guerre de l’eau à Fosse, procès de la Matassa.


26/08/1840 : Le comte de la Rochefoucault sollicite l’autorisation de construire une forge à Montfort, au confluent de la Boulzane avec la Riverette. Destinée à traiter le minerai de fer du Conflent. Pour cause de pénurie de bois autour de ses miniers. Dans ce document Mr de la Rochefoucault expose qu’il lui faut 7000 stères de bois pour 850 tonnes environ de minerai par an. le combustible sera prélevé dans ses forêts de Counouzouls, Montfort et Ste Colombe sur Guette.


1841-1846 : Démographie : Voir en 2010.


1842 : A la Fou de St Paul un ouvrier carrier débouche sur une grotte nécropole. Celle des Encantades qui était voisine de la Font Caude, la fontaine thermale de Lesquerde. Les Wisigoths l’occupèrent, le docteur Louis Companyo dans son inventaire, rapporte que chaque squelette avait son petit pot rituel et que l’un renfermait une portion de couronne ducale, plus un étui d’argent. Du mobilier préhistorique y fut révélé.


1845-1865 : Construction de la route royale n°117 de Perpignan à Bayonne, appelée la route impériale a dater de 1851, second empire oblige. Le viaduc en ellipse du col de Saint Louis est également de 1845. Il concrétise le génie de Etienne Amiel architecte départemental en 1793, par ailleurs fondateur du réputé Mas Amiel dans la vallée du Maury.


1845 / 1909 : Pierre Guillaume Paul Coronnat, né à Latour de France, général de division,  grand officier de la Légion d’Honneur en décembre 1903.


01/07/1846 : François Arago fonde L’Indépendant, un des plus anciens quotidiens français. Les villages du Fenolhedés c’est à dire de culture occitane y sont encore et toujours mélangés sans aucune précision ( Sic ) dans une page  avec ceux du Conflent et Roussillon ” Envahis ” pour l’essentiel d’irréductibles catalans très portés sur l’Espagne de leurs origines plus ou moins lointaines; De quoi entretenir l’ignorance. 


1847 : Une pétition est envoyée à la sous préfecture protestant que la Société des propriétaires de la forêt de le Le Vivier ne respecte pas les droits d’usage. Monsieur Grieu adjoint au maire dément et affirme qu’au contraire la Société laisse passer des délits et sous entend qu’ils sont l’œuvre des <<délinquants>>, à l’origine de cette pétition.


1848 : Violents désordres  dans plusieurs communes du canton de Sournia. Rivalités ente républicains et monarchistes légitimistes en superposition sur des conflits entre familles ou notables.  Le Vivier fut l’un des quatorze villages du département, le seul du Fenouillèdes où des ruraux s’approprièrent des terres communales en réplique à la perte des droits d’usage par de gros propriétaires.

22 au 24/02/1848 : Paris : l’opposition démocrate socialiste organise une série de réunions en faveur de l’abaissement du cens électoral à 100 francs. Mais le pouvoir refuse toute concession. Les manifestations dégénèrent en insurrection, des barricades s’édifient. Une fusillade éclate et fait des dizaines de morts. C’est la révolution,  consécutive à une succession de mauvaises récoltes de céréales doublée d’une spéculation sur la farine rendant le prix du pain inabordable et à la restriction des droits d’usage ainsi qu’à une crise boursière.

25/02/1848 : Louis Philippe renversé. Lamartine forme un gouvernement provisoire avec François Arago, Ledru Rollin… Instauration de la IIe République. Laquelle décréta le partage des communaux. Ce nouveau morcellement est à l’origine de nombreuses cabanes, La Garrigue, Jean-Michel Renault chez Pélican.

26/02/1848 : Émeute au presbytère de Le Vivier en l’heureuse absence du curé monsieur Respaud. Dans la nuit une foule de propriétaires, électeurs et notables, armés de bâtons, de fusils, de sabres, de haches, saccage les locaux et moleste la mère du desservant contre toute pudeur et au mépris de son âge. La participation de femmes et d’enfants est signalée. Leurs opposants aux municipales allèrent jusqu’à les calomnier, auprès des autorités, d’assassinat à main armée. En usant des bouleversements politiques susceptibles de servir leurs intérêts. Trois élections municipales l’été 1848 à Le Vivier.

La ville (le château, l’église castrale, les maisons agrippées alentours) et le barry (le faubourg, attenant à la route actuelle ) deux quartiers de Le Vivier qui furent durablement divisés sur le choix du lieu de construction de l’église. Ces évènements sont la cristallisation des dites rancœurs. L’église castrale s’est écroulée vers 1953 et l’église Saint Roch au Barry à été construite vers 1955.

Écroulement de l’église du château de Le Vivier.

04/1848 : Élection de l’assemblée  Constituante au suffrage universel sans la moindre condition de cens. Tous les français de plus de 21 ans peuvent voter. Législatives remportées par les républicains démocrates socialistes qui obtiennent 95% des suffrages. Peu après un cercle républicain se crée à Sournia sous l’égide du maire et préside par son adjoint l’avocat Jules Barrot. Il rassemble 131 membres pour une population de 1073 habitants. En face, le club des monarchistes mené par monsieur Sarda le curé. Ce dernier aurait eu des relations avec la sœur du maire…

23 au 26/06/1848 : Nouvelle insurrection à Paris. Initiée par les chômeurs des chantiers de Montparnasse et de Saint Lazare, 5 600 morts insurgés et forces de l’ordre confondus.

10/12/1848 : Élections présidentielles sur les bases de la Constitution adoptée le 4 novembre. Pouvoir exécutif attribué à un président de la République, élu au suffrage universel pour un mandat de quatre ans. L’élu du peuple sera Louis Napoléon Bonaparte neveu de Napoleon 1er, rassemblant 75% des votants au niveau national.

A l’inverse du reste du Fenouillèdes Ledru Rollin démocrate socialiste, fut majoritaire dans le canton de Sournia (Campoussy, Felliuns, Le Vivier, Prats, Rabouillet). Club Républicain à Sournia.


01/01/1849 : On doit à Étienne Arago, directeur de la poste la création du timbre, apposé par celui qui envoie le courrier.

05/1849 : Législatives : les rouges confirment leur score de décembre à Sournia avec 63% des votes et 46% dans le canton de Saint Paul.


1850 : Jules Barrot maire républicain de Sournia et président d’un cercle est révoqué par le préfet, un noble bonapartiste.


02/12/1851 : La Constitution l’empêchant de se représenter, coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte. Ce qui provoqua une nouvelle insurrection. 10 000 opposants républicains déportés en  Algérie et 240 au bagne. 31 départements de la moitié sud placés en état de siège. Contrairement au reste du département qui subit une répression sévère, 1000 arrestations, 90 communes s’étaient soulevées, le Fenouillèdes ne se souleva pas contre ce coup d’État et fut épargné par la répression.

20/12/1851 : Plébiscite de Louis Napoléon qui obtint 100% des voies dans la quasi totalité des communes du Fenouillèdes. On entre dans le Second Empire. Les maires sont nommés par le préfet. Les conseillers municipaux sont élus au suffrage universel.


26/05/1852 : Jugement du tribunal de Limoux. Favorable à la commune de Montfort sur Boulzane, opposée au époux Pouilhares. Nouveaux propriétaires des forêts avoisinantes qu’ils exploitèrent à outrance, sans tenir compte des droits d’usage. Ceux de Gincla subirent les mêmes désagréments. Voir au 14.09.1589. L’acte de vente du comte Albert de la Rochefoucault du 28 janvier 1843 stipulait que les droits relatifs au bois de chauffage seraient à la charge de Mr et Mme Pouilhares. Mr et Mme Pouilhares furent condamnés à cesser toute coupe jusqu’en 1870, et à fournir 11 stères par an à chacun des 248 feux totalisés par ces deux communes. Cette seconde obligation ne pût être honorée et l’affaire s’envenima.


1854 : Épidémie de choléra de juillet à novembre. Issue d’une souche Indienne* qui évolua en pandémie des 1817. Curieusement cette tragédie aurait épargné des villages, à moins qu’ils aient été omis ? D’autres ont été très peu atteints. Inversement Caudiès, Estagel et Saint Paul furent durement éprouvés. Il y eut aussi des victimes à Le Vivier. Le choléra se caractérise notamment par une contraction musculaire post-mortem, qui fut à l’origine de révoltes, les populations croyaient que des vivants étaient enterrés.

*  Elle – même conséquence indirecte de l’éruption cataclysmique du Tambora en Indonésie le 10 avril 1815,    

A lire Fenouillèdes n° 41.


22/08/1855 : Consécration à Saint Roch de la nouvelle chapelle de Maury. Édifiée en moins d’un an après un vœu émis en pleine mortalité cholérique. Cette épidémie aurait cessé le jour même de l’émission du dit vœu.


1856 : Axat : le dernier Ours est abattu dans les gorges de St Georges. Les coupes à blanc systématiques du couvert forestier ont contribué à leur disparition.


22/04/1861 : Procès au tribunal de Carcassonne, la famille Vuillier cède 256ha de forêts aux communes de Gincla et de Montfort. En remplacement de tous les droits d’usage. Futaies achetées le 28 janvier 1843 au comte Albert de la Rochefoucault. Une clause de l’acte engageait l’acquéreur à respecter les droits d’usage pour le bois de marronnage relatif aux habitants de Montfort et de Gincla.


1862/1864 : Les esquerdanhols ouvrent la route de leur village à La Fou, a priori ils ne sont pas fainéants dans le secteur. L’antique chemin du col de Lesquerde (Cliquez sur images ) est destiné à tomber en désuétude.


1863 : Le télégraphe arrive à Saint Paul. Environ 13 ans après Perpignan.


1864 : Consécutivement aux créations de routes, la paroi rocheuse en rive gauche de l’Agly, après la fontaine thermale en sortant de St Paul, fait office de carrière. D’anciennes cartes postales témoignent pour partie du profil originel. Voir en 1842.


1864-1904 : Les révoltés de Counozouls : les habitants luttèrent pour la préservation de leurs droits d’usage, pâturage et forestier, menacés par un cantonnement outrancier. Le propriétaire des lieux et des forges de Quillan, M.Jodot un industriel parisien, voulait exploiter la forêt au mépris des nécessités vitales des autochtones, dépourvus de terrains communaux. Ce n’est qu’à l’issue de la vente à la Compagnie Ernest Ader de Bayonne et de nombreux procès, jusqu’à Paris en cassation que les habitants obtinrent gain de cause. Dans le cadre de ces événements le château de la Moulinasse fut incendié. Il englobait outre les appartements de M.Jodot, sa scierie et le logement de ses gardes. Les habitants de Counouzouls travailleront pour la compagnie Ader jusqu’en 1931, date à laquelle ils deviendront propriétaires des forêts.

Construction du pont moderne de La Fou et de ceux de Roquevert sur la Désix et le Rapane. L’ouvrage maillon du chemin à grande communication No 7,  tardera à être livré et sera reconstruit consécutivement à la crue de novembre 1892.


1865 : Saint Paul : Développement d’une nouvelle industrie introduite par un nommé Bougnol dit Andribet, tourneur sur bois de son état : boules de jeu Lyonnais en buis, ferrées avec des clous spéciaux en fer et quelquefois en cuivre, toupies à fouet… A l’occasion d’un déplacement professionnel à Dax, ce fumeur invétéré aurait eu son attention sublimée, par les effluves de la bouffarde d’un berger, sculptée dans une racine de bruyère. Erica arborea nom botanique de la bruyère arborescente, arbrisseau hermaphrodite commun en sol acide aux étages meso. et supra méditerranéens.

Il ne tarda pas à lancer une fabrication à Saint Paul. Il s’agissait de dégrossir des ébauchons puis de les expédier dans Jura à Saint Claude où des mains expertes procédaient à la finition. Sa scierie était approvisionnée par un arrachage dans rayon de 20.km environ, des touffes de 30 ans et plus. Ce fut un revenu complémentaire pour les agriculteurs, qui plus est en pleine crise phylloxérique. Voir en 1881. La société Bougnol connut une expansion remarquable avec de nombreuses succursales sur l’arc méditerranéen jusques en Italie et en Corse.

Saint Paul comprenait diverses tourneries. La manufacture Albert Paris était réputée pour ses boules cloutées sur racines de buis. Au point de se voir décerner la médaille du meilleur ouvrier de France. D’autres fabriquaient de jeux de quilles, des sabots, des balustres, toutes sortes d’articles de cave, d’ustensiles et de manches en buis, olivier, érable… Tilleul, hêtre, sapin pour les talons de chaussures. La principale usine employait près de 90 personnes à la veille de la seconde guerre mondiale.

A la même époque les tanneries de Saint Paul extrayaient le tan par broyage de l’écorce d’yeuses (la rusque), d’arbousiers, de chênes kermés… Pierre Vidal écrivit dans son guide des Pyrénées Orientales édition de 1899 à propos du canton de Sournia : une des causes qui ont le plus dépeuplé d’arbres le Fenouillèdes est la recherche du tan. Aussi les terres sont tellement ébranlées le long des pentes, que souvent, la montagne n’offre plus que le calcaire ou le schiste argileux à nu.

Il faut y ajouter la surexploitation pour les fours à chaux et les charbonnières.  Voir fin XVIIIe. Vraisemblablement le sur pâturage. L’exemple de Prats en est une parfaite et édifiante illustration. Dès les années 50 l’usage du four à chaux y est sévèrement encadré. Les pratéens étaient en passe de manquer de bois de chauffage !

  • Le cheptel : 1200 ovins, 70 porcs, 50 bovins, un troupeau banal de 200 caprins. Parallèlement les surfaces cultivées étaient très étendues, les faïsses (terrasses) en témoignent. la forêt communale aujourd’hui un maquis impénétrable consistait alors en des collines totalement pelées.
  • A tel point qu’un arrêté y réglementait le glandage, le ramassage des glands bien sûr. Ludovic Massé à immortalisé ce tableau dans Visages de mon pays en 1937 : Ci et là, un chêne vert s’agriffe à son îlot rocheux… Extraits de la monographie de E.Bordes Prats de Sournia un village du Fenouillèdes. Cliquer sur Liens et Livres Fenouillèdes..

L’essor de l’artisanat à Saint Paul fut favorisé par la force hydraulique du canal des moines puis par l’énergie électrique du réseau Louis Abram à la fin du XIXe. La dernière tannerie cessa son activité après la première guerre mondiale.


1866 : Sécheresse : Plus d’eau pour les cultures même sur les hauts de la Corbière de Sournia. Nouvel épisode dramatique en 1896, au mois d’avril l’évêque prescrit des prières invoquant la pluie.


12/01/1867 : Naissance à Saint Paul de Fenouillet de Jean Sabrazés, lequel deviendra agrégé de médecine, professeur à la faculté de Bordeaux, membre associé de l’Académie de Médecine et de sociétés savantes. Il sera élevé au grade d’Officier de la Légion d’Honneur. J. Sabrazés s’est éteint le 30/01/1943.


1868 : Lapradelle Puilaurens est séparée  de Salvezines, et par voie de conséquence de Le Caunil, écart de Salvezines.


1869 : Un des Pélissier de Fosse décoré de la Légion d’Honneur.


02/09/1870 : Capitulation de Napoléon III à Sedan

04/09/1870 : Chute de l’Empire, proclamation de la IIIe République, effective jusqu’au 10 juillet 1940.


1871 : Thiers devient le 1er  Président de la République. Un monarchiste Mac Mahon lui succédera de 1873 à 1879.


28/05/1872 : Auguste Caris le maire de Saint Paul est révoqué par décret du président de la République, pour ne pas avoir réagi à une manifestation de républicains anti-cléricaux à l’encontre de Monseigneur Ramadié à l’occasion de sa venue à Saint Paul. Selon l’Indépendant les perturbations cessèrent dès que le maire intervint. Le département était troublé depuis le quatre septembre 1870 par de nombreux faits contre le clergé.

Dorénavant ce sont les conseillers municipaux qui élisent le maire.


1874 : Monsieur Mir, le curé de Sournia aménage en chapelle la grotte du Ménié. A priori jusques là ces lieux n’étaient pas recommandés, étant possédés par les fées. Elles y ont leur jardin suspendu, l’Ort des encantadas. Raconté par André Guiter en 1875, Photos. Cette modeste caverne est gardée par la plus importante colonie de chauve – souris du département, au moins 1500 y ont été dénombrées, ce qui lui vaut d’être classée Natura 2000 et Site d’Intérêt CEE, voir à la date 2013.


1878 : Le télégraphe est mis en service à Caudiès. A Sournia en juin 1880. Perpignan était relié à la capitale déjà en 1848.

Tout randonneur Languedocien digne de ce nom a eu un jour écho de voyage avec un âne dans les Cévennes, ouvrage de l’Écossais Robert Louis Stevenson. Lequel deviendra célèbre des 1883 en publiant l’île au trésor. Plus rares sont ceux qui savent que Stevenson aurait parcouru le bassin de l’Agly avec son ânesse Modestine. Cette information locale est elle fondée ? Curieusement nos recherches sont restées vaines, elles n’ont révélé aucun article qui puisse valider ces faits y compris sur le fameux récit.


14/07/1880 : Célébration de la première fête Nationale.Les sénateurs prétextèrent que ce n’était pas la prise de la Bastille qui était commémorée. L’opinion publique jugeait cet épisode trop sanglant pour symboliser l’unité de la Nation. Aussi subtilement la fête de la fédération du 14 juillet 1790 fut préférée dans un premier temps pour son aspect pacifique.


1881 : J.Ferry rend obligatoire l’enseignement du français. Il remplace les matières religieuses par l’instruction civique. La laïcisation entraîne une rupture entre l’école publique et l’église et de vifs affrontements entre les cléricaux et les républicains. Cela jusqu’à la loi du 6 décembre 1905. La scolarisation générera un  exode vers les colonies et la capitale.

Le phylloxéra atteint les Pyrénées Orientales, destruction du vignoble. Les vignerons ont été réduits à écorcer le chêne vert pour la production du tan et ainsi redresser leur trésorerie. Pis des familles émigrèrent en Argentine. L’embarquement se fit à Bordeaux, sur un bateau à voile pour une traversée de 40 jours. Le voyage fut si terrible que certains ne virent pas le rivage argentin.  Le remède sera apporté par le plant américain greffé sur porte greffe résistant. Reconversion du vignoble aboutie à la fin du siècle, en replantant dans les bonnes terres à céréales plutôt que sur la garrigue. Le nouveau plant étant plus exigeant sur la nature du sol. Insecte de environ 1 mm de long, voisin des pucerons et s’attaquant aux racines qui se couvrent de nodosités avant de périr. Parasite probablement introduit avec des plants importés des USA.

On reparle d’un projet de barrage à Saint Arnac. Les vignerons du rivesaltais n’ont pas assez d’eau pour submerger leurs vignes.


1885 : L’abbé Béranger Saunière est nommé, à l’âge de 33 ans, curé de Rennes le château, l’antique Rhedae. voir du VIe au XIIIe siècle. Dès l’année suivante il entreprend des travaux dans l’église. Il y engagera des sommes colossales, évaluées 6 millions d’euros ? Disproportionnées en rapport au traitement attribué pour une paroisse de 300 habitants. Le curé aux milliards s’éteint le 22 janvier 1917. Tout le village se rue chez son notaire. Mais c’est Marie Denarnaud, sa servante depuis 1886, qui est l’unique héritière. Elle meurt en 1953 à 85 ans, sans avoir modifié son train de vie, pis elle peinait à assurer son quotidien. La chasse au trésor, estimé à 76 millions d’euros, va se déchaîner sur Rennes dans tous ses excès.


1886-1894 : Construction de la voie ferrée Quillan – Rivesaltes. Réalisation et exploitation concédées à la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, pour voyageurs et marchandises. Le courrier sera acheminé par le train dès l’édification des gares entre 1901 et 1904. Côté audois cette ligne nécessita l’élévation d’importants ouvrages d’art dont les viaducs de  Lapradelle sur La Boulzane, 190 m de long avec une déclivité de 25 mm par mètre et d’Axat dit de Canals 192 m en granite de Roquefort de Sault ou de Lesquerde. De nombreux tunnels totalisant 1832 m de long. Rivesaltes –  Saint Paul sera desservi depuis Rivesaltes dès le 14/07/1901,  St Paul – Quillan à dater du 25/05/1904. 1894 est fantaisiste, les travaux  durèrent au bas mot jusques en 1897. Un récit de botanistes publié par la Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude le met en évidence.

Dès sa mise en service cette ligne va connaître une intense activité soutenue par les mines de fer de Planèzes et limitrophes.


1890 : Achèvement de la route 118 en amont d’Axat. Commencée sous la Restauration, elle succède à une voie romaine qui serait antérieure à Jules César et qui passait plus en hauteur sur la rive gauche de l’Aude. Les liaisons Axat, Sainte Colombe sur Guette, Roquefort, Escouloubre, Le Bousquet ont été ouvertes vers 1855 – 1870.


1891 : Jean Barrère instituteur à Latour de France et membre de la SASL. tente d’introduire la ruche à cadres mobiles, au rendement moyen de 20 kilos soit quatre fois supérieur  au modèle traditionnel, un tronc évidé ou une simple caisse vide. Ce type de ruche moderne ne se généralisera que dans les années 1950. A la charnière de ces siècles la production de miel était excédentaire et vendue en tant que miel de Narbonne à la réputation immémoriale.


1892 : Percement du tunnel de Galamus sur le chemin de grande communication N°7, la route de Saint Paul à Cubières. Depuis l’ermitage n’est plus un bout du monde, un désert érémitique. A la fin du XIXe tracé des routes entre les villages du Fenouillèdes, accessibles aux charrettes et aux diligences. Jusques là seuls les chemins muletiers et les traverses permettaient de se déplacer, il fut fait appel à la main d’oeuvre des localités desservies pour l’édification des ouvrages d’art.  A peu près à cette date un aïeul en charge de l’élévation des murs, percevait 2 francs par jour.

Evènement retentissant :

Stimulé par le précédent des Trois Quilles en 1891, Louis Abram né à Saint Paul le 26.09.1860 éclaire son village natal à partir de l’énergie hydro – électrique, puis en 1900 Paziols et Tautavel, Ansignan en 1903. Son usine fut construite contre l’aqueduc.

La Cerdagne accédera à ce progrès seulement en 1909, mais avant les communes de la plaine. Grace à la surproduction du barrage des Bouillouses initialement destinée à alimenter la ligne du train jaune en électricité et aux amitiés d’un candidat à la députation, le conseiller d’arrondissement Emmanuel Brousse.

1897 : Le moulin de Latour de France est reconverti en usine hydro – électrique.


31/08/1898 : Caudiès de Saint Paul devient Caudiès de Fenouillèdes par décret de Felix Faure. Pour le démarquer de son homonyme du Haut Conflent.


1899 : Pierre Vidal 1848 – 1929, bibliothécaire de l’université de Perpignan, Chevalier de la Légion d’Honneur en 1928, publie son guide des Pyrénées Orientales. Ce Saint  Paulais auteur de plusieurs ouvrages est connu dans le pays pour avoir été plagié à outrance.


  • L’éradication des loups en Fenouillèdes est généralement datée de 1870. Cependant un natif de Prats en 1885, racontait avoir été bercé dans son enfance par le hurlement de ces carnassiers qui venaient roder au cimetière.

Du XXe siècle à nos jours

  • Au début du XXe forte immigration, en majorité des catalans du sud, 41 624 personnes dans un département de 212 000 habitants, s’ajoutant aux Carlistes ” Les Trabucaîres ” et c’est pas fini…. La suite en 1939.
  • Dans le même temps de nouveaux moyens de transport sifflent la fin de la radellerie.
  • Depuis les années 1820 jusqu’à la décennie 40 : Essor de l’industrie chapelière qui à ses heures de gloire, entre les deux guerres mondiales, concerna près de 3000 salariés. Essentiellement établie à Quillan avec la manufacture Bourrel exportatrice dans le monde entier. Cette activité a été initiée à leur retour au pays vers 1804 par des prisonniers formés en Pologne.

25/12/1900 : Et la lumière fut à Axat. Fin 1900 à Gincla aussi grâce à une turbine alimentée par une chute d’eau et à Mr Vuillier le maire. Dés 1901 Joachim Estrade avec son usine hydroélectrique au débouché des gorges de Saint Georges (20.000V en triphasé), fournit la fée électricité à tout le Fenouillèdes puis à Perpignan. Voir en 1892. Et les cassagnols alors?


1903 : En juillet création du service téléphonique. Des cabines sont installées dans les bureaux de poste, à Caudiès, Maury. A Sournia en janvier suivant.


06/12/1905 : Loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.


1906 : Les catholiques refusent les inventaires consécutifs à la séparation de l’Église de l’État.


1907 :  Révolte des vignerons.

11/06/1907:  Avis favorable de l’académie de Médecine autorisant l’usage des eaux de la Fou.


1910 : Construction en pierre de taille de la cave coopérative de Maury. Issue du regroupement des 132 plus petits vignerons Maurynats totalisant 7.500 hectolitres sur 340 hectares. Ce fut une des premières du département, à la sortie côté Saint Paul à main droite. Vers 1920 deux caves particulières vont s’ajouter. Celle des établissements Violet pour l’élaboration du Byrrh. Puis la Maurynate au croisement de la route de Cucugnan avec la nationale 117, chais de M Antérieu négociant Sétois.


1913 / 2001 Charles Trenet : Il est d’abord le petit fils de Claudius Trenet,  lyonnais venu s’installer à Perpignan en tant que architecte de la Banque de France . Claudius épousera Célestine Pélissier fille de Victor instituteur de Latour de France.


28/12/1914 : Arrêté du…faisant à titre posthume Chevalier de la Légion d’Honneur  le chef de bataillon Jean-Baptiste Crabié né à Cassagnes le 07/06/1872. cassagnes66.pagesperso-orange.fr


11/06/1916 : Décret du… Antoine Bascou né à Trévillach, Chevalier de la Légion d’Honneur est élevé au grade d’Officier de la Légion d’Honneur.


1927-1935 : Démographie : Voir en 2010.

1927 : Renaissance économique de Gincla. La scierie Vuillier implantée à la Forge Basse s’étant réorientée dans la fabrication de cageots. Plus de 300 personnes y sont employées. Mais en 1935 l’activité fut transférée à Perpignan.


05/1933 : Fermeture de la mine d’oligiste de Lesquerde.


1936 : Prats de Sournia : Pendant plusieurs mois, de juin à octobre sinon prolongé, un des séjours littéraires du romancier catalan Ludovic Massé 1900-1982, sa sœur Denise habitant ce village. Il en émane visages de mon pays, une transcription de scènes de la vie rurale. Sauf rare cas ,Ludovic Massé n’a pas modifié les noms et surnoms. Si bien que les pratéens identifient aisément leurs aînés. Ludovic Massé bien que né à Evol près d’Olette en Conflent, était originaire de Cassagnes par ses grands-parents, il a été publié chez Grasset et nominé au prix Goncourt.

Plusieurs grands personnages de France et d’Espagne du XVIII à nos jours, sont natifs, originaires, liés à ou résidents du Fenouillèdes, en focalisant sur des villages dits perdus, par ignorance bien sûr et qui son Le Vivier, Pézilla, Sournia, Prats, Rabouillet, sans exhaustive :

  • Pierre Marc Antoine de Nègre ou Negri sieur de Laval d’Albe, prêtre, docteur en théologie, fils du bailli du Pays de Sault, curé de Le Vivier où il fut ordonné alors qu’il était encore clerc en 1679. Les de Nègre étaient l’autre grande famille de Niort et du Pays de Sault dès le début du XIVe siècle,  Belcaire- pyrénées.com   N° 298 du sommaire, La seigneurie royale de Nègre en Pays de Sault.
  • Pedro Pablo Abacar de Bolea, Huesca 1719 – Saragosse 1798. Secrétaire d’Etat de Charles IV de Bourbon, président du Conseil de Castille ( 1766 – 1773 ), Ambassadeur en France ( 1773 – 1784 ), ami de Voltaire…. P.P.A. de Boléa, Bournonville, Perapertusa, Comte d’Aranda, baron de Rabouillet, vicomte de Joch….
  • François de Cabarrus conseiller de Charles IV, ministre des finances de son fils Ferdinand VII et de Joseph Bonaparte, lequel fut institué par son frère cadet Napoléon Ier.
  • Charles François Racine 1753 Villequier Aumont, Aisne – 1847. Université de Perpignan, rhétorique et langues anciennes. Marié avec Catherine Soulère de Sournia où son père Bernard exerçait en tant que chirurgien.
  • Le général Bernard François Justin Tisseyre * 1838 – 1937, école militaire de St Cyr.  Campagne et médaille du Mexique, Chevalier de l’Ordre Mexicain de N.D. de Guadalupe, conflit de 1870, médaille du Tonkin. Batailles de la Marne, du chemin des Dames, commandement du 17è corps d’armée. Élevé au grade de Grand officier de la Légion d’Honneur le 17 septembre 1901. Conseiller général du canton de Sournia. Cela nous dirige chez les Sauvy du mas  Richemond à Villeneuve de la Raho et à ses petits – enfants dont le démographe et sociologue Alfred Sauvy avec sa sœur Elisabeth dite Titaÿna grand reporter.

* Prononcer Ticheyre.

Abdon Robert Casso 1912 – 2002,  commandant des sapeurs –  pompiers de Paris de 1967 à 1970, école militaire de St Cyr pages 18 et 19. histoireetrando-prats-de-sournia.fr 2002. Grand résistant du maquis de Valmanya.

  • Un archevêque de Westminster , son éminence le cardinal George Haliburton Hume / ” Basil Hume “ de 1976 à 1999, fils de Sir William Errington Hume et de Marie Elisabeth Tisseyre.
  • Patrick de Boissieu, auquel les randonneurs doivent le Tour du Fenouillèdes.
  • Jacques Toubon  ministre de J Chirac à la culture dans le gouvernement de E.  Balladur puis de la justice dans celui de A.  Juppé.
  • Jacques Capela inspecteur au 36 Quai des orfèvres, abattu en 1978 devant l’ambassade d’Irak. Voir à la susdite date.
  • Rolf Genz peintre, sculpteur, céramiste né près de Karlsruhe et exposé dans le monde entier. Petit – fils de Hans Kohlschein lui même peintre de renom.
  • Claude Guillabert 1930 – 2016,  ENA, de Sournia à l’ Hôtel de Matignon avec Raymond Barre, Inspecteur Général des Télécommunications, Chevalier de la Légion d’Honneur*, romancier…
  • Un acteur de Plus belle la vie,  de ceux dès les prémices de cette série en 2004.
  • Pierre Palmade par son arrière – grand – père.
  • Ceux qui auront lu ce site depuis les pages consacrées aux cathares et histoireetrando-prats-de-sournia.fr auront remarqué d’autres personnalités.

* Introuvable sur la Base Léonore, pareillement concernant Pierre, André, Paul Sacaze 1897 – 1988.

 


 

14/07/1938 :   François Marquet de Rasiguères élevé au grade d’Officier de l’Ordre de la Légion d’Honneur.

27/01 au 10/02 1939 : Retirada :  Mot catalan omniprésent dans les médias de Perpignan désignant l’exode des républicains espagnols. 450.000 réfugiés accueillis* dans un département de 233.000 habitants, énormément  d’entre – eux se fixeront définitivement dans les Pyrénées – Orientales, ainsi en regroupant les trois immigrations sud – nord des Pyrénées du XX ème siècle on compterais désormais 1 habitant de filiation française locale pour 4 ou 5 made in Spain. Ce flux s’est poursuivi jusqu’à une période très récente, pour cause de différences sensibles de développement. Conséquences développées en pages A Propos et Gabachs.

A l’inverse n’oublions pas l’émigration française en nombre considérable relatée à la date 1585.

* Les autorités ayant d’autres priorités, ils seront parqués comme du bétail dans des camps dits officiellement de concentration tels que ceux de Le Barcarès, Argelès, Montazels, Rivesaltes. Ce dernier plus particulièrement sera réactivé quand il s’agira d’envoyer au four  les Juifs de la zone libre. Nonobstant les contraintes de la seconde guerre mondiale, en 1962 après avoir choisi la France plutôt que leur Algérie natale, les Harkis jusques en 1976 n’y seront pas mieux honorés.

03/09/1939 : L’Angleterre suivie de la France déclare la guerre à l’Allemagne. Les atrocités et les règlements de compte que ” permet ” le conflit vont s’abattre partout en Fenouillèdes, par exemple torturer à mort tel percepteur au vu de ses enfants en bas âge, pour se venger d’un redressement. La population est divisée entre ceux qui ouvertement ou silencieusement sont persuadés d’une part que Pétain et la Milice sont à soutenir, de l’autre ceux plutôt tournés vers les mouvements de la Résistance. Un sujet encore trop brûlant pour pouvoir être approfondi.

  • En juin 1940 exode des populations du nord de la France et des Belges. Des milliers de réfugiés fuyant la progression des Allemands, sont accueillis dans nos villages sur décision préfectorale. Généralement de la mi mai au début septembre. Certains sont restés jusqu’à la fin de la guerre. De quoi sceller quelques mariages, mais hélas de pair avec un exode des nôtres, celui là définitif, vers des cieux moins cléments. ( histoireetrando-prats-de-sournia.fr)
  • Le 18  le général De Gaulle à la tête des Forces Françaises Libres lance l’appel de Londres.
  • Le 22 Pétain signe l’armistice avec l’Allemagne et l’Italie. Condensé du Larousse à Vichy  :  … Il instaura sous l’emblème de la francisque, un régime autoritaire, corporatiste, antisémite et anticommuniste… collaboration avec l’Allemagne…
  • De juillet à octobre, un bataillon de tirailleurs sénégalais est stationné à St Paul. Dés mai à Maury, après avoir servi dans les différents camps de républicains espagnols. La revue Fenouillèdes n°34 propose une étude circonstanciée de ces faits trop occultés.

18/04/1939 : Le trafic voyageurs cesse sur la ligne ferroviaire Quillan – Rivesaltes.


16 et 17/10/1940 : Aigat du… Cataclysme pluviométrique  sur tout le département 66 et les Corbières. D’après Pierre Miquel en 2001 dans “Pluviométrie du 16 au 20 octobre 1940” le Fenouillèdes n’aurait pas reçu plus de 500.mm sur l’axe Pech de Bugarach – Montfort et 250.mm plus à l’Est.

Quelques chiffres qui dépassent l’entendement :

– Plus de 1000.mm en 3 ou 4 jours sur le Canigou, au refuge des Cortalets, altitude 2150.m.

– 840.mm en 24 h à La Llau, commune de Le Tech, route départementale 74, altitude 892.m.

– 1000 à 1500.mm en 5 jours au sud d’un triangle Costabonne, Canigou, Céret. Alors que les sommets des Pyrénées Catalanes atteignent rarement 1m à 1.50m de précipitations annuelles.

Ce qui constitue un record européen, chose paradoxale, détenu par le département le plus aride de France avec les environs de Cassis :

– La moyenne annuelle sur 30.ans ( 1977 à 2007 )  est de 572.mm à Perpignan. Comptez grosso modo 100.mm de moins sur le littoral nord Roussillon et quelques stations du bas Fenouillèdes. Autour de 620 mm à Latour de France,  750.mm à Sournia ( Emberger ) , 920mm en moyenne annuelle à Boucheville. Mais Gaussen en 1970 propose une fourchette issue d’une synthèse de 42 ans allant de 300.mm à 2000.mm et plus sur 12 mois. Les Pyrénées Orientales sont coutumières d’épisodes pluviométriques qui seraient qualifiés hors norme dans d’autres régions, c’est à dire plusieurs centaines de millimètres en 24 h – 72 h,  1965,  1970, 1986, 1992,  1999, avoisinant 300 mm à Perpignan sur 6 jours en novembre 2014. D’autres dates pourraient s’ajouter dans ce demi siècle.  Voir ci – dessous en 1994. On l’aura compris cette contradiction avec les susdites moyennes annuelles sous entend des séquences au déficit hydrique diamétralement opposé, à l’image de 2007 – 2008 quand les camions citerne ravitaillaient en eau tant de villages. Les sols n’avaient reçu que 470 mm en 18 mois à Perpignan ( Relevés de l’auteur ), le seuil de désertification étant établi à 300 mm par an, d’ailleurs les stigmates sont toujours visibles à Sournia où les yeuses ont  été décimés à perte de vue.

La présence des réfugiés espagnols fut une opportunité, en permettant de disposer de suffisamment de bras pour la remise en état des infrastructures.


1940-1941 : Les caves Violet & Anterieu de Maury deviennent coopératives.


14/01/1941 : Premiers internements au camp de Rivesaltes.


11/11/1942 : Rébellion de De Lattre de Tassigny. La Werhmacht vient de pénétrer dans la zone libre. Les panzers ont quitté Toulouse à destination de Perpignan par la N.117, dans la probabilité d’un débarquement des alliés en Roussillon. Le général Jean De Lattre basé à Montpellier, décide d’établir son poste de commandement à Saint Paul de Fenouillet. Mais ses troupes en mouvement pour le Fenouillèdes  sont empêchées par les barrages de la gendarmerie. De Lattre ne pourra avancer au delà de Cucugnan par défaut de coordination entre ses officiers de liaison.

L’alimentation est rationnée ainsi que l’essence d’ou de graves difficultés pour se nourrir, la délation se banalise.


06/06/1944 : Débarquement de Normandie.

11/08/1944 Le maquis Jean – Robert et Faîta : Du nom de deux Résistants torturés à mort l’année précédente dans le Gard. Largage de 15 parachutistes américains sous les ordres du lieutenant Paul Swank sur le maquis de Salvezines tenu par l’Armée Secrète, branche armée des MUR. Qui fut ainsi la première commune libérée du département de L’Aude. Quatre parachutages d’armes destinées aux Pyrénées Orientales eurent lieu sur le terrain Ouvrage (nom de code) de Salvezines entre juin et le 15 aout 1944.

Le maquis de Rabouillet était également aux mains de l’A.S, dirigée pour les P.O par Camille Fourquet et Louis Auriol sur la haute vallée de l’Agly. Camille Fourquet était aussi à la tête du MLN départemental. Joseph Calvet saint paulais comme le précédent était le chef du MLN Fenouillèdes et préalablement dirigeant de Libération en Fenouillàdes. Un des principaux mouvements de Résistance non communiste avec Combat et Franc tireur. Le MUR était issu de leur fusion du 15 février 1943 puis le MLN en décembre suivant.

MUR : Mouvement unis de résistance.

15/08/1944 : 250 000 hommes de l’armée française d’Afrique et subsaharienne sous le commandement de De Lattre débarquent à Sainte Maxime, plus généralement de Port Cros à Saint Raphaël, en direction de la Bourgogne ( Contact avec ceux de Normandie ), de Strasbourg et outre Rhin.

18/08/1944 : Pierre Lauret né à Rabouillet en 1913, membre de l’Armée Secrète – maquis de Sournia est abattu au cours des combats de la libération de Perpignan. Une plaque honore sa mémoire sur l’une des passerelles piétons du quai Batllo.

20/08/1944 : Libération des P-O. Changement d’affectation du camp de Rivesaltes où ceux de la Milice ( Miliciens favorables au maréchal Pétain et collaborant avec la Gestapo ) sont pris en charge par le comité d’épuration des FFI, ils en seront marqués à vie…Des Allemands y seront retenus, 449 d’entre eux y périront d’une épidémie,  beaucoup seront affectés aux mines du Conflent ou comme main d’oeuvre agricole jusqu’à leur retour au pays en 1948. Environ 10 000 prisonniers de guerre seront passés par ce camp.

FFI : Forces Françaises de l’Intérieur, regroupement de la Résistance en 1944.

1944-1958 : IVe république


1952 : Trois ans après la disparition de Jean Bourrel et de sa manufacture de chapeaux de la marque Tibet,  le Formica français est produit à Quillan dans les mêmes locaux. L’usine atteindra plus de mille employés à la veille du choc pétrolier de 1973, pour une population quillanaise inférieure à 5000 habitants.

Formica : De l’anglais for mica , mobilier en panneaux composés d’un assemblage de feuilles de papier kraft imprégnées de résine phénolique et habillés d’un papier décoratif, très en vogue dans les années yé-yé jusqu’à en devenir un des symboles de cette décennie.


11/11/1952 : François Fabre né à Caudiès de Fenouillédes le 21/09/1897 y reçoit la cravate de Commandeur de la Légion d’Honneur. Cette prestigieuse distinction accompagne celles que lui valurent ses actes de bravoure au combat, médaille militaire, croix de guerre avec palme à deux étoiles. Fils de paysan il s’illustra dans la Résistance héraultaise, professeur à la faculté de médecine de Montpellier, auteur d’une somme de recherches historiques consacrées au Fenouillèdes…


1956 : De l’uranium est découvert dans le périmètre Montalba – Tarerach – Trevillach. Un permis de recherche sera attribué à la société Minatome par décret du 18/11/1980.


19/03/1962 : Accords d’Evian, indépendance de l’Algérie.


1971  Arago 21: 8 ans de fouilles dans la Caune de l’Arago à Tautavel récompensés par la découverte du crâne du plus ancien européen à cette date. Quand à ce sujet plus d’infos. en pages paléolithique. Arago 21 pour 21 ème reste d’hominidé extrait de cette cavité.


1972 : Les vignerons de Maury naissent de la fusion des trois caves coopératives.


1975 : Sournia ne compte plus que 296 habitants. Ils étaient près d’un millier dans la première moitié des années 1800. Une des pires variations négatives au niveau national en un siècle. Depuis sous l’égide de Paul Blanc, la courbe démographique s’est redressée à Sournia, des lotissements en témoignent. Pareillement à Centernach, Trévillach et prochainement à Prats de Sournia. Des villages au bord de l’extinction ont bénéficié d’élus particulièrement compétents dès la décennie 1970-80. Globalement  le solde migratoire est positif, + 1,42 % entre les années 1999 – 2009, au point d’être quelquefois supérieur à celui de la région.

Sur l’ensemble  canton Audois compris, l’exode rural s’exprime par des chiffres effarants :

– 1840 : 16.900 habitants,

– 2000 : 8.200 habitants dont guère plus de 6.600 côté Pyrénées Orientales.

Seul Axat à vu sa population augmenter sur cette période. Lansac aussi, mais moins significativement. Campoussy, Felluns… De façon plus récente. Une étude préalable au projet de P N R infirme la situation de Axat entre 1999 et 2009.


28/07/1976 :  1500 ha partent en fumée sur les hauteurs de Sournia, incendie involontairement déclenché par un berger qui faisait griller sa saucisse.


31/07/1978 Ambassade d’Irak à Paris : Assassinat de Jacques Capela *. Cet  inspecteur au 36 Quai des Orfèvres était originaire de Prats de Sournia,histoireetrando-prats-de-sournia.fr page 6.

* policehommage.blogspot.fr/1978/07/jacques-capela-prefecture-de-police

facebook.com/pages/Prise-dotages-à-lambassade-dirak-à-Paris


02/04/1979 : Directive Oiseaux 79/409/CEE du… L’Union Européenne organise un réseau de sites Natura 2000 ou Sites d’Importance Communautaire dédiés à la protection d’espèces en danger. Le Fenouillèdes comprend plusieurs sites Natura 2000 et accueille deux SIC chacun relatif aux chiroptères, Montalba le Château et Prats de Sournia.  La directive oiseaux  sera complétée le 21/05/1992  par celle dite Habitats – Faune – Flore.  33 Zones Naturelles d’intérêt Écologique Faunistique et Floristique émaillent  le territoire du Fenouillèdes, autant d’espaces riches d’endémiques, de plantes rares et d’animaux tels que le desman ou l’euprocte. Voir au 07/11/2013.


18/09/1978  Montalba le Château : 1800 ha détruits par le feu. Ces deux sinistres demeurent les plus importants du Fenouillèdes hormis celui de Tarérach à sa périphérie lequel en août 2005 a couvert 1970 ha.


1980 : Les deux tiers de la production française de feldspath soit 150 000 T./an sont extraits en Fenouillèdes par des sociétés du groupe multinational Imérys,  180 000 T. en 2010. Le gisement s’étend de Salvezines à Lansac dont Fosse, St Martin de Fenouillet, Ansignan, Lesquerde… La roche est traitée à Caudiès, Saint Martin Lys,  Saint Paul de Fenouillet, ses usages sont multiples dans le bâtiment, la fabrication de céramiques, l’aérospatiale. Mais dès 2009 la production s’étant réorientée vers les pays émergents un processus de licenciements est en cours.


1983 : Une équipe d’archéologues dirigée par Françoise Claustre découvre une salle sépulcrale du néolithique dans une grotte bergerie à Belesta de la Frontière. La richesse exceptionnelle du matériel archéologique entraînera la réhabilitation du château du XIVe siècle et sa reconversion en musée. Voir à – 4000.


09/09/1983 : Un nouveau rallye automobile dans le pays, celui du Fenouillèdes organisé par l’Association Sportive de l’Automobile Club 66 en succédant à la course de côte du col de St Louis à Galamus. Edition 2016 les 19 et 20 novembre, tous renseignements utiles aux spectateurs sur ASAC 66.


1984 Sembres : Carottages d’Elf Aquitaine, recherche d’or et de tungstène. Après analyse de la couche de sédiments accumulée à l’entrée de la mine, le responsable du chantier fut frappé par l’antiquité de cette exploitation aurifère, ainsi attribuée à l’époque romaine.

Cela étant et des siècles plus tard, les templiers eurent un poste à quelques pas. De là à dire qu’ils ont du s’y intéresser de très près… Pourquoi cette interrogation ?Cet ordre de moines soldats était excessivement discret concernant de telles affaires. Entre Coustaussa et Rennes les Bains, à Blanchefort autre minier aurifère datant des Gallos-Romains, les Templiers employaient de la main d’oeuvre issue d’outre Rhin, afin de parer à toute communication avec les communautés alentours. Des archives de 1156 l’attestent.


1985 : Création du Sentier Cathare, une liaison Port La  Nouvelle – Foix sur 220 km en 12 étapes sportives par les châteaux de Aguilar, Padern, Quéribus, Cucugnan,  Peyrepertuse…Au Col de Brézou un choix cornélien s’impose, avec au sud la variante Pyrénées GR 36 – 7A / Tour de Pays du Fenouillèdes à destination des gorges de Galamus,  Fenouillet avec comme vers Padern une concentration de sites historiques et naturels à voir,   Puilaurens, Axat… Sinon optez pour la variante Nord GR 36 – 7, le mythique Pech de Bugarach, Quillan et rejoindre les deux tracés à Puivert. Sentier Cathare une appellation commercialement juteuse mais s’agissant de randonnée Sentier des Citadelles du Vertige serait plus révélateur du niveau technique. Parcours labellisé Grande Randonnée en février 2014.


1989  Caramany : Les fouilles préalables à l’édification du barrage sur l’Agly mettent au jour au Camp del Ginèbre une nécropole d’incinération remontant à 6000 ans. Liens sur Du Néolithique aux Romains.


1992 Sournia et Prats : Câblés, pour la première fois en France en milieu rural. Les téléspectateurs peuvent recevoir en plus Eurosport, Planète, Paris première et TMC , cela dès 1992, depuis le choix s’est considérablement élargi. Mais les communes concernées doivent supporter une charge financière très lourde en rapport à leur modeste budget et sans aucune compensation demandée à l’usager. On remarquera que comme lors de la venue de la fée électricité et de la création des routes, des localités du Fenouillèdes sont pionnières, cette fois en matière  de vidéo communication. Cerise sur le gâteau cette innovation se double de l’enfouissement des réseaux aériens.


1994 – Inauguration et mise en eau  du barrage de Caramany. D’une capacité de 27 millions de m3, sa fonction est plurielle : Atténuation des crues, maintien d’un débit d’étiage et de ce fait, recharge de l’aquifère du karst des Corbières. Lors  de la crue du 30 novembre 2014, jusqu’à 7.15m à Rivesaltes sa retenue quasiment  vide s’est remplie en moins de 48 heures et il a fallu procéder à un délestage toutes affaires cessantes. Quels auraient été les dégâts en aval de Rivesaltes sans ce réservoir… C’est sûr il sert à quelque chose*  Jusqu’au 28  le lit de l’Agly était à l’état de mares entre Estagel et Espira. Pour en savoir plus :  paridulac puis cliquez en page d’accueil sur le médaillon intitulé Flash info Agly, voir aussi à la date 1940 ci – dessus.

* La presse à penchant sensationnel et les ignorants du Rivesaltais  –  Salanque,  qui ne sont plus inondés jusqu’au premier étage, le désignent : Le barrage qui ne sert à rien !

Un autorail touristique, le Train du Pays Cathare et du Fenouilledes* alias Le Train Rouge dès le début des années 2010, égaye la vallée de Rivesaltes à St Martin Lys, autour de soixante kilomètres d’un intérêt architectural et paysager qui n’a rien à envier à celui offert en vadrouillant sur la départementale 117, lui même alléchant. Perspectives inoubliables notamment sur sur la citadelle du vertige ou château cathare de Puilaurens dressé sur son pyramidium géologique à vous en rompre les cervicales ! Il vous toise d’une verticale avoisinant trois cent mètres.  L’ensemble majestueux, évoque d’emblée quelque scène classique de B.D. d’outre Atlantique mais fort heureusement sans route en ellipse. Le Picasso prendra son essor à partir de l’été 2002. Voir en 1886 pour un aperçu des ouvrages d’art. * Du nom de l’association gestionnaire.


07/11/1994 : Le Fenouillèdes audois se mutualise dans la communauté de communes du canton d’Axat.


18/02/1996 : Réveil  brutal à 2 h 45 partout en Fenouillèdes. Voir article Géologie.


01/01/1997 : St Paul de Fenouillet, St Martin, St Arnac et Maury se regroupent au sein d’une communauté de communes baptisée Agly – Fenouillèdes, progressivement élargie jusqu’à fédérer 22 villages soit 6312 habitants au 1er janvier 2014, en ajoutant Prats à cette énumération.

Montalba en 2002, Belesta en 2008 voulant gagner en cohérence territoriale, ont  mutualisé leurs ressources auprès de  la C.C. du Roussillon – Conflent, tandis que en dépit de leur situation géographique et historique Campoussy,  Sournia et Trevillach se sont rapprochés avec la C.C. du Conflent – Canigó.


09 / 1999 : Constitution de l’Association du Pays de l’Agly ou Pays de la Vallée de l’Agly qui unit 46 communes* et 49 735 habitants. Cette entité assure la valorisation du territoire en matière de services, environnement, tourisme, agriculture…Elle est aussi active pour le montage de projets des acteurs locaux du développement socio – économique.

* Fenouillèdes 66 avec Arboussols et Tarerach, du Rivesaltais à Le Barcarés par la Corbière “Catalane “, réduite à 35 dans un deuxième temps soit 38 977 habitants.


2002 : 30 000 tonnes de Gypse sont extraits de la mine de Lesquerde par la société Bournet, source DREAL.


16/04/2004 : Le glas sonne à Quillan, Formica cesse sa production de panneaux de stratifié et 149 salariés sont licenciés. Seule est maintenue l’unité de fabrication de tôles de pressage, elle approvisionne les usines du groupe Flecther- Formica.


2005 : Élévation d’une éolienne dans la carrière de feldspath Denain Anzin à Saint Arnac. Le surplus d’énergie produit profite à ce village, à Lansac et Lesquerde.

12/06/2005 Prats de Sournia :  70 habitants, organise son 1er marché fermier. Doublé d’un vide grenier avec concert en l’église, expositions, banda, randonnées thématiques, animations pour enfants… Des milliers de curieux viendront découvrir ce village et l’événement fera école dans la contrée. Le comité d’animation a à son palmarès diverses manifestations culturelles et sportives dont le succès fait la particularité de ce coin du Haut –  Fenouillèdes.


2006  Bélesta de la Frontière : Le déterminant différenciateur de ses homonymes est en allusion à sa situation sur la frontière face à l’Aragon jusques en 1258.  La cave coopérative de ce petit village perché sur une hauteur dominant la vallée de La Têt est en passe d’être reconvertie en un hôtel – restaurant de luxe Le Riberach****.  Voir à la date 2015.


2007 : La TNT atteint le Fenolhedés, en commençant par Fosse.


Novembre 2008 : Parc Naturel Corbières –  Fenouillèdes, 82 communes aux 2/3 audoises initient auprès de la Région un projet fédérant les villages des Corbières, Fenouillèdes et Haute vallée de l ‘Aude soit 1261 Km2 . Avis favorable rendu en novembre 2011. Au 13/05/2014  le territoire retenu englobe 96 communes de Quillan à Opoul, et de Lagrasse à Campoussy, constituant ainsi une entité homogène avec les parcs dits de la Narbonnaise et des Pyrénées catalanes.


24/01/2009 : Ouragan Klaus. La façade maritime des Pyrénées est connue pour ses phénomènes naturels extrêmes. Mais il manquait un cyclone. Voilà qui est fait. Voir photos et note.

02/06/2009 : Arrêté préfectoral portant création d’une zone de développement éolien de 2031 ha avec extension en 2012 sur les communes de Caudiès, Saint Paul, Prugnanes, Lesquerde et Lansac. Les ZDE sont créées par arrêté préfectoral à la demande des communes ou des Etablissements Publics de Coopération Intercommunale, alias les communautés de communes en langage clair.


2010 : Situation démographique du canton de Sournia :

1002 habitants soit environ 6 h/km². Pour les neuf villages suivants et selon l’Almanach de la Poste.

– Campoussy :           41 habitants

– Feilluns :                59 habitants

– Pezilla de Conflent : 52 habitants

– Prats :                   71 habitants

– Rabouillet :           105 habitants

– Sournia :              419 habitants  –  INSEE 2011 sur wikipédia :  491 habitants.

– Trevillach :           111 habitants

– Trilla :                   60 habitants

– Le Vivier :              84 habitants

Ces chiffres extraits de l’Almanach de la Poste et inférieurs aux grilles wikipédia, confirment ceux de 1975, la population de Rabouillet, Sournia et Trevillach est en nette augmentation.  Celle des autres villages est au pire stable.

Prats à dater de 1693. Utile pour transposer à votre village.

Détail du canton d’Axat,

– Artigues : 91 habitants

– Axat : 712 habitants

– Counozouls : 46 habitants

– Gincla : 45 habitants

– Puilaurens avec Lapradelle : 259 habitants

– Montfort sur Boulzane : 104 habitants

– Salvezines Le Caunil : 99 habitants

– Ste Colombe sur Guette : 47 habitants

– St Martin Lys : 51 habitants

Évolution démographique depuis 1841 :

Canton Audois d’Axat :

– 1841 –

– 1935 –

– 1999 –

– 2010 –

Habitants :

3927

2647

1464

1409

Liste des communes :

Artigues ; Axat ; Counozouls ; Lapradelle – Puilaurens ; Gincla; Montfort sur Boulzane ; Salvezines le Caunil ; Ste Colombe sur Guette ; St Martin Lys.

Canton de La Tour de France plus Montalba le Château :

– 1846 –

– 1927 –

– 1999 –

– 2010 –

Habitants :

3009 + 418 = 3427

2987 + 260 = 3247

1807 + 120 = 1927

1987 + 142 = 2129

Liste des communes :

Belesta ; Caramany ; Cassagnes ; Lansac ; La Tour de France ; Planèzes ; Rasiguères.

Montalba le Château est hors canton mais appartient au Fenouillèdes historique.

Canton de St Paul de Fenouillet :

– 1846 –

– 1927 –

– 1999 –

– 2010 –

Habitants :

6082

5704

3979

4215

Liste des communes :

Ansignan ; Caudiès de Fenouillèdes ; Fenouillet ; Fosse ; Lesquerde ; Maury ; Prugnanes ; St Arnac ; St Martin de Fenouillet ; St Paul de Fenouillet; Vira.

Canton de Sournia :

– 1846 –

– 1927 –

– 1999 –

– 2010 –

Habitants :

3464

1700

866

1002

Liste des communes :

Campoussy ; Feilluns ; Pezilla de Conflent ; Prats de Sournia ; Rabouillet ; Sournia ; Trevillach ; Trilla, Le Vivier.

Démographie de votre village depuis 1793 : Tapez cassini EHESS + le nom de la localité recherchée.

Antérieurement à 1793 : Wikipédia.org + le nom du village.

Trilla 1927 : Population approximative issue d’une synthèse entre les deux recensements les plus proches, majorée à la décimale supérieure.

Pour en savoir plus sur chaque village :

  • la revue Fenouillèdes vous est recommandée.  Moins 51% de population entre 1841 et 1999, – 78 à – 93% sur une douzaine de villages, G. Normand Fenouillèdes 9.
  • Etudes préalables au projet de Parc Naturel Régional Corbières – Fenouillèdes.

Génocide culturel :

Il ne faut pas occulter les milliers d’actifs, retraités qui depuis le XIXe siècle, ont essaimé dans la vallée de l’Aude notamment à Quillan. Ou mis le cap au sud, en Conflent et Roussillon, sans pour autant dénier leurs racines. Inversement à une contre vérité manifestement entretenue, ils sont très nombreux sur Perpignan, alias La Catalane*. Comble du paradoxe ces Occitans sont culturellement omis par les élus, la presse locale. Voir à Gabachs et les pages A – Propos.

* Ce qualificatif ressemble à une révérence des politiques envers une force électorale majeure. 


27/07/2010 : La SNCF venant de se désister du transport de feldspath sur la ligne St Paul de Fenouillet à Rivesaltes, la SARL Train du Pays Cathare et du Fenouillèdes saisit cette opportunité en devenant Opérateur de Fret de Proximité.


25/06/2011 : Jean Pierre Bosch né à Rasiguères en 1929 élevé au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur.


26/11/2011 : La 29 ème édition du rallye du Fenouillèdes passe… en première division nationale.


17/11/ 2012 : Inauguration de la première maison de santé des Pyrénées Orientales à Saint Paul de Fenouillet. Ce type d’établissement regroupe un large panel de praticiens. Celle de Axat –  Donezan suivra en janvier 2013. Latour de France ouvrira la sienne à la rentrée 2015.


07/11/2013 : Journal officiel de l’union européenne du… Classement en Site d’Intérêt Communautaire des habitats à chiroptères des Pyrénées Orientales totalisant 2316 ha en regroupant les gîtes de Fuilla, Nyer, Ria – Sirach, Rodes et pour le Fenouillèdes ceux de Montalba le Château et de Prats de  Sournia. Ces  derniers d’intérêt national s’agissant de la reproduction des espèces suivantes dans chacune des trois cavités, soit respectivement une mine désaffectée et deux grottes au voisinage de la Désix :

  • Murin de Capaccini
  • Grand et petit murin
  • Minioptère de Schreibers
  • Rhinolophe euryale
  • Grand et petit rhinolophe.

11/08/2013 : Disparition de Marius Beaux. Né le 21/01/1922 à Saint Paul de Fenouillet, Officier de la Légion d’Honneur son nom est à jamais indissociable du maquis du Conflent – réseau Ste Jeanne, de Valmanya à Buckenwald d’où il fut libéré par les Soviétiques en 1945.

http://www.ville-vinca.fr/index.php/conseil-municipal/discours/261-commemoration-du-8-mai-1945


01/01/2014 : Dissolution de la communauté de communes du canton d’Axat laquelle s’intègre dans une structure couvrant un vaste périmètre dénommée C.C. des Pyrénées audoises. Cette réorganisation administrative concernant autant le Fenouillèdes 66 est en prélude à la prochaine réforme des cantons. Une véritable Révolution puisqu’ils datent de 1790.


01/ 03 /2014 : Publication au journal officiel de la nouvelle carte cantonale, les trois du Fenouillèdes deviennent le canton No 15 dit Vallée de l’Agly. . Ce nouveau redécoupage centralisé sur Rivesaltes est un retour à une entité culturelle, historique et géographique harmonieuse, en s’en tenant a l’aspect positif; Ceux des ” écarts ”  tels que Campoussy ou Vira auront- ils la même analyse ? Ce regroupement va jusqu’à réunir : Ansignan, Arboussols, Bélesta, Campoussy, Caramany, Cases-de-Pène, Cassagnes, Caudiès-de-Fenouillèdes, Espira-de-l’Agly, Estagel, Felluns, Fenouillet, Fosse, Lansac, Latour-de-France, Lesquerde, Maury, Montner, Opoul-Périllos, Pézilla-de-Conflent, Planèzes, Prats-de-Sournia, Prugnanes, Rabouillet, Rasiguères, Rivesaltes, Saint-Arnac, Saint-Martin, Saint-Paul-de-Fenouillet, Salses-le-Château, Sournia, Tarerach, Tautavel, Trévillach, Trilla, Vingrau, Vira, Le Vivier.

Le Vivier : Le hêtre géant du Bosc d’en Baillette dit Le Fajas classé arbre remarquable.


29/11/2014  Déluge sur le Fenouillèdes : Il serait tombé 400 mm de pluie sur ces hauteurs, la presse s’est attardée à Rasiguères… Il y avait de quoi, mais c’est tout le bassin de la Matassa et celui de la Désix qui ont été durement impactés. Aperçus du réseau routier, les éboulements , les défoncements de rues sont innombrables sur un axe Vira – Rasiguères. Il faut remonter à des décennies pour des ravages comparables, des routes ont été fermées à la circulation St Paul – Ansignan, Lesquerde – Maury, Pézilla – Ansignan, Lansac – Tournefort… Impliquant des mois de travaux publics. 15 communes à l’Est d’un axe Caudiès – Sournia ont été reconnues en état de catastrophe naturelle.  Votre rédacteur installé par précaution à 15 ou 18 m au dessus de l’Agly à 500 m de distance  est ( Sic )* des 3000 riverains évacués par décision préfectorale, la rivière avait pris et dépassé 7 m en moins de 48 h.

* Vers un lieu de regroupement légèrement plus bas que son domicile! Voir en 1994.

 

Recensement de la population municipale de 2014.

Chiffres INSEE, période 2010 – 2014, pourcentage de variation comparé à 2009, solde positif pour la première série et solde négatif pour les villages de l’énumération suivante.

 Belesta   232 hab.   + 5%
Caramany   150    3,4
Cassagnes    260    1,2
Caudiès   640    3,2
Counozouls   45    0
Feilluns   63    14,5
Montalba le Château   149    1,4
Planèses   109    9
Prats de Sournia   75    1,4
Prugnanes   106    0
 Puilaurens   263    1,2
 Rabouillet   117    10,4
 Rasiguères   166    9,2
 St Arnac   122    0,8
 St Martin de Fenouillèdes   60      7,1
 Ste Colombe sur Guette   49     0
 Salvezines   75    1,4
 Sournia   500    6,6
 Trilla   68    11,5
 Trevillach   145    19

 

Villages au solde négatif

 Ansignan   188   –  2,6 %
 Artigues   77  –  7,2
 Axat   610  –  4,7
 Campoussy   41  –  12,8
 Fenouillet   81   – 6,9
 Fosse   37   – 5,1
 Gincla   47   – 2,1
 Lansac   103   – 1
 Latour de France   1048   – 1,6
 Lesquerde   140  – 18
Le Vivier   79  – 16
 Maury   821   – 4,5
 Montfort sur Boulzane   68   – 25,3
 Pezilla de Conflent   51  – 15
 St Martin Lys   29   – 27,5
 St Paul de Fenouillet   1842   – 2
 Vira   29   – 12

 


23/07/2015  Arago 149* : Deux étudiants découvrent sur le chantier de fouilles de la Caune de l’Arago une incisive inférieure d’adulte datée de 560 000 ans. Une première incisive humaine, de la même mâchoire avait extraite l’été précédent.
*149 ème reste d’hominidé livré depuis 1964 dans cette grotte.

22/09/2015 Bélesta de la Frontière : Le déterminant se veut en mémoire de sa position coté Languedoc et France de la frontière moyenâgeuse  avec l’Aragon d’où Belhestar en occitan. Ce village de seulement 225 Balestrucs, quelque peu à l’écart des principaux axes de circulation comme tant d’autres à l’entour  présente la double atypie de s’enorgueillir d’un site archéologique majeur qui nous transporte vers moins 4000 et d’un hôtel – restaurant de luxe Le Riberach**** dans les murs de l’ancienne cave coopérative. Son chef Laurent Lemal sacré Bocuse d’or France 2015, finale du concours remportée avec plus de quarante points d’avance face à sept homologues devant réaliser deux recettes imposées. Riberach désignait Bélesta avant l’an 1000.


24/06/2016 Baptême de la région Occitanie : Pic de surchauffe sous les barrets*, la grande région née le jour de l’an de la fusion du Midi – Pyrénées avec le Languedoc – Roussillon ou absorption de cette dernière par sa voisine, est baptisée Occitanie. Pour une fois les catalans de Perpignan n’ont pas eu le mot de la fin, en référence à leurs partenaires les languedociens du 66 dont ils ne tiennent que trop peu compte, du moins dans l’immédiat…

Ces irréductibles catalans aveuglés**, endoctrinés ont tort de s’estimer exclus. La nouvelle désignation englobe de fait toute la Catalogne, la langue catalane n’étant qu’un appendice de celle de Toulouse dont la différenciation s’est amorcée à l’orée de l’an 1000, la comparaison des dictionnaires est éloquente. Mais encore, déduction faite de l’apport au bénéfice de l’immigration***, resterait t – il quelque chose de catalan nord pyrénéen réellement spécifique à ce versant sinon si peu ? Il est révélateur que les collectifs identitaires catalanistes n’aient pas abordé ces réalités historiques lors des nombreuses interventions préliminaires. Le lecteur assidu identifiera dans cette Chronologie et ses articles associés quantité d’éléments supplémentaires et de liens faisant autorité corroborant la pertinence du choix Occitanie à défaut de plus adapté proposé sinon maintenu…

Cependant des vices de procédure, liés à la consultation pour le choix du nom de la région, n’ont pas échappé aux politiques catalans, ils auront de quoi argumenter un recours devant le Conseil d’État.

*Barret et barretina, le bonnet traditionnel rouge vif des catalans que Peyo a transposé sur les Schtroumpfs. Quand à la coiffe de leurs dames, elle est dite le bonnet de Caudiès, un des villages du Languedoc amalgamé au département 66 !

** Falsification du scrutin en faisant voter massivement des catalans du sud des Pyrénées.

*** Les vrais catalans sont des produits de l’immigration, celle des républicains fuyant le franquisme avec sans tarissement les réfugiés économiques. Quand aux  catalans autochtones aux Pyrénées – Orientales, ils semblent oublier qu’ils sont français depuis 1659 et donc toujours en voie d’intégration. Bases essentielles à la compréhension de ce qui précède en pages A Propos et Toponymes occitans  en Pays Catalan.

Le Fenouillèdes du XIIIe au XVIIe siècle

 

– XIIIe siècle –

 

Aux XII et XIII èmes siècles les templiers du Mas Déu ou d’ailleurs, les seigneurs, les bourgeois, les évêques se fournissent en esclaves, des captifs pas forcément sarrasins vendus aux enchères  publiques à Perpignan. Et après cette période ? Les historiens consultés pour ce site sont muets en la matière. L’esclavage aurait été pratiqué en Roussillon jusqu’à la Révolution.

 

1259 : Première mention de Felhuns, alors libellé Sancte Maria de Fullonibus, dans laquelle le seigneur de le Vivier, Béranger 1er  reconnait devant l’archevêque de Narbonne s’être indûment accaparé les dîmes de l’église. A Bayrou emploi usurpées par ses aïeux. La graphie catalane Felluns à relégué aux oubliettes celle occitane ci-dessus.


1260 : Castel Fizel mentionné comme forteresse royale.

Les Franciscains annoncent la fin du monde comme étant imminente.

1260 Saint Louis rachète Aguilar à Olivier de Termes auquel il l’avait restitué  pour ses services rendus en Terre Sainte. Une garnison royale y est logée. Vente également datée de 1246 ?

  • A Paziols au cours de la décennie précédente O. de Termes fait construire le moulin fortifié dit de la Tour et son béal ( Rigole d’amenée d’eau ) de 3 kilomètres. La tour aux dimensions conséquentes 9.50 x 6.70 x 13 m est une propriété privée.

1261 : Décès de Hugues de Fenolhet et Saissac fils de Pierre IV, sous les murs de Valence pour Jacques Ier d’Aragon, dans le cadre de la Reconquête chrétienne de l’Espagne. Fin de la dynastie, En faisant abstraction de la baronnie de Canet et de la vicomté d’Ille sur Têt qui sont hors cadre du Fenolhedés.

Une autre version, selon laquelle Hugues de Fenolhet aurait été fait vicomte à son retour d’Espagne en 1255 jusqu’à sa mort en 1261.


1262 : Pierre de Voisins sénéchal de Toulouse, recherche pour Louis IX les terres indûment détournées du domaine royal. Dont le territoire compris grosso-modo entre Rennes le Château, les Fanges, le Bugarach et la Vallée de l’Aude.

  • S’agirait – il d’une bravade des d’ Aniort en dépit d’une confiscation ? Peu après avoir été dépouillés par les croisés, l’un des quatre* fils de Gérald et d’Esclarmonde de Laurac  aurait prit le nom de l’un de ses fiefs, donc Castelpor en lieu et place d’Aniort tout en étant maintenu en possession d’une partie de son domaine des Fanges.

* Bernard Othon, Géraud, Guillaume, Guilhem Bernard. Lequel des deux derniers est – il l’intéressé ? Tous ces personnages restent considérés comme partie des plus grands héros de ces tragiques événements,  Esclarmonde sœur de Géralde alias Guiraude de Laurac que les croisés ont précipitée vive dans un puits en le remblayant aussitôt avec des pierres.

D’autres commissaires firent retour à la couronne du pays de Sault avec les châteaux du Rébenty. Voir à la date 1300.

05 / 09 / 1262 :  Hugues de Fenolhet et son père décédé sont accusés de crime d’hérésie par l’inquisiteur dominicain frère Pons du Pouget. Vicomté saisie par Saint Louis, en sanction de cette hérésie, voir en 1243. Il semblerait que le fils fut déclaré non coupable, il échappa à l’exhumation. Les de Fenolhet conservent leur vaste domaine de l’autre côté de la frontière, à Ille sur Têt. La population se révolta contre les exhumations, on ignore si celle de Pierre de Fenouillet fut appliquée.


1263 : Don de Gincla (Capronia, Castrum de Ginclar, Ginclanum)en arrière fief aux du Vivier. Pareillement pour Montfort, Castrum Montefortis.

Capronia semble être un hydronyme si on prend en considération son suffixe en Onne, équivalent à rivière,  source chez les Celtes. On le retrouve à Duilhac ainsi qu’à l’endroit exact de l’ermitage de Galamus, et à la résurgence de la Tirounère anciennement Fon Capronis. Fenouillèdes n°30 développe d’autres hypothèses qui ne manquent pas d’intérêt.

Ginclanum suppose un passé Gallo-Romain. Voir en 285.

Echange entre Saint Louis et l’abbé de Saint Michel de Cuxa. Le roi de France en contre – partie de Puilaurens cède au monastère des seigneuries* en Pays de Sault, Cazelles, Munès, Mazuby. Cette dernière paroisse restera la propriété des moines jusqu’à la Révolution.

* Accompagné d’une rente de 25 livres tournois.

1 livre + 20 sols,  1 sol + 12 deniers.


1264 : L’inventaire des biens de la commanderie du Mas Déu révèle que les Templiers possèdent l’intégralité des droits de seigneurie de Saint Arnac, la seigneurie du castrum de Lesquerde et la moitié de celle de Prugnanes.  Selon les spécialistes ils n’auraient été que co – seigneurs de Lesquerde.

1266 : Le Fenouillèdes est écrit Fenoledesio sur un acte de Louis IX.


1269 : Première session à Carcassonne, préfiguration de ce qui deviendra les États du Languedoc. Leur finalité est de renflouer les caisses du royaume. etats-du-languedoc.univ-montp Délibérations de 46 sessions.


1270-1285 : Règne de Philippe III le Hardi, fils de Saint Louis.


1272 : Fenouillet forteresse royale, supplante Castel Fizel.


1272 – 1340 : Édification à Narbonne de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur à l’emplacement de trois églises qui s’y sont succédées depuis Constantin.Le palais des archevêques est essentiellement du XIIè et de la seconde moitié du XIVè siècle.


1276 : A la mort de Jacques Ier Le Conquérant et selon ses volontés Perpignan est promu capitale du royaume de Majorque pour son fils cadet Jacques II.


1283 : La plus ancienne mention connue  de l’église paroissiale de Le Vivier et St Martin de Fenouillet, la chapelle Ste Eulalie à l’écart du village et au bord de La Matassa.


18:08:1283 : Philippe III le Hardi et Jacques II de Majorque à Palairac ( Termenés – Aude )  alors qu’ils s’étaient rencontrés la veille à Carcassonne, mais le premier s’illustre par ses importants miniers…

Le roi de France met à profit les dissensions entre les fils de Jacques Ier pour relancer les hostilités, en s’alliant avec Jacques II de Majorque.  Philippe III rompt le traité de Corbeil, voulant s’emparer de Montpellier.Il prit la tête  d’une croisade lancée par le pape Martin IV. Guerre de plus de sept ans organisée contre Pierre III roi d’Aragon.

Le château de Puilaurens est en cours de transformation. Celui de Padern, antérieur à l’actuel, est restitué aux moines de Lagrasse à l’issue de laborieuses tractations avec le procureur du roi. Chabert  de Barbaira se le serait accaparé après la chute de Quéribus.


05/1285 : Philippe Le Hardi s’engage en Roussillon, les habitants de Salses et d’Elne sont massacrés.

10/05/1285 : Vaincu par Pierre III d’Aragon dit le Grand, frère ennemi de Jacques II. Philippe le Hardi meurt pendant sa retraite, à son arrivée à Perpignan. Son armée est décimée par la peste. Son fils Philippe IV le Bel lui succède.

Pierre III alias comte Pierre II pour la Catalogne, le roi Pedro III à Sarragosse où encore le roi Pierre 1er à Valence.

Vers 1290 : L’acte de vente d’un casalage* évoque le castrum ou village fortifié de Lansac. Les propriétaires firent hommage du casal à frère Ramon de Sa Guardia commandeur du Mas Déu, devenant homme et femme de corps et de casalage du Mas Déu.

Cette commanderie étant en Pays Catalan ses archives citent des noms de personnes, lieux en la langue locale, cependant ceux rattachés au Fenolhedés subissent le même traitement, du coup  Peire ( Pierre ) devient Pere, Arnald glisse en Arnau… On rejoint là le souci d’impartialité soulevé à la date 798, il convient de se fier d’avantage aux extraits des actes de l’époque par exemple sur la thèse de R Tréton où il en figure en italique. Plus d’explications sur l’avertissement de Un souffle cathare.

* Casalage :  Exploitation rurale avec habitat.


12/08/1291 : Repli des Templiers à Chypre, chassés de St Jean d’Acre par le sultan d’Égypte et ses mamelouks. Terme de la présence Templière en Terre Sainte.


17/02/1297 : Le chevalier Bernard du Vivier seigneur de Monfort et d’Aussières accorde au prieur de Saint Jacques de Casalons ( Calahons ? ), le privilège de prendre du bois dans les forêts ci-dessus.


 

– XIVe siècle –

  • Vingt accidents climatiques et autant de famines dans la première moitié de ce siècle mais la plus terrible reste celle de 1374. L’autre moitié sera marquée par la peste.
  • Catastrophe naturelle majeure ? Variation spectaculaire du cours de l”Agly en aval de Rivesaltes datée du 1er tiers de ce siècle. Des précédentes de l’étang de Salses à celui du Bourdigou en se limitant à un recul jusqu’à l’Antiquité tardive. Quand au tracé actuel du fleuve en Salanque, les templiers de St Hippolyte auraient leur mot à dire. Toujours dans ces années, vers 1320 le même phénomène a provoqué la dérivation définitive de l’Aude à Sallèles au nord de Narbonne, en rompant un barrage* d’époque romaine et entraînant la disparition de du port de commerce de Narbonne et de désastreuses conséquences économiques. * Détournement de ce fleuve de son cours par Narbonne.

02/1300 : La vallée d’Arèze sise à l’ouest du col de St Louis, entre le Bugarach et les Fanges était dépeuplée. Acte de fondation de la bastide St Louis, les co-signataires en étaient le chevalier Guillaume de Castelpor* , le chevalier Guido Caprarius alias Guy Chevrier sénéchal de Carcassonne de 1301 à 1308 et représentant Philippe IV. Les bastides de St Ferriol, St Juila et St Just de Voisins suivront sous le même règne. Vous connaissez maintenant l’origine du nom Col de Saint Louis. Voir en 1262.

* Voir en 1262 la portée de cette affirmation nominative. Avec Dominique Dieltiens il devient Roger et Bernard de Castelpor ? S’agissant des années 1300 Roger introuvable dans les généalogies, wikipédia, belcaire-pyrenees.com,


1302 : Troisième phase de réorganisation des fortifications royales, pensées pour impressionner l’Aragon. A Fenolhet et Peyrepertuse par l’ingénieur Girart de Royaumont.


1303 : Un moulin à fer est signalé à Gincla


1304 : Assemblée des Etats du Languedoc, pour accorder au roi les finances nécessaires à la guerre des Flandres où s’est illustré Raymond Ier du Vivier* aux côtés du roi de France Philippe IV le Bel. Boniface VIII ayant réuni des conciles défavorables au roi, ce dernier se serait inspiré de la méthode en organisant les premiers Etats Généraux pour servir ses desseins.

Tous les douze ans Axat, Caudiés, Latour, Sournia, envoyaient pour un mandat de trois ans, un député aux États du Languedoc, à Montpellier dès 1736. Pézenas voir en 1632. A Narbonne ensuite, son archevêque en était président né, ils siégeaient en la salle des synodes du palais épiscopal.

Relevé des feux taillables. Plus sérieusement en novembre 1306.

* Les du Vivier sont une des plus anciennes familles nobles du Fenouillèdes. présents depuis le XIIe siècle au minimum probablement dès le IXe siècle à en croire les légendes en vigueur  in situ. Ils pourraient être issus de la maison de Narbonne. Leurs armes respectives sont les mêmes et d’après l’acte de décès de Messire Pierre Hippolyte du Vivier le 16.03.1761. Cette prestigieuse maison aux hauts titres ecclésiastiques et militaires, sera en charge des droits de justice haute, moyenne et basse dans tant de paroisses.  La haute justice est le droit d’appliquer la peine capitale. Elle était accordée sur demande formulée au roi et susceptible de générer des dépenses fort importantes. Des membres de cette lignée ont été des hérétiques avérés,  donateurs aux templiers.


1305 : Bertrand de Goth élu Pape sous le nom de Clément V. Transfert du Saint Siège à Avignon. L’extermination des hérétiques bat sont plein


29/ 11/1305 : Dénombrements d’Axat et de Caramany , nombre moyen de personnes par foyer :  4 à 6. Ce recensement dirigé par le sénéchal de Carcassonne sur ordre de Philippe IV ” Le Bel ” daté de ci dessus est en préliminaire avant avis favorable au souhait du chevalier Pons de Caramany d’être en charge du droit héréditaire de haute justice. Il recevra l’appui de Jacques II de Majorque, rappelons que Pons s’était replié de l’autre côté de la frontière consécutivement à la croisade ou peu après le traité de Corbeil, tout en restant maître de ses fiefs du Fenouillèdes.


1307: Dans le déroulement du susdit dénombrement, citation la plus ancienne du castrum de Caramany. Il est évidemment antérieur, voir en 1085. Avant l’époque féodale le village était implanté au voisinage du cimetière actuel, son église St Etienne est évoquée en 1259. La désignation occitane Karamanho est une possible agglutination d’un préfixe pré Indo- européen Kar = Rocher avec le latin Magna = grand.

Synonymes de kar : Calm, Quer tels Quéribus et Quérigut.

10 / 04 / 1307 : Concession royale autorisant le creusement du canal de Latour de France, sa prise d’eau était sise en amont du confluent de l’Agly avec le ravin des Canorgues / Chanoines à Planèzes. Il sera mis en service vers 1330.


13/10/1307  La première grande rafle policière de France : Sur ordre de Philippe le Bel, arrestation des Templiers sur tout le territoire national, au matin de ce jour y compris à Sournia, partout à la même heure. Les templiers sont suspectés de mœurs aussi inavouables que l’honnêteté de cette suspicion, leurs biens et leurs privilèges excitent les convoitises. Par ailleurs l’opinion publique n’admettait pas la déroute de l’Ordre en Orient, comment une mission divine pouvait – elle échouer? Le titre  est de Colette Beaune, agrégée d’histoire.

  • Disparition à Paris où il avait été envoyé en mission, de Raymond de Courbons templier au Mas Déu. Courbons ou Corbous hameau de Sournia. Robert Vinas cite un Ramon de Corbos comparaissant ultérieurement au procès de Lleida mais Bernard Alart ignore sa destinée suite à sa détention à Paris. En fin d’année le roi de France et Clément V exhortent les souverains de Majorque et d’Aragon à arrêter tous leurs templiers. On ne sait plus concernant le premier, quand au second il y répondra favorablement en cédant aux pressions de l’Eglise, tout en ayant déclaré peu auparavant ne pas disposer de preuves de leurs crimes et fait leur éloge.
  • Philippe le Bel  cède les droits de haute justice à l’un de ses chevaliers, Raimond de Canet, pour services rendus, relatifs aux châteaux de Fontcouverte, Sournia, le fief royal de Trilla…

1309 : Projet de création d’un port à Leucate, Philippe Le Bel achète le castrum aux Durban.

1312 : Suppression de l’Ordre du Temple au concile de Vienne. Le 28 avril dévolution à la commanderie Hospitalière d’Homps en Minervois des possessions du Temple de Sournia et de Prugnanes. Saint Arnac reste au Mas Déu.

13/10/1312 : Procès des Templiers à Elne, aucun n’est reconnu coupable….


18/03/1313 : Bûcher de Jacques de Molay grand maître de l’Ordre, mort du Pape Clément V le 20 avril, décès de Philippe le Bel le 29 décembre, d’où la légende de la malédiction templiére. Du point de vue local, disparition de Ramon Da Costa évêque d’Elne moins de deux mois après le procès qu-il fit aux templiers du Roussillon en 1310.

Hors de la France, par conséquent en Roussillon aussi, le temple sera partout relaxé, ce que conteste J-B Alart suite à un interrogatoire par monseigneur Raymond Costa évêque d’Elne à Trouillas puis au Mas Déu devenu leur prison du 19 au 26 janvier 1310,  ils furent tous amenés à Lléida en 1311 pour  ” Les soumettre à la torture ” . Des historiens actuels auraient – ils manqué d’attention en puisant dans les recherches  de leur prédécesseur ci dessus?


28/10/1314 : Pierre V de Fenolhet fils de Hugues de Saissac fait vicomte d’Ille par le roi Sanche de Majorque. L’inquisition avait contraint sa mère Beatrix d’Urtx à se réfugier dans ses domaines du Roussillon puis chez les Hospitaliers d’Ille.


1317 : Le vendredi avant Pentecôte, serment de fidélité prêté par Raymond du Vivier au roi Philippe V pour ses châteaux d’Aussiéres, de Le Vivier, de Monfort avec les droits de haute et basse justice ainsi que pour ceux qu’il avait conservés à Caudiès, Fenouillet, Fosse, Lansac et Perles. J. Armagnac.


18/02/1318 : Création par Jean XXII du diocèse d’Alet, cents onze paroisses, dont trente dans la viguerie de Fenolhedes plus huit annexes.

Issu du démembrement de ceux de Narbonne et de Toulouse, trop étendus et aux menses épiscopales ayant induit un train de de vie indigne de leur mission chez certains prélats. Hormis la nécessité de remédier à ce qui précède ce morcellement était destiné à optimiser la lute contre l’hérésie. Ce diocèse circonscription ecclésiastique et fiscale, était constitué des quatre cantons audois de Belcaire, Axat, Quillan, Couiza, une partie de ceux de Chalabre et de Limoux. Le Donezan, le Capcir et le Fenouillèdes entre crête des Corbières et la frontière de 1258.

Consuls et députés convoqués par l’évêque à Alet où se tenait l’assiette diocésaine. Assemblée annuelle des représentants du diocèse aux fins  de répartir la taille ou mande de la province fixée par les Etats et par diocèse.  Cette contribution était majorée du mande du diocèse,ses dépenses. Y siégeaient les représentants des trois Ordres : L’évêque, les barons, les bourgeois. Réunis par le roi à titre consultatif. La session durait généralement trois ou quatre jours. Le Fenouillèdes y était représenté par un député désigné par roulement dans les paroisses de Axat, Caudiès, Saint Paul, Latour, Sournia. Le même fonctionnement était en vigueur à Aunat, Belcaire, Rodome, Roquefeuil, Latour de France…

S’agissant des Etats du Languedoc, Caudiès, St Paul et Sournia envoyaient chacune un représentant tous les 3 ans.

Les consuls ou capitouls représentaient la communauté villageoise, le pouvoir municipal, leurs attributions, variables selon les auteurs,  étaient liées à l’importance de la paroisse. Ils étaient en charge de la répartition et de la perception des impôts et droits. Ils tenaient à ces fins le compoix ou registre des contribuables. En cas de levée d’hommes et d’un nombre de volontaires insuffisant, ils désignaient les futurs soldats  Au XVIII ème siècle s’y ajouta le rôle de police. Ils étaient le plus souvent élus par les habitants pour un an et en la présence assidue du baile. Perpignan, Collioure, Villefranche furent ainsi administrés respectivement dès 1197, 1294, 1302. Béziers, Narbonne, Toulouse en 1131, 1148 et 1188. Le premier consul était issu du premier des trois bras, soit quelqu’un des plus aisés. Le second était choisi chez les métayers des nobles ou des bourgeois. Le dernier était un brassier.

Le protocole de l’élection variait selon l’importance de la paroisse, à Caudiès l’élection consulaire avait lieu chaque dimanche de Pentecôte. Les Caudériencs étaient convoqués au son de la cloche. Les nouveaux élus ou consuls modernes revêtaient la livrée consulaire, le chaperon et le manteau. Puis ils se rendaient chez le maire pour prêter le serment d’usage, genou à terre et les mains posées sur les Saints évangiles. Enfin cette cérémonie solennelle se concluait à l’église.

01/03/1318 : (1327 d’après Pierre Vidal) Jean XXII élève au rang de collégiale l’abbaye (ou prieuré ?) de Saint Paul, laquelle disposera hormis le doyen, le pré-chantre et le sacristain, de douze chanoines et jusqu’à trente sept prébendiers. De prébende, revenu attaché à un titre ecclésiastique, clercs, bénéficiers  moindres. Les chanoines y étaient connus pour leurs mœurs scandaleuses.Il en reste le chapitre, lequel comprend éléments de cette période.

A cette date Saint Jacques de Joucou demeure la seule abbaye* du pays. Elle est unie à la collégiale de St Paul. Jusques là l’église et le monastère bénédictin de St Paul étaient administrés par un doyen chanoine de Narbonne avec le titre d’archiprêtre du Fenouillèdes.

* Celles de Saint Paul de Fenouillet, Saint Pierre à Fenouillet et Saint Martin Lys n’ont plus ce rang ou sont rasées.


1319 : Ordonnance de Philippe V ” Le Long “* relative au salin de Carcassonne. L’achat et la vente de sel sont libres moyennant un droit de leude ou de transport variable selon la bête de bât. Toutefois chaque feu, hormis les plus pauvres, devait s’acquitter tous les 6 ans d’une taxe de 60 sols tournois.

* Règne de 1316 à 1322.

Livre de poids, 1 livre prime = 489 gr.  1 livre carnassière + 1kg, 467.


24/08/1321 : Bûcher de Bélibaste à Villerouge Termenes. Le dernier parfait  ( Clergé ) né vers 1280 à Cubières sur Cinoble. Ce berger dut fuir en Aragon après avoir assassiné Barthélémy Garnier qui l’avait dénoncé à l’inquisition. En mars 1309 il s’évada de Carcassonne,  sur le chemin de l’exil il s’installa momentanément à Planèzes grâce à l’appui de villageois adeptes du catharisme et de de Pèire Maury un berger de Montaillou en Ariège lui même pratiquant. Guilhem Bélibaste suite à une trahison fomentée par les inquisiteurs de Pamiers, revint en Cerdagne où ces derniers l’attendaient…


1328 : Les Hospitaliers perçoivent quarante huit redevances à Sournia.

20 / 06 / 1328 : Les estagellois obtiennent confirmation du droit d’établir un barrage sous le château de Latour de France aux fins d’irriguer et d’alimenter leurs moulins. Docteur Elie Malé, Mémoire de Pierres, Les Presses Littéraires 2017.


09/1329 : Bûcher à Carcassonne du nommé Limoux Négre. L’inquisition déclara ce Saint Paulais, coupable d’avoir jeûné en 1326 dans une grotte  sous le roc de Capronne. Peut être l’actuel ermitage de Galamus.


Vers 1330 : Latour de France : creusement de la Balme, tunnel de dérivation de l’Agly permettant l’irrigation du Plan de las Feixes. Bernard Guillaume du Vivier étant seigneur du lieu sur décision de Philippe VI de Valois en considération de services rendus pendant les guerres. Réaménagé par Guillaume de Belcastel en 1443.


1331 – 01/08/1391 : Gaston III de Foix dit Phébus. On lui attribue SE CANTO, L’hymme du Fenouillèdes et de l’Occitanie. Mais serait-il antérieur ? André Carol en fait une sorte de chant de  ralliement des résistants hérétiques, Radio Londres avant l’heure. Les vers auraient un double sens caché.


1334 : Jacques Fournier, inquisiteur et abbé de Fontfroide devient le Pape Benoit XII.


1340 et 1346 : Alertes avec l’Aragon. Particulièrement suite au décès de Jacques III de Majorque en 1344.

Au plan national le 25 août 1346 c’est la défaite de Crecy.


20/03/1342 : Philippe VI lance la gabelle.


1344 : Le Bézu et le château d’Albedun, curieusement devenu le château des templiers sur les cartes modernes. Village voisin du Fenouillèdes côté nord et sis dans le périmètre des mystères de l’abbé Sauniére . C’est son castrum, perché sur une échine rocheuse surplombant la Blanque, qui nous intéresse. Un faux monnayeur y est arrêté, le nommé Guilhem Cathala neveu de Benoit XII y réalisait de fausses pièces d’or, du plaqué sur un vulgaire métal. Il était passible de la peine de mort par ébouillantage ou pendaison, cependant il ne sera pas exécuté. Son célèbre oncle pape en Avignon serait-il intervenu ? Nous ajouterons en toute modestie que Benoit XII, natif de Saverdun, est mort en 1342.

A propos de templiers, signalons une mine d’or à Blanchefort près de Rennes les Bains… Les templiers étaient fort probablement dans ces parages. Ce que réfute Simon Jean par défaut d’indices avérés. Voir en 1153.

Le royaume de Majorque ayant été démantelé, le Fenouillèdes est à nouveau mitoyen avec l’Aragon. Pierre IV dit le Cérémonieux en est le roi.


1346 : Philippe VI convoque les États généraux, à Toulouse afin de lever des fonds au début de la guerre dite de 100 ans, 1337 à 1475.

Vers 1346 les châtelains du Fenouillèdes se seraient ligués contre le roi d’Aragon autour de Béranger du Vivier. Evénements datés de 1376 par G.Gavignaud-Fontaine.

1348 : La fameuse peste de… En fait 9 épisodes vont se succéder jusques en 1401. A terme en Catalogne les deux – tiers de la population seront décimés.


1351 : La seigneurie de Rabouillet comprenait entre autres lieux : Cucugnan, Foncouverte, Roquefort, Soulatge, Sournia… Le seigneur en était Guilhem de Peyrepertuse. Les communautés énumérées en 1459 se sont ajoutées ultérieurement.


1355 : En octobre, novembre, chevauchée du prince noir, fils du roi d’Angleterre Edouard III. Lui même petit fils de Philippe le Bel. Ses Grandes Compagnies de routiers, mercenaires licenciés, dévastèrent tout le Languedoc qu’ils trouvèrent démuni de forces. L’armée française était occupée avec les anglais.Certaines communautés du diocèse, paient pour s’épargner leur installation.


19/09/1356 : Bataille de Poitiers : Bien que quatre fois supérieures en nombre, défaite des troupes de Jean le Bon face à celles du prince de Galles, le prince noir, surnom tiré de la couleur de sa tunique. Le roi est emmené à Londres via Bordeaux.


1360 : D’après Louis Fédié, Charles V en conflit avec les rois d’Aragon et de Navarre n’était pas en mesure de neutraliser les routiers, les avait mission-nés pour venger Blanche de Bourbon reine de Castille, empoisonnée en 1359 par ordre de Pierre le Cruel son époux. Arrivés dans la région ils se séparèrent de Henri de Trastamare et de Du Guesclin pour se livrer au pillage en plusieurs vagues jusques en 1390. Plutôt que d’aller en appui du comte Henri de Trastamare en Castille.

Blanche fille de Pierre Ier duc de Bourgogne ( Voir en 1250 pour cause d’homonymie troublante ) voulant échapper aux dangers qui la mettaient en péril, se serait réfugiée à Peyrepertuse pendant cinq à six ans et de là à Rennes les bains pour ses écrouelles ( tuberculose ). D’où la source de la reine. Elle cru pouvoir rentrer en Castille en toute sécurité mais…

  • Louis Fédié est soupçonné d’avoir amalgamé légendes et réalité. En contrepoids nous produisons une synthèse tirée du livre de René Quehen… Le roi d’Aragon permit à la reine de Castille et à ses enfants d’aller rejoindre son mari à Peyrepertuse, Blanche aurait perdu un gobelet dans la Font del Jacquette sur le versant de Rouffiac…

Mala Gent, soit les Grandes Compagnies perçues par les roussillonnais. Certains de ces mercenaires étaient à la solde de Jean Ier d’Aragon. D’où qu’ils viennent, leur passage fut particulièrement éprouvant pour les habitants. A en être frappés d’excommunication.

Cette année là à Compiègne, au retour de captivité de Jean le Bon, sont frappés les premiers francs en paiement de la rançon financée par une collecte dans tout le royaume. Franc était interprété comme libre dans le vocabulaire médiéval. Cependant la livre ne tardera pas à être privilégiée. Rappelons au passage que l’Aquitaine fut donnée aux anglais pour obtenir la libération du roi.


1362 : Guillaume de Grimoard du hameau de Grisac, au Pont de Montvert (48) devient pape sous le nom d’Urbain V.

04 / 1362 : En dépit de l’offensive de Pierre III de Voisins, en Fenolhedés. Des bandits venus d’Espagne via le Roussillon et les Corbières, menés par le comte de Trastamare, ravagent le pays, actes de cruauté les plus atroces. Destruction définitive de Rennes le château, ses fortifications avaient été relevées par Pierre III et ses ascendants.

Depuis la date 1360 nous avons produit diverses versions des écrivains régionalistes relatives aux Grandes Compagnies. On a maintes fois évalué leur degré de fiabilité, il est peut –  être opportun de regarder ailleurs. Citons Robert Maillard dans Chronique de l’humanité :

  • 1366 : Du Guesclin entraîne en Espagne, pour le service de Henri de Trastamare, en lutte contre son frère Pierre le Cruel, les troupes des Grandes Compagnies.

1363 : Planèzes, acte de naissance tardive d’un village castral. L’habitat actuel en contrebas de l’église romane St Pierre, témoin vraisemblable d’un castrum carolingien.

1364 : Des routiers ont leur repaire à Montalba et à Tarérach d’où ils sont délogés par une coalition des villages alentours dont Vinça.


Vers 1366 : Le syndic et vingt cinq convers de Prouille accompagnés d’hommes d’armes s’emparent par surprise du château de Fenouillet et en chassent son gouverneur Pierre d’Otti. L’archidiacre de Fenouillet et l’évêque d’Alet dévouèrent les religieuses de Prouille.

La citadelle de Fenouillet aurait abrité intra muros le prieuré St Pierre où résidait le susdit prélat. Cela est contesté. Rappelons que le château en porte le nom.

Homonymie :  Attention à une éventuelle confusion avec Fenouillet écart de Alaigne dans l’Aude et dont le monastère de Prouille était seigneur.


1367 : Implantation des De Montesquieu à Caladroi. Originaires de Montesquieu-Lauragais. Mariage de Saix de Montesquieu avec Géraude de Fenouillet. Les de Fenouillet seigneurs de Coustaussa et de Caladroi étaient une branche différente de celle du château éponyme.

Taîchac ou Taissac : De nos jours un écart de St Martin de Fenouillet, première mention d’un château.


03/04/1367 : Bataille de Najera, le roi de Castille Henri de Trastamare y est vaincu par Pierre ” Le Cruel ” assisté du prince noir. Henri de Trastamare trouvera refuge à Peyrepertuse en mai. Après moult péripéties, il parviendra à reconquérir son trône avant la fin de l’année.


1374 ou 1375 : Conflit France-Aragon opposés aux Majorquins : Arsa, Corbous, Séquières, anéantis par les routiers du parti de Majorque. Considérant que tant de châteaux des environs sont tombés dans l’oubli à dater de là. Les historiens estiment qu’il peut être imputé aux routiers, leur destruction. L’archidiacre du Fenouillèdes, seigneur d’Arsa eut à rendre des comptes au roi qui était très mécontent. L’affaire s’apaisa l’année suivante. Charles V accorda à l’archidiacre des lettres de rémissions par l’intermédiaire de son frère le duc d’Anjou, le gouverneur du Languedoc. La chapelle Saint Laurent  sur le Plan de l’Arco / Arsa  aurait été épargnée. sa frise remarquable permet de la dater du XIIè siècle mais deux fenêtres évoquent le Xè et le XIè siècle.


Vers 1375 1376 : Pénétration de mercenaires castillans. Les grandes Compagnies assaillent Puilaurens, elles y séviront aussi en 1381, 1438 – 1439…


20/09/1378 : Jusqu’en 1415 grand schisme d’occident. Deux papes ayant été élus puis trois, il vont mettre toutes leurs forces armées et spirituelles à éliminer leurs adversaires réciproques, par suzerains interposés.


1380 – 1388 : Un neveu de Charles VI, le duc de Berry est gouverneur du Languedoc. Il est le commanditaire de célèbres manuscrits avec enluminures “Les Très riches heures du duc de Berry”. Charles VI devenu fou, dès 1392 Jean de Berry en fut le régent. Ce mécène est passé dans le panthéon local sous le nom de Jean de France, au titre de sa cruauté et de sa rapacité pour avoir mis en coupe réglée la province. Mais pour maître Louis Fédié, Jean de France n’est autre que le fils de Philippe VI de Valois, Jean le Bon = Jean II le Bon. Quoi qu’il en soit, quand le cers se déchaîne, on raconte que c’est Jean de France qui passe.


1386-1396 : Règne de Jean Ier d’Aragon.


1389 : Dénombrement des fiefs nobles.

  • Serment de fidélité de Guilhem de Sornhe (Sournia) pour Aîchous, Campoussy, Corbous et Sournia.

1390 : Cour des Aydes de Montpellier, jugement en appel des affaires fiscales, répression de la contrebande, répartition de la Taille…Fixation définitive en 1467. Voir en 1523.

16/05/1396 : Disparition accidentelle de Joan 1er d’Aragon, victime d’une chute de cheval lors d’une partie de chasse. Ce malheur fut interprété comme une manifestation de la colère divine à l’encontre des nantis et généra une révolte. Très affecté et soucieux du sort de l’âme du défunt, un de ses conseillers et chambellan le chevalier Raymond III de Périllos cousin des De Peyrepertuse s’obstina à s’imposer un dangereux périple à destination du Purgatoire de St Patrick sur l’île du même nom en Irlande. Compte tenu des saufs conduits nécessaires à son pèlerinage, il s’en alla en Avignon le 08/09/1397 ou 98  auprès de Benoit XIII – Pédro de Luna qu’il avait déjà longuement côtoyé, puis chez Charles VI dont de sa cour il fut membre en tant que page,  ensuite à la rencontre de leurs homologues de Londres, Canterbury, irlandais.

Le récit édifiant de son voyage et son analyse.

Périllos  village ruiné en cours de restauration, fusionné à la commune d’Opoul en 1972, sise à 20 km au nord de Rivesaltes et des plages de Leucate – Barcarès. Il serait regrettable de séjourner à proximité sans visiter ces sites remarquables. Le modeste château de Périllos face à la citadelle St Laurent de Sauveterre alias Salvaterra en catalan édifiée sur ordre de Jacques Ier d’Aragon dit Le Conquérant par charte du 15/05/1246 en renforcement d’un édifice féodal construit sur un ancien oppidum. Ce sont des réfugiés du Languedoc qui peuplèrent ce village perché, probablement des faydits puisque les curés nommés par l’évêque d’Elne dans l’actuel Roussillon n’y avaient pas droit de cité. A sept siècles de là, que ce soit à Opoul, Tautavel ou Vingrau on est d’emblée frappé par la  vivacité de l’occitan dans ces localités réunies au Roussillon depuis 1258.

Salvaterra, Sauveterre en Français paraît ainsi être  issu de Sauveté, villages placés sous la protection de l’Eglise et jouissant de nombreux privilèges mais cette forteresse est d’origine Aragonaise, voir en 1050. Localement cette place forte est dite phonétiquement Castell del Seignou donc par les catalans. Voir en pages Toponymie occitane en Pays Catalan.

Opoul anciennement Oped pour oppidum.


– XVe siècle –

  • Les moines bénédictins de Saint Paul captent les eaux de l’Agly dans un canal : le canal des moines. Lequel à la moitié du XIXe jouera un rôle majeur dans l’industrialisation locale.
  • Construction de N.D de Laval attenante à Nostro Damo de Douno pa du Xe siècle. N.D de Laval sera l’église paroissiale de Caudiès jusques en 1583. Elle sera profondément remaniée au XVIIe siècle sous monseigneur Pavillon.

1413 : Charles VI interdit toute levée d’hommes pour les guerres privées, sans une lettre du roi. C’est la fin de l’armée féodale.


1423 : Fin de la lignée des Fenolhet avec la disparition de Pierre VII vicomté d’Ille et de Canet. Les de Fenolhet héritèrent de la vicomte de Canet vers 1350.


23/06/1429 : Envie de paons pour la Sainte Eulalie ou la Saint Roch ?

Pierre du Vivier donne la faculté à Jasper de Tregura, seigneur du château de Paracolls, pour lui et ses successeurs d’utiliser le bois de la forêt de Salvanère pour alimenter le moulin à fer de Campône. Moyennant un droit d’entrée de 2 paons et de 3 ou 6 deniers* par charge de bois. Fait devant jean Morer notaire à Millas,Histoire de Mosset.

  • Les paons et les cygnes sont servis revêtus aux tables nobles, sous forme d’entremets. Il s’agit de plats rares….destinés à produire un effet d’admiration. Nicolas Gouzy / CVPM.
  • 1 livre=20 sols, 1sol=12 deniers.

1430 : Vente du château de Trémoine à Guillaume du Vivier.


1438 : Acquisition de la seigneurie de Sournia par la famille de Montesquieu. Pierre-Raymond en est le seigneur jusqu’en 1459.


11/11/1444 : Le parlement de Toulouse est opérationnel de façon permanente, ce qui n’était pas le cas antérieurement, les éventuels criminels sont prévenus. Les grandes affaires civiles ou ecclésiastiques sont du ressort de ce tribunal. Les Etats du Languedoc sont à son origine, compte tenu de l’éloignement de Paris et des coûts impliqués ils insistèrent auprès de Charles VII. Henri IV créera un tribunal rival à Carcassonne en 1590.

  • En principe après avoir été soumis à la question ordinaire et extraordinaire, le condamné était rompu vif sur la roue. De tels supplices étaient courants. Ce fut à Toulouse le châtiment de centaines  de personnes.

1448 : La guerre de cent ans s’éternise….Création de l’armée nationale de métier  et du corps des Francs archers,un archer pour 50 feux élu par les habitants.


1459 : Une Baronnie Transfrontalière.

Le seigneur de Rabouillet (Rabouillet, Prats, Roquevert, Trévillach, Séquières) Bernard Beranger de Peyrepertuse, hérite de sa tante Leonora la seigneurie de Joch (Rodes y compris Roupidére, Sahorle, Finestret, Rigarda, Glorianes) en Espagne, actuel Conflent. Les De Peyrepertuse resteront maîtres de la baronnie de Rabouillet-Joch jusqu’à la Révolution Française, dirigée depuis Joch*. ( Voir la carte ) A ces villages il faut ajouter selon les époques et les événements : Cucugnan, Counouzouls, Montalba, Trilla (av 1458-1463), Roquefort, Ségure aux portes de Tuchan (XVIIIe), Soulatge (1345 à 1539) Périllos vers 1640.. Les paroisses du Fenouillèdes continueront à relever administrativement de la France. * C’est  à priori à partir de là que les nobles languedociens De Peyrepertuse branche de Rabouillet deviennent une famille catalane.

La justice selon les seigneurs de Joch :  Les criées de justice dans la vicomté de Joch.

Ce qui précède n’est pas un cas isolé.

  • Jusques en 1178 Pierre de Domanova était seigneur de Centernach. Il possédait des alleux à Pézilla de Fenolhedés ( Déterminant médiéval ), Prats, hameau disparu de Pressillas à Le Vivier…
  • Les seigneuries d’Argelès, Estagel et St. Laurent de la Salanque appartinrent successivement à Olivier de Termes puis après 1229 à Chabert de Barbaira.
  • Au XIVe siècle les seigneurs de Caramany possédaient et vivaient en Roussillon et Ampourdan, vraisemblablement depuis le Traité de Corbeil. Pons de Caramany était très bien doté par le roi de Majorque. Tout en relevant de Philippe le Bel pour son castrum du Fenouillèdes, voir en 1306.
  • Dès 1480 et jusqu’à la Révolution les De Gléon barons de Durban furent seigneurs de Périllos village de la Corbière ” Catalane “.
  • Au XVe siècle les du Vivier éraient installés à Ille et à Calce.
  • Dès la croisade les de Fenouillet possédaient à Ille et ultérieurement à Canet…
  • Le vicomte François de Cabarrus, conseiller de Charles IV de Bourbon ( Don Carlos IV ) , fondateur de la banque Sant Carlos, ministre des finances de Joseph Bonaparte à Madrid.

1459 : Le chapitre de Saint Paul de Fenouillet supplante l’abbaye de Joucou ruinée. Jean II de Lévis administrateur de cette dernière est élevé à l’évêché de Mirepoix. Les droits de seigneurie sur les villages du Pays de Sault reviennent aux moines de St Paul, Aunat, Campagna, Fontanes, Joucou…


1462 ? : Traité de Bayonne : Entre Louis XI et Jean II de Trastamare roi d’Aragon qui règne sur les comtés de Cerdagne et du Roussillon depuis 4 ans.

Ayant été chassé de son trône par la Généralitat au nom de la constitution de Catalogne,  il contacta un prêt de plusieurs milliers d’écus, moyennant le droit de percevoir par Louis XI des revenus sur ses comtés. Mais Louis XI projette l’annexion du Roussillon. Les troupes françaises sont à Collioure et à Perpignan le 8 janvier 1460 puis à Barcelone assiégée sous le commandement de Gaston IV de Foix, gendre de Jean II. Ce dernier appuyé par Henri IV de Castille repousse la France en Catalogne Nord. L’armée française prend Salses en 1462. Rattachement du Roussillon à la France en 1463. Ce qui ne sera pas durable. Ses armées assiègent Perpignan successivement en 1471 ? 1473, 1474 et 1475.Mais Jean II reprend son comté en 1473 et accorde le titre de Fidelissima Vila à Perpignan pour sa résistance héroïque en 1475 (scènes de cannibalisme).

Le fort de Salses actuel a été édifié dans les dernières années du XVe siècle.

Articles de Jean Paul Martin.


1463 : La viguerie de Fenolhedés fusionnant avec celle de Termenes, devient viguerie de Caudiès. Le viguier est un noble nommé par le roi et qu’il représente. La viguerie est en quelque sorte l’ancêtre du palais de justice. Caudiès est le siège de nombreux services administratifs, magistrats et trésoriers royaux, receveur de la gabelle…Encore une contradiction  entre autorités en la matière. G.Gavignaud Fontaine agrégée d’histoire, dans St Paul et les Fenouillèdes, Caudiès siège de la viguerie de Fenouillèdes (et du Termenés de 1317 à 1462) est cour royale…


1473 : Jean II d’Aragon avec Don Henrique de Guzmann assiège Puilaurens et prend Quéribus. La frontière de Louis XI ( Règne de 1461 à 1483 ) était gardée par de fâcheux auxiliaires, des bandoliers !  La mention frontière de Louis XI prêtant à confusion, précisons qu’l s’agit de la frontière crée sous St Louis.

 

Razzias en Fenouillèdes, c’est loin d’être une nouveauté,  lors de chacune des milliers de bovins, d’équidés,  d’ovins… sont raflés à destination du Conflent, Roussillon ou Aragon au sens plus large. Certaines de ces exactions semblent avoir affecté simultanément des dizaines de paroisses en débordant amplement au nord et à l’ouest du Fenolhedés; Celle de 1495 comprend 20 000 moutons, 400 têtes de gros bétail, environ 60 bergers… Des abbayes telle Ste Marie d’Orbieu à Lagrasse ou des bourgeois possédaient couramment un troupeau d’ovins  de 1000 à 1500 têtes nécessitant l’emploi de plusieurs bergers.  Voir en pages Gavachs.


06/10/1474 : Plus ancienne citation connue de l’ermitage Saint Antoine de Galamus, don testamentaire de 6 deniers. Saint Antoine ne vécut pas à Galamus mais dans le désert de Thébaïde en Égypte. Ses reliques furent importées en 980 par un seigneur du Dauphiné. Puis translatées à l’abbaye de Montmajour en Arles au XIVe siècle d’où le culte s’est répandu (Frédéric Mistral).A en croire Fernand Arnaudiés une statue de Saint Antoine aurait été découverte au fond de la grotte sanctuaire. En supposant quelle y fut dissimulée lors des invasions sarrasines. Ce qui ferait remonter le culte au VIIIe siècle.

D’autre part selon certaines interprétations toponymiques, croisées avec les mythologies associées à leur voile chrétien. Il apparaît tant de corrélations susceptibles d’accréditer que Galamus et son site furent un sanctuaire dés le néolithique.


1478 : Nouvelle razzia aragonaise.

1479 : Le roi cède Trilla à Antoine de Montesquieu marié à Jeanne de Peyrepertuse en 1458.


1479-1480 : Jean de Voisins baron d’Arques fit hommage pour divers biens en Razés et pour  La Tour de France alors complètement détruite par les aragonais. Le serment d’hommage implique au vassal 40 jours de service. Découvrir Latour. De nos jours Latour de France.


1482 : Les français reprennent Quéribus.

10/09/1482 Acte de donation aux Franciscains de l’ermitage de Galamus par le chapitre de Saint Paul. Figure également dans une bulle d’Innocent VIII destinée à l’évêque d’Alet.


1483 : Mort de Louis XI, son fils Charles VIII lui succède.


1486 : Revirement des chanoines de Saint Paul qui veulent récupérer l’ermitage. Début d’un procès qui se prolongea jusqu’en 1560.


1487-1495 : Les du Vivier sont implantés dans tout le Fenolhedés, de même à Calce, Ille sur Têt…


1492 : Le royaume d’Aragon passe à la couronne d’Espagne. La grande puissance dominante et ambitieuse. Ferdinand II le Catholique roi d’Espagne jusques en 1519.

Fin de la reconquête chrétienne sur les Maures avec la prise de Grenade.


13/09/1493 : Encore une date fluctuante en fonction des auteurs impliqués. Traités de Figuèras (1492) et de Barcelone  Fin momentanée de l’occupation française du Roussillon. Charles VIII fils de Louis XI rétrocède les comtés de Cerdagne et du Roussillon à Ferdinand II d’Aragon. Il s’agit d’un arrangement, en contre partie le roi de France peut intervenir en Italie contre la Sainte Ligue. Il y eût bien évidemment des opposants à cette affaire, notamment du côté de Caramany.


1495 : Nouvelle incursion aragonaise en Fenolhedés. Les troupes de Ferdinand II “”Le catholique ” et du duc de Médina rasent les châteaux de Al Casteillas à Monfort sur Boulzane, ceux de  Gincla,  Counozouls, Castel Fizel, Pays de Sault…  Elles assiègent le château de Puilaurens sans parvenir à leurs fins. Cette énumération de dévastations n’est pas exhaustive, il en est ainsi pour celles qui vont suivre. Faits datés de 1496 par G.Gavignaud-Fontaine. Laquelle fait part d’une bataille décisive au col qui depuis en porte le nom, près du château de Caladroi. Les Espagnols de Gusman forcent le pas de Paziols en venant de Opoul et ravagent le Perapertusés.


10 /1496 : L’arrangement de 1493 est passé aux oubliettes. Toujours sur fond de guerres d’Italie,  attaques de Charles VIII conduites par le maréchal de Saint André et ses 12 000 hommes.

Destruction du château de Salses dont les soubassements jouxtent la forteresse au nord, Salvaterra est repris.

Développement de l’artillerie à boulet métallique.


1497-1503 : Construction par Francisco Ramiro Lopez de la forteresse de Salses, adaptée à la nouvelle artillerie. Ordonnée par Ferdinand II le Catholique roi d’Aragon. Baptême du feu en 1503, au cours de cette attaque à laquelle elle résista aux français, aurait eu lieu l’explosion de la première mine de guerre. Un chef d’oeuvre d’architecture militaire, mais pas seulement car il englobe une des résurgences de la nappe aquifère karstique du bassin de l’Agly. Mise à profit pour absorber les fumées des canons de défense des fossés, abreuver les chevaux, pourvoir au tout à l’égout etc…


– XVIe siècle –

1503 : Dénombrement des biens nobles ordonné par Louis XII afin de lever les fonds nécessaires pour les hostilités avec l’Espagne et l’Italie. Les possessions de l’évêque d’Alet et du roi en sont exclues. Il en ressort que de nombreux hameaux et villages sont rendus inhabitables du fait des guerres avec l’Espagne, dont : Trilla,Taissac (Taichac), Palmes, Sainte Colombe, Séquières, Tournefort ect… de même les châteaux de Cuxous, Roquevert, Ansignan…

Ysabeau veuve de Jean de Voisins, dénombre pour Latour et Planèzes où elle possède la juridiction moyenne  et basse. La haute appartenant au roi. Ces deux communautés ayant été ruinées par les aragonais elles ne produisent aucune rente.

Au cours de l’été vaine offensive du maréchal de Rieux contre les espagnols. En octobre contre offensive des Espagnols. Sont brûlés  Caudiès, Latour ect…La nouvelle forteresse de Salses subit son premier siège et Leucate capitule dès le premier jour devant les espagnols.


1515-1547 : Règne de François Ier

1515 : François Ier nomme Jean de Joyeuse gouverneur du Languedoc. Jean fils de Guillaume V évêque d’Alet avait six frères dont :

  • Anne, l’aîné favori du roi Henri III. On disait alors mignon… Henri III était lui même efféminé.
  • François II de Toulouse, cardinal archevêque de cette ville et de Narbonne de 1582 à 1600.
  • Antoine Scipion et Henri du Bouchage maréchaux de France,
  • Jean, gouverneur du Languedoc comme Henri.

Plusieurs de Joyeuse ont été évêques d’Alet, notamment lors de sa prise par les protestants  de 25.02.1573.


1516 Ferrare : Ludovico Ariosto dit l’Arioste secrétaire et protégé du cardinal Hippolyte II d’Este publie un poème épique, Roland Furieux (Orlando Furioso)  le best-seller de ce temps là. On y trouverait une description détaillée du pays de Le Vivier. La filiation des Du Vivier avec la parenté à Charlemagne y serait développée. Les légendes en vogue à Le Vivier auraient elles été initiées à partir de cette chanson de geste ? A lire Fenouillèdes N°12. H. d’Este dit le cardinal de Ferrare a été archevêque de Narbonne de 1550 à 1551 et de 1563 à 1572 donc aussi du Fenouillèdes et de Le Vivier. Fils du duc d’Este et de Lucrèce Borgia il est le maître d’ouvrage de la célèbre villa d’Este et de ses fontaines surgies dès 1550 sur les vestiges de somptueuses villas romaines préalablement fouillés.

Liste des archevêques de Narbonne sur wikipédia.

Liste des comtes de Narbonne.

Ludovico Ariosto et Orlando Furioso.


1518 : Implantation des de Joyeuse à Latour de France. Mariage de Jean de Joyeuse, gouverneur du Languedoc, avec Françoise de Voisins dernière héritière de la branche des Voisins d’Arques.


1519 – 1556 : Règne de Charles Ier roi d’Espagne, plus connu comme étant l’empereur Charles Quint du Saint Empire Romain Germanique (l’empire des Habsbourg). Élu le 3 juillet en succession de Maximilien Ier et au détriment d’un candidat pas assez généreux auprès des électeurs, François Ier. Le Fenouillèdes fera les frais de leur appétit mutuel de conquêtes.


1523 : Création de la Chambre des comptes de Montpellier, contrôle de ceux des officiers royaux. Préfiguration de la Cour de Comptes Aides et Finances unifiée par Richelieu en 1629 et qui comptera 120 magistrats au XVIIIè siècle. Voir en 1390.


1524 : Les Espagnols reprennent Caudiès, Saint Paul, les églises sont pillées. Une partie de la population et les chanoines sont faits prisonniers et emmenés à Perpignan.


1529 : Montre ou revue de Caunes Minervois. Convocation par le roi de toute la noblesse de la sénéchaussée de Carcassonne, en prélude à la guerre des Flandres.Une Montre est une présentation de troupes permettant de s’assurer de l’exactitude de l’effectif, avec paiement de tout ou partie de la solde.Gaston de Peyrepertuse seigneur de Rabouillet, un des plus grands personnages de la province y figure avec un homme d’arme et deux archers. Seul monsieur de Mirepoix se présenta avec deux hommes d’armes. Tous les seigneurs du Fenouillèdes et d’ailleurs ont dénombré devant le maréchal de France, Anne de Montmorency. Toutefois celui d’Axat n’est pas cité.


1530 : Les Hospitaliers de St Jean, repreneurs des Templiers sont installés à Malte par l’empereur Charles Quint. Ils deviennent l’Ordre de Malte.


1534 Transfert de St Paul à Caudiès, de l’archiprêté du Fenouillèdes.


1536 1537 : Reprise de la guerre avec l’Espagne après une trêve amorcée en 1526. Les espagnols débarquent à Leucate, ils prennent Salses, Paziols et Tuchan puis détruisent Saint Paul, Caudiès, jusqu’à Arques  et Axat. Le 17 septembre 1537 les espagnols détruisent Sournia. En octobre 1537 sentant venir la menace espagnole les chanoines de Saint Paul vont se réfugier à Alet, craignant d’être faits prisonniers comme en 1524. Ils furent bien inspirés, tout le village fut brûlé. Il ne restait que trois ou quatre maisons debout. Fin 1538 Saint Paul était toujours aux mains des truands (bandoliers) venus en majorité d’Espagne.

Nouvelle trêve de février 1538 à juillet 1542, dénoncée par François Ier.

Le Fenolhedés comme le pays de Sault est exempté de toutes charges et impôts de 1536 à 1550, étant ravagé par les guerres.


1538 : Accueil triomphal de Charles Quint à Perpignan. G.Gavignaud-Fontaine dans St Paul et les Fenouillèdes.


10/08/1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts.

  • La langue d’oil devient celle administrative. L’occitan comme toutes les autres régionales s’en trouve relégué.
  • Ébauche d’un état civil tenu par le clergé en deux registres, celui des baptêmes et mariages, l’autre pour les décès.

15/06/1540 : Jean de Joyeuse et Françoise de Voisins dénombrent pour Latour.

La même année :

  • débute la construction du château de Cousan qui deviendra Couiza.
  • Pierre du Vivier déclare tenir du roi à foi et hommage avec toute juridiction Le Vivier, St Martin d’en Dalens, Feilluns, Sarraute, Montfort, Aussières, Rasiguères, Les  Albas, Taîssac, Perles, Fosse. J. Armagnac. Sarraute, la colline séparant les ruisseaux de La Matassa et de La Colobrière tout près de Le Vivier. Perles, écart de Fosse en direction de Vira. Les Albas, château sur la route de Ansignan vers Le Vivier à Feilluns. Aussières ( Littéralement le domaine des ours ) au col éponyme entre Montfort et Rabouillet.  Taissac et St Martin d’en Dalens sont des écarts de St Martin de Fenouillet.

1542 : En juillet le dauphin Henri, futur Henri II assiège Perpignan avec 58 000 hommes dirigés par le maréchal de Monluc mais l’armée de Charles Quint l’emporte, débâcle de la France. En octobre contre attaque des espagnols qui prennent, incendient, pillent Tuchan, Saint Paul, Caudiès et alentours, hameau de Villeraze* si bien nommé depuis . Réplique des Français à Saint Paul au canon. Camp du vice roi de Catalogne dressé à Estagel. Ses troupes s’élevaient à huit mille hommes entre l’infanterie et l’artillerie. Au nombre des destructions au palmarès des espagnols, sortons de l’oubli la porte de St Louis. Un fortin du XIVe siècle édifié en renforcement du château des Maures. *Sur place c’est l’appellation Les Aragous qui prévaut, variante du languedocien Aragonés = Aragonnais.

Échange de politesses au siège de Perpignan. Les français sont traités de gabachs et les catalans de mange-rats, allusion au blocus de 1475 par l’armée de Louis XI. Les perpignanais furent acculés au cannibalisme. Le titre de Fidelissima Vila accordé par Jean II honore cette résistance héroïque. Ajoutons quand la matière de gavatxos les roussillonnais n’ont manifestement pas progressé. A tel point que les nouveaux arrivants sont contaminés et usent sur un ton moqueur de cette insulte . Voir à Gabachs.

Saint Paul capitula peu après que les aragonais aient commencé à bombarder. Ils saccagèrent la ville et démolirent l’église où s’étaient retirés le capitaine Poméra et les combattants. Ils furent fait prisonniers et conduits à Perpignan.

Les troupes de François 1er pénétrèrent par le Pas de Paziols en venant de Narbonne via Durban, Tuchan, Vingrau et Estagel qui fut rayé de la carte.


07/12/1542 Réorganisation de l’administration fiscale :  François 1er crée les Généralités, le Fenouillèdes “cotise ” à celle de Toulouse. Elles sont divisées en diocèses civils calqués sur leur précurseur religieux. D’abord purement fiscal leur rôle s’étendra  aux domaines judiciaire ( Parlement de Toulouse ) puis économique et social vers les XVII – XVIIIè siècles. A leur tête un trésorier de France ou trésorier général des finances, nouvelle réforme vers 1571. L’Intendant du Languedoc siège à Montpellier en ayant autorité sur les Généralités de Montpellier et de Toulouse, il cumule les charges du trésorier général avec la justice et la police., il commande aux Etats,  administre la province, centralise les prérogatives du parlement de Toulouse.

  • Le premier intendant du Languedoc installé à Montpellier fut Nicolas Lamoignon de Basville le 16 août 1685.

1544 : Traité de Crepy en Laonnois entre François Ier et Charles Quint. Mais en novembre les espagnols brûlent à nouveau Caudiès. Confusion selon les ouvrages entre Crépy et Crécy, ces deux localités étant dans l’Aisne.


10/06/1545 : Louis du Vivier, seigneur du Vivier et de Montfort donne et concède à Angel de Vilanova, gentilhomme espagnol la faculté d’utiliser la forêt de Salvanère. Contrat établi devant Michel Perpinya notaire à Vinça.


1549 : Poussée des français en Conflent.


1550 : Déclenchement des guerres de religion qui dureront jusqu’en 1596. Sur fond de rivalités entre deux grandes familles. Les Montmorency-Danville de Pézenas et les De Joyeuse. Respectivement Catholique modéré puis Protestant et Catholique Ultra. Le duc Anne de Montmorency, maréchal de France étant gouverneur de la province du Languedoc depuis 1526. Son petit fils, Henri II de Montmorency occupera ce même poste. Autre soutien de poids de la Réforme, le duc Jean I de Lévis – Mirepoix sénéchal de Carcassonne de 1491 à 1525.


1550 / 1860 : Petit âge glaciaire, à dater de 1303  en fonction des études.


26/06/1554 : Reconduction des exemptions de 1536. Les ravages des Hugenots se superposent à ceux de la peste, des famines, des mercenaires espagnols et aux passages des troupes sans être obligatoirement ennemies.


1559 : Guillem de Nyort à priori ce serait le premier de la lignée d’Aniort ou Niort de Sournia. Il était bailli* royal de ce village, selon Lucien Piéchon maire de Sournia au XIXe, ses ancêtres acquis à la cause cathare… dans leur fuite de Niort de Sault, se réfugièrent chez leurs amis riverains de la Désix. Il est à remarquer que cette spoliation est datée du 02 mars 1236 sur ordre de Raymond VII de Toulouse. Histoire Niort de Sault.

Il n’empêche que :

  • D’abord signalé en 1300, un des plus célèbres résistants de la croisade, Guillaume fils de Gérald et d’Esclarmonde de Laurac réfugié sous l’identité de Castelpor sur un lambeau restant de son domaine des Fanges – Vallée d’Arèze non confisqué. On a vu qu’il est à l’origine de la fondation des communautés de Saint Louis, Saint Ferriol, St Just de Voisins… Le suivant est probablement le même.
  • ” Un autre ” établi dans le fief familial déjà séculaire de la vallée d’Arèze – Fanges, à l’issue de la conquête sous prétexte de lutte contre les hérétiques albigeois. Le Bézu, Saint Louis, Saint Ferriol.
  •  Gaucerand ou Gausserand d’Aniort branche de Marsa était déjà en 1371 seigneur d’Ansignan, Axat, Taissac, Laprade canton d’Axat.
  • En 1479 Pierre – Jean d’Aniort seigneur de Caramaing vend Taissac à Guillaume du Vivier.
  • Mathieu de Niort, toujours de la branche de Marsa, était seigneur d’Anciano / Ansignan en 1493.

 

Rapidement Sournia va être durablement placé sous la coupe de deux puissantes familles, la maison de Montesquieu y étant déjà établie.

Divers écrits affirment que Sournia comme d’autres villages alentours étaient en Conflent aux XIVè et XVIè siècles, ce qui implique que du point de vue administratif ils dépendaient de l’Espagne…Ouah! Les lignes qui précèdent n’argumentent pas en ce sens. Cette méprise pourrait être liée à l’adhésion de Campoussy, Sournia et Trevillach à la communauté de communes du Conflent – Canigò.

*Bailli et Bayle, correctement Baile au sens généralement emmêlé jusques dans le raisonnement des meilleurs auteurs :

  • Bailli, titre militaire, commandant d’une compagnie de la milice, en quelque sorte une police locale répartie dans toutes les paroisses et ayant l’intérêt d’être sur place pour défendre le pays en cas d’incursion ennemie. Ce furent d’abord des roturiers puis des nobles à partir du XIV e siècle.
  • Baile, mot languedocien pour juge seigneurial, le bras droit du seigneur dans chaque paroisse en charge du recouvrement des impôts, bayle en phonétique. Batlle chez les catalans, mais le sens réel est maire.

Dans le cadre ci dessus au moins trois générations occuperont cette fonction qui n’est pas héréditaire, plutôt confiée à des familles au bon niveau d’instruction.


1560 : Procès devant le parlement de Toulouse. Les Franciscains restituent l’ermitage de Galamus à leurs donateurs du chapitre de Saint Paul moyennant 50 livres.  Cependant à partir de 1843 un ermite de cette congrégation, le père Chiron viendra s’y retirer.


1563 : Retraite de l’armée française du Conflent devant les Espagnols qui détruisent Counozouls.


09/08/1564 : Édit du Roussillon à effet du 1er janvier 1567 : Charles IX fait recommencer l’année le 1èr janvier, au lieu du 20 mars. Comme en -46 avec Jules Cesar.


1565 : Charles IX à Carcassonne fait voter par les États du Languedoc de quoi restaurer les places fortes dont Saint Paul.


13/08/1569 : François Simon fondeur du roi obtient le droit de bâtir une forge dans la vallée de Gincla.


1570 : Pour les Rameaux retour des français en Roussillon, Estagel attaqué par l’amiral de Coligny. Ils brûlaient tout particulièrement les prêtes  et les églises. Le clergé était pro espagnol.

C’est l’âge d’or de l’art baroque en réaction au protestantisme.


 1572  Etats du Languedoc : Les voleurs sont en si grand nombre en pays de Razés et aux frontières d’Espagne que plusieurs habitants sont contraints d’abandonner leur maison.

Leurs têtes seront mises à prix. Les plaintes sur l’insécurité de la zone proche de la frontière comprise entre le pays de Foix et la côte sont permanentes.

24/08/1572 : Massacres de protestants dits de la St Barthélémy à Orléans, Lyon, Paris…


25/02/1573 : Les calvinistes cévenols et castrais prennent Alet, détruisent le prieuré Saint Pierre à Fenouillet, Caladroi, Rabouillet, le Vivier, St Martin Lys… Ce village selon une légende, aurait été édifié consécutivement à l’anéantissement de l’abbaye, les moines fantômes. Massacres et destructions sur toute la vallée de l’Aude de Quillan à Alet en passant par Bugarach, le Razés et le pays de Sault, St Jacques de Joucou et Roquefort de Sault dès 1572. Renouvellements en 1575 et 1577.

Bugarach étant une de leurs bases des Corbières.

Au cours des 15 ans à venir Alet subira de multiples alternances de pouvoir catholique et protestant. Ces derniers rasent Alet en 1577, particulièrement les édifices religieux dont la cathédrale et les remparts.

Les prises d’otages par les Huguenots contre échange de rançon sont fréquentes dans les années 1500 tant en Fenouillèdes que en Roussillon. La religion n’étant souvent qu’un prétexte.


1574 : Revirement du duc Montmorency qui prend le parti des protestants.


11/1576 : Union des confréries catholiques extrémistes. Henri I duc de Guise organise la ligue catholique.


1577 : Destruction de Notre Dame d’Alet par les Huguenots. L’église abbatiale ne sera pas reconstruite. L’ancien réfectoire des moines sera réaménage en cathédrale dédiée à Saint Benoit.Le château de Joyeuse à Couiza subit le même sort.


1579 : Traité de Nérac par lequel la royauté accorde Alet aux Huguenots. Dénoncé le 24/01/1596 au traité de Follembray entre Henri IV et le duc Anne De Joyeuse de la Ligue catholique.


1580 : D’après Louis Fédié, Les calvinistes prennent Quéribus. Il est présumé que l’abbaye de Cubières et le château de Camps sur Agly  furent rasés dans ce contexte à la même époque.


15/10/1582 : Le pape Grégoire XIII instaure le calendrier Grégorien. Ce qui ramène au 5 octobre du calendrier Julien, soit une correction de -10 jours.

  • La même année mariage de Louis de Castéras châtelain de Queribus, avec Louise de Montesquieu. Les Montesquieu de Sournia deviendront les Castéras de Montesquieu.

04/08/1583 : La Ligue catholique reprend Alet, en massacrant cinquante protestants.

La même année les bandoliers y font régner la désolation générale. Voir à bandoliers au XVIIe siècle.


1585 : Il apparaît une forte émigration de France vers la Catalogne et Perpignan où la population occitane afflue… Ils seront souvent reçus avec mépris en les désignant Els Gavatxos. Merci à Monsieur B. Galaup journal L’Indépendant du 14 septembre 2016 et de contribuer à sauver de la catastrophe le courrier des lecteurs spécial Occitanie – Pays Catalan, c’est suffisamment rare dans cette rubrique pour mériter de le publier ici.

2migration occitane de 1450 à 1700.

migration occitane de 1450 à 1700.

La Ligue catholique s’installe définitivement à Alet. Suite à une immonde trahison, une centaine de réformés sont massacrés le 28 mars.


05/1586 : Intervention de la Ligue catholique, De Joyeuse et Cornusson à Bugarach et environs. La place tombe grâce à l’appui de quatre canons et la garnison est massacrée, après environ 20 jours de siège.


20/10/1587 : Défaite de l’armée catholique à Coutras face à Henri de Navarre le futur Henri IV. Le duc Anne de Joyeuse y est tué de même que son frère Claude.


23/12/1588 : Henri IV fait assassiner le duc de Guise, à la tête de la ligue catholique ultra. Il sera lui même poignardé par un moine dominicain ligueur le 2 août suivant.


14/09/1589 : Henri Montsarrat du Vivier reconduit les droits d’usage accordés par ses prédécesseurs aux habitants de Montfort. Ils sont autorisés à faire paître leur bétail dans la forêt de Salvanère et d’y prendre du bois, de chauffage uniquement. A la condition d’une redevance de 5 écus au soleil et d’une censive (loyer) de 5 setiers d’avoine payable à la Tousaint. A.Bayrou en citant les A.D. de l’Aude émet une autre version, incluant le bois de construction. Le cens annuel passe à 10 cestiers d’avoine. Renouvellements au 17éme siècle.


1590 – 1591 : Six mille fantassins mercenaires espagnols débarquent à La Franqui, pour soutenir le duc De Joyeuse, partisan de Henri IV. Tenus en échec  à Leucate face à Constance de Cezelli laquelle remplaça au pied levé son époux et gouverneur Jean de Bourcier du Barry qui venait d’être exécuté par l’ennemi, elle fut promue gouverneur.

Rébellion du Fenouillèdes et du pays de Sault contre les impositions. Le capitaine Boychet avec trente huit soldats s’y rendit pour accélérer la perception des deniers royaux.


10/1592 : Bataille de Villemur sur Tarn : Antoine Scipion de Joyeuse commandant de la ligue catholique, se noie dans le Tarn en crue avec son frère Georges au cours de leur retraite. Son autre frère Henri lui succédera à la tête de la ligue.


1593 : Trêve de un an entre les ducs Henri de Joyeuse (Ligue catholique) et De Montmorency. La guerre était devenue impossible après tant d’années d’hostilités, ajoutées aux disettes et à la peste.

01/03/1593 Henri Montsarrat du Vivier (1560-1643) nommé gouverneur du château de Puilaurens par le duc De Joyeuse. Nomination vers 1580 d’après A.Bayrou

Le 25 juillet Henri de Navarre abjure le calvinisme et se convertit au catholicisme. Il sera sacré roi de France à Chartres le 27.02.1594 sous le nom de Henri IV.


09/1594 : Dénombrement des biens nobles et roturiers. Son but étant d’établir des bases afin de répartir par communauté les impositions fixées par les États du Languedoc. Il apparaît que de nombreux villages et fortifications sont détruits et désertés. Vraisemblablement lié aux conflits avec l’Espagne. Grosso-modo les mêmes sites que en 1503, aux quels se sont ajoutés Trévillach, Bélesta…


05/1595 : Les français enlèvent Opoul. Environ 550 arquebusiers sont stationnés à Sournia, sous le commandement du châtelain, M. de Rustiques. Une autre date est proposée, celle de mars avril 1598.

Châtelain : personnage généralement noble, officier du roi, à la fonction essentiellement militaire. Voir introduction XIè siècle.

18/08/1595 Les français font le siège de Perpignan. Probable destruction de Fenouillet par les espagnols et de Le Vivier. Les religionnaires venant de subir un échec devant Puilaurens se détournèrent sur ces châteaux.

A Toulouse en novembre les États du Languedoc décident de traiter avec Henri IV, la Ligue catholique s’affaiblissant face aux royalistes.


22/04/1596 : Continuation de l’exemption des tailles en faveur des habitants de la Corbiére de Sournia, valable 6 ans reconductible. Le pays étant ruiné dans tous les sens du terme.

05/08/1596 Henri de Joyeuse (gouverneur du Languedoc, maréchal de France) vend le lieu de Latour avec Planèzes à Bertrand de Guillard. Pour Louis Fédié la seigneurie de Latour passa dans les mains de Henri de Joyeuse ?

Cette année là, soumission du Duc de Joyeuse à Henri IV.

Henri IV donne la seigneurie de Rabouillet à Henri Montsarrat du Vivier pour l’avoir reprise aux espagnols d’après Joseph Armagnac. Selon d’autres écrits Henri IV l’aurait donné à P.du Vivier ? Au regard de la généalogie la première version nous parait plus plausible.


10/1597 : Les Etats du Languedoc réunis à Narbonne, insistent auprès du roi afin qu’il fasse réparer les châteaux de Peyrepertuse, Quéribus…qui tombaient en ruines.


1597 ou 04/1598 : Raid des français en Conflent en pénétrant par le col de Jau. Mosset est incendié.


25/02/1598 : Ordre du duc de Joyeuse à H.Montsarrat du Vivier de nettoyer le Fenouillèdes de tous les brigands qui s’y étaient réfugiés, mercenaires espagnols, calvinistes… Ce qui fut réglé dans le mois.

13/04/1598 : Edit de Nantes : signé par Henri IV le roi renégat tels que le désignaient les protestants depuis sa conversion. Les protestants obtiennent la liberté de culte, l’égalité civique, l’amnistie des faits de guerre… Edit perpétuel et irrévocable.

02/05/1598 : Paix de Vervins (Aisne) Fin de 30 ans de guerre avec l’Espagne. En septembre les français sont maîtres du Fenolhedes.


08/03/1599 : Démission du duc de Joyeuse qui se retire au couvent des Capucins à Paris. Le duc de Ventadour est nommé gouverneur du Languedoc.

En 1599 Olivier de Serres vulgarise l’éducation = l’élevage du ver à soie en écrivant, La cueillette de la soye pour la nourriture des vers qui la font. L’œuf du bombyx est dit graine ou magnan. Il fallait une tonne de feuilles de mûrier blanc pour mener à terme une once de graines ( H Harant / D Jarry ) soit environ 0,025 à 0,026 gr considérant que l’uniformisation des poids et mesures n’était pas encore d’actualité. Sur nos terres cet arbre introduit d’Inde est plus connu sous son nom languedocien d’amorièr. Ceux qui ont élevé quelques vers pendant leur enfance auront matière à douter du tonnage pré cité.


– XVIIe siècle –

  • Début XVIIe le bandolérisme sème la terreur sur tout le territoire tant audois que catalan. Bandits catholiques et protestants qui n’épargnent ni les religieux, ni les villes, sous prétexte de religion. Une bande installée à Perpignan place du Puig. Deux catalanes sont passées à la postérité, pour leur cruauté. Celles de Joan Cadell seigneur en Cerdagne et de Thomas Ier seigneur de Nyer : batailles du pont de Prades et de Catlar en 1580 qui firent une centaine de morts. Certaines ont été mises à profit par le pouvoir, l’une tenait garnison à Bugarach jusqu’à son licenciement en 1580.

1604 : Achèvement du manoir de Le Vivier. Édifié sur l’emplacement du château féodal rasé par les Huguenots. Ce sont les ruines actuelles, quand aux remparts, ils ont été datés du VIIè siècle.


1607 : Le Donezan est réuni à la France.

Les bornes à fleurs de Lys des cantons d’Axat et de Quérigut auraient matérialisé cette frontière ? Clottes du Madres, col de la Marrane. De nos jours le point de rencontre des trois départements : Aude, Ariége, Pyrénées Orientales. Mais ce ne saurait être le cas de celles de Rabouillet et à plus forte raison de celles de Fontanilles ( Col Campérié ) qui semblent délimiter les forêts royales de, respectivement Boucheville et Bac Estable.


03/12/1609 : Sentence du sénéchal de Carcassonne annulant un contrat de vente relatif à la forêt de Salvanère conclu le 30 juillet 1587 entre Henri Montsarrat du Vivier et Jean de Villanova. Ce dernier est condamné à la restitution des fruits, s’élevant à 1000 livres en monnaie d’Espagne. Assorti d’une interdiction de couper ou de prendre du bois.


14/05/1610 : Assassinat de Henri IV. Louis XIII n’ayant que 10 ans, Marie de Médecis assura la régence que le bon roi venait de lui confier.

En 1610, procès – verbal des Etats du Languedoc :  Aumône de 150 livres aux veuves et enfants de 2 habitants de Sournia tués en poursuivant les voleurs qui résident aux frontières d’Espagne. Lors de la session des Etats de 1614  des mesures seront prises contre les voleurs qui ravagent la Corbière, le pays de Sault et de Fenouillèdes.


02/02/1611 : Louis XIII accorde à Guillaume du Vivier le fils aîné de Henri Montsarrat, le titre de gouverneur de Puilaurens sur démission de son père. En reconnaissance des services rendus en Italie par ce dernier, aux côtés du cardinal de Joyeuse.


vers 1612 : Second mariage de Antoine de Niort, capdet et bailli royal de Sournia, Campoussy – Palmes ( 1601 – 1633 ) avec Philippine Sicard à Sournia.

Capdet : Hypothèse, corruption du languedocien Capdèl = gouverner, présider ? Capdet toujours en langue d’oc = Cadet.


18/07/1613 : Ordonnance du sénéchal de Carcassonne maintenant Henri Montsarrat du Vivier dans la possession de la forêt de Salvanère face à De Villanova.


21/05/1615 : Louis XIII autorise  H.Montsarrat du Vivier à abattre 150 sapins dans la forêt des Fanges. Le château du Vivier nécessitait une rénovation suite aux assauts des calvinistes et des espagnols.

En 1615 la famille de Peyrepertuse cède par contrat emphytéotique la forêt de Rabouillet aux habitants de cette paroisse / Association de protection de la haute vallée de la Désix à Rabouillet.


21/11/1615 : Établissement de la maison de Montesquieu à Latour de Fenollet*. Mariage de François de Montesquieu avec Gilette Drouet devant maître Pierre Galtier notaire de Tuchan. Ces de Montesquieu descendaient de Trilla, seigneurie de Trilla qu’ils acquirent vers 1458-1479.

* Lequel de déterminant deviendra de France.


1618/1648 : Conflit entre la France et l’Espagne de Felipe IV dit la Guerre de 30 ans.


1626 Caudiès, Latour, Saint Paul et Sournia : Les consuls des ces communautés obtiennent une dispense de l’hébergement des troupes après avoir soudoyé les secrétaires des ducs de Ventadour et Montmorency. Versements respectivement de 270 livres et de 44 livres. Voir en 1708 pour les motivations de ce trafic.


1627 : Un petit poème qui en dit long concernant Trilla après les destructions des XVe et XVIe siècles.

Trilla saisi d’une grande pauvreté,

fait aux paysans porter la triste mine,

car chacun d’eux est si fort endetté

que le malheur,presque toujours, les mine.

D’après Bernard Pericon dans revue Fenouillèdes N°20.


Vers 1630 : Le roi fait répertorier les routes accessibles aux canons. Ils atteindront le Fenouillèdes par celle du Pas de Paziols. Le chemin de Saint Louis n’était pas praticable par les attelages de transport d’artillerie. Sauf à y affecter 500 pionniers pour une journée, d’après la Relation produite par un officier émissaire du roi. Les autres voies d’accès étaient soit de moindre intérêt stratégique, soit plus difficiles par leur étroitesse et leurs virages inadaptés.


1631 : Épidémie de peste.


22/07/1632 : États généraux du Languedoc à Pézenas. Les États étaient déchargés par la royauté du recouvrement des impôts. Séance au cours de laquelle Henri II de Montmorency seigneur piscénois et gouverneur du Languedoc entre en rébellion contre Richelieu. Le duc tente d’obtenir à son avantage l’indépendance de la province. Alet et le bourg de Carcassonne y adhèrent. Mais pas les protestants soucieux de leurs libertés religieuses ni les principales villes. le parlement de Toulouse s’y opposa.

  • Pézenas accueillit 44 sessions des Etats du Languedoc de 1456 à 1692, elles pouvaient s’étirer sur un mois.

01/09/1632 : Bataille de Castelnaudary où son armée est écrasée par celle de Louis XIII, dirigée par le duc d’Halwin. Le gouverneur du Languedoc avec l’appui de l’Espagne, du duc d’Orléans (Gaston frère de Louis XIII) et de Marie de Médecis menait la révolte des Huguenots. Henri II sera décapité au capitole de Toulouse devant Louis XIII et Richelieu le 30 octobre.

11/10/1632 : Sur ordre du roi, Henri Montsarrat du Vivier restitue des renforts que les espagnols avaient tenté d’envoyer à Montmorency et qu’il retenait à Puilaurens.

26/10/1632 : Le duc d’Halwin promu gouverneur et lieutenant général du Languedoc. Il fit construire une redoute au col de Saint Louis sur le chemin de l’étape, il s’agit du château dit des Maures. Ce vocable désigne d’ordinaire des vestiges proto-historiques. Ce qui parait étonnant, appliqué à un fort du XVIIe. Annie de Pous le date de la fin du Xe siècle.Et si tout simplement l’usage avait transposé le toponyme originel sur la nouvelle construction ?


1636 : La France déclare la guerre à l’Espagne. Les espagnols prennent et démantèlent Peyrepertuse, Puilaurens qui jusques là avait résisté à leurs attaques, sa garnison était en déplacement à Leucate.  Don Felipe Da Silva  met la citadelle royale de Fenouillet dans son état actuel. Latour est assiégée, un régiment ennemi est en ” Résidence ” à Estagel. Henri IV avait fait relever Fenouillet de ses ruines à l’issue des guerres de religion.

Les français occupent le Roussillon.

Droit de dépaissance (pâturage) dans les forêts du Vivier, Aussières, Salvanère pour les troupeaux de Rabouillet, soumis à une redevance de 12 setiers d’avoine. Il pourrait s’agir de la reconduction d’un droit d’usage acquis en 1589, procès entre les Castanier d’Auriac et la communauté de Rabouillet . Aussières et Salvanère près de la paroisse de Montfort sur Boulzane étaient sur la voie ” royale ” des transhumants en provenance ou à destination de l’abbaye de Fontfroide, du Roussillon et du Languedoc, ce sont des dizaines de milliers d’ovins qui parcouraient les lieux en juin ou au retour de l’Ariège en octobre.


26/09/1637 : Le duc d’Halwin gouverneur du Languedoc arrête les espagnols à Leucate à la bataille du fort de Cerbelonne, ce bastion ( A ne pas confondre avec le castrum ) avec quatre autres gardait le nord du plateau aux lieux dits La Gardiole, Les Champs Longs.. Promus maréchal sous le nom de Schomberg. Il était appuyé par Henri Montsarrat du Vivier. Schomberg était natif de Heidelberg et protestant. Le susdit siège durait depuis le 02 septembre.


1638 : Pratz : Comprenez Prats de Sournia. Assassinat en la maison presbytérale du vicaire Messire Cantegrel. On lui brûla tous ses papiers et sa dépouille fut incinérée au four à chaux. L’identité des criminels n’est pas connue ni leurs motivations. Quelques temps après ce supplice les troupeaux furent décimés par une épizootie. Les bergers persuadés d’être en présence d’un mauvais sort posthume, firent ériger à l’occasion d’une mission, une grande croix en bois visible de tous les pacages alentours.

histoireetrando-prats-de-sournia.fr, pour plus d’informations.


17/ 05/1639 : Dénombrement de François de Montesquieu pour La Tour de France et Planèzes.


1639 : Au cours de l’été, en pénétrant par la haute vallée de l’Aude offensive de Schomberg sur Estagel, Salses,  Tautavel, Salvaterra à  Opoul qui passe aux mains des français sans résistance. Contre attaque du vice roi d’Espagne jusques dans le Termenés. Repli de Schomberg. Nouvel échec à la Toussaint. Estagel pris par Guillaume du Vivier, Tautavel par son père au prix de la destruction du château. Le prince de Condé et Schomberg enlèvent Salses le 19 juillet.


06/01/1640 : Perte du Roussillon et de Salses après un long siège. Les espagnols furent avantagés par le nombre et une inondation. Ils ravagèrent la haute vallée de l’Aude et le pays de Sault. Ils reprirent Latour de France qui aurait été  rendue inhabitable pendant des années, Cassagnes incendié. Après les Cassanhols revenons en aux Tourils lesquels se comptaient dans  228 feux en 1693, ils n’ont pas du s’enfuir bien loin en 1637 et 1640.

La légende des fêtes somptueuses au château, transmise depuis des siècles aux fillettes par les ménines de Le Vivier (Doyennes au sens familial ) aurait-elle une racine historique en 1640 ? Le séjour du prince de Condé et du maréchal de Schomberg y fut célébré.

Comment raconter le Fenolhedés sans citer J.Armagnac, cauderienc connu pour sa très grande culture historique. Voici une synthèse de sa version du siège de Perpignan par Louis XIII. Publiée en 1928 dans le Messager de Notre Dame de Laval. Les lignes ci-dessus sont aussi de cet érudit.

19/07/1639 Schomberg s’empare de Salses. Mais les espagnols l’assiègent avec des forces considérables et parviennent à le reprendre le 06.01.1640.

07/1641 Huit mille fantassins et mille cavaliers envoyés par Richelieu cernent Perpignan.

22/04/1642 Richelieu à Perpignan jusqu’au 10 juin.

09/09/1642 Les espagnols abandonnent à jamais Perpignan.


06/1641 : Schomberg assiège Perpignan qui capitule le 9 septembre suivi de Salses le 29.

19/09/1641 : Traité de Péronne : Fait de Louis XIII le comte de Barcelone, Cerdagne, Roussillon. Il fut appelé par le président de la Généralitat en janvier. Ce dernier avait rompu avec Madrid et subit une offensive de Philippe IV roi d’Espagne. Les catalans n’acceptaient pas de devoir se battre pour Madrid.

rabouillet.worldpress.com 

11/1641 : Louis XIII basé à Saint Estève fait le siège de Perpignan, aux mains des castillans. L’état major du maréchal de la Meleraye était installé à l’actuel quartier de la Porte d’Espagne, 18 800 fantassins et 4000 cavaliers affament la ville pendant 6 mois.


06 1642 : Dorénavant le Fenouillèdes est partie intégrante de sénéchaussée de Limoux, extraite de celle de Carcassonne, les Etats de Pézenas s’y opposèrent. Ce mode de fonctionnement de la justice sera dissout et réorganisé en Grands Baillages en 1788, le Fenouillèdes dépendait de celui de Carcassonne.

09/12/ 1642 : Occupation française totale jusqu’à Barcelone. Louis XIII enlève Perpignan.


14/05/1643 : Mort de Louis XIII. Louis Dieudonné quatre ans est fait roi Louis XIV. La tradition monarchique exigeant que le fils succède instantanément à son père, quelque soit son âge. Son règne dura jusqu’au 1er septembre 1715.


03/07/1644 : Henri Montsarrat du Vivier rend hommage au roi pour ses possessions à Le Caunil, Gincla, Puilaurens et Salvezines.


1649 – 1653 : Épidémies de peste causant vraisemblablement des milliers de morts en Fenouillèdes.

 

12 / 10 / 1650 : Don Antonius de Peyrepertuse assisté de frère Gabriel Casanova moine de Saint Michel de Cuxa et d’autres autorités procèdent au bornage de la frontière entre Tarerach et Trevillach.

Ces lieux avaient opposé devant le parlement de Toulouse les De Peyrepertuse aux seigneurs de Sournia, De Montesquieu et Jean – Pierre de Castera, lesquels tentés par l’éloignement de leur voisin barcelonais, en avaient profité pour repousser les limites de leur domaine. Suite à un accord scellé en 1585 un bornage avait déjà été réalisé.


1652 : Philippe IV reprend Barcelone. L’armée française se replie en Roussillon.

Révolte en Conflent : Antoine de Peyrepertuse abandonne le parti français d’où confiscation de ses biens en Roussillon et Conflent, ils lui seront restitués à l’issue des hostilités. Cela se répétera pour la baronnie de Rabouillet suite aux  divers conflits à venir avec l’Espagne. Ses seigneurs étaient fort bien introduits en territoire ennemi de la royauté française.


1653 : L’évêque d’Alet refuse d’ouvrir les portes de sa ville aux troupes du comte d’Harcourt, qui vont s’installer à Saint Paul. Intervention de Monseigneur Pavillon suite aux dégâts génères.


1659 : Turenne écrase l’Espagne près de Dunkerque.

07/11/1659 : Fontarabie: Ile des faisans sur la Bidassoa.

Traité des Pyrénées : Mazarin réintègre définitivement le Roussillon dans le giron de la France. le Capcir, une partie de la Cerdagne sans Llivia, le Conflent et le Vallespir. Ces anciens comtés carolingiens sont ainsi libérés de 500 ans  d’occupations ibériques. Les troupes françaises ” Occupaient ” déjà le Roussillon depuis plus de 20 ans. La tournure courante Mazarin annexe le Roussillon est impropre sinon négativiste au regard de la sécession du XIIe siècle, voir en 1150 et en 1172.

Cartes commentées : Sordones, Septimanie, Traité des Pyrénées…sur axl.cefan.ulaval.ca/monde/catalan


1660 : Publication de la carte de Nicolas Sanson dit d’ Abbeville, concernant le Fenolhedés y figurent uniquement et tels que écrits ci dessous :

– Artigues, Axat, Bugarach, Camp, Caraman, Caudies, Pesilla, Peyrepertus, Prat lon by = Pla Llouby sur les hauteurs de Rabouillet.

– Puech Laurent = Puilaurens, Queribus, St Paul des Fenouillèdes et les principales rivières. voir note Agly en complément.


09/06/1660  Retour du Roussillon à la France : Conclu à Saint Jean de Luz par le mariage de l’Infante d’Espagne, la fille de Philippe IV, Marie Thérèse d’Autriche avec Louis XIV Lequel en contradiction avec ses promesses solennelles étendra dès janvier 1662 la gabelle au Roussillon. Ce qui va générer des révoltes, les pillages des Miquelets = la milice de Miquel, à interpréter au sens de bandits catalans ( Angelets, mercenaires, trabucaîres ), l’armée du maréchal Schomberg comprenait des miquelets francais, c’est là un terme militaire.

D’ordinaire les gabelous étaient recrutés chez les languedociens les plus proches, les gabachs… Les catalans du nord ont du l’avoir mauvaise à double titre. Voir l’article consacré aux gabachs. Les gabelous agents de la Ferme du Roi dite la foraine = Administration des douanes n’avaient pas le statut de fonctionnaires royaux. Des traitesou droits de passage étaient prélevés aussi entre les provinces, soit en entrée et sortie du Roussillon. Un procureur des gabelles et un receveur étaient en poste à Latour de France, Montfort, St Paul, Sournia. Par déduction ces localités ” frontalières “*  devaient avoir une brigade de ” douaniers ” à l’image de celle de Caramany. Ces brigades avaient aussi pour mission la distribution du sel, 30 livres par personne, 6 par an pour chaque bête à corne et 2 par bête à laine. Son prix pour les bestiaux était plus bas et variait selon les privilèges. Elles étaient placées sous l’autorité du capitaine de la ferme qui siégeait à Caudiès.

Les garnisons de Quéribus et de Peyrepertuse sont maintenues jusqu’à la Révolution de 1789. Celle de Puilaurens est réduite à des mortes-payes (vétérans).

Démantèlement à l’explosif du château de Tautavel, A.de Pous; En 1658 selon la version René Quehen. Des auteurs tout autant éminents situent cette mise hors d’usage sous Louis XI. A moins qu’il l’ait été répétitivement ? En 1661 les Etats demandèrent la démolition de forteresses devenues inutiles dont celle de Leucate.

* Sous – entendu que la frontière de 1258 était reconvertie en limite de la province du Languedoc avec celle du Roussillon, ce jusqu’à la Révolution.


1669 : Après visite des forêts de Salvanère et d’En Malo, le procureur du roi signifie à Henri du Vivier de produire ses titres de propriété ou d’usage. A défaut de s’en désister au profit du roi. Ces titres furent produits mais il dut payer 200 livres d’amende pour les bois enlevés dans la forêt d’En Malo appartenant à Sa Majesté.


1671 : Installation à Quillan d’une maîtrise des eaux et forêts. Elle comprenait un procureur du roi, un maître particulier, un lieutenant de maîtrise, un garde marteau, des brigadiers. Hormis l’inspection des forêts qu’elles soient au roi ou à l’archevêque et le marquage des coupes, les officiers du roi prélevaient un droit de passage sur le bois de construction et celui à brûler à leur mise à l’eau au port. Il était implanté à hauteur du cimetière. Douillettement nichés dans le confort du troisième millénaire, peut – on correctement évaluer au prix de quels efforts démentiels des troncs de quarante à cinquante mètres étaient acheminés depuis des montagnes vertigineuses sur des dizaines de kilomètres de chemins muletiers. Autres informations et liens en 1228 et en 1719.


1681 : Colbert réorganise l’administration des Fermes du Roi en Ferme Générale. Il tenta de supprimer divers droits de passage d’une province à l’autre , mais celle du Roussillon s’y refusa.


1684 : Monseigneur De Valbelle réactive le droit de leude. Une taxe de péage sur les marchandises rentrant dans la paroisse, dans la seigneurie. Les esclaves et les juifs y étaient soumis.


18/10/1685 : Révocation de l’Edit de Nantes. Louis XIV interdit aux protestants d’émigrer sous peine de galères sauf aux pasteurs ayant refusé de se convertir. Les calvinistes entrent dans le désert, il s’agissait de pratiquer sans risquer les persécutions.


10/10/1691 : Edit de Louis XIV créant des offices d’emplois honorifiques et rémunérateurs, maire perpétuel, conseiller politique, répartiteur des impositions … A Caudiès un marchand, Henri Pepratx, acquit pour 3100 livres l’office de maire perpétuel. Puis ceux d’Alet et de Sournia.
Les caisses du royaume étant exsangues, il faillait les regarnir rapidement.

1692-1694 : Au niveau national les pertes humaines, conséquences conjuguées de la faim, de la maladie, des épidémies ont fait en deux ans autant de morts que la guerre de 1914-1918 dans une France de 20 millions d’habitants. Tout le règne de Louis XIV n’a été que guerres.


1696 : Craignant de devoir supporter de nouvelles impositions déjà exorbitantes en rapport à l’état de misère de la contrée. Les consuls de Caudiès lancent un appel auprès des communautés du Fenouillèdes pour une action groupée contre la décision de l’assiette, qui avait ordonné de faire procéder à une révision des taillables. Assorti d’entraves administratives à l’encontre du syndic et des experts en charge des vérifications …
Mais le syndic obtint arrêt en sa faveur.
L’assiette diocésaine répartissait entre les paroisses le montant de la taille fixé par les États de la province du Languedoc.

Des impositions odieuses jointes à une succession de calamités vont induire sur l’ensemble du Languedoc un abandon de terres considérable avec un pic de gravité couvrant le dernier quart de ce siècle et le premier de celui à venir. Les nobles aussi s’en dessaisissent.


11/1696 : Édit de Louis XIV réformant le système héraldique. Création de l’Armorial Général, des personnes, domaines, compagnies, corps et communautés. Plus connu comme étant “Armorial de Charles d’Hozier. Du nom d’un ancien juge d’armes promu garde de cet armorial. Toute corporation ou personne portant des armoiries se voit obligée de les faire inscrire à l’armorial dans les deux mois et moyennant un droit d’enregistrement. Sous peine de 300 livres d’amende voire de confiscation des biens.


10/05/1697 : Alexandre du Vivier de Lansac redevable de prés de 9 000 livres aux époux de Boisanbert pour partie d’achat du régiment de Languedoc, en fit transport sur Pierre Gironne fermier de la forêt de Salvanère.

01/09/1697 : Les habitants de Montfort reconnurent devant maître Guérin notaire à Saint Paul de Fenouillet à Alexandre du Vivier qu’il possédait noblement le château, les forges, les moulins, les tuileries, les forêts de Salvanére et du bac de L’orry. En vertu de reconnaissances passées en 1616.


1699 : Les fenouilletins demandent la séparation de leur territoire de celui de Caudiès.


  • L‘administration sous l’Ancien Régime.
  • Cartes : Guerre de 30 ans – Traité des Pyrénées, axl.cefan.ulaval.ca/monde/catalan
  • Vous voulez en savoir plus sur quelque sujet que ce soit, des pages entières de Liens vous attendent sur l’article éponyme.
  • XVII et XVIII  siècles : Très intense activité dans les forêts royales et sur l’Aude où les trains de bois se suivent. Livraison de Quillan à Narbonne en trois jours.

Quelques archevêques de Narbonne :

  • Vers 1265     : Maurin Ier. Décédé en 1272.
  • 1290 – 1311 : Gilles Ancelin de Montaigu.
  • 1347 – 1375 : Vers… Pierre de la Jugée ou de la Jugie.
  • 1375 – 1391 : Jean Roger de Beaufort.
  • 1391 – 1433 : François de Conzié.
  • 1433 – ?      : Jean d’Harcourt.
  • 1507 – 1514 : Son éminence Guillaume cardinal de Briçonnet dit cardinal de Saint Malo, également lieutenant général du roi.
  • 1524 – 1550 : Son éminence le cardinal Jean de Lorraine, l’un des plus intimes favoris de François Ier.
  • Vers 1620     : Louis de Vervins.
  • Vers 1660     : François Fouquet.
  • 1587 – 1659 : Claude de Rebé.
  • 1673 – 1703 : Pierre de Bonzi.
  • 1704 – 1719 : Charles le Goux de la Berchère.
  • 1719 – ?      : René de Beauvan.
  • Jusqu’à monseigneur Dillon 1762 – 1801 wikipedia.org/wiki/Liste-des-archevêques-de-Narbonne

Toponymes occitans en Pays Catalan

íAdessiatz e benvenguda a tots. Bonjour et bienvenue à tous.

Je vous ai entretenu en pages A Propos d’un système catalan inavouable d’omissions de la contribution languedocienne culturelle et historique ayant influencé la Catalunya del Nord. La toponymie languedocienne de la Catalogne Nord ( Autre intitulé potentiel équivalent ) est un de ces escamotages.

Quand la réalité est dure à avaler, l’aseptiser avec des termes creux ou lénifiants revient à la masquer. Un malentendant restera un sourd. Nous allons nous efforcer de nommer concrètement ce qui suit, fusse au risque de se discréditer.

 

Pour ne pas tomber dans le panneau Pays Catalan, du type d’entrée de village* où un panonceau Pays d’Immigrés** Catalans serait plus réaliste en considération des trois vagues impressionnantes de réfugiés qui se sont installés au cours du XX ème siècle, celle d’ordre économique est non tarie à ce jour. Il est admis que pour un habitant de filiation française locale, il faut en compter 4 ou 5 remontant du sud des Pyrénées. Nous doutons de la véracité de cette mention, mais elle a le mérite d’exister.

* Une initiative très heureuse, partie de la mairie Fourques 66 avec son maire Jean Luc Pujol, à moins qu’elle ne cache sous roche des agités plus enclins à regarder du côté de Barcelone que de Paris. ** Bienvenus tant qu’ils n’interfèrent pas dans les affaires du pays d’accueil, là rien n’est moins sûr, le ver étant dans le fruit.

 

Notons au passage et au regard des cartes actuelles de randonnées IGN, la relative abondance d’une toponymie spécifiquement occitane au sud de la frontière de 1258 et jusqu’à l’actuelle, dans l’espace péri-urbain de Perpignan, donc en Pays catalan car sous le joug ibérique pendant cinq siècles jusqu’au Traité des Pyrénées en 1659: Agli, Barcarés, Gascous, Peyredréte, Crest, Cortal, Ausèrda (Usèrda), Barrencs, Camp gras, Cassaneils, Les Cons, Sarrat et Serrat, Moton (Moutou devenu Molto) et Rabassa, Régina, Tourre…. Le Mont Canigò, la montagne sacrée des catalans en est constellé et plus fort encore, autour de Prats de Mollo et de Coustouges qui sont  des portes de la Catalogne espagnole ! Attention ils sont plus fréquents qu’il n’y paraît. On a vu que ces marqueurs culturels sont quelques fois encore de nos jours, maquillés à la sauce catalane. Voir en pages A Propos, à -2500 et des cartes plus anciennes pour comparaisons. Ce maquillage affecte toutes les communes au sud ( Jusqu’aux Pyrénées )  de la frontière issue du Traité de Corbeil 1258 / 1659 et du littoral au Puymorens.   L’I.G.N. pour sa part abuse de celle de l’uniformisation en francisant à tout va.

Overdose de sauce catalane

Ce génocide toponymique a été orchestré dès la fin des années 1970 par Conflent – Terra Nostra* et un chœur catalan qui entre deux sardanes, nous entonne en dépit d’un bon sens élémentaire : ” Tout et Tous catalans…”. Quelques ténors de cette chorale d’irréductibles catalans :

  • Lluis Basséda
  • Ramon Gual
  • Anny de Pous
  • Pierre Ponsich
  • Joan Bécat, professeur émérite à l’université de Perpignan.
  • R. Lapassat et leurs élèves…

Plusieurs sont ou furent enseignants et notamment en charge des élèves du Fenouillèdes. La restitution des noms conformes à l’histoire est à sa base un principe heureux, mais il a outrageusement dérapé vers les relents nauséabonds ci après et en pages A Propos.  Messieurs retournez – vous vers le nord  vous avez l’Occitanie sur votre parvis, plus précisément vous êtes juchés sur un piédestal culturel languedocien mais la fierté identitaire catalane semble vous empêcher de l’exprimer.

Si vous connaissez les “Justifications ” de ce génocide toponymique, je suis preneur.

* Terra Nostra – Casa dels Paîsos Catalans est une association identitaire catalane, actuellement présidée par Ramon Gual, elle fut fondée par Lluis Basséda. Éléments complémentaires en pages A Propos.

 

Un second village est susceptible de relever de ce panel. en adéquation avec le régime des eaux souterraines de l’endroit, Espira de L’Agly francisation du catalan Espirà de l’Aglí. Es = eau (Espousouille, Escouloubre, Escaldes, Rennes et Reynès, Caudiès….). En résumé une fissure par où sortent les eaux, sinon le vin. Car dans le vocabulaire occitan Espira est simultanément un terme de tonnelier pour un fausset. Mais chacun sait que les analyses étymologiques sont aussi nombreuses que leurs auteurs. Ces vocables ayant évolué avec l’instruction, les millénaires et l’amalgame dont la frontière est le fil rouge. A propos de Espira on ne saurait ignorer l’immanquable rattachement aux vétérans de César ou aux gallo – romains sur la base d’un hypothétique suffixe en anum, anus… attesté dans un intervalle supérieur à 1000 ans.

A cet échantillon dressé à l’appui des dictionnaires cités en Liens et Livres  Fenouillèdes, il faut jumeler des termes communs aux deux parlers : Amague, Bade, Balmètes, Crémat, Devéso, Forn, Garriga, Infern, Paret, Passa temps, Ramade … Le vocabulaire catalan étant loin d’atteindre les 450.000 mots de son voisin, ces sacrés conquistadors usent d’une terminologie importée assimilée en masse, il s’agit de dizaines de milliers de mots languedociens. Il n’empêche, il est usuel de lire dans leurs publications que les lieux  –  dits du Fenouillèdes sont essentiellement Sang et Or. Ce qui est une bêtise monumentale ( Euphémisme ), ils y sont minoritaires jusques sur les communes qui jouxtent la séparation linguistique. Nous nous sommes penchés sur ceux de Prats de Sournia et alentours. C’est le Pays Catalan du Nord qui est riche en occitanismes plus que l’inverse en Fenouillèdes. Le catalan est en majeure partie une émanation de la langue d’oc dont il a commencé à se démarquer dès les années 900 – 1100. Désolé mais je n’ai pas pété un plomb, pour vous en convaincre,  voyez un lien incontestable en fin d’article

Ainsi au delà d’un choix prometteur de confusions les conseillers régionaux ont eu un coup de génie, à l’attention des Catalans, en baptisant Occitanie la nouvelle entité territoriale issue de la fusion du Languedoc – Roussillon avec le Midi – Pyrénées et présidée par Madame Carole Delga. Tous ces malheureux Catalans – Borras* ( Définition sur l’article Gavachs ) conditionnés jusqu’au lavage de cerveau par des collectifs identitaires drapés de Sang et Or omniprésents dans la presse du 66 pour eux – seuls**, ont tort de s’en plaindre. Les conséquences de cette exclusivité sont abordées en pages A Propos.

* Les uns sont français depuis 1659 et donc toujours en voie d’intégration, comme les gitans de Perpignan, depuis le quatorzième siècle, ça promet; Les autres, majoritaires, issus de l’immigration des républicains sauvés du franquisme et de celle permanente des réfugiés économiques. ** Ce serait une grave erreur de sous entendre compromission active, au moins pour le principal titre.

Ceux qui vivent dans la région de Perpignan sont victimes d’un chauvinisme et d’un endoctrinement surréalistes orchestré par tout un système de désinformation de l’Histoire ( Nous sommes dans le jardin de Salvador Dali ), là ce fut le cas jusqu’à l’auteur de cet article. On a vu que même les historiens français natifs de Catalogne nord, à priori de référence internationale, en sont tombés jusqu’à rhabiller en catalan les noms français et occitans propres au Fenouillèdes. Ils ont été éduqués ( Les catalans ) par les carolingiens, invités pour expulser les Maures, durant 400 ans et sont fixés sans le savoir sur ce socle culturel de legs languedocien. Cette situation atteint un merveilleux indicible à leur détriment  que nous allons approfondir dans les remarques suivantes.

Voilà pour le couplet Septimanie…

… à laquelle le 66 Catalan a bel et bien appartenu, donc à nouveau une omission et pas autant catalan que ce qui est asséné. Carte Septimanie. Mais aussi un descriptif sur Pyrénées Catalanes.

  • Ensuite nonobstant la frontière de 1258 / Traité de Corbeil, les puissantes abbayes audoises de Fontfroide et des bénédictins de  Lagrasse ont possédé, quelques fois depuis l’an 1000 jusqu’à la Révolution Française de nombreuses seigneuries en Roussillon dont : Bompas**, Las Fonts à Calce, Estagel, Pézilla  la Rivière et environs**, Prades, Les Pujols** à Argelès,  Rivesaltes, Vingrau et Tautavel**, St Féliu**, Villeneuve de la Raho qui a eu droit aux deux ordres d’abord les cisterciens au XIV ème et dès le suivant les bénédictins, pareillement à Salses avec respectivement la grange de Vespeilles et de 1095 à 1101 tous les droits sur les pêcheries de Font Dame  etc.
  • Fontfroide et Lagrasse n’étaient point les seules abbayes d’Occitanie implantées en Roussillon. Le ” château ” de Jau  en rive gauche de l’Agly à Cases de Pène, ex Sainte Marie de Cavanac, était une propriété de Sainte Marie de Jau sise sous le col du même nom ( Janus, Januarus, Jau ) et relevant de l’abbaye cistercienne d’Ardorel dans le Tarn, comme Valbonne sur les hauteurs d’Argelès… Aux XI et XII èmes siècles hormis les monastères catalans, les cisterciens de Fontfroide et ceux de Villelongue ( Saissac 11 ) possédaient des pâturages, terres et salines à Torreilles et à St Hippolyte aux côtés des bénédictins de St Hilaire, St Jacques de Joucou, St Martin de Lez… Les cisterciens de Grandselve  et de Cadouin en Dordogne étaient eux aussi installés dans le triangle Salses – Rivesaltes – Torreilles, soit les granges de Canomals et de Mudagons. Le Mas de la Garrigue à St Martin de Tura ( Rivesaltes ) était un satellite de l’abbaye de Villelongue qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme templier du Réart.
  • Parallèlement des grands seigneurs du Fenolhedés tels que les De Caramany, De Fenouillet, De Montesquieu, De Peyrepertuse, Du Vivier… étaient solidement installés à Ille, Calce, Canet, Joch et diverses paroisses du Conflent, d’autres en Roussillon où ils essaimèrent… D’autres grands noms des Corbières possédaient les fiefs d’Argelès, Estagel, St. Laurent de la Salanque, Olivier de Termes suivi de Chabert de Barbaira en gratification de ses exploits à la prise de Majorque en 1229.
  • 1450 à 1700 repeuplement de toute la Catalogne grâce aux émigrants occitans, détaillé à la date 1585. Déjà sur la période 1348 à 1401 la peste a pu décimer jusqu’aux deux – tiers de la population en Aragon et en Catalogne au cours de 9 vagues épidémiques

Tant de siècles de présence dominante languedocienne ont pu influencer la toponymie. Mais des désignations sont antérieures aux événements ci – dessus, ainsi il est nécessaire d’avoir un raisonnement plus élargi.

Oi macarèl !***

Au mépris du bon sens le plus élémentaire, les catalans qu’ils soient historiens ou quelconques dans la presse quotidienne au travers des correspondants de villages et du courrier des lecteurs de l’Indépendant****, finiraient par nous inculquer qu’un minuscule pays tel que le leur*****, de ce fait quelque part  ” Écrasé ” au septentrion des Pyrénées, aurait été hermétique aux influences de l”Occitanie ou Languedoc voisins, comme le nuage de Tchernobyl prétendument arrêté aux frontières de l’Est. Sans qu’il n’y ait eu d’obstacles aux courants en sens inverse, c’est à dire du Sud au Nord. Il serait temps qu’ils cessent de manœuvrer de pareilles sottises au degré zéro de la plus grande médiocrité qui sont contre nature et  opportunes pour berner la population.

** Cisterciens de Fontfroide.

***Oi macarèl : Interjection languedocienne équivalente du français oh pétard ! Rien à voir avec madame Claude, la maquerelle des ministres sous Pompidou et Giscard.

  **** Ce qui implique, au plus heureux,  que les contrevérités à l’encontre des occitans des Pyrénées – Orientales ne sont pas ou mal filtrées.

***** Proportionnellement à l’étendue de l’Occitanie.

Remarques

  • A ce jour et en dépit de recherches de grande envergure, ( Voir l’article Liens et Livres, ce sont nos sources documentaires. ) nous n’avons trouvé qu’un auteur traitant de la toponymie  languedocienne présente en Catalogne, Enric Guiter. Sinon rien, pas même une lointaine allusion, sujet tabou chez les catalans ? Par contre les avis fabriquant du catalan à l’emporte – pièces, hors aire culturelle catalane, sont fréquents.

Henri Guiter alias Enric Guiter, chute article XI ème siècle:  Algunes infiltacions del lèxic occità al domini català ( Quelques infiltrations…) dans Estudis romànics, Barcelona 1948. Plusieurs plumes sont homonymes, d’où possible confusion sur l’identité de l’auteur.

  • Maquillage à la sauce catalane : Un frelaté de l’authentique, ces Pauvres catalans du nord sont communément fiers de s’exprimer  en catalan, une illusion savamment entretenue dans leur esprit. Plus exactement ils usent d’un dialecte occitano – catalan, autrement dit le roussillonnais, l’héritage du Languedoc y est dominant. On notera avec délices le fond humoristique de cette discordance. Alors qu’ils sont repérés de loin comme étant orgueilleux plus que de raison de leur filiation ibérique, les faits veulent qu’ils baignent dans la culture languedocienne sans en être instruits, cela leur est manifestement caché. La part réellement catalane n’est que propagande ou d’importation récente par le biais des réfugiés républicains et ceux fuyant un sous – développement relatif.   A y regarder de plus près, c’est un enchaînement de coups fumants dont ils sont les dindons de la farce quand on connaît leur respect voué aux Gabachs.
  • Moins de 5 % des catalans du nord maîtrisent le Catalan !
  • Déduire sur la seule base des noms de lieux du Fenolhedés que ce pays est fortement d’imprégnation roussillonnaise serait simpliste. Les homonymes et les paronymes sont innombrables entre les deux langues. Selon le bagage culturel du scripteur, tel terme languedocien à pu être écrit par corruption accidentelle sous une forme ibérique ou vice versa. Les subtilités de la prononciation aidant. Voir le rhabillage ci dessus.
  • Si ce n’était un lot d’artifices, les équivalents catalans du Larousse se glisseraient aisément dans vos poches.

Comparez les dicos Languedocien et Catalan, lequel est de toute évidence majoritairement constitué de mots identiques ou à la graphie voisine du premier, assorti  proportionnellement d’un saupoudrage de termes d’origine Arabe et Castillane / Espagne. C’est encore plus criant dans le dialecte roussillonnais. De plus en prenant en compte les mots spécifiquement occitans, L’Alibert alias ” Le Larousse des languedociens ” est de façon flagrante  beaucoup plus riche, la différence tenant en centaines de milliers de définitions.

  • Passé ” Français ” du Roussillon , Vallespir, Cerdagne et Conflent en Septimanie : Dynastie carolingienne de l’an 800 à la fin du XII è siècle.  Cela serait – il l’ une des explications quand à la présence de toponymes occitans en terre catalane?
  • Trois cas particuliers : Tautavel et Vingrau cédés  à Jacques 1er d’Aragon par Saint Louis  en 1258,  demeurent riches de désignations occitanes, tout comme Cases de Pène déjà catalan à cette date.

Exemples du catalan à l’occitan

Catalan

Occitan languedocien

 A. Aigua

B. Alzina

C. Avetar, aveteda

D. Cami

E. Carrerasse

F. Farigola

G. Feixa

H. Font

I. Foraster

J. Hort

K. Llobatera

L. Los = leur, précède un verbe

M. Mill : Millet

N. Blat de moro : Maïs

O. Pastor – Pastre

P. Patata

Q. Pena : peine

R. Penya ou penyal : rocher, falaise

S. Qu’es això :

T. Quilla

 U. Raïm

V. Senglar

W. Teuleria souvent écrit Teularia…

X. Vei, Bei en phonétique.

Y. Vespre

Z. Vinya

 A. Aiga : Eau

B. Ausina : Yeuse

C. Avetada, avetosa = Sapinière

D. Camin : n. muet, Chemin

E. Carrairasse ou carreirasse : Voie de transhumance. Phonétiques confondantes.

F. Frigola : Thym

G. Faissa : Terrasse de culture

H. Font, fontana, fontanilh, fons. Prononcez foun. Fontaine, source.

I. Forastièr ou Forestan : Etranger

J. òrta :  jardin potager. Comme le W, la lettre h n’existe pas en initiale.

K. Lobatièra : Loubatiére, la tanière du loup

L. Los = Les, précède un nom.

M. Mil (toulousain), Milh (languedocien) : Maïs. Millet, Sarrasin, Sorgho selon l‘adjectif associé. Millas ou Milhàs, le pain du pauvre à base de farine de maïs. On rejoint là l’échantillon A suivant, si la tradition est fondée.

O. Pastre : Berger

P. Patana, Trufa, Trufe : Pomme de terre

R. Pena ou Penna : Crête rocheuse.

S. Qu’es aquò :  Qu’es ce ?

T. Quilha : Quille.

U. Rasim : Raisin

V. Singlar :  Sanglier, R muet.

W. Teularia : Tuilerie

X. Vesin, Bézi phonétiquement. Voisin

Y. Vèspre : Fin de l’après-midi.

Z. Vinha : Vigne.

Traductions

A. Échantillon de termes toponymiques spécifiquement occitans.

Sinon pour le moins on sera troublé par la profusion des analogies. A chaque terme ne sont citées qu’une fraction des communes concernées. Trop d’entre – eux ont été rebaptisés en catalan dés le début de la décennie 1990, en conséquence il n’est pas toujours évident de les identifier sur les cartes postérieures. Quelques uns sont autant présents au sud de la frontière.

  • Agli : L’Agly le fleuve du pays, Fluvius aquilinus littéralement la rivière des aigles, issu du féminin languedocien una agla pour une aigle. La lettre y est inconnue du dictionnaire occitan, il n’empêche qu’elle  a cours sur cette rivière depuis le XII ème siècle et dans d’innombrables situations en Languedoc autant anciennement. L’équivalent catalan est àguila / aigle et Aglí / Agly.
  • Agrellous : Pic des… à Sansa. Phonétique de Agrelhons ou groseille à maquereau, le Ribes nigrum.
  • Les Aibrals / Les Arbres : A Villelongue de la Salanque.
  • L’Amorer / Le Mûrier : A Banyuls dels Aspres, Glorianes, St Jean de l’Albère. Corruption flagrante de Amorièr, en catalan Morera. L’Amorer aurait ‘ il été devancé par La Morera, cette évolution ou son inverse , n’est pas rare en toponymie.
  • Les Angles et Anglades / Les recoins de terre : A Les Angles, Latour de Carol, Taurinya. En catalan Racó, ” Racou “. Pièces de terre incluses dans un confluent, une bifurcation de chemins.
  • L’Argentinas / La lande à Argentis : A Escaro entre autres. L’Argentis / Cistus laurifolius est une espèce de ciste souvent en peuplements mono spécifiques immenses, à la manière des fougères. Il marque un des premiers stades du retour à la forêt.
  • Artigues / Terres défrichées : A Bolquère, Estoher, Laroque, Périllos, Prats de Mollo,  issu de Artiga.
  • Col de l’Aspic / Lavandula spica : A Boule d’Amont. Désigne aussi la vipère.
  • Font d’Ayrolle / Aire à battre le grain : Corruption de Airolle / ” Eyroulle “, Era en Catalan, voir à Camps de l’Era. La francisation aidant Airolle se cache quelquefois sous Airelle. Autre sens, Halte transhumants. Ce dernier semble devoir prévaloir au regard de l’altitude, des pentes assez fortes et de l’éloignement de Serdinya. De plus la carte IGN ne laisse supposer aucun bâtiment rural en principe attenant à une aire, le temps efface tant de choses.
  • L’Auca / L’Oie : A Argelès, Villelongue de la salanque. Oca en catalan.
  • L’Aujòla / L’Aîeule : A Estoher. Devenu Orjola, en catalan àvia.
  • Ausèrda ou Lausèrda : Luzerne. Userdeta à St Jean Lasseille. Un des toponymes de Salses maquillé à la sauce catalane en devenant Usèrda.
  • Ayguadière de las Nau Bouques : ?  des Neuf Boucs. A – priori occitan en dépit de l’incongruité du Y et du U, nous le supposons dériver du conventionnel Aigadièra dels Bocs.  Boc revêt le même sens en catalan mais la terminaison d’Ayguadière signe un occitanisme. Les lieux, un plateau perforé d’avens, toisant de jusqu’à 400 m le cirque naturel de Vingrau. La roche y domine à en rendre le maquis aisément perméable, lui aussi. La carte indique des puits et réservoirs au pied de la falaise. Les définitions :

Larousse : Aiguade du provençal Aigada : Lieu où les navires peuvent se ravitailler en eau douce… Avec ça… Alibert : Le masculin Aigadièr synonyme de Évier; Qui aime l’eau comme boisson; Ouverture au bas d’un mur pour évacuer les eaux; Aiguière. En Languedoc l’Aigadièr est le vannier ou ” Martelarièr ” mais il n’est pas sûr que ce dernier soit académique, l’Alibert étant muet en la matière.

Quel sens peut -on en tirer en synthèse, Réservoir ou château d’eau naturel ?  Un abreuvoir là – haut est à exclure.

  • Babau : Celui auquel on fait appel dans les vallées pyrénéennes quand les enfants ne sont pas obéissants. Animal fantastique totémique de Rivesaltes surgissant depuis le Moyen – Age des profondeurs de l’Agly, chaque nuit du 6 août pour se gaver de petits enfants. Ceux des touristes sans doute puisque les locaux sont initiés précocement… Cette animation carnavalesque estivale est l’adaptation d’un fait de la nuit de la chandeleur de 1390.  Babau se dit en catalan mais pour quelqu’un de bébête.
  • Les Bagueres : A Ponteilla. Vraisemblablement dérivé de Baguièr, le Laurus nobilis. Haies brise – vent composées de laurier sauce, habituelles en bordure des réseaux d’irrigation gravitaire.
  • Balcère : A Les Angles. De Balca ou Bauca / ” Baouque ” Les graminées et par extension un éventail d’herbacées dites Engraissamotons / Engraisse moutons, on est sur un sommet de l’estive des brebis de la race Rouge du Roussillon. En sens second Balca s’applique aux herbes semi aquatiques, présence d’un lac.
  • Le Barcarés : Avec un accent aigu, Flotte, Barques au port selon l’Alibert*, désigné Port de Barques sur la carte Cassini, sur un bras disparu de l’Agly sous un atterrissement diluvien au sud du village où les pêcheurs laurentins amarraient leurs barques à l’abri du cers bien avant que l’habitat ne surgisse des nuées de moustiques. En réalité préférez contrebandiers à pêcheurs, c’était leur repaire et plaque tournante de trafics à grande échelle. Le è est une nouveauté au regard du vécu. Une nullité à faire trépasser tout linguiste mais permettant de paraître catalan. Le Barcarès est une contrefaçon, adoptée en 1929, du très occitan El Barcarés, l’article est commun. Le changement d’accent est la seule différence pour nombre d’adjectifs et de noms identiques aux deux drapeaux. Le Barcarés et Leucate sont limitrophes, cependant respectivement en Catalogne Nord et en Occitanie.

* Le dictionnaire Occitan – Français de l’Institut d’Etudes Occitanes. Terme absent de ses homologues Catalans.

Des autochtones affirment que : La frontière Aragon – France allait du Grau Saint Ange ( Le débouché de l’étang sur la mer , au port moderne du Barcarès. ) à Salses. Un fortin gardait l’endroit jusqu’à ce que la Mission Racine s’en mêle. Quelle est la crédibilité de ces assertions ?

  • Barrencs : A Estagel. Ravin, précipice.
  • Ravin du Baux / Ravin du Précipice : A Conat, Coustouges, Escaro… Baux est une corruption de Baus, lequel est synonyme de Embauç. Appellatif tautologique, le même sens est répété.
  • Le Bayralet : A Opoul – Périllos. Altération de Barralet, petit tonnelet de 2 à 60 l.
  • La Bernouse : A Corneilla la Rivière, Rodès, le Tech… Phonétique de Vernosa / Aulnaie, Verneda en catalan. La Vernosa à Laroque des Albères, Le Vernodubrum devenu Le Verdouble. La racine occitane Vern dérive d’un synonyme d’origine celtique, de ce fait on la retrouve partout dans l’hexagone, par exemple sur les rives de la Seine à Vernon dans l’Eure. C’est un coin trop froid et pluvieux pour que les hordes catalanes s’y soient attardées.
  • La Beçosa / La Boulaie : A Dorres, Prats Balaguer. De Beç / Bouleau, lequel se dit Bedoll en catalan.
  • Le Bourdigou : A Pia, Torreilles. De Bordiga / Bordigue, dispositif pour la pêche constitué de joncs et de roseaux dit Encanyissat en catalan.
  • Las Bourguères : Montner; Issu de Borg / Bourg, Faubourg. Sauf possible altération du catalan Burgères  /  Bourgeoisie ?
  • Bousigues : A Nefiach, Nohèdes, Périllos, Saint Feliu, Taillet… Phonétique de Bosigas c’est à dire, Culture de courte durée sur sol ingrat,  avant son épuisement. En Roussillon dans le lit majeur des cours d’eau. En dépit de ses occurrences dans le domaine catalan et languedocien attenant, cet appellatif n’est pas considéré comme étant originaire de ces pays. Il est absent des dictionnaires catalans.
  • Buc : Le Coll del Buc à Sorède où fut construit en 1900 le premier four solaire au monde, le Pyrhéliophore par Manuel Antonio Gomes physicien et ecclésiastique portugais dit Padre Himalaya en allusion à sa grande taille. Buc / Ruche, Cime de montagne, Conque ou bassin. En catalan Buc  = Fuselage, coque d’un navire, Saladier ou vaisselle au profil similaire, donc ce toponyme est quelque part prédestiné si on prend en compte la forme parabolique du réflecteur.
  • Callau / Caillou, pierre très dure : A Mantet, Mosset, Ria. Phonétique de Calhau.
  • Camélas anciennement Cameles : Ce village aux origines du château comtal de Castelnou tient son nom du profil de chamelle du Mont St Martin qui le domine. De l’occitan Camèla ou Camèl, respectivement le chameau et madame. en catalan on aurait eu Camellas.
  • Camp Gras : A Cases de Pène.  Champ gras, fertile, fécond. Camp est en usage dans chaque parler.
  • Canet en Roussillon : La plage de Perpignan. Canet / Cannaie, taillis de cannes, c’est à dire l’Arundo donax et le Phragmites communis qui prolifèrent autour de l’étang éponyme. Roseau en catalan = Canya.
  • La Capsole : A Sahorre. De Capsòl / Aire à battre. A Sahorre. Autres sens, fête marquant la fin du battage, droit payé par l’exploitant d’une carrière. Synonyme de Airolle.
  • Carrer dels Cardaires / Rue des Cardeurs : Cœur ancien de Perpignan, l’article et le déterminant sont languedociens, en catalan on aurait eu Carrer dels Cardalors.
  • Rec de Les Caves : A Espira de l’Agly. Traduisible en Ruisseau des Ravins. Nous cherchons encore et toujours Rec dans les dictionnaires catalans… Nous l’avons déniché sur l’Alibert. Caves / Cabos est absent de cette bible, pourtant en Languedoc il s’attache à un creux, une dépression, un ravin comme ici. Rec est développé plus loin à Tallats. Nonobstant ces propos les catalans ont d’approchés:

Cavar : Creuser, approfondir.

Cova: Grotte, par extension pourrait correspondre au tunnel; Voir à Estagomat.

  • Ravin de las Clairanes : A Millas. Clairana signifie Éclaircies ( Du ciel ), Clariana en catalan. Curieusement ni le déterminé, ni le déterminant n’ont été frelatés en catalan sur les cartes en notre possession?
  • Las Clapères : A Le Boulou, Prats de Mollo…. La racine Clap révèle un rapport à la pierre, la rocaille, un terrain pierreux. Le massif de La Clape dans le narbonnais. Las = Les.
  • Clòt d’en Cante : A Espira de l’Agly.  Le premier présent en Cerdagne, Vallespir, innombrable en Corbières –  Fenouillèdes, il correspond à une dépression du relief. On y rencontre aussi Els Reclòts / Les Creux à La Cabanasse. L’homonyme catalan est sans accent et s’applique à un cassis de chemin.  Le patronyme Cante descend du Fenouillèdes, vérifiable sur Geneanet.
  • Los Cassaneils : Les chênes (espèces caduques). Eil = Petit. Phonétique de  Èl .
  • Cassagnes est la phonétique de Cassaha, Cassagnes est situé en Conflent à Finestret, il est devenu Cassanyes à l’aube du troisième millénaire sur les cartes de l’I.G.N, patronyme d’un illustre catalan de Canet. Y a t’il eu un nommé Cassanyes à Finestret ou dans les petits villages circonvoisins ? Nos recherches sur Geneanet et Jean Tosti Villages sont demeurées vaines…
  • ” Castell del Ségnou ” ou ” Casteil del Seignou “, formes phonétiques de Castèl del Senhor soit le Château du Seigneur, usitées à Opoul – Périllos s’agissant de la citadelle de Salvaterra place forte de l’Aragon jusqu’au Traité des Pyrénées ou plus logiquement du château de Périllos puisque les De Gléon ( Portel des Corbières ) en furent les seigneurs au cours du haut Moyen Age. En catalan on aurait ” Castell del Seignor ” pour Castell del Senyor.
  • Caune de l’Arago :  Phonétiquement ” Caouno de l’Aragou ” La caverne de l’homme de Tautavel laquelle n’excède pas 50 m dans sa plus grande longueur : En Catalan on aurait eu Cova de L’Arago.  Caune est la francisation du languedocien Cauna.  Arago  Comme François est un patronyme de Tautavel*, plus anciennement du Fenouillèdes. Le sens Aragonais n’est pas à exclure, ils ont saigné et occupé Tautavel durablement.. Précédemment caverne de l’Argo ou Argou à rapprocher du voisin Plateau de l’Araga devenu Arague, un hydronyme pyrénéen qui nous renverrait antérieurement au IIIè siècle avant J.C. donc l’ancien nom de la rivière Vernodubrum / Le Verdouble. * En 1720 Pierre Antoine Arago émigra en Catalogne à Estagel…
  • Coucouroucouil : Pic du à Prats Balaguer. Phonétique de Cocoroco = Cocorico. Accent grave sur le O final de Cocoroco. Quand au coq à la catalane ce serait Quiquiriquic.
  • Combe Crabit : A Opoul – Périllos. Cabrit en catalan, invariablement le Chevreau.
  • Crau de Rivesaltes : Plaine en limite sud du camp militaire. Terrain pierreux.
  • Cogolère : A Corneilla de Conflent, Rodès, Taurinya. Dérive de Cogòla ou Coguol: Le Coucou ( Oiseau ) sinon une primevère Primula éliator.
  • Cons : A Vingrau.  Combe, vallon.
  • Cortal : Bergerie.
  • Roc de Coscourre : A Réal. Deux hypothèses, Coscora / Petite clochette ronde, sinon Coscorret / Rafle de maïs, mais nous sommes à plus de 2000 m.
  • Cotius ou Coitiu : En phonétique ça donne Coutiu, Coutibe = Terrain inculte.
  • Le Crès : Terrain où le rocher affleure, sol squelettique. Du même sens on a Grès à Opoul.
  • La Crèsse :  A Calce.  Terme francisé  semblant spécifique aux Corbières et s’appliquant à des collines où le rocher règne en maître absolu. Graphies correctes, Crèsso ou Crèssés au pluriel.
  • Le Crest : Crête du relief.
  • Los Escasassaîres : Forme phonétique. On en trouve à Cases de Pène, comme des Perpignanais à Perpignan. De Las Casasses nom précédent de Cases de Pène.
  • L’Egassièr :  Celui qui s’occupe des chevaux. A Tarerach.
  • Les Eges / Les Juments : A Tautavel. Corruption de ègas / juments servant au dépiquage. Euga et Egua en catalan.
  • Les Escoumes / Les combes. A Vinça… De l’occitan ( Mais pas languedocien ) Coume avec agglutination de l’article. Ailleurs on a Escoumeilles / Les petites combes. En catalan Combe se dit Coma.  Voir lien Glossaire académie de Toulouse.
  • Escousseils / Les petits dépiquages. A Espira de l’Agly. Phonétique de Escó –  Escossa / Dépiquer, Battre le blé. Eil, Eille / Petit, Petite. Les équivalents catalans sont Batre et Trillar.
  • Esparron / Epar, Taverse, Palonnier… Esparró accommodé à la catalane mais nous ne l’avons pas vu dans ce dico. A Canet en Roussillon. Esparrou phonétiquement.
  •  Espira de l’Agly : Espira / Respirer, suinter, prendre l’air par une fissure et couler. Fausset de tonneau. Signification des suffixes anes, anum, anus, sur la chronologie à la date 285.
  • Espluga : A Llo, variante de Esplumassar / Déplumer, Plumer.
  • Esquine d’Ase / Echine d’Ane : A Estoher, Réal entre autres lieux. Ase se prononce Aze, il est en usage des deux cotés avec le sens d’âne, en Languedoc c’est tout autant l’airelle. Le déterminé qualifie une crête de montagne. Les catalans ont Esquena / échine au sens strict.
  • Estagel : Comment ne pas être troublé par un rapprochement certes aventureux, avec Estage = Demeure ou Estatge = Localité en languedocien.
  • Estagomat : A Espira de l’Agly. Manifestement une simplification de Estanh goma. Le NH  se dit NY  à NGE en langue d’oc. En catalan on aurait eu Estany goma, traduisible en Étang boueux, collant. Goma est commun aux deux parlers, des dérivés occitans prennent un T final. Cuvette et emplacement d’une villa gallo – romaine drainée par un tunnel logiquement contemporain débouchant sur le Rec de Les Caves. Voir à ce mot.
  • Els Estagnols : Occurrences prolifiques. Phonétique de Estan pour Les Petits étangs. La confusion avec le catalan Estany est balayée par  la présence du suffixe hòls. Cette variante de étang et Estanyol qui inondent les cartes, ne sont concevables qu’à l’oreille, elles sont absentes du dico Sang et or, y figurent seulement : Estany pour étang artificiel, son sens premier est Étain. Albuféra pour étang salé, marécage. Llacuna pour étang naturel, lagune.
  • Estivada vièlha / Le vieux chemin d’estive : L’antique itinéraire de transhumance aux accès par Paziols et Salses,  Espira, Calce. Cols de la Bataille, del Tribes, d’Aussières, de Jau, du Garabeil…
  • L’ Estorredor : A Porta. De Estorrar / Ressuyer, Sécher, Vider.
  • Le Fangassou : A Montesquieu, Opoul – Périllos. Phonétique de Fangassós, Fangós en catalan. Boueux, Bourbeux dans chaque parler.
  • Foirail plus rarement Foiral : Ce mot occitan passé dans le Larousse est d’usage commun en Catalogne Nord, plus que leur équivalent Firal. Ille – sur – Têt, Prades, Prats – de – Mollo ont le leur. Il désigne la place du marché au sens de foire agricole, aux bestiaux.
  • Farratjal = Le Ferratjal : A Rivesaltes,  Villeneuve – de – la – Raho. Pré généralement attenant à l’habitat ou sis dans la ceinture horticole des villages. Souvent clos et de la meilleure herbe de la localité, voué au complément hivernal des ovins sinon du mulet. Cette déclinaison de Farratge = Fourrage est absente des dictionnaires catalans. La Farratge  ” Férratcho ” est commune aux deux langues.
  • Col de la Fède / Col de la Brebis : Mt Canigò. Ovella si bêlement à la catalane.
  • El Fenars : A Latour de Carol, Villefranche. Le préfixe Fen / Foin. Fenc en catalan.
  • Ferradou / Ferrade : A Conat, Prats Balaguer. Se dit Marcatge en catalan.
  • Gantes : A Escaro, Vivès.  De Ganta l’oie sauvage.
  • Gàrdia et Gardiolà : A Corsavy, Osséja, Rodés, Rivesaltes… Vedette, Guet antérieur à l’an 1000. Guàrdia en catalan.
  • La Garrabe / Baie de l’églantier / Garrabièr à Serdinya. En catalan Gavarrera.
  • Gascons : Gascous phonétiquement. A Banyuls sur Mer, Cases de Pène, Tautavel, Villefranche de Conflent, occurrences corbièrenques  à volonté. Des bandits qui écumèrent au pied des Pyrénées. Une expression a passé l’épreuve du temps, Comptes dé Gascous = comptes de Gascons, soit une arnaque, escroquerie, abus de pouvoir, fanfaronnade. Gascòs en catalan.
  • Roc de la Gèrsera ; A Mosset. Corruption de Gersièra / Peuplement de framboisiers.
  • Gispetera : A Latour de Carol. Déclinaison de Gispet / Graminée de montagne, sinon surface couverte de Gispet. En catalan Gespa.
  • Gorg : A Nohèdes, Mt Canigò, Sansa. Gouffre, abîme d’eau, mare en spéléologie. Commun dans l’aire occitane sans compter ses déclinaisons, en des contrées pures de toute influence catalane.
  • Les Gorgues, les Gorguettes : A Finestret, Pézilla la Rivière, Thuir… Gourgue en langage oral, est issue de Gorga et s’applique à un bassin généralement sis dans le jardin potager. Alimenté soit par le réseau d’irrigation d’un ruisseau ou d’un canal, soit en récupération des eaux pluviales d’une toiture, quelque fois du ruissellement d’un rocher ou attenant à une source. La gourgue permettait selon sa situation de s’affranchir du tour d’arrosage qui pouvait être nocturne.
  • La Jasse et Le Jassal : A Brouilla, Canohès, St Feliu, Terrats, Mt Canigò, Cerdagne… Espace abrité dédié généralement au repos des ovins*, avec ou sans cortal. Cet appellatif est de ceux maquillés à la sauce catalane en devenant Jaça et Jaçal. Le meilleur, nous n’avons pas trouvé ces deux mots dans les dicos de catalan !  Seul y figure Jaç / Pieu ( Lit ). En dépit de sa relative abondance y compris sur l’aire languedocienne proche,  Jasse et Jaçal sont classés provençaux par les linguistes, pas languedociens. Jasse serait issu du latin Jacère c’est à dire être couché, le Roc de Jacère à Mosset. * Jasse des porcs à Tautavel, Jasse des vaches dans le Termenés. C’est aussi l’endroit où s’est couché le lièvre, le sanglier, le cheval…
  • La Joncayriole / La Joncheraie : A Fourques. Corruption de Joncairòla, en catalan Joncar.
  • L’Esquerròt / Le Gaucher : Serrat de l’E… à Pollestres. La version catalane est l’Esquerrà. Cartographié L’Escarròt jusqu’à la décennie 1990, ce qui suggère une mauvaise transcription de Escarròs à interpréter Gauche, de travers, mal tourné.
  • La Madraguera : A Torreilles. Déclinaison de Madraga / Madrague en Languedoc comme en Provence, type de filet pour la pêche.
  • Molin, Molinas à Cabestany, Molines à Fontpédrouse… Les phonétiques en Moulines à Mont – Louis, Riuferrer, Llech… Ce n’est pas tout, entre cela, le N final muet, les francisations en Moulin et le catalan Moli ( = Phonétique languedocienne ), il est évident que la part occitane est plus large qu’il n’y paraît.
  • Lo Mona / La Chatte : A Fourques, Rivesaltes. Autre sens, ensemble de moulins. Ceux en catalan sont improbables ici, La Guenon, La Cuite, gâteau pascal. Dans chaque cas l’accent grave sur le A est incorrect.
  • Las Monges :  A Saint Cyprien. Les Moines, en catalan Monjes.
  • Los Moussols : A Pezilla la Rivière. Phonétique de Mossòls du blé sans barbe.
  • Mas Moutou :  A Rivesaltes. Phonétique du languedocien Moton / Mouton. Rhabillage à la catalane en devenant Moltó.
  • La Muga : A Coutouges, Serralongue sur la frontière. Nom générique des cistes.
  • Roc dels Naucs / des Auges : A Montesquieu, Nohèdes.
  • Puig Naut / Colline Haute : A Saint Marsal. Si Puig est catalan, Naut est languedocien.
  • Nogaréda / Noiseraie : A Céret, Montferrer, Prats de Mollo… Souvent remplacés par leur traduction catalane qui est Noguereda par exemple à Montesquieu des Albères où Nogarès est devenu Noguerers, elle vaut aussi pour une plantation de noyers..
  • Nous* ou Nau Uèlhs :  Neuf Œils non loin des célèbres résurgences de Salses, Uèlh est fréquent autour de Narbonne et s’applique à des sources immergées au gros débit. Les phonétiques françaises et languedociennes sont ressemblantes, après ajout de sauce catalane, il apparaît Nou* Ulls sur les dernières éditions de l’I.G.N. * Accent grave sur le O.
  • L’ Oliu : A Banyuls dels Aspres, Millas.  L’Olivier, l’équivalent catalan est Olivera.
  • La Paillargue / La meule de foin. A Prats de Mollo. Francisation de Palharga, Paller si produit à la catalane.
  • Palet de Roland : A Corsavy. Palet devant Roland ( Roncevaux ) désigne un menhir.
  • La Pargonneille : A Mantet. Issu de Pargue / Parc à brebis. En catalan Munyidor.
  • La Passèra Crémada : A Vernet les Bains. Passèra ou Passèrat / Moineau femelle. Crémada / Brûlée est mixte. En catalan le bouvreuil se dit Passerell et le moineau le Pardal.
  • Paîroneill : Coume P. soit Combe P. à Angoustrine. La racine Paîre équivaut à Père dans ses deux sens, régisseur, chef de travailleurs… Le suffixe est un diminutif.
  • Pic de Pèiraforca / Pic de Pierre fourchue : En catalan on aurait eu Pedra Bifurcada.
  • Périllós : Village ” Catalan “adossé aux Corbières maritimes. Issu du languedocien Périlhós  Terrain caillouteux, au point de mériter le détour pour l’aspect lunaire. De fait avancer le sens catalan de Dangereux, Périlleux serait ridicule s’agissant d’un milieu pareil. Périllós et Périlhós se prononcent Périllou ( s). Couramment les termes catalans ne sont que la transcription phonétique de leur synonyme du Languedoc. Berceau de la prestigieuse famille De Perellos / Perilhou active au Moyen Age de part et d’autre de la frontière, jusques en Irlande. Voir la chronologie en 1396.
  • Peyredréte : A Vingrau…  Agglutination et corruption  manifeste de Pèira Dreta, subitement devenue Pedra Dreta… Pierre levée ou Pèira Levada, généralement un menhir. Synonymes Pèiralada, Pèirafita à Mosset, Peyrefite à Banyuls sur Mer… En catalan Pedra Dreta. Le Y est de nature à scandaliser les puristes de l’occitan, cependant les Peyre en tous genres ont le mérite d’être présents partout en Languedoc depuis au moins mille ans.
  • La Picassa / la Hache / A Bouleternère, Canet, Palau de Cerdagne, Pia. En catalan Destral.
  • La Pinouse / La Pinède : A Corsavy, Coustouges, Fuilla, Mantet, Valmanya… Phonétique de Pinosa, en catalan Pinéda.
  • Le Planiol : A Cases de Pène, Elne, Eus, quartier en ville basse ancienne. Planiol est la phonétique de Planhòl, au sens de Plaine. Le ressemblant Plànol catalan désigne un Plan.
  • Pleta / Parc à moutons : A les Escaldes, Porta.
  • Les Polverines : A Porté. Grésil, Frimas, Pulvérin ( Poudre à canon ). En catalan Polvora / Poudre.
  • Pujals : A Ayguatébia, Calmeilles ou Osséja entre autres. Montées, en catalan Pujadas.
  • Le Pouget : A Ponteilla, Trouillas. Phonétique de Puget pour Monticule. Absence de mot catalan approprié. Surprise, ce synonyme de Puèg est l’un des toponymes minoritaires à être devenus purement languedociens au cours des années 1990, c’est à dire à contre courant du maquillage du même élan. Explication ?
  • Els Quers : Les Rochers sis à Eyne, Marquixanes, Osseja.
  • Rabassa : A Salses.  espèce de brebis à laine longue. Truffe.
  • Pic du Sola de Ramonet* / Metayer : A Fuilla, Rivesaltes, Mt Canigò. *Francisation de Pic del Sola del Ramonet. Sola / Soulane c’est à dire au soleil.
  • Régina / Reine : A Prats de Mollo, Salses.
  • La Ribe del Bac ou del Bach : Egalement Riba del … L’Escarpement de l’Ubac. En catalan Riba est cantonné au bord de l’eau avec le sens de Rive.
  • Roc Redond : Rond, circulaire, dodu.
  • La Roquette :  Mt Canigò, Corbère, Mosset, Oms, Serrabonne, à Salses, La Roqueta sur les nouvelles cartes de l’I.G.N. ou l’incohérente exception par rapport à la trame de cet article évoquée dès l’introduction, traduction  occitane d’un toponyme français. Comme pour Fenolheda on s’en tiendra à émettre à minima que cela ne paraît pas sérieux avec tous les respects qui s’imposent, quelle en est l’explication ? Ce toponyme ne peux faire référence à une espèce d’Algérie le Diplotaxis érucoîdes / Fausse Roquette, pour deux critères, espèce invasive partout présente et d’introduction obligatoirement récente. Cette salade se dit Ruca en catalan. Sinon cet appellatif est commun à des altitudes où seuls les rochers semblent prospérer, cependant hormis le préfixe Roca, les dictionnaires catalans sont épierrés en la matière.
  • Les Rufaques / Les Bourrasques. A Prades. Variante de Rufeca. En catalan Borrascas, Rufagadas.
  • Lo Sabartés : A Trouillas. Celui qui habite à Sabart( 09 ), pays de Sabart.
  • Sagne : Étang de Salses. Prairie aquatique de phragmites servant à la fabrication de paillassons et matériau de construction de l’habitat des pêcheurs.  Accommodé à la sauce catalane en étant devenu Sanya sur les dernières cartes de l’I.G.N. mais cet arrangement est invisible sur les dictionnaires de cette malheureuse peuplade* Sang et or ! Sanya est la phonétique ” Catalanisée ” du languedocien Sanha lequel francisé a donné Sagne. Oralement le Phragmites communis devient Sanills ou Senills, tout autant absents des susdits dicos puisqu’il s’agit de la phonétique de l’occitan Senilh.

* A l’Attention des lecteurs étrangers aux départements 09, 11, 66 c’est à dire non initiés :  Malheureuse peuplade en tant que citation de l’une des relativement nombreuses personnalités qui ont épinglé les attitudes choquantes des catalans du nord. Un large éventail d’extraits d’opinions convergentes est déployé en pages Gabachs.

  • Sarrat et Serrat : Colline isolée et coteau.
  • Els Sarrahis / Les Sarrasins : A Saint Féliu d’Avall. Sarrais en catalan.
  • La Saurina / Le tramail : A Villelongue de la Salanque. Le tramail est un filet de pêche. Autre sens, la couleur jaune, blonde, rousse.
  • Roc de la Segalissia : A Escaro, Llo,  Serdinya. De Segal le seigle, en catalan Sègol.
  • Siure / Liège, Chêne liège / A Le Boulou ( Le fameux El Siure dels trabucaîres ), Ponteilla. Désigne quelquefois des Euphorbes selon la contrée. Variante de Siurièr, en catalan Surera.
  • Roc del Tabal / Du Taon : A Prats de Mollo sur la frontière. Forme locale de Tavan, Tavar. Tàvec en catalan.
  • Tartarès : A Porta. Soit un dérivé de Tartaràs / Les oiseaux de proie, sinon pourrait venir de Tartarin / Maure, Sarrasin, Le Diable.
  • Tourre : Embouchure de l’Agly.  Tour féodale. La Tour sur la carte de Cassini. Forme parlée de Torre.
  • Trabucaîre : En  Vallespir.  Explications ci dessous à Trabuc.
  • Trauc de la Bola / Trou de la Borne :  A Vinça. Bola a aussi pour sens second celui de Limite et de Boule, ce dernier est en usage dans les deux parlers.
  • La Tremoleda / Bois de Trembles : A Mosset. En étant personnellement étonné que le tremble appartienne à la flore locale.
  • Bac de la Trencada / Ubac de l’Excavation : A Villefranche de Conflent. Le déterminé et le déterminant sont languedociens.

B. Échantillon de termes toponymiques communs aux deux parlers, ils sont majoritaires en comparaison de ceux qui précèdent. Mots du Languedoc bien intégrés par les catalans du nord. Trop d’entre – eux ont été rebaptisés en catalan dés le début de la décennie 1990, en conséquence il n’est pas toujours évident de les identifier sur les cartes postérieures.

  • Els Abeuradors : Les Abreuvoirs : A Canet, Joch, Thuès…
  • Amague : A Cases de Pène.  Cachette.
  • L’Astor / L’Autour : A Casteil, Mosset.
  • Font de l’Aram / Fontaine de l’Airain : Soit trois sources à Les Cluses, Olette et Ria. Autre sens, cuivre rouge, seul ce dernier est mixte.
  • L’Aspre : A Caira, Corneilla del Vercol, Saleilles,  la ” Montagne ” de Corbère, Thuir, Llauro. Terrain âpre, raboteux, lieu scabreux et caillouteux.
  • Avena et Civada : Avoine : Bena à Latour de Carol, une altération de Avena. Seconde possibilité, Bena / Panier de bât.
  • La Bade / Guet : A Estagel, Cases de Pène, Ille sur Têt. Du verbe Badar pour Béer, Bayer aux corneilles. Lieu élevé propice à servir pour guetter, antérieur aux gardies alertant des attaques mauresques.
  • Balmetes : A Espira de l’Agly.  Petite grotte, abri sous roche.
  • Beure à galet / boire au goulot ou à la régalade.
  • Bente Farine / Vente Farine à écrire Venta Farina. A Calce, Céret, Nefiach,  Vinça…
  • Cambre d’Ase / Chambre d’Ane : Si ce sommet est Cerdan, son sens est le même dans chaque parler. Ase est développé plus haut à Esquina.
  • Las Canals / Les Canaux : A Millas, Mt Canigò, Valcebollère. Chéneaux, gouttières, rigoles. L’article est strictement languedocien. Ravins en catalan.
  • Casa / Maison, à Cases de Pène.
  • Cavall : Ravin et Trou du C… à Vingrau. Cavall / Cheval est catalan, il est autant la phonétique languedocienne de Cavalh / Cheval. Le V se dit B invariablement.
  • Le Cingle : A Prats de Mollo. Rocher escarpé, arête d’une falaise.
  • Los Congòstes : A Rodès. Défilé, gorge, endroit resserré. Los Congoustes sur la carte.
  • Crémat / Brûlé, sous entendu un essart. Sinon par fait de guerre avec l’Espagne.
  •  El Cuc : A Trouillas. Choix ambigu, ce terme existe dans chaque langue mais avec une désignation différente. Il se prononce Coc en occitan et Couc en catalan, respectivement pour Obscur, Sombre, Noir. Sinon Lente, Chrysalide, Chenille ( Cuca ). ” Couc “, Ver, qu’il soit à soie, de terre, ect…
  • Devès et Devésa :  Dans toute l’aire catalane. En phonétique Devéso, Débéso = Devèze. Dérive de Devés = en défens.  Bois ou pâturage réservé au seigneur. Dès le milieu du XIVe siècle l’essor démographique ayant induit un recul massif de la forêt. La multiplication des Artigues, Crémats, Eïssarts, incite les seigneurs à créer des domaines interdits de mise en culture.  Il apparaît sur le dénombrement de 1503 que François de Peyrepertuse en possédait une à Roquevert pour la pêche et non arrentée, sans bail si vous préférez. Dans la baronnie de Joch – Rabouillet au XVIIIe, pâturage réservé aux pagès après la moisson pour l’entretien de leurs bestiaux de travail. Toute l’année pour ceux exploitant en montagne.
  • Artigues, Crémats, Eïssarts : Respectivement défrichement, brûlis et culture temporaire sur brûlis.
  • Camps de l’Era : A Argelès, Joch.  Era semble issu du languedocien Erar / Vanner le blé  c’est à dire le secouer afin d’en séparer le grain. Concentration de toponymes occitans autour de Vinça, Rigarda, Finestret… Côté catalan Era est l’équivalent de Airolle, une aire à battre les céréales.
  • L’Esperit / L’Esprit. Grotte archéologique  à Salses.
  • Espinas / Buissons épineux : A Arles sur Tech, La Bastide, Bouleternère, Sorède, Terrats.
  • Faja / Hêtraie : Et ses dérivés, Fajal, Fageda, Fajol.
  • La Farga / La Forge à la catalane : Dans tout le domaine catalan.
  • La Figarasse / La Figueraie : A Canet. Accommodé à la sauce catalane, puisque devenu La Figuerassa.
  • Força Real : A Millas. ” Força Réal ” un ermitage sur l’emplacement d’une tour de guet édifiée en 1172 par l’Aragon, à proximité de la future frontière. On raconte das les villages catalans sis au pied de ce belvédère qu’une Força ( Forcia, Fortia ) est une église fortifiée et que Real viendrait de Reial / Royal. Si pour ce dernier ça tourne royalement rond, rien de correspondant dans leurs dicos concernant Força. Ce terme y exprime la quantité; Fortement, assez, pas mal, plutôt. L’Alibert est à peu près en phase avec ce qui précède, + force, solidité, vigueur, violence. Dans tous ces ouvrages Real n’est traduit que par Réel et Reial par Royal. Toutes ces traductions ne sont vraisemblablement qu’une fausse destination, à notre humble avis Força n’est que la corruption de Fortia Reial / Fort Royal.
  • Forn / Four. Généralement un four à chaux.
  • Les Forques / Les Fourches ; Phonétique de Fourques. A Fourques, Codalet, St Marsal, Saint Nazaire, à Canet sur les deux rives de la Têt. Il ne s’agit que soit des fourches caudines ou patibulaires, soit d’un croisement de chemins.
  • Fosc / Obscur, Sombre, Brumeux. A Casteil, Conat, Dorres… Détermine bon nombre de ravins et de torrents.
  • Les Garrafes : A Elne. de Garrafa pour Carafe.
  • Garbes / Gerbes : Corbières maritimes catalanes, massif du Canigò, la forme correcte est Garbas.
  • Garriga / Garrigue, lande à chênes à Kermès (Quercus coccifera). A Baho, Montesquieu, Salses. Le kermès est une cochenille dont la femelle fabrique une protubérance dite la graine écarlate, abritant ses oeufs. Eux mêmes utilisés en teinturerie. Cette activité eut une importance économique considérable. A l’origine de l’essor médiéval de Montpellier.
  • Granja : El Camp de la… à Bompas. Ferme, grange. Sont communs, le pronom, le déterminé et le déterminant. Littéralement Le Champ de la grange.
  • Illa / Ille sur Têt.  île, Ille, terre riveraine ou atterrissement sur une rive généralement avec implication d’une très bonne fertilité. Des centaines d’occurrences dans les Corbières.
  • Infèrn / Enfer. Lieu aride ou d’accès difficile.
  • La Llausadette : A Opoul – Périllos. Constitue un assemblage de terroirs catalan avec languedocien. Le double L catalan de Llosa combiné au languedocien Lausa. chacun endosse le sens de Dalle de pierre. Phonétiques approchées.
  • Le Malpas / Le Mauvais passage. A Baillestavy, Maureillas, Bompas*,  la jonction Salses avec Fitou sur la RN 900, Les Angles. * Ancien nom de Bompas, l’agglutination moderne camoufle aux étrangers que l’endroit est vite inondé.
  • La Miranda :  A Cases de Pène, Corneilla la Rivière, quartier perché de Perpignan… Belvédère, lieu élevé, faire merveille. Présumé indiquer une antique vigie. Du verbe Mirar pour Admirer, se mirer. Seul Mirar est d’usage mixte.
  • Montagut / A Oms. Mont aigu.
  • La Mota / La Motte : A Alenya, Saint Feliu d’Avall : Butte, éminence artificielle, motte castrale. Éminence en catalan.
  • Pagès / riche propriétaire.
  • Le Pal / Le Pieu : A Coustouges, Ille sur Têt, Mantet, Thuès, Trouillas… Bâton, Pal, instrument de supplice.
  • Paret / A Le Boulou, Peyrestortes ex Paretstortes.  Paroi, mur, muraille.
  • Pas de l’Escala : A Vingrau.  Le premier pour passage étroit, col… Escala = Escalier, échelle, escarpé.
  • Penjat / Pendu. Le Rec del Penjat ou le ruisseau du pendu  à Vingrau. A y regarder de près on discerne plusieurs anomalies, Penjat au singulier alors que d’ordinaire il s’applique à des gibets dressés sur les cols et en vue d’un axe de circulation. S’agirait – il d’une corruption de l’occitan Penjal = Pente ?
  • Pla de la Rella / Le Pla du Soc : A Saint Feliu d’Avall. Rella la catalane est aussi la phonétique de Relha le soc languedocien. Ralla, Reilla, Reille selon les cartes.
  • Prada et Prats / Prairie :  Du littoral aux sommets de Cerdagne Capcir en passant par Prades.
  • Passa temps / Passe temps, pois chiches.
  • Priorat : A Tautavel.  Prieuré.
  • Ramade : A Saint Laurent de la Salanque.  Gros troupeau. Lieu de regroupement du cheptel. Ondée. Ramée.
  • Als Régals : A Canet. Se régaler, festoyer. Offrir un cadeau.
  • La Resclausa : A Sorède,, Mantet, Nyls… Resclosa en catalan, On y perçois Écluse. Une digue provisoire en travers du courant, pour le temps nécessaire à l’arrosage, à l’alimentation du moulin, Lieu pour prendre les poissons.
  • Riu / Ruisseau, Rivière : En Cerdagne.
  • Les Romeguères / les Ronceraies : A Fourques. Romegueras en catalan et Romeguièra en languedocien.
  • Les Sastres / Les Tailleurs : A Eyne, Montauriol.
  • Las Sedes / Les Tamis : A Peyrestortes.  Tamis de crin, crible. Séda en catalan.
  • Las Sitges déformation de Sitjas à Baixas, Serralongue. Désigne des silos au sens sous – entendu de doliums.
  • Els Tallats : A Comes ( Village ruiné réuni à Eus ), Montauriol, Nohèdes, Nyer, Sorède, … Le premier interpelle, de prime abord c’est du catalan pur jus, en se fiant à la carte IGN Prades 1 : 25 000 2006… Le souci est qu’il existe un fait historique ou une légende s’y rattachant selon lequel une troupe y aurait été taillée en pièces. Cela se dit Fer Trossos en catalan et Talhar en Languedoc auquel les habitants de Comes étaient viscéralement attachés. Les phonétiques du LL et du LH sont confondantes en ” Taillats “. Seconde hypothèse, il pourrait aussi bien s’agir de bois d’affouage ( De fouage, le droit du feu, bois de chauffage ), ce qui impliquerait d’être dans le domaine communal. Combe / Coume, Comes / ComaGénéralement sur les cartes, les Combes et Coumes sont devenues Comas ; Les Ravins des Correcs. Par contre ils n’ont pas frelaté les innombrables Rec de… / Ruisseau de… Pourtant ce terme est absent du dico catalan dans le sens ci dessus. Chez eux Rec ne désigne qu’une rigole d’arrosage.
  • Torre del Far * / La Tour  de Tautavel : Une tour à signaux comme son nom Far l’indique. Torre  est autant Catalan que Languedocien. * Littéralement la tour de la tour à signaux.
  • Torre del Far à Tautavel

Torre del Far à Tautavel

  • Trabuc / Tromblon ou fusil à canon scié du  XVIIIè siècle, lequel était porté par les trabucaires, des brigands des Pyrénées pas forcément catalanes même s’ils sont bien connus des randonneurs en Vallespir. Inversement trabucaire ou trabucayre variante fautive  couramment employés chez les catalans sont absents de leur dictionnaire. Prés de la frontière ces bandits étaient d’ordinaire  des soldats carlistes reconvertis.
  • Tremol / Trembler : A Fontpédrouse, Sorède…
  • Trufa :Au sens de truffe.
  • Vent / Vent
  • La Vista / La Vue : A Serdinya. Pour le sens de panorama.
  • Les Voltes : A Finestret, Prats de Mollo. De Vòlta / Labour. Volta existe en catalan, mais sous des interprétations étonnantes en la circonstance, Tonneau, Tourner, Voûte. A ne pas confondre avec Voltor / Vautour présent à Prats de Mollo, Enveitg et dans les deux dialectes.
  • Choix complémentaire : Index de mots communs sur Étymologie occitane. Première colonne, en rouge, les formes catalanes.

Pour en savoir plus :

  • Termenès Fleur d’Épine, toponymie et microtoponymie  2015, 800 pages, Claude Pla aux éditions L’Harmattan.
  • Toponymes axéens.
  • Toponymes du Fenouillèdes.
  • Etymologie occitane
  • panoccitan.org  Dictionnaire Occitan – Français.
  • Lo Congrès ” Organisme interrégional de la langue occitane “, dicod’oc
  • Toponymie du Pays D’Oc  pedagogie.ac-toulouse.fr
  • Glossaire de toponymes occitans  pedagogie.ac-toulouse.fr.
  • Pari du lac Caramany
  • Le roussillonnais . Du pareil au même lire C. Camps, professeur de catalan à l’université de Perpignan, dans l’encyclopédie Bonneton Pyrénées – Orientales Roussillon.
  • Articles de presse Jean Paul Martin publiés dans L’Indépendant  rabouillet.worldpress.com
  • Liens entre l’occitan et le catalan.
  • Nomenclature toponymique de la Catalogne Nord. A notre humble avis ce site est trop épuré des occitanismes présents dans l’aire catalane, pour pouvoir être recommandé. L’Institut d’Etudes Catalanes de Barcelone et L’université de Perpignan présentent un inventaire superficiel, lequel a l’originalité d’incorporer des toponymes occitans en les faisant passer comme étant catalans, ils n’y sont pas différenciés. Si vous vivez dans le  66 votre village y figure avec ceux du Fenouillèdes audois. publicacions.iec.cat

Principales sources toponymiques de cet article, bulletins AAPO, cartes randonnées IGN, L’Indépendant ( Annonces légales, articles des correspondants ), ouvrages listés en pages Livres et Liens…

Le Fenouillèdes du VIe au XIIIe siècle

 

– VIe et VIIe siècle –

  • Construction en 456 à Narbonne de la basilique, Saint Felix de Gérone. Ville où il subit le martyre. Mais il venait de Carthage comme Sainte Félicité, Saint Cucuphat, tous trois très vénérés en Fenouillèdes.
  • Construction de Sabarda, Roca Samardana à Fenouillet.
  • Du VIe siècle au XIIe siècle très nombreuses années de famine, peste, mal des ardents provoqué par l’ergot du seigle.
  • 500-600 Fenouillèdes dans le diocèse Wisigothique de  Narbonne. De 580 à 587 Athalocus ou Athaloc l’un des évêques ariens de Narbonne qui vont se succéder jusqu’aux années 790, période à laquelle ils endosseront le rang d’archevêques.
  • On entre dans les temps obscurs de l’histoire, les dates subissent de sacrées fluctuations en fonction des auteurs et les contradictions sont fréquentes. Nous vous en avons composé un petit bouquet  avec l’assortiment des années suivantes auxquelles il vous suffit de vous reporter : 795, 820, 870, 920, 1125, 1130, 1142, 1150, 1170, 1224, 1229, 1234, 1240, 1243, 1252, 1258…. Ce n’est qu’un modeste aperçu.

506 : Le bréviaire d’Alaric : Un des fondements du droit médiéval. Alaric II complète le code de son père en le rendant moins intolérable à l’égard de Rome. Puisqu’il est inspiré de celui de Théodose rédigé vers 429 – 439, une compilation du droit romain émis depuis Constantin.

Amalric transfère sa capitale de Toulouse à Tolède. Il érige en diocèses Elne et Rhedae qui prend le titre de comté. Rhedae ( Rennes le Château ) aurait été rebaptisée Civitas Attacensis, de Atax = Aude.  L’année 568 est avancée par plusieurs auteurs pour Elne ( Helenae ), ce qui parait plus crédible. Ce sera le siège de l’évêché jusques en 1602. Pierre Moulis situe le rattachement du Razès – Pays de Sault à Carcassonne de 519 à 788.

Rhedae, le curé aux milliards, voir en 1885. Le pagus Rhedensis englobait le Capcir, le Donezan, le Fenouillèdes, le pays de Peyrepertuse, celui de Sault et le Razés évidemment. Pour ce dernier nous préférons la graphie languedocienne, soit un accent aigu à la place du grave.


507 ou 508 : Clovis repousse les Wisigoths en Septimanie et prend Toulouse. Il ne reste aux Wisigoths que l’actuel Languedoc Roussillon et l’Espagne. Mort d’Alaric II à Vouillé devant Clovis roi des Francs. l’année suivante Clothilde, fille de Clovis épouse Amalric fils d’Alaric II. Ce qui scelle la fin de la guerre Francs et Wisigoths. Tentative d’alliance avec les Francs qui échouera rapidement…

Septimanie : Carcassonne et Rennes deviennent villes frontière au nord et à l’ouest… La frontière entre les deux royaumes passe par le Rebenty. G.Gavignaud-Fontaine in St Paul et les Fenouillèdes 2011.Corbières, Razés et Fenouillèdes restent aux Wisigoths.

La Septimanie sur Pyrénées Catalanes.

Articles de Jean Paul Martin.


531 : Childebert, fils de Clovis, prend Narbonne au roi Amalaric. Lequel était marié à Clotilde, c’est à dire un Wisigoth époux d’une mérovingienne. Son frère Childebert prétexta de mauvais traitements à son encontre pour piller la capitale audoise. Le siège du pouvoir wisigothique sera transféré à Tolède.


587-589 : Recarède Ier le roi des Wisigoths renie l’arianisme et impose à ses sujets le catholicisme orthodoxe byzantin, il s’agissait d’être sacré à Tolède. Sous le règne de son père ils étaient persécutés en tant que tels.

589 : Concile de Toléde.

– Législation anti-juive, excepté pour ceux de Septimanie ayant œuvré pour relever la région en soutenant le duc de Narbonne. Statut d’exception accordé par le roi Wisigoth Egica.


Fin VIe : Au moins trois tentatives de Gontrand roi des Burgondes de repousser la frontière franque plus au sud. Les Burgondes à l’origine germaniques avaient été soumis et fixés par les Francs dans une contrée devenue la Bourgogne.

Gontran : Petit fils de Clovis, fils de Clotaire Ier.


654 : Le pays est composé d’hispanos – romains et Goths. Chacun est jugé selon la loi de son peuple. Aussi Receswinthe roi wisigoth 653.672, publie le Liber Judiciorum, synthèse des lois romaines et gothiques visant à instituer la parité entre ses sujets. Ce code sera en vigueur jusques après le Xe siècle.


673 : Prise de Clausura Sordonia*, d’après le géographe Charles Walkenaer il s’agirait de Sournia ? Par Wamba roi wisigothique de Tolède, l’année de son couronnement en se rendant à Narbonne lors d’une expédition victorieuse contre le duc Paul de Septimanie qui avait fait sécession. Il s’était fait sacrer roi en profitant d’une mission confiée par son suzerain pour le trahir.  Suite à cette révolte les Wisigoths détruisirent le château de Casteldos à Escouloubre. *Sordonia de Sordons, voir à – 1000.

D’autres villages que Sournia sont suggérés, tels que Les Cluses, Céret, Salvarerra à  Opoul. Mais là les prospections du Service Régional d’Archéologie menées sur l’oppidum en 2001 sont restées vaines en matière d’occupation au cours de l’Antiquité Tardive et protohistorique, en dépit du manuscrit de Julien évêque métropolitain  de Tolède qui vers 680 y situe, d’après ces archéologues,  cette ” légendaire ”  citée sur la base de témoignages. Jean Marie Cassagne dans Les noms de lieux des Pyrénées – Orientales, toujours en reprenant Julien mais à propos de Les Cluses, le premier village en venant de l’Espagne via le col du Perthus : Castrum quod vocatur Clausuras soit  Le château qu’on appelle Clausuras.

Il existe de nombreux récits plus ou moins ressemblants, maints arrangements de l’Histoire générale du Languedoc de Dom Joseph Vaissete en 1759. En voici un échantillonnage :

  • Wamba lance trois corps d’armée à l’assaut de Llivia en Cerdagne, de Collioure sur le littoral, des Cluses enfin. La triple offensive permet à Wamba de s’emparer du duc Paul, réfugié à Nîmes dans les arènes. Ce noble hispano-romain avait soulevé le nord est du royaume goth… Raymond Sala.
  • Wamba occupe la Clausura Sordonia (Opoul ?) au cours de son expédition victorieuse contre Paul, duc de Septimanie. Paul avait été proclamé roi par Ranosind duc de Tarragone. C’était une sécession face au royaume Wisigoth installé à Tolède… Gérard Bile
  • -André Carol dans un récit très documenté dont nous produisons un modeste condensé, ajoute que les trois colonnes de Wamba se sont regroupées vers Elne ou Château Roussillon. Ensuite son armée s’est dirigée sur Narbonne, conquise par son pair dissident, avec l’appui des rebelles qu’il devait combattre, avant de s’y faire sacrer roi par l’archevêque. Mais Paul s’était enfuit à Nîmes… Voir sélection d’ouvrages.

La trahison ci-dessus est datée selon les auteurs du 01/09/682.

Expulsion des Juifs de la Septimanie. Le duc Paul avait pour mission de veiller à l’application de lois à l’encontre des Juifs.


680 : Un évêque  est établi à Rennes le Château, de ce diocèse il gère celui de Carcassonne, affirmation extraite du livre de Louis Fédié. Notez la contradiction  avec les propos en entête de ce siècle.


693 : Concile de Tolède : Fixe à 10 feux le minimum requis pour fonder une paroisse.

  • VIIe siècle : De l’origine des remparts de Le Vivier.

– VIIIe siècle –

11/ 07/711 Bataille du Rio Barbate à Cadix : Moins de 3 mois après avoir franchi le détroit de Gibraltar les Musulmans avec l’appui des ariens sont vainqueurs face à Rodéric ou Rodrigue le dernier roi wisigothique de Tolède. Ils auraient été appelés par le gouverneur de Septimanie pour le renverser. Ils franchissent les Pyrénées en 719.

Incursions en Fenouillèdes, occupations, massacres, razzias, prises d’esclaves jusqu’en 797. De coutume le Fenouillèdes s’avère être mis un peu vite à l’écart, en voici probablement un exemple; Des auteurs affirment que les mauresques ne s’y sont pas aventurés, partout autour sauf ici ( Comme le nuage de Tchernobyl arrêté à la frontière ! ). Mais avatars des mémoires ou pas les toponymes en Gardiole*,  Maure et Sarrazis n’y sont pas absents, en faisant abstraction des mégalithes. A Prats de Sournia une légende rapporte que deux seigneurs au nom à la consonance de cette origine, furent impitoyables avec les villageois ? A Castelfizel on raconte que la forteresse était une place forte des Sarrazis. Ils y auraient enfoui un trésor… * Voir au IX ème siècle. Roquefeuil en Pays de Sault a son Pic des Sarrazis couronné d’une antique fortification.

Le rempart des sarrazis sur le roc de Moufri culminant à Galamus, n’a rien de cette époque. Ce sont plus sûrement des vestiges d’une occupation préhistorique. Tels le cimetière des Maures proche du prieuré de Serrabonne et celui qui domine le confluent du Verdouble. Le Roc du Maure à Tarérach ou celui de Trévillach. Des tessons d’amphores identifiés d’origine carthaginoise ont été découverts au rempart des Sarrazis. Quant au château des Maures du col de St Louis, bien que cette appellation soit disputée, rien ne démontre l’absence de liens avec les incursions islamiques.Une approche différente à la date 1632.


719 – 720 : Les sarrazis prennent Narbonne aux Wisigoths après un siège de 1 an, puis Carcassonne. Berbères épaulés de Syriens et de Yéménites, aux ordres de l’émir Al – Samh –  Ibn –  Màlik –  Al –  Hawlàniyy. Ces nouveaux conquérants se fixèrent surtout sur Narbonne et firent preuve d’une tolérance surprenante de nos jours (G.Frêche). Peut être une fois installés ? Car il se dit par ailleurs qu’ils transformèrent le pays en désert. Les habitants furent décimés, moururent de faim ou s’enfuirent affolés vers les montagnes. Plusieurs villages du littoral ayant été vidés de leur population mâle, prise comme esclave. Ces épouvantes sont passées dans le vocabulaire, on va y revenir rapidement. Mais l’Eglise se serait  ruée plus que de raison à l’encontre des musulmans en dramatisant à outrance la réalité historique. Suite à un renversement d’alliance les Arabes ont été sollicités pour lutter contre les Francs, ces brutes sanguinaires étaient le bras armé de Rome.

A lire : Dictionnaire topographique du département de l’Aude par l’abbé Sabarthès.

Sarrazis :  Phonétique à l’occitane de sarrasins dont l’écriture conventionnelle languedocienne est Tartarin. On a vu en pages Gabachs que Catalan est en occitan synonyme de Le Diable, Tartarin aussi toujours selon l’Alibert. Les premiers sarrasins font parler d’eux entre le Tigre et l’Euphrate au début de notre ère, les caravaniers ont eu à en souffrir,, ensuite ce seront des musulmans de l’ensemble du Moyen – Orient qui se coaliseront avec les Arabes et mèneront la guerre sainte en Europe.

Petit rappel d’histoire – géographie :  Synthétiquement parlant les Maures d’origine Berbère étaient surtout implantés en Maurétanie, dans l’actuel Maroc et tout l’Atlas intérieur jusqu’à la Libye hors zone climatique méditerranéenne. Les Berbères, désignation au sens générique, constituaient un panel d’ethnies hors les Maures, réparties dans tout le Sahara et l’Afrique du Nord jusqu’en Egypte.

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726 : L’Emir Ambasa reprend Carcassonne grâce au ralliement de la noblesse arienne.

Tout le Languedoc* est occupé. Etre chrétien en ce temps là ne relevait pas du bon choix. La religion de Damas prévalait, le pays fut brièvement rattaché à ce califat. A Narbonne les cultes chrétien et israélite auraient été soumis à une redevance.

*’Al –  Andalus.


17/10/732 : Charles Martel, le premier carolingien, arrête à Poitiers l’Émir de Cordoue Abd –  Al –  Rahman . Ce dernier au cours d’un raid en Aquitaine, venait de battre le duc Eudes ( 700 à 735 ) à Bordeaux. Lequel ayant réussi à s’enfuir s’en alla requérir l’aide de son pire ennemi, Charles Martel. Quelques mois auparavant  Abd Al Rahman avait fait le siège de Llivia.  Eudes était le le gendre de Munnuza  wali de Narbonne, ce dernier assiégé à Llivia ( Actuelle enclave espagnole en Cerdagne française ) par Abn – Al – Rahman s’en serait échappé pour finalement se sacrifier du haut d’un promontoire dominant la Têt.

Mais les Sarrasins restent les maîtres de la Septimanie et de la côte du Rhône aux Pyrénées. Narbonne est leur camp de base d’où ils préparent leurs incursions en Aquitaine, Bourgogne…


736 et 737 : Bataille de Villefalse, rive opposée de La Berre face à l’oppidum de Sigean. Victoire de Charles Martel sur Ibn –  Chaled et l’émir Ocha. Mais il échouera au siège de Narbonne tenu par le wali*  Youssouf ou Yusuf /  coalition Mahometans-Chrétiens. Charles Martel aurait été contraint de lever le siège; l’hiver arrivant et  préoccupé par d’autres rebellions.

* Wali = Gouverneur d’une province.

Autrement dit, à la férocité des Sarrasins se superpose celle des Francs. Beaucoup ont regretté d’avoir  fait alliance avec ces sauvages dans le but de se débarrasser des musulmans. Pillages et viols n’étaient pas en contradiction avec la Croix. St Gontran  évoqué en fin de VIéme siècle en est le parfait exemple.


750 : Le prince Abd –  Al –  Rahman fut le seul rescapé du massacre de la dynastie des Califes Umayyades perpétré par les Abassides à Damas. Il fit construire la mosquée de Cordoue. Il en fut proclamé émir en 756.


751  Pépin III Le Bref élu roi des Francs : Les mérovingiens ou ” Rois fainéants ” au comble de la déliquescence, sont écartés du pouvoir par une famille noble d’Austrasie actuel Est de la France et de la future dynastie des carolingiens.


752 ou 759  Narbonne* : Pépin le Bref,  fils de Charles Martel, appelé à la rescousse par les Goths, soulevés contre les Maures, expulse ces derniers et incorpore la Septimanie dans l’empire Franc. Création de la Marche de Gothie (ex Septimanie) pour se prémunir des sarrasins. A la faveur d’un revirement des Goths qui avaient massacré la garnison ennemie, son fils Charlemagne reprend Narbonne à  Abd –  Al –  Rhaman et semble t-il Carcassonne.

*Le siège aurait duré 7 ans.

Les catholiques peuvent à nouveau pratiquer leur culte.


777 : Sulayman wali de Barcelone et d’autres chefs Musulmans sollicitent le soutien de Charlemagne. En échange de la promesse de lui livrer le nord de la péninsule.


778 : échecs de l’expédition Barcelone-Saragosse et de Roncevaux.

D’où la vague des réfugiés Hispanis, chrétiens fuyant la religion de Cordoue et la répression engendrée par les susdites défaites. Émigration prolongée jusqu’à la fin du IX siècle. Aprision crée par Charlemagne au profit de ces émigrants, c’est à dire attribution de terres avec en contrepartie l’obligation d’assurer un service de protection armée face à l’ennemi au Croissant. C’était autant un moyen de repeupler le Fenouillèdes sans exclusive. Toute personne valorisant des terres incultes en devenait propriétaire au bout de 30 ans.

Ce serait consécutivement à la mort du comte Roland, dans une embuscade tendue par les vascons, des basques du parti des sarrasins, que Charlemagne aurait militairement réorganisé la région, en créant la Marche d’Espagne. Elle correspondait à l’actuelle Catalogne espagnole, soit au sud des Pyrénées et donc de la Septimanie. Selon l’analyse de René Quehen le Fenouillèdes dépend déjà du royaume d’Aquitaine, conçu par Charlemagne pour son fils Louis 1er Le Pieux, alias Louis  le Débonnaire de 781 à son couronnement à Rome jusques vers 882. Le Pieux est né en 778. Nous allons revenir sur ce sujet jusques en 863, réformes territoriales successives aidant…

Charlemagne accorde une charte de protection à l’abbaye de Lagrasse, fondée de fraîche date par Nefridius ou Nimphridius le premier archevêque de Narbonne. Elle connaîtra un rayonnement immense. Ses domaines vont s’étendre jusques en vue de Saint Michel de Cuxa. Une autre date circule, selon une charte dite de la fondation, datée de 799, aux archives de l’Aude ?

Les hispanis ont introduit une pléiade de saints dont : Assiscle, Colombe,  Cucuphat, Dorothée,  Eulalie, Fructueux, Just et Pasteur,  Juste,  Lèocadie, Ruffine,  Victoire,  Vincent… Ramenés d’Andalousie, Aragon, Castille, Estrémadure… Hormis le Fenouillèdes ils furent nombreux à être fixés  dans l’actuel département des Pyrénées Orientales, en Carcassés, Narbonés et  Peyrepertusés. Cette opinion est celle de l’abbé Sabarthés, la tendance actuelle est à les attribuer aux wisigoths comme St Félix de Gérone, St Julien, Ste Basilisse… Tout en considérant plus primitifs ces trois là.

Cartes de la Septimanie et de la Marche d’Espagne en 6.

Articles de Jean Paul Martin.


780  :1ère mention de l’abbaye de Saint Martin Lys ( Lez ), ancien ermitage de St Valcarne, dans le dénombrement de celle de Lagrasse. Les moines de la vallée de Valcarne avec ceux de St Jacobi* de Joucou  sont à l’origine de la création d’une grande partie des villages du Capcir, Pays de Sault et du  Donezan , en tous cas rattachés à ces abbayes.

* Selon une inscription datée de 768 mise à jour dans les ruines de cette abbatiale.


782 :  Première mention de Quillan / villae Quilianus dans les possessions de l’archevêque métropolitain  de Narbonne. D’après maître Louis Fédié Quillan figurait antérieurement dans les textes du Rhédésium en tant que Kilianus. Il reste à citer André Marcel : Quillan trouve vraisemblablement son origine étymologique dans le nom gallo – romain Culius ou Quelius.

L’évêché de Narbonne dès le IIIè siècle puis les abbayes de Alet, Lagrasse et St Polycarpe sont à l’origine d’innombrables cellaes ( Chapelles ) ecclésias, villas ou villarias. Ecclesia pour église sous entend une commune, le suivant un hameau à ne pas amalgamer à la villa romaine.


788 : Concile à Narbonne, le diocèse de Rennes est distrait de celui du Carcassés pour être associé à Narbonne. Ce qui englobe tout le Pays de Sault.


Vers 793 Bataille de Villedaigne : Guilhem de Gellone y arrête les Berbères, de là à parler de victoire franque serait inapproprié. L’ émir de Cordoue Hescham sous le commandement du vizir Abd –  E – l Melek conserva un énorme butin. Il faudra attendre jusques vers 797 pour que Guilhem puisse définitivement éradiquer la menace de l’émir Hakem. Il reste à préciser si cette bataille de l’Orbieu est un fait avéré ou s’il s’agit seulement d’un épisode de la légende de Philoména au XIIIè siècle.


795   A Propos d’énormités  : Guilhem crée la Marche d’Espagne, organisée en quatre comtés stratégiques, Carcassonnais, Fenouillèdes, Narbonnais*, Razés. Ainsi que le Roussillon et la Catalogne.

* A notre candide avis cette extension nordique de la Marche d’Espagne est d’avantage une réadaptation de celle de Gothie et antérieure à 785.

817 selon d’autres historiens ou 785 – 86 date à laquelle les Berbères ont été refoulés au delà des Pyrénées,  prises de Gérone puis de Barcelone livrées par leurs habitants. Ils vont resurgir périodiquement jusqu’au XIIe siècle. Voir les multiples contradictions par rapport à 778 et c’est pas fini…

Les habitants de cette entité militaire, la Marche, avaient obligation de prendre les armes si besoin était, sans que cela puisse exclure les trois mois annuels de service obligatoire. Un marquis , en résumé = Gouverneur militaire, était à la tête de chaque marche.

Pour René Quéhen comme maître Louis Fédié le Fenolhedés et le Razés, Perapertusés inclus auraient été érigés en comtés dés cette date, en citant l’ouvrage Marca Hispanica. Le Razés placé sous l’autorité comtale de Carcassonne. Le premier auteur a collaboré  et écrit simultanément avec Annie de Pous sur les mêmes sujets, mais leurs sources sont visiblement différentes, y en a t – il seulement un qui dit vrai ? Cette interrogation s’adresse, tous thèmes confondus,  à chacun des écrivains régionalistes figurant à la rubrique Liens et Livres.

A la tête de chaque comté était désigné un familier du souverain le comitis ou compagnon du roi. comitis ou comes sont à l’origine du mot comte, un chef militaire en charge des fonctions administratives, fiscales et judiciaires.


Vers 798  : Guilhem de Gellone également connu sous les noms de Guillaume d’Orange, Guillaume au Courbnez et en Catalan Guillem*. Ce cousin germain de Charlemagne, issu d’un mariage mixte Franc / Goth, en reçoit les pleins pouvoirs sur les possessions des Wisigoths en Septimanie dont le Razés –  Fenouillèdes, Capcir, Conflent, Donezan, Peyrepertusés, Roussillon,  Empuries, Pays de Sault..  Evènement quelquefois daté en 782.

Le comte Guilhem, de Toulouse depuis 781, confie le Razés – Fenouillèdes à son fils aîné Béra 1er en 806 selon la plupart des historiens**. Les comtes sont désignés par les Carolingiens, dans leur entourage et la métropole ecclésiastique de Narbonne à autorité sur le Razés –  Fenouillèdes jusques en 817.

* Les historiens  sous influence culturelle roussillonnaise plus particulièrement, ont maquillé dans leur langue les prénoms de tous les comtes Carolingiens de souche languedocienne, entre autres personnages. Ce qui explique que Willelmus ( Guillaume de la main du premier concerné ) apparaisse en Guilhem ,  Guillem et revient à tromper le lecteur insidieusement ou pas, on verra à la fin des années 1100  le côté ubuesque de la chose. Toujours en est-il que ces noms varient selon que le livre soit signé par un catalan, soit par un languedocien ou un français.  Des actes permettent une plus grande fiabilité en la matière, vous avez un aperçu des noms réels en introduction de la chronologie des années 1000.  Le rhabillage inné en catalan des patronymes languedociens de personnes installées dans le  66 est toujours d’actualité dans la vie courante.

** En 806 selon la plupart des historiens… Et si c’était une méprise du genre je m’inspire de l’ouvrage de mon prédécesseur, sans vérifier ? En 1880 maître Louis Fédié dans sa chronologie comtale :

La plupart des historiens ont confondu le comte Béra 1er avec un personnage du même nom qui était quelques années plus tard comte de Barcelone. C’est là une erreur manifeste que l’on relève facilement en vérifiant les dates.

Selon lui Béra 1er fut comte de 796 à 840. Depuis les bénédictins dom J. Vaissète, dom de Vic en 1733 avec leur Histoire Générale du Languedoc, les auteurs peinent à déterminer s’il y a eu ou pas homonymie.


798 : D’après un acte signé par deux prélats, mini dominici ( commissaires, juges mages) mandatés par Charlemagne, pour dresser un état des lieux des comtés, Il semblerait que Rennes le Château était une des principales villes de l’Aude au même titre que Carcassonne ou Narbonne. L’évêque de Carcassonne chassé par les ariens s’y serait installé.

  • Cartulaire du Capcir :  Un acte mentionne le Rhedesium ou Pagus Rhedensis, désigné Razés dès le XIIè siècle. Rhedesium = Diocèse de Rhedae.
  • A la fin du VIIIè siècle Théodulphe évêque d’Orléans et commissaire de Charlemagne cite  Rhedae. Traduisible en Chariots de voyage. Ce campement de wisigoths est devenu Rennes le Château.

– IXe siècle –

  • Au début du 9éme siècle Carcassonne demeure fortement imprégnée par les Wisigoths
  • 9e et 10e siècle Les Gardies ou Guardies. Ensemble de tours à signaux supposées destinées à prévenir  des incursions et débarquements Mauresques, effectifs dés le début du VIIIe siècle. Il n’en reste que des lieux dits : Bellegarde, un gros tas de cailloux à le Vivier, La Gardiole : à Puilaurens, Camps sur Agly, Campoussy, Cassagnes, Rabouillet, Tuchan, Duilhac ect… Evidemment il existait des vigies très antérieures. Les toponymes en bade en témoignent.

801 : Charlemagne repousse les limites de son empire de Gérone (785) à Barcelone. Qu’il confie à un comte qui s’y est brillamment illustré, Béra Ier fils aîné de Guilhem. Mais ce feudataire * comme tous ses homologues est doté au détriment des autochtones. On s’éloigne de la société égalitaire voulue par les wisigoths.

*Feudataire : Vassal récompensé.

Il n’est pas exclu que les villages du Fenouillèdes au suffixe en ach aient leur origine liée à ces événements, explications à la date 285.


804 : Guilhem de Gellone fonde Saint Guilhem le Désert où il se retira en 806, il en était temps pour le salut de son âme, il n’empêche qu’il sera canonisé.


806 : Béra 1er fils de Guilhem est comte du Razés –  Fenouillèdes, Conflent et Vallespir duc et marquis de Narbonne. Argila son aîné lui succédera vers 840 – 44.  Béra 1er comte de 806 à 820 selon les historiens postérieurs à Louis Fédié, voir confusion expliquée aux dates 798. Nous avons analysé trois chronologies comtales, autant d’auteurs et de versions !

Gaucelme frère de Béra est en charge du comté de Roussillon – Empuries. Mais notre carolingien à force de guerroyer finira par être fait prisonnier et être décapité, c’était à Châlon – sur – Saône en 834.

Béra et Gaucelme sont les fils de Guitburge alias Wilberga leur mêre supposée. Chacun collabore à la construction de St Guihem le Désert.


812 à 827 : Guilhelmund comte du Fenouillèdes. ! Panel de graphies de ce personnage :Willemond, Wilehm, Wifred, Wilfred, variantes en elmus et tout simplement Guillaume.


813 : Un événement contesté, le comte Béra 1er obtient auprès du Pape Léon III, le don d’un fragment de la vraie croix pour l’abbaye bénédictine N.D d’Alet. On attribue à Béra 1er d’avoir relevé cette abbaye, aussitôt placée sous la protection directe pontificale. Ce qui était censé permettre aux religieux d’échapper aux pressions laïques. Des privilèges analogues seront accordés à d’autres abbayes.


817 : Monasterium Sancte Maria Cubrariensis, l’abbaye de Cubières. Dans un statut d’Aix la Chapelle, Louis le Débonnaire accorde des privilèges aux bénédictins.


 

01 / 820 : Béra est accusé sans preuves de connivences avec les sarrasins. Soumis à l’ordalie, il fut vaincu, de fait déclaré coupable mais simplement proscrit par Louis le Pieux dit le Débonnaire 778 – 840. Un moindre mal, il sauva sa tête, l’ordalie* commençait à tomber en désuétude. Son demi – frère Bernard lui succéda à Barcelone, il est suspecté d’être l’instigateur de la calomnie. Willemond conserva le Razès.

  • Un historien de renom affirme qu’il a été décapité sur ordre de Charles le Chauve ? Décidément on trouve de tout chez les spécialistes du cru, mais encore…  Voir à la date 844.

* Ordalie : Par exemple avoir à tremper sa main voire son corps dans l’eau bouillante pour prouver son innocence devant Dieu, si absence de brûlures !. En 798 Charlemagne dépoussiéra la Loi Salique mise en place par Clovis, censée mettre fin à la tradition de la vengeance physique, remplacée par le paiement d’une très lourde amende en sous d’or sinon  en deniers en cas de crimes et méfaits ( Vols, blessures, mutilations,  respect du corps de la femme, injures, razzias – enlèvements de femmes, d’hommes pour l’esclavage…)


826 – 827 : Les sarrasins sévissent de la Cerdagne jusqu’au Carcassés.  Guilhelmund ou Guillemond ou Willemond un fils de Béra le comte du Razés après avoir fait des donations aux abbayes de Alet et de St Polycarpe, se range avec Aïzon, un seigneur goth aux côtés de l’émir de Cordoue. Manœuvre de Aîzon contre le comte de Barcelone Bernard de Septimanie comte de Narbonne, Toulouse, Roussillon, demi frère *à Béra Ier. L’appui des sarrazins permit à Aîzon de rentrer à Saragosse en toute impunité et avec un beau butin. Guillemond serait mort au cours de ces événements.

*Mariage de Guihem avec Cunégonde.


827  à 844 : Gaucelme et Bernard sont comtes du Fenouillèdes ensemble ou successivement selon R Quehen.


24 / 12 / 842 : La charte de donation par Charles ” Le Chauve ” de plusieurs villages en Fenouillèdes et en Peyrepertusés  en faveur du comte Milon, évoquée en pages d’accueil, donne les plus anciennes mentions du Fenouillèdes (Pago Fenuleto ).  de Caudiès, Monedarias ( Saint Paul ),  Amauriolae  ( Maury ), Folietes  ( Feilluns ou Fenouillet ?), Petraficta  ( Peyralade ? ), Casal Adroario ( Caladroi ), Maisons, Palairac, Tuchan … Les trois derniers, des paroisses du Peyrepertusés étaient convoités pour leurs miniers. Le pays de Peyrepertuse y est cité comme suit : Pago Petre – Pertuse.

Milon ou Miron ? Deux comtes qui pourraient n’en faire qu’un :

  • Milon comte de Narbonne ? D’ascendance Wisigothique déjà cité en 782 pour s’être emparé des possessions de Daniel  l’archevêque de Narbonne parti en Terre Sainte. Maître Louis Fédié communique des dates différentes, respectivement pour les trois premiers 842, 870, 812, en mettant en scène les mêmes personnages.
  • Miron un prénom à profusion et confusions…  comte de Bésalu, Cerdagne, Fenouillèdes…frère de Wifred ” Le Velu “

Peyralade se situe à la jonction de la voie ferrée avec la départementale 117 en amont de St Paul. Ce toponyme est une corruption de Pèira Levada, c’est à dire pierre levée. Il y avait là un dolmen dit les Tres Palets, arasé lors de la construction de la route nationale 117 et un menhir avoisinant 5 mètres de haut, le Touch plus récemment détruit. Petraficta est supposé désigner ce lieu.

L’appellation Pago Fenuleto, ramène à l’esprit le Pagi comprenez le pays ainsi désigné par les romains. Mais il n’est pas certifié que le Fenouillèdes en fut un.


843 : Sur une charte d’immunité de Charles le Chauve attestant de la donation de villages à Eleazar abbé de Cubières, il apparaît un changement dans la dénomination de l’abbaye, devenue Sancti Pétri de Cubièra. Selon le latin de Maître Louis Fédié, variable sur les ouvrages postérieurs.


 

844 : Charles II dit “Le Chauve” fils de Louis 1er le confie à Sunifred Ier le marquisat de Gothie, grosso modo du Rhône à L’Ebre. C’est à dire la Marche d’Espagne, œuvre de Louis 1er face aux Sarrasins, plus la Septimanie, soit les ” Départements ”  66, 11, 34, 30 et le 48 en partie. Sunifred était le fils d’un seigneur de Carcassonne. Lui même issu de Borrel comte d’Ausone. Sunifred était marié à Carcassonne et père de Guifred = Wifred le Velu. Ce dernier serait né à Ria non loin de Prades en Conflent. Biographies roussillonnaises par l’abbé Jean Capeille, mediterranees.net/biographies/capeille/

  • Rappel : Une grosse pointure de l’histoire locale, différente de l’allusion formulée à la date 820 situe cette nomination en 817… Longtemps après nous avons découvert à l’appui du Larousse que Charles le Chauve est né en 823 ! A quoi bon nommer les mis en cause, l’extension de ce mal chez les historiens catalans est comparable à celle d’un virus grippal. En dépit de notre vigilance le potentiel de ce type d’aberration demeure notoire dans ces pages.

844 / 845 : Argila aîné de Béra est comte du Razés Fenouillèdes. Il est déjà question d’un baron d’Aniort. Béra II fils ou petit fils ? à ce dernier reprendra le flambeau jusques en 870 selon R. Quehen.


844 à 864 : Les Vikings sévissent en Roussillon et à Toulouse. Raid de Hasting à Narbonne en 859. Ont – ils pillé en Fenouillèdes ?


845 : Première citation de Cuxous relative à l’église Saint Cyprien possession de l’abbaye de Lagrasse ( 11 ). Cuxous était alors un village.

  • L’abbaye Bénédictine de Sainte Marie d’Orbieu, Sancte Marie monasterium Urbionensis, antérieure à l’an 800 eut au cours de ses 10 siècles de rayonnement de nombreuses possessions en Fenouillèdes et en Roussillon, là y compris après le Traité de Corbeil en 1258. On retiendra Rivesaltes  dont ils furent les seigneurs jusqu’à la Révolution, pareillement à  Prades à l’occasion de sa première mention dans une donation de Charles le Chauve en 843. Pendant 7 siècles les moines camériers en seront les maîtres. Ils sont les initiateurs de grands travaux d’irrigation, tel le canal de Rivesaltes, sur accord du roi Sanche de Majorque (1311-1324). Captation des eaux de l’Agly sous le château de Pène. Curieusement l’ouvrage de la prise d’eau paraît avoir été conseillé et construit par les ingénieurs des États du Languedoc. G.Bile. Estagel et Tura l’antique Rivesaltes furent dès l’aube de la féodalité des fiefs  de Lagrasse. Des fouilles ont révélé les fondations d’un vaste bâtiment  attenant à l’église de Pézilla de la Rivière
  • Rattachement du comté de Razés –  Fenouillèdes au marquisat de Toulouse, donc hors Gothie et Marche d’Espagne. Cela jusques en 877 et selon Nené Quehen.

 

 

850 : Abbaye Saint Jacques de Joucou, on a vu qu’elle existait déjà en 768. Elle reçoit de Miron son alleu de Campagna en Pays de Sault, église Saint Jean comprise.


852 : Soulèvement contre Charles le Chauve, lequel coïncide avec un affaiblissement du pouvoir.


Vers 863 : Face aux révoltes comtales et à l’imminence du péril Maure, ces derniers sévissent en Catalogne. Charles ” Le Chauve ” établi la ” frontière ”  sur le massif des Corbières. Séparative de deux provinces, la Marche de Gothie au nord où domine Narbonne face à Barcelone en Marche d’Espagne au sud ( Curiosités : Voir en 778 et 795 )*. Ces  régions sont respectivement confiées à des marquis Francs, Bernard et Salomon comte de Barcelone. Le Fenolhedés avec le Capcir et le Conflent se retrouve dans cette Marca  Hispanica, le comté de Cerdagne-Bésalu. La future Catalogne. Bésalu du nom d’une localité aujourd’hui en Espagne. Autrement dit Wilfried le Velu dissocie le Fenouillèdes de la Septimanie.

* Sur ce qui précède, variation des limites administratives et des dates afférentes, les plus éminents historiens du cru divergent absolument, ils sont dans la confusion tous azimuts et c’est Déplorable,  à moins que plusieurs réformes territoriales rapprochées, allant de pair avec l’avancée vers le sud des troupes carolingiennes aient fini par brouiller les pistes ? Nous vous renvoyons en 795 sur Chronique de L’Humanité, Robert Maillard aux éditions Jacques Legrand, qui situe la création de la Marche d’Espagne au sud de l’actuelle frontière en Catalogne.

La ” frontière” de Charles le Chauve cours d’une ligne allant du col de St Louis à Salses. En passant très vraisemblablement ( délimitations communales ) au sud de la Torre del Far ou tour de Tautavel. Rien n’indique qu’elle existait déjà. Mais l’édifice actuel du XIIIe siècle est supposé succéder à un précédent, voir à la date 1020.  Une séparation au nord de Vingrau, Périllos, Col de Feuilla, Plateau de Leucate, n’est pas formellement écartée. La Marca  Hispanica s’étend au sud jusqu’au fleuve Llobregat.

C’est le début de la division entre Occitans et Catalans… Jusques là les langues catalanes et occitanes n’en faisaient qu’une, la langue d’Oc*... L’appellation région Occitanie de Carole Delga est à ce titre respectueuse des catalans, mais ce socle historique leur étant dissimulé…

Voir en 1002, 1080, 1235 et Toponymes occitans en Pays Catalan pour quelques vérités occultées.

Articles de presse de Jean Paul Martin publiés dans L’Indépendant.

 * A notre humble avis, nous préférons parler de langue romane comme précédent aux différenciations catalanes et languedociennes.

Seuls le Razés tel que nous le connaissons et le Pérapertusés ( Septimanie ) sont extraits de l’ancien comté de Razés et octroyés aux comtes de Carcassonne Acfred I et Oliba II par Charles Le Chauve consécutivement au soulèvement comtal. Le Razés faisait partie intégrante du Fenouillèdes jusque là. A notre humble avis l’inverse est plus heureux, le Pagus Rhedensis englobait également le Pays de Sault, le Donezan et le Termenés. Il va devenir un ennemi durablement.

Ce n’est que vers 1098 que le Roussillon sera appelé Catalogne et ses habitants Catalans.

Notons au passage et au regard des cartes actuelles de randonnées IGN, la relative abondance de toponymes spécifiquement d’Oc au sud de cette antique frontière soit dans tout le département 66 donc en terre Catalane jusqu’au cœur de l’espace péri-urbain de Perpignan, voir note Toponymie .


870 : Mention de Saint Paul dans la Marche d’Espagne sur une Charte de Charles “Le Chauve” . Le Fenolhedés à Wifred (ou Guifred) le fils de Sunifred, donc  de souche Languedociennne. Wifred est considéré comme le fondateur de la Nation Catalane. Voir en 1157. Ce comte d’Urgel et de Cerdagne aurait été nommé Marquis de la Marche de Gothie en 844 par Louis “Le Pieux”. René Quehen le fait succéder à Salomon dès 873. A vous de choisir !

Problèmes !

– Louis le Pieux est mort en 840.

– C’est plutôt Sunifred comte d’Urgel et de Cerdagne qui fut promu marquis de la Marche de Gothie par Charles le Chauve.

  • Wilfred serait né après 850. Le dernier marquis Franc de Gothie aurait été Bernard de Gothie, approximativement de 863 à 879. Il reçut en 879 une visite musclée du roi Louis le Bègue, pour refus de soumission au dit suzerain, fils de Charles le Chauve. Louis le Bègue quitta ce monde à son retour à Compiègne.
  • Selon René Quehen de 870 à 877, Miron – étilius un fils à Béra II, est comte du Razés Fenouillèdes.

872 : Charles Le Chauve accorde l’investiture du comte de Toulouse Eudes sur les comtés du Carcassés et du Razés. Louis Fédié cite Acfred Ier frère d’Oliba II de Carcassonne à dater de 870 et en tant que comte.

873 : Première mention de l’abbaye de St jacques de Joucou, monastérium sancti Jacobi de Jocundo in comitatus Redensis* à laquelle le comte de Barcelone fit don de ND de Formiguéres consacrée la même année par Sigebodus, archevêque de Narbonne et de Rhedae. En fait les donateurs seraient les frères Miron et Wifred. L’abbaye aurait été construite et dotée par les comtes de Carcassonne Oliba et Acfred, pour la céder à Wulfaricus alias Gulfaric le premier abbé de Joucou.

*Comitatus Redensis soit comté de Razés.

Vers 873 selon Dom Vaissette dans Histoire Générale du Languedoc, le Razés  Fenouillèdes – Peyrepertusés  sont une copropriété entre les comtes de Barcelone et de Carcassonne aux ascendants communs. René Quehen estime cela vraisemblable jusqu’à un partage vers 920 sans discerner à quel marquisat ce comté est assujetti, il cite Miron fils de Béra  avec Wilfred I et II.


877 : Capitulaire de Quierzy :  De pair avec un effritement de l’influence de la royauté, Charles le Chauve officialise une pratique courante, celle du don d’un domaine à tout serviteur méritant et à titre héréditaire. Auparavant à la mort du bénéficiaire il revenait au seigneur. C’est la genèse des fiefs et par voie de fait de la féodalité. Les comtés évoluent en principautés relativement indépendantes affranchies du pouvoir régalien, dirigées par Les Grands au nombre d’une vingtaine. C’est une des causes de la perte d’influence des carolingiens en étant trop généreux avec leurs vassaux méritants.


Vers 885 – 895 : Saint Théodard archevêque de Narbonne, il est à l’origine de la cathédrale Saint Paul Serge.


888 : Avènement de Eudes le Grand comte de Paris, fils de Robert le Fort ( lignée des Robertiens ) roi de France jusques en 898.


889 : Ou 908 selon l’auteur,  première trace écrite de Padern dans un document par lequel Charles “Le Simple” fils posthume de Louis le Bègue, atteste de la donation de ces lieux à l’abbaye de Lagrasse. Il n’avait pas 10 ans à cette date, Eudes venait d’être proclamé roi.

– Pétrolas : Première mention de Perles, écart de Fosse en direction de Vira et possession des moines de St Polycarpe, abbaye limouxine.


897 : Cette date parait insensée, voir en 842. Miro ou Miron fils de Wifred hérite du Fenolhedés. Un des rares personnages de son temps à savoir écrire. Ce qui n’était pas le cas du Roi de France. Il est comte de Fenolhedés, Conflent, Ripoll, Bésalu ect… Cela étant Wifred avait un frère du nom Miron, un autre marquis de la Marche d’Espagne. Toujours est il que les descendants de Wilfred se transmettront le Fenouillèdes jusqu’à Bernard III.


898 : Charte de Charles “Le Simple” faisant donation de plusieurs villages à l’abbaye de Saint Martin Lys, ses possessions en deviennent attenantes à celles de l’archevêque de Narbonne à Quillan. Elle avait rang de basilique et était dominée par une tour ou un clocher d’une hauteur remarquable. Il en ressort, n’en déplaise aux catalans, que le roi de France a autorité sur le Fenouillèdes, ce qui émane de nombreux documents jusques en 922.

A la fin du IXéme siècle évêchés de Toulouse, Carcassonne, Barcelone, Uzés, Urgel, rattachés à la métropole de Narbonne, c’est à dire l’archevêché. Ceux catalans dépendaient de Tarragone trop exposée aux musulmans.


899 : Première citation de Saint Arnac (villa Centernaco). Le site de ce joli village évoque Centernaro in pago Fonoledeso.

Première mention de Bugarach, villa Burgaracio ou Burgaragio* sur une charte du roi Eudes, dans les possessions de l’abbaye de Saint Polycarpe. La version origine Bogomile en est balayée. Eudes étant censé être au cimetière à pareille date, il faut peut être lire 889.

Pech de Bugarach : selon la légende les lutins Bugh et Arach implorèrent Jupiter pour délivrer le pays du cers. Jupiter exauça leur vœu en érigeant le Pech. Voir note géologie.

Au IXe siècle construction des chapelles pré-romanes. Caractérisées par leurs arcs outrepassés évoquant un fer à cheval, un temps assimilé au style mozarabe. Asymétrie à gauche de l’abside quadrangulaire par rapport à l’axe de la nef. Une allusion à la tête du Christ penchée sur son épaule droite. Saint Michel de Sournia aux deux églises jumelées, Sainte Eulalie à le Vivier et Sainte Félicité de Carthage également à Sournia méritent une visite. Saint Barthélemy de Jonquerolles à Bélesta est de la même époque. Bien que située en Conflent, mentionnons le joyau qu’est l’abbatiale de St Michel de Cuxa. Ses possessions se sont très rapidement et considérablement étendues en Fenouillèdes jusqu’à l’aube de la féodalité.

Ce type d’architecture d’inspiration Wisigothique aurait été assimilé par les musulmans consécutivement à leur conquête de l’Espagne.

– Saint Michel : la nef à abside voûtée serait postérieure et le pan de mur contre l’église primitive, un vestige de farahon. Voir ce mot au XIIe siècle.

Charles le Simple place l’abbaye de Cubières avec ses domaines sous la protection d’Arnaste, archevêque de St Just de Narbonne, reconduction en 922.


  • A la fin de ce siècle l’église est frappée de pourrissement et de luttes intestines, ce qui permet aux seigneurs de s’octroyer de nouveaux droits. L’église gangrenée par la dépravation n’était pas de force à s’y opposer.
  • Cartes commentées: Wisigoths, Al-Andalus, Septimanie, Marche d’Espagne… axl.cefan.ulaval.ca/monde/catalan
  • La Septimanie sur Pyrénées Catalanes.
  • Soucieux d’assouvir vos envies d’en savoir plus, nous vous soumettons des pages entières de Liens sur l’article éponyme.

– Xe siècle –

908 : Mention de l’église St Georges, Sancti Jordi comme dépendance de l’abbaye St Jacques de Joucou. Sise dans les gorges éponymes, en rive gauche sur une voie romaine et modeste témoignage d’un village depuis longtemps disparu.


vers 920 : Rattachement du Peyrepertusés au Fenouillèdes qui passe au comte de Barcelone Miron* fils de Wilfred. René Quehen, arguments démonstratifs à l’appui, situe à cette période le démantèlement du comitatus rhedensis, ses confrères historiens estiment que ce fut fait vers 870, Louis Fédié penche pour la fin du VIIIè siècle ? * Annie de Pous  le fait comte de 906 à 926 et R. Quehen de 920 à 928, à vous de choisir…


925 : Un acte concernant la vente au chapitre d’Elne par le vicomte de Narbonne  de la terre de Baixas ( Aujourd’hui catalane irréductible ) dans le comté de Fenouillèdes.  Les documents manquent et les catalans tendent à masquer * de telles vérités historiques dérangeantes de leur fierté, nonobstant cela ce n’était vraisemblablement pas un fait isolé. Il est attesté que au début des années 1000 plusieurs paroisses à l’entour appartenaient au Pays de Peyrepertuse donc au Fenouillèdes, voir les cartes.

* On l’a vu en pages A – Propos.  Le sites dédiés à l’histoire de ce village sont tous muets sur ce sujet.


922 : Première citation de Perpignan : Villa Perpiniani.


926 : Au décès de Miron, son fils Seniofred prend les rênes du Fenouillèdes. Il serait mort en 966 à Cuxa au cours d’un accident de chantier.


935 : Mention de N.D de Laval et de St Jaume.


951 : Cucuniano (Cucugnan) sa plus ancienne mention connue, dans un acte de donation à l’abbaye de Lagrasse.


30/07/953 : Consécration de St Michel de Cuxa qu’il fit bâtir par Sunifred II = Seniofred comte de Barcelone.


954 : Bulle de Agapet II pour Perles, Vira, Belvianes,  Cassagnes, le Caunil (Sancta Maria de Coronulis), Axat sous la forme vicus de Aldesate*, ( Vicus équivaut à village,  bourg ), Le Bousquet… possessions de Ségarius abbé du monastère de Saint Martin Lys. A l’identique de 950, le Fenouillèdes apparaît avec le titre de comté sur deux textes de ce pape.

* Donation d’un alleu à domnus Sancti Martini.  Aldesate puis Adesatus  de Aldae l’ancienne Atax et aujourd’hui le fleuve Aude qui irrigue Axat.


958 : Charte de Lothaire cédant à Saint Michel de Cuxa la vallée de Sainte Croix dans son intégralité. Aujourd’hui celle de la Boulzane. Mention de l’église Saint Laurent et du Mont Ardu où s’élèvera le château de Puilaurens, d’une gardie entre ce dernier et Fenouillet. L’endroit est actuellement désigné, le Roc de la Gardiole.Fontcouverte et Pla Llouby écarts de Rabouillet sont également cités comme limitrophes d’un alleu de Cuxa.


Vers 958 – 986 : Les moines de Cuxa bâtissent la tour – donjon de Puilaurens.


962 : Sunifred comte de Barcelone rend un jugement en faveur de l’abbé de St Martin du Lez, René Quehen.


966 : Transmission du Fenouillèdes, le comitatus Fenolietense*, Peyrepertusés compris, à la maison de Cerdagne.  Seniofredi* fils de Miron et comte de Bésalu lègue le Fenolhedés à son frère Oliba ” Cabreta ” comte de Cerdagne, lequel aurait transmis à son fils Pierre 1er. Oliba à t-il réellement eu un fils de ce nom. A qui se fier ? S’il est quelque auteur de crédible ? N’ayant pas de descendance, une partie de ce testament aurait été en faveur du monastère de Saint Paul de Fenouillet. On y remarque la première mention de ‘ Palmes ‘ et de ‘ Campoussy ‘/ Campo Ursino. Le champ d’Ursinus plutôt que le champ de l’ours. Une autre part au bénéfice de Saint Michel de Cuxa dont Tabernoles à l’entrée de Sournia et la chapelle St Michel dominant la Désix. Ce document est la plus ancienne mention connue de Sournia. Destination Campoussy.

Oliba est également maître des comtés de Berga, Conflent et Vallespir.

* Graphies selon le testament du comte.


974 : Première trace écrite de Pézilla de Conflent. Ecclesia Sancti Andreas In valle Poziliano in Fenoliotense. Dans une bulle de Benoit VI à propos des possessions de l’abbaye de Sant Père de Rodes. Saint André était perçu comme étant un des protecteurs des voyageurs, y aurait – il une relation avec la route antique qui suivait le cours de la Désix?


981 ou 988 : Fenolhedés Perapertusés érigé en vicomté. Bernard “Taillefer” fils de “Cabreta” en hérite, avec le Donezan. Ce serait lui qui aurait crée la vicomté.

L. Fédié affirme que “Taillefer” est le fils de Pierre Ier de Fenouillet.

Suite à un violent conflit depuis 978, traité entre cousins, Roger Ier comte de Carcassonne et ” Cabreta ” celui de Bésalu. Lequel annexe le Perapertusés qui incluait Cases  de Péne, Tautavel et Vingrau. Annie de Pous soupçonne que la possession du Pérapertusés était le motif de cette confrontation. Autant d’histoires que d’historiens, voici donc une synthèse de la version René Quehen en parallèle à celle de A. de Pous :

  • 980 / 981 : S’agissant de se réapproprier le Razés ( voir en 863 – 873 ), Oliba lui déclare la guerre mais il est battu vers St Hilaire, au lieu dit Les Batailles? De fait le Razés resta à Carcassonne.

Des auteurs affirment que Oliba aurait été le premier vicomte du Fenouillèdes. On lui doit la construction du château de Castelnou. Un plaid  s’y est tenu en 993, l’essentiel du gros oeuvre est attribué à cette époque. Il se raconte aussi que les seigneurs de Camélas un village limitrophe seraient à l’initiative de son édification. Toujours au Xe siècle une branche de la famille de Camélas a fondé celle de Fenouillet.

Oliba ” Cabreta ” finira sa vie sous la bure au Mont Cassin.


985 : La chapelle Sainte Croix à Lavagnac hameau de Lapradelle apparaît sur une bulle de Jean XV : Ecclesiam Sanctae Crucis cum castello.


986 : Acte par lequel le comte de Fenouillèdes (Cabreta) fit aller jurer des témoins sur les reliques de N.D. de Laval, qui est auprès du château. Ce qui suppose un procès.

Une bulle de Jean XVI unit St Michel de Valleta proche de Sournia à St Michel de Cuxa. NDLR : En supposant que la date soit exacte, il s’agirait de Jean XV.


03 / 07 / 987 – 24 / 10 / 996 : Hugues Capet  issu des Robertiens est roi des Francs, il succède à Louis V le dernier des carolingiens.

Al Mansour prend Barcelone. Hugues Capet promet son aide à son vassal* le comte Borrel. Mais il n’est pas en mesure de la concrétiser. Les Catalans se libèrent eux mêmes. On lit quelquefois que c’est le début de l’affranchissement de suzeraineté carolingienne sur la Marca Hispanica. * Détail généralement omis par les historiens qui gravitent autour de Perpignan et de Barcelone. Leurs dates de règne de Hugues Capet et de ses descendants sont souvent fantaisistes.


987 à 1108 : Les comtes de Barcelone ne se rendent plus à la cour du roi de France, ce ne sont pas les seuls. Voir en 877.


 

989 :  Première mention du château de Sixan aujourd’hui Saixa ou Saicha dans un acte de donation à l’abbaye de Saint Martin Lys par deux religieux, Sizibaut et Ermitrud. Il ne reste aucune trace, il devait se situer à l’emplacement de l’oratoire en montant de Roquevert vers Sournia, non loin de l’église pré-romane de Sainte Félicité de Carthage. Sinon un lieu dit Catla, en Catalan Catlla : château, à environ-un kilomètre au nord, à l’extrémité opposée de l’éperon rocheux. Autres éléments à la date 1243.


990 : A la mort d’Oliba Cabreta son fils, le chevalier Bernard “Taillefer”  est comte de Fenolhedés  – Perapertusés qu’il érige en vicomté. Il hérite des comtés de Bésalu, Berga, Ripoll. Le Donezan  également ou à son frère Guifredus* selon les historiens.

– Homonymie : Ne pas confondre avec Guilhem Taillefer, comte de Toulouse et marquis de Provence, descendant de Frédelon de Rouergue. Taillefer contemporain fondateur de la lignée des comtes de St Gilles,  de Provence – Toulouse,  marié vers 950 à Emma – Boson de Vénasque comtesse indivis de Provence, il reçut en dot les comtés de Forcalquier et du Venaissin. Cette particularité, l’indivision, est initiatrice de ce mode de transmission en Languedoc.

– D’après René Quehen :

  • Guillaume Arnaud est vicomte du Fenouillèdes – Peyrepertusés.
  • Il est le père de Arnaud et de Pierre.
  • Le Fenouillèdes reviendra à Pierre et le Perapertusés à Arnaud, après avoir été co vicomtes du Fenouillèdes.

* Guifredus selon la graphie de Bernard dans une donation ultérieure avec dans le même document les variantes Gifredi, Guifrede, Guifredo.


  • Les fouilles entreprises par David Maso à St Pierre de Fenouillet, permettent de dater un castrum du Xe siècle, bâti sur un fort carolingien. L’occupation de l’oppidum remonte à l’âge du fer. La Vilasse surveille un axe stratégique médiéval, la route Carcassonne – Limoux – Prades par le col de St Louis. Cette voie grâce aux découvertes faites à Fosse et à Prats s’avère avoir été fréquentée par les romains. Entre le col de St Louis et Rennes le Château elle porte le nom de Chemin de César. Une hypothétique antériorité minière n’est pas à écarter, cuivre, fer, or dans les environs.

994 : Castrum Novum / Castelnou : Le Château Nouveau, sa première mention en référence à celui de Cameles / Camelas. Castelnou dans les Aspres, va rapidement devenir le siège administratif et militaire du comté de Vallespir. Il est le berceau des de Fenouillet. Le gros oeuvre est du X ème siècle.


996 à 1031 : Règne de Robert II Le Pieux fils de Hugues Capet, sacré du vivant de son père. En fonction des historiens cette particularité est attribuée à son fils Henri I sur le trône de de 1031 à 1060.


997 : Al Mansour rase Saint Jacques de Compostelle. Ce qui eut un retentissement considérable de même en 1009  la destruction du Saint Sépulcre par le calife Al Hakim.


Xéme siècle Tensions entre les comtes de Toulouse et de Barcelone, unis par des liens matrimoniaux. Souveraineté de la maison comtale de Catalogne qui ne prête plus serment d’allégeance aux rois carolingiens, à partir de 936. Voir en 1172. Même abstention du comte de Toulouse.


– XIe siècle –

  • Rappel introduction : Diverses assertions ci-dessus et suivantes sont susceptibles d’être frelatées par les historiens catalans, sans pouvoir déterminer lesquelles.
  • XIe au XIIIe siècle troubadours occitans.
  • Un particularisme occitan, une très large majorité de paysans sont propriétaires. Lors de la succession il n’y avait pas de partage, le droit d’aînesse prévalait sauf exceptions géographiques. Ce cadre à tenu jusqu’à la croisade des barons du nord. En Roussillon, pas de serfs, l’esclavage y est commun, les templiers y auront recours comme en Occitanie.
  • XIe au XIIe siècle Art roman.

Le Fenouillèdes se hérisse de fortifications. Mis à part les guerres entre comtes ou évêques, la menace mauresque est très inquiétante. Il faut prévenir les pénétrations par voie maritime et terrestre. Fondation des castras et castelnaux, noyaux d’habitat fortement agglomérés et dominés par un château selon la définition de Baudrel en citant Prats. Il n’en subsiste qu‘une imposante tour à signaux, appartenant au réseau des farahons communiquant avec le château comtal de Castenou. Le dénombrement de 1503 révèle que François de Peyrepertuse, un des enfants de Gaston de Peyrepertuse né de Bruyéres (Chalabre) tient le château de Prats c’est l’unique mention que nous en connaissons.  Depuis toute trace au sol en a disparu, de même dans la mémoire collective des pratséens, hormis la désignation du haut du village :  Lo Castèl. D’où des controverses quand à son lieu d’implantation et à sa réalité historique.

D’autres auteurs situent la période des Castras à partir de la deuxième moitié du XIIe siècle.

Ce sont les débuts de la seigneurie banale. Les communautés sont soumises au violences des chefs locaux, les premiers seigneurs. Les paysans tombent dans le servage, dans la peur du seigneur comme de celle du diable. Certains de ces seigneurs étaient initialement des châtelains choisis par le comte, avant de s’accaparer les biens dont ils avaient la garde, cela aurait été le cas à Peyrepertuse.

Ci-dessus il est question de Prats de Sournia déterminant instauré en 1933 pour cause d’homonymies et source fréquente de méprise quant à son origine. Prats n’est pas et ne fut jamais un écart de Sournia. Paradoxalement Prats de Rabouillet eut été plus logique, l’amitié entre ces deux villages est scellée dans quatre siècles de seigneurie commune. Dans le même registre on s’étonnera de Centernach devenu Saint Arnac et de Pezilla de Conflent (depuis 1933), en plein Fenouillèdes ?

Autrefois Pesilanet. Conflent, corruption de confluent peut-être une référence aux nombreux recs qui dévalant de Prats rejoignent la Désix aux abords immédiats du village. La plupart des auteurs font un amalgame entre Conflent et le confluent de la Matassa. Mais il se situe aux Albas à quatre kilomètres en aval sur le territoire de Feilluns ?Il faut hélas une fois de plus émettre la remarque suivante. Les interprétations ci-dessus ressemblent étrangement à des délires de pseudo  –  historiens, suivis des plagiats habituels sans volonté de vérification. Ont ils eu celle d’enquêter sur place ? Sur place donc il est mis en avant, une référence à l’appartenance historique vers 863 à 1258. Au temps ou les moines de St Michel de Cuxa y produisaient leur vin. Mais alors pourquoi pas Pézilla de Cuxa ? Mieux la page XXII  du volume 1 d’une thèse relative aux chartes du Mas Déu précise Pézilla de Fenolhedés à l’époque médiévale !

Depuis l’époque romaine et plus particulièrement à la fin du Xe siècle jusqu’au XIIe, famines et épidémies innombrables. Au point de contribuer à la crainte de fin du monde pour l’an 1000.

 

Quelques prénoms à la mode

Selon des actes de la couronne de France et les mêmes répétés sur les chartes de la commanderie du Mas Déu ( MD = relevés uniquement au Mas Déu sous réserve d’une recherche plus exhaustive ) en Pays catalan, sauf mentions complémentaires, du IX ème au XIV ème siècle , le I final varie avec le O :

Alphonse – Alfonsi, Alfonso,Ildefonsi MD,  Ildefonsus MD de la main d’Alfons II ou son notaire? Formule applicable aux suivants,

Arnaud – Arnaldi*, Arnalus, Arnaldo, Arnau MD, Arnulfus,

Béranger – Berengarii* , Berengario , Berengarius,

Bernard – Bernardus -,Bernardi, Bernardo,

Bertrand – Bertrandi*, Bertrandus,

Ermengard (e ) – Ermengaud , Ermengaldus, Ermengaudus, Ermengau MD

Eve – Ava, Avae.

Fenouillèdes – Faunolitense façon Bernard Taillefer en l’an 1000, de Fenolleto*, Fenoletensis*, Fenolletensis*, Fenolletensem*, Fenoledesio,

Gérard – Guiraud ( e ), Guiraudi. De nos jours c’est un patronyme.

Guillaume – Guillelmi* , Guillelmo, Guilelmi, Guillelmus de Petrapertusa de la main de Guillaume de Peyrepertuse** en 1240 ou…

Hugueti de Karamanho*

Jacques – Jacobi, Jacobus abondants pour un Jacobum MD,

Jean – Joannes, Johannis,  Joannem,

Laurent – Laurencio, Laurentio,

Olivier – Oliba, sinon Olivario et Oliverio dans une lettre de Louis IX.

Pierre – Pétri* , Petrus* , Petro et Petrum* , Petrus,

Raimond – Raimundus de la plume de Raimond Trencavel en 1157 , Raimundi* selon St Louis en 1256, Raymundus MD, Raymundo MD, Raymundi MD et un Ramon MD en 1309 pour une profusion des précédents, Raimundum MD de la main de Raimond Bérenger ou…

, Nunez Sanche – Nunoni Sancio , Nuno Sancii en 1226 par lui même,

Seguier –  Siguarii de Petrapertusa*

 

* Dénichés aussi dans des actes de Pierre de Fenouillet au XIII ème siècle avec les suivants. Sont ils de sa main ou de celle de son notaire?

Nunonis Sancii,

Ludovico VI,

Amalrico Narbone, Amalricus, Amalrici, il s’agit du vicomte Aymeric de Narbonne.

Geraldi de Redorta, au feminin Geralda.

Jordani de Gluiano,

Rogerii catalani,

Otoni de Trilano.

 

** Dans la même soumission de Guillaume de Peyrepertuse :

Adae de Miliaco pour Aude de M. en présumant l’omission d’un L après le A initial.

Cuguniano pour Cucugnan.

Gaucelinum de Canesuspenso pour Gaucelin.

 

Vers 1000 : Sur nomination du comte Bernard, Pierre 1er est vicomte de Fenolhet, il serait  fils d’un seigneur de Camélas, les prénoms sont identiques dans les deux familles. La famille de Fenolhet ne tombera que suite à la Croisade contre les Albigeois et le traité de Corbeil, comme sa branche de Peyrepertuse. Pierre 1er fit construire le château Saint Pierre d’après le monastère dédié à ce saint, fondé par “Taillefer” à Fenollet en 1010.

25/03/1000 : Acte d’union à Cuxa du monastère de Saint Paul afin de mettre un terme au relâchement de la vie monacale. La bulle de Serge IV de 1011 correspondrait plutôt à la dotation de cet établissement St Paulais. Pierre de Fenouillet et Arnaud y sont témoins, sans être cités avec le titre de vicomtes.


1001 : Première mention de Séquere : Saccaria.


1002 : Premier texte écrit en Occitan.


1003 : Donation de Guillaume Arnaud de Fenouillet à l’abbaye de St Martin Lys.


1010 : Charte de Bernard Taillefer pour la conversion en prieuré de l’église de Pétra Lata (Lapradelle), dépendance de l’abbaye de St Martin Lys. Ce monastère fut fondé au IXè siècle. Philippe Coquin est de ceux qui contestent le lien Lapradelle- Pétralata en citant Lluis Basseda qui nomme L’église de Peyralade Sancti Pétri in Pétralata.


1011 : Bulle de Serge IV qui fait mention d’alleux concédés à St Michel de Cuxa ? Par le comte de Bésalu Bernard dit Taillefer, selon une version communément admise. Y apparaissent sans exhaustive :

  •   Prugnanes : Ecclesia Sancti Martini In villa Prinianas. Définition de villa en 782.
  •   Prats de Sournia : In villa pratis.
  •   Cabannas : Cabanes de Fosse.
  •   Castrum de Puilaurens : Castrum etiam Sancti Laurentii.
  •   Eglise Sainte Félicité à Sournia, In Castellione. Celles de Saint Just de Corbos et de Coumo Caude, chacune non loin de Sournia avec alodium villa Arcanis / Arsa…
  •  L’alleu de Triliano ( Corruption de Trilianum ? ) soit la première mention de Trilla.
  •  N.D de Laval, Caldarius (Caudiès),

– Étymologies de Caldarius : De calidus, chaud, du fait de la proximité d’une source thermale, caldarius signifierait chaudron, marmite en référence aux marmites d’érosion de la Boulzane, la pairola de Golhens. Un chaudron est représenté sur les armoiries de Caudiès* ou Cauderia et ses variantes. Pour ceux qui ne sont pas occitans : Pairol ou pairola sont des formes diminutives de paire, visant à éviter la confusion avec le sens premier qui est père. Le pairol c’est  le chaudron et la pairola la marmite. * Et sur celles de Saint Laurent d’Arsa à Sournia.

  •  Sequere : Alodem de Palma vel de Sachera…  C’est à dire un alleu s’étendant sur Palmes et Séquere. Ce sera du XIIe au XVIIIe siècle une étape des moines cisterciens de Fontfroide à l’occasion des transhumances à destination de Mantet. Villa Saquaria sur le n°10 des Cahiers D’Ille et d’Ailleurs.
  •  Cases de Pêne : Première citation du castellum Penna. Il semblerait que le castrum (village fortifié) était détruit en 1263. A cette date le village avait été déplace sur la rive gauche. Son territoire fut rattache au prieuré Augustin de Sainte Marie d’Espira en 1267 (G.Bile) L’ermitage du XIVe siècle occupe la chapelle castrale. Cases de Pène fut détaché du  Perapertusés bien avant Vingrau et Tautavel. Hommage prêté à Jacques 1er le Conquérant en 1244.
  •  Vira

A bien lire le texte de la susdite bulle mais présentée par Geneviève Gavignaud  – Fontaine agrégée d’histoire, une partie au minimum de ce ci – dessus aurait été en faveur du monastère de St Pierre de Fenouillet – Sancti Pétri Feniliotensis selon la graphie du susdit document. Elle énumère les églises de St André, St Martin de Prugnanes, St Jaume et  ND de la Val, les allodiums de villa Arcanis, Ste Félicité… S’agirait il de deux bulles ?


1012 : Donation de ” Taillefer ”  à son fils Guillem ” le Gras ” des châteaux de Tautavel, Cases de Pène et du village de Vingrau, alors compris dans le Perapertusés.” Taillefer ” cède tous ses droits à Saint Michel de Cuxa sur l’intégralité de la vallée de la Boulzane, avec Aigues bonnes.

– Première mention de Ansignan, Villa Ansiniano (L Basséda).


1017 : Première mention de Lansac, Olonzach dans un écrit relatif à l’église St Just, sise dans le village. A priori depuis ce dernier a été reconstruit au bas de la colline et de Olonzach ,Alansac on est arrivé à Lansac.

–  Fondation de l’évêché de Bésalu, les vicomtes Arnaud et Pierre de Fenouillet sont cités.


1018 :  Bernard ” Taillefer”  donne à sa fille Garsinde, les revenus de Peyrepertuse et de Quéribus en dot de son mariage avec Béranger ou Berenguier duc et vicomte de Narbonne. Revenus ou domaine utile transmissible aux vicomtes à venir. Ceux de Narbonne jouissaient de droits similaires à ceux d’un comte depuis le partage de vers 865.


1019 : Premier mention du castrum de Peyrepertuse et de son église, éclesia Sanctae Marie de Petrapertusa. L’ emplacement exact du castrum ne serait pas pas déterminé?


1020 : Première mention connue du château d’Aguilar, en tant que propriété du comte de Fenouillèdes; Du château  de Fenolhet et d’un castrum à Quéribus ( Popia cherbucio ) dans le comté de Bésalu.

1020 ou 1021 selon les écrits : Bernard donne le Fenolhedés avec la Turris de Triniago*, le château de Peyrepertuse, l’abbaye de Cubières, les châteaux de Quéribus et Tautavel à son fils aîné Guillem , peu avant de se noyer dans le Rhône. L’acte mentionne que les deux derniers sont situés sur la frontière du Roussillon, celui de Tautavel en comté de Fenouillèdes. Cette ” Frontière ” serait – elle  la limite communale de Tautavel avec Cases de Pène et Espira de l’Agly curieusement fixée sur  le bas du versant sud de la ligne de crêtes ?

– A son fils Hug l’alleu** de Campo Ursino, c’est à dire Campoussy, Cassanias (Cassagnes) et Casal Adroario ( Caladroi ).

– A sa fille Adaliz, l’alleu de Olokag, si vous préférez : Lansac.

A. De Pous cite deux dates, 1012 et 1020 pour Cases de Pène, Tautavel et Vingrau.

– Au monastère de Saint Michel de Cuxa, l’alleu de Tavernulas. Aujourd’hui disparu et qui se situait à l’entrée sud de Sournia. Saint Barthélémy de Jonquerolles figure sur ce manuscrit.

* La tour de Triniach aujourd’hui disparue devait se situer à 2 km en amont de Latour de France sur la rive droite de l’Agly vers St Martin. Emplacement présumé par Pierre Ponsich.

** Alleu : Terre de libre et pleine propriété généralement attribuée à titre héréditaire, exemptée d’hommage de certaines redevances dont le cens (loyer),  par les comtes Francs à quelque vassal méritant. Charge à ce dernier d’assurer la sécurité de la frontière proche.


1022 : Excommunication du comte de Bésalu, Guillem “Le gras” pour avoir dépouillé plusieurs monastères dont Saint Martin Lys. La crainte de la fin du monde en l’an 1000 s’étant dissipée. Mais la peur du diable est subtilement entretenue par les ecclésiastiques. Des seigneurs furent tentés de reprendre par la force les biens offerts à l’église. Baudrel situe la ruine de l’abbaye de Saint Martin en 1070.

On doit à Robert le Pieux  le 1er bûcher cathare à Orléans. Douze chanoines des plus instruits de la cathédrale périrent par les flammes. En ces temps obscurs une simple raillerie du culte établi ou de l’adoration des reliques relevait de l’épuration ethnique. Mais le catharisme trouvera son essor dans le terreau de la dépravation durable de l’église chrétienne.


1023 : Mention de Palmes dans une donation à Saint Michel de Cuxa. Palmes en amont de Campoussy constituait un alleu avec Sachera. Graphie de Séquere au XIe siècle.


1026 : Première mention de Trévillach sous la graphie Trivilanum. La forme occitane Trevilhac apparaîtra au XVIIe siècle.


1027 : Première assemblée dite de Paix et de Trêve ou Trêve de Dieu à Toulouges. Réunissant les représentants du clergé, de la noblesse et des villes royales. Instaurée par Oliba, afin de mettre un terme aux violences seigneuriales le jour du seigneur. Les contrevenants encouraient les pires peines papales. Réitération de dispositions remontant à 419 et au au concile de Tolède de 681, l’inviolabilité de l’église, de son cimetière et des maisons qui y sont construites dans un rayon de trente pas. Ce sont les origines de l’habitat très densifié autour des églises. Les récoltes y étaient mises à l’abri des pillages, constitution de celliers ou ” Celleras ” en Roussillon.


1045 : Consécration de l’église de St Martin Lys venant d’être reconstruite, par Guifred évêque de Carcassonne.


1047 et 1068 : Plaids de Corneilla de Conflent: résolution provisoire d’un conflit opposant le Fenolhedés et le vicomte Udalgar 1er à Bernard II  comte de Cerdagne et fils de ” Le Gras ” Ce dernier aurait été comte du Fenouillèdes de 1070 à à 1095 d’après R. Quehen. Seulement jusques en 1070 selon A. de Pous.


1050 à 1141 : Les sauvetés : en réaction aux débordements de la féodalité, établissement sous l’égide de l’Eglise d’enclos ecclésiaux censés être inviolables. Voir en 1396 relativement à St Laurent de Sauveterre.

Développement de la seigneurie banale. Morcellement en un écheveau de droits nobles et ecclésiastiques fréquents sur un même village. La population était incluse comme le bétail dans les transmissions de biens entre seigneurs.


1052 à 1064 : Guillem II “Trimus” comte de Besalu, fils de ” Le Gras ” se marie à Stephania d’ou un fils, Bernard III comte de 1070 à 1111 ou de 1095 à 1111 ? Respectivement aux dires de A. de Pous et de R. Quehen.


16/07/1054 : Scission définitive de l’église Catholique romaine, de l’orthodoxie chrétienne byzantine. Conflit larvé depuis le VIII siècle.


1056 : Guifred* archevêque de Narbonne et Guillaume – Raymond, abbé de St Pierre de Fenouillet, affectent l’église Ste Eulalie de Trignac et celle de N.D. de la Tour** au monastère de St Pons de Thomières, Geneviève Gavignaud – Fontaine.

* Gaufroy ou  Guifred de Cerdagne, aurait été fait archevêque à l’âge de 10 ans !

** N.D. des Anges du très ultérieur Latour de France.

1060 ; Disparition sans descendance de Roger III comte de Carcassonne et du Razés. Le rang de Roger est soumis à des fluctuations… Ermengarde en hérite pour finalement le revendre rapidement à un parent, le comte de Barcelone alors que celui de Foix était l’héritier testamentaire.

1067 : Le 6 des nones c’est à dire le 02 mars, vente du comté de Rhedae, le comitatus Rhedensis à Raimond Béranger II. Ce qui englobe le Fenolhedés, le Donezan, le pays de Sault, le Termenés et le pays de Peyrepertuse moyennant 1100 onces d’or. Ramon Bérenger* le restitue en tant que fief à Trencavel qu’il institue vicomte et de fait son vassal.  Raymond Bernard Trencavel en hérita par son épouse Ermengarde la sœur du défunt. Udalgar Ier de Fenouillet est témoin de la succession.

* Ce nom ” Catalanisé ” est fort probablement des plus fantaisistes s’agissant d’un descendant de Charlemagne, on est dans le même petit arrangement que St Guihem de Gellone devenu St Guillem.  Raimond Bérenger est la seule graphie du Larousse, nous avons trouvé un acte ou il se présente ( Lui ou un de ses descendants homonymes ) Raimundum. D’autres explications en point de chute de ce siècle ( Un Comble ) et précédemment à la date 798.


 

1070 : Bernard III comte de Bésalu unit l’abbaye bénédictine  de Saint Martin lys à celle clunisienne de Saint Pons de Thomières, Udalgar et son fils y sont témoins, pareillement Ermengaud de Triniach. La règle s’était trop relâchée à Saint Martin, descendu au rang de prieuré sous l’autorité de l’abbaye de St Pons. Dépouillé la même année par les seigneurs, selon le récit  dépouillé est remplacé par ruiné, ce qui porte à confusion.

– Première mention du château de Peyrepertuse.

– Selon un acte le Fenouillèdes est dit situé en comté de Vallespir. Cela étant de nos jours il est étiqueté Catalan ( Sic ) par les historiens.

–  Raymond Béranger II finalise son absorption du comté de Carcassonne.

–  Hommages prêtés à Bernard III par Petrus Udalgarius vicecomite fenoliotensis, Arnald Guillem et son frêre Guillem Pétri vicecomes Foliotensis pour les castrums de Tautavel, Popia à Soulatge, Radigsive = Rasiguères ( Château de Trémoines ? ) Petra pertusa, Kerboc =Quéribus, Fenouillet, Penna = Cases de Pène, l’abbaye de St Paul et la villa Maury, la torre de Tringag ( Triniach ) et son château, Ruffian = Rouffiac, Cugunianno = Cucugnan. Le vicomte de Narbonne rend aussi hommage à Bernard III pour le Fenouillèdes – Peyrepertusés.


Vers 1073-1078 : Acte d’évacuation des abbayes de Saint Martin Lys, de St Paul, de l’église et de la villa Maury par Pierre Uldager II ( Uldargar ) vicomte du Fenouillèdes ( Vicecomes Fenolietensis ), adressé à son seigneur le comte Bernard III, petit fils de Taillefer. Logiquement cette procédure précède la dite union de 1070. Le vicomte de Fenolhet renonce aux revenus qu’il y percevait. Il en fit de même à propos de l’abbaye de St Paul rattachée à celle de Moissac. Comme les privilèges d’exemption, cette restructuration avait pour objet de protéger de toute influence des évêques et des seigneurs laïcs, en les plaçant sous l’autorité directe du Vatican.


1073 : Raymond de Peyrepertuse unit l’abbaye de Cubières à celle de Moissac. Elle même relève de Cluny. Motivé par sa décadence et avec l’accord du comte de Bésalu et de l’archevêque de Narbonne.


1074 : Le château de Fenolhet est de ceux remis en gage au comte d’Empories pour le respect des clauses d’une convention ratifiée en 1085.


1080 – 1100 : Premiers textes connus en catalan, d’origine féodale dont le Serment de Paix et Trêve du comte Pere Ramon de Pallars à l’évêque d’Urgell. Utilisé aux siècle suivant dans les documents administratifs.

1083 : Bernard Aton profitant de la minorité du comte de Barcelone, usurpe avec l’appui du comte de Foix, les comtés vendus par sa mère Ermengarde, il reprend la cité à Carcassonne.

  • Sous Bernard Aton édification du château comtal de la cité de Carcassonne. Renforcement des forteresses du Razés au Termenés ( 1080 – 1130 ). Une seconde ligne de défense s’arme d’ouest en Est à :  Puilaurens, Fenouillet, Camps, Peyrepertuse, Padern, Molhet, Quéribus, Tautavel, Opoul …

1085 :Première mention de Caramanno / Caramany, alors sis à l’Horto, aux alentours du cimetière. Voir en 1307.


27/11/1095 : Concile de Clermont. Urbain II préche la première croisade, libératoire des lieux saints. Laquelle le 15 août de l’année suivante partira du Puy en Velay et de Toulouse. Avec à sa tète le comte Raimond IV de Toulouse dit de Saint Gilles.

–   Le premier à arborer la croix Occitane ou Raimondine. A en croire la légende et avec le socle réel que cela implique. Voir en 412. Héritée de celles des églises byzantine et copte d’Alexandrie. Connue sur les possessions des comtes de Toulouse bien avant la croisade.

–  Depuis 1046 de St Gilles est duc de Narbonne, charge transmise à ses descendants.


18/06/1096 : Urbain II à Alet. Il serait passé à N.D de Laval.


A la fin du XIe une langue unique était en usage de Barcelone à Perpignan en passant par le Fenouillèdes, c’était le Catalan* !

Pour mieux cerner cette assertion de nature à laisser pantois un languedocien, une lecture préalable de l’article Toponymes Occitans en Pays Catalan, liens compris, est souhaitable.

* Aux dires de M. Henri Guiter alias Enric Guiter, 1909 Céret – 1994. Docteur ès – lettres, professeur de catalan à la faculté de Montpellier. Poète, auteur dramatique, linguiste… D’expressions catalane hors exceptions. Ce serait comique si de telles allégations ne faisaient pas référence pour la propagande émise depuis les milieux que cela avantage. Un des Historiens du choix proposé en Liens et Livres semble douter du sérieux de cette affirmation.

L’avis de Simon Jean aux XII – XIII èmes siècles : La langue roussillonnaise de l’époque était très proche de l’occitan, les chartes le prouvent

Je vous propose d’autres sources vous permettant de sortir du lavage de cerveau, en s’adressant tout particulièrement aux habitants des Pyrénées Orientales. De nos jours en Fenolhedés chacun sait que au pied du Canigò, on ne s’exprime point en catalan mais selon un dialecte occitano – catalan autrement dit. Le roussillonnais. C’est à dire que l’occitan est dominant, on a vu que le catalan a commencé à partir des années 900 à se différencier de la langue d’oc dont il émane. Une réalité généralement méconnue des principaux intéressés, à mieux divulguer puisque cela semble être un sujet tabou vu du Castillet ou sauf exception les gens restent incrédules à cette annonce. Du pareil au même lire C. Camps, professeur de catalan à l’université de Perpignan, dans l’encyclopédie Bonneton Pyrénées – Orientales Roussillon. Ou encore Liens entre l’occitan et le catalan. Un retour utile en pages A Propos.


  • Dans les dernières lueurs du XIe siècle, les Maures auraient durement sévi en Conflent. Jean Abélanet cite un historien du XV siècle qui en fait la légende fondatrice de Saint Martin du Canigò, en remarquant que les dates ne sont pas en adéquation. L’abbaye selon les ouvrages à été soit construite, soit consacrée en 1001 ou 1007. L’épisode mauresque se serait déroulé en 1035. Une variante ou une adaptation situe la tragédie sous le pontificat de Serge IV 1009-1012, toujours à St Martin d’Envalls sur le chemin d’Angoustrine aux Bouillouses.

– XIIe siècle –

  • Du XIIe au XIIIe siècle la région devient une terre d’accueil de Cathares fuyant les bûchers du nord, du centre, de l’Est et d’Allemagne.
  • Du XIIe au XIIIe  siècle. Les farahons : réseau de tours à signaux convergeant sur le château Comtal de Castelnou tout en permettant d’alerter les châteaux alentours, par le biais de trois principales, Força  Réal  à l’endroit de l’ermitage, Batère, La Torre del Far. Selon l’hypothèse qui tend à prévaloir. Mais des origines Wisigothiques ou Carolingiennes ne sont pas formellement exclues, même de nos jours par les spécialistes de la question. D Baudrel attribue les tours de plan quadrangulaire à l’instauration de la seigneurie banale (voir à castra). Bref la contradiction règne entre eux. Des sept recensées en Fenouillèdes on retiendra, celle de Prats en bon état de conservation mais rabaissée à 12 m de haut lors de sa reconversion en horloge. Son rayon visuel porte très au delà des trois ci-dessus, qui se situent dans une fourchette de 20 à 28 km. On peut citer également celles du château de Bélesta, de l’ancien Lansac et de Roquevert.

Les auteurs qui décrivent la tour de Prats isolée de tout château, sont dans l’erreur complète. Voir ci-dessus au paragraphe ‘Castras’. Comme quoi même les historiens les plus fiables peuvent commettre ou répéter à leur corps défendant des contre vérités. A propos de ce village et d’éventuels antécédents, il y a lieu de revenir sur la mémoire collective. Il s’y racontait à la veillée que cette tour servait à  alerter des invasions berbères par voie maritime. Si avéré, peut être une construction antérieure, telle une gardie ? La terreur Maure fut d’actualité jusqu’aux années 1100.

Le farahon désigne la cage en fer dans laquelle était  allumé le feu par le farahoner. Les feux étaient codifiés en fonction de l’éloignement de l’ennemi et de l’importance de ses effectifs. Les Farahons ont été logiquement en usage jusqu’au traité de Corbeil pour leur fonction initiale. Les siècles suivants ayant été fréquemment agités, ils ont du être réutilisés face aux menaces des grandes compagnies , des Espagnols, des Huguenots ect.


1103  Latour de France : Mention d’un canal d’irrigation dont la prise d’eau se situait dans le méandre de l’Agly ceinturant le village, oeuvre de l’abbaye de Lagrasse. Il s’agit du canal d’Estagel.

01/10/1107 : Sur la fin de sa vie Bernard III épouse la fillette du comte de Barcelone, Ramon Berenger III. Les jours suivants ce dernier reçoit tous les comtés dont le Fenolhedés-Perapertusés, selon le testament de Bernard III qui n’avait pas de descendant. Le comte de Narbonne domine sur le Fenouillèdes en tant que vassal du comte de Barcelone. Lequel est tenu de rendre hommage au roi de France. La rapacité du petit comte de Barcelone s’illustrera par le maintien d’un second front en Provence. Déjà visée par les Ramon Berenger précédents. Le qualificatif petit fut avancé par René Quehen, Barcelone ne pesait pas bien lourd jusques là.


Vers 1109-1117 : Serment féodal prêté par Guillem II vicomte de Fenollede à Bernard Guillem comte de Cerdagne pour les châteaux de Fenollet. Le vicomte de Fenollet également écrit Guillem Pére, Guillem Pétri. Le comte de Cerdagne s’était emparé en 1109 des châteaux comtaux, en désapprobation du partage de l’héritage de Cabreta.


06/1111 : Disparition sans postérité de Bernard III. Dissolution du comté de Besalu, intégration testamentaire à la Catalogne de Ramon Berenger III avec le Vallespir et le Pérapertusés.

Charte d’évacuation du comte de Cerdagne pour les châteaux de Fenouillet, Peyrepertuse, Castelnou… Qu’il occupait en contestation d’un héritage au profit d’un cousin. C’est l’aboutissement des tractations à l’ordre du jour des plaids de 1047 à 1068 !


1112 : Serment féodal de Bernard Guillem comte de Cerdagne prêté à Raimond Beranger III pour le Fenollede et autres. La vicomté était simultanément inféodée à Trencavel comte de Carcassonne.

–  Trop affairé avec les Almoravides ( Des moines soldats Maures ),  Ramon Bérenger III se décharge administrativement du Fenouillèdes – Perapertusés en le donnant en fief à son frère utérin Aymeri II le vicomte de Narbonne. Il en ressort que Narbonne est vassale de Barcelone.


1114 : Les Almoravides assiègent Barcelone. L’empire de cette dynastie dont la capitale était Marrakech, couvrait toute l’Afrique du Nord jusqu’au milieu de ce siècle. En 1147 ils ont été vaincus par les Almohades, d’autre Berbères, a priori nos historiens situant les Almohades en Catalogne dans les années ci – dessus, doivent baigner en pleine confusion.


1115 : Consécration de l’église Sainte Marie de Peyrepertuse.


1117 : Intégration à la Catalogne du comté de Cerdagne. Le comte de Barcelone se proclame marquis ” El Grande “, Bernard Guillem étant mort sans descendance. Raymond Béranger III lorgne sur le Carcassés et le Razés, ce qui ne convient point vu de Toulouse.


Vers 1117-1131 : Serment féodal de Guillem II prêté à Ramon Berenger III  pour les mêmes biens que en 1112.


1118 : Mention du château de Montalba dans le cadre d’un hommage de Bernard Berenger de Peyrepertuse fils de Constancia, prêté au comte de Barcelone. Le village est antérieur, Monte Albo est cité en 955 dans un document faisant apparaître une strada = voie montant du carrefour de Ste Anne en rive droite de la Têt.

18/12/1118 : Libération de Sarragosse, du joug Maure après 4 ans de combats. Alphonse Ier dit  ” Le Batailleur ” en fait la capitale du royaume d’Aragon.


1119 : Concile de Toulouse : Calixte II confirme le monastère de St Paul de Fenouillet dans les possessions de l’abbaye d’Alet.

  • Planèzes : Première mention de l’église St Pierre dans les domaines des moines de Lagrasse.

16 / 09 / 1125 : Vers le…Raymond Béranger III se remarie à Dolcia = Douce de Gévaudan comtesse indivis de Provence et s’attribue les charges de comte et de marquis ainsi usurpées à Raimond IV de St Gilles, ce dernier ayant le tort de se trouver en Palestine à chasser l’infidèle. La Senyera ou blason Catalan d’or à quatre pals de gueules est hissée sur le comté en substitution de la croix occitane, laquelle persiste sur le marquisat. Confronté à la pléthore d’informations prétendues, un regard sur le Larousse atteste que Raimond IV est mort à Tripoli en Syrie – Liban en 1105. La même démarche situe Raymond Béranger III comte de Provence de 1113 à 1131. Il n’est pas à exclure que d’autres assertions soient fantaisistes  ?

– Une seconde version  quand aux origines du drapeau Catalan, voir en 1150,

les articles de Jean Paul Martin.


13 01 1129 : Concile de Troyes sous Honorius II. Approbation des statuts du Temple. Les Templiers ont en tant que ordre monastique, la particularité d’être en charge de la sécurisation des voies de pèlerinage. Ce sont des moines soldats. Leur sens de la stratégie sera salutaire à la France au Moyen Orient.

C’est vers 1128 que les chevaliers de la milice du Temple sont arrivés au pied du Mont Canigò et le début des adhésions et donations en leur faveur.


1129 : Payens aux environs de Troyes. Hugues de Payens fonde l’Ordre des Templiers. Il en sera le premier Grand Maître.


1130  ou 19/07/1131 : Mort de Ramon Berenger III avec les sacrements de l’Ordre du Temple auquel il lègue tous ses biens. Son fils Ramon Beranger IV hérite du marquisat de Barcelone donc du Fenolhedés mais encore le Peyrepertusés, le Conflent, le Razés … Donc nous sommes à nouveau en pleine confusion entre historiens.

En 1137 Raymond Béranger  prendra le titre de Roi d’Aragon en épousant sa fille Pétronille. Leur enfant, Ramon deviendra ” Anfos II “. Règne de Ramon Berenger IV jusqu’en 1162. Il s’engagea pour un an dans la milice du Temple avec 24 chevaliers de haut rang.  De part et d’autre des Pyrénées les comtes et les seigneurs sont nombreux à exprimer leur générosité envers les Templiers. L’Aragon est exposé aux mêmes exactions religieuses que les pèlerins en Orient.

Vers 1130 : Ulgadar II vicomte de Fenolhedés, fils de Guillem Pétri II, prête comme son père, serment à Ramon Berenger III pour le château de Fenolhet et toutes les fortifications du Fenolhedés ainsi que pour  celui de St Estève de Villerach en Conflent


 24 05 1136 : Première mention du Mas Déu ( Trouillas ) littéralement maison de DIEU , domus Templi Mansi Dei. Donation testamentaire du seigneur Ermengau de So * d’un terrain aux Templiers sur lequel sera édifiée leur maison chèvetaine pour le Roussillon à partir de 1137 et révélateur de l’existence d’un cimetière. En catalan Deu = Source.

* Présumé être Ermengaud d’Usson.

Ce leg est le plus ancien fait au Temple de Jérusalem concernant la vicomté de Fenouillèdes, des alleux dans les villae de Borrad et de Centernach de la paroisse de St Etienne de Derc par le seigneur Pierre Bernard de Castelnou et Bernard Bérenger.


03 10 1136 : Prugnanes : Mention d’un castrum. Bernat Berenguer vicomte de Tatzo ( Au sud d’Elne ) et comte du Roussillon , son épouse Jordana et leur fils Hug donnent aux frères du Temple Arnaud de Bedos et Arnaud de Contrast le fief qu’ils possèdent dans la villa de Prugnanes villa Pruana. G.Gavignaud-Fontaine in St Paul et les Fenouillèdes 2011. Enfin un ouvrage impartial sur le Pays. Voir l’introduction à François Jaubert de Passa et  en Liens et Livres.


1137  : Nouvelle menace Sarrasine depuis 1134 au moins.

Installation de la commanderie Templière au castrum  de Saint  Arnac ( 11 03 1157 selon les chartes du Mas Déu date de l’acquisition des droits ) dominante sur le Fenouillèdes devant celles de Fontcouverte ( Rabouillet ) et de Prugnanes. Son commandeur avait droit de justice et était co-seigneur de Lesquerde et de Prugnanes avec le vicomte de Fenouillet. Il percevait des redevances dans la presque totalité des communautés de Pla Llouby à Maury et de Prugnanes à Trilla. Des taxes sur les routes qu’ils sécurisaient entre leurs relais à l’écart des villages. On ignore tout quand à leur implication concernant les mines de fer, de cuivre, d’or de Montagut, de Lesquerde. Des exploitations étaient attenantes à leurs relais.  Voir en 1984. Le commandeur cumulait quelquefois la fonction de précepteur. En résumé le chef spirituel de la maison.

– Taîchac en la paroisse de St Etienne de Derc est donné aux templiers.

– La commanderie de Foncouverte possédait le Bouich à Caudiès, Lauzadel, Campau et une partie du territoire de Perpignan d’après Joseph Armagnac dans le Messager de Notre Dame de Laval de juillet 1926. Il existait au XIIIe siècle un homonyme templier sur le Réart. Donation d’un alleu en 1149.

Le Temple avait recruté de nombreux chevaliers dans la noblesse locale. Prendre la croix permettait d’expier ses crimes, massacres et excommunications induites. Dès 1199 il fallait être noble,  selon un décret de Philippe Auguste, pour pouvoir accéder au rang de chevalier. Antérieurement au XIe siècle ces combattants possédant un cheval et une armure étaient plus proches de la brute avide de sang. Au service d’un seigneur pour des durées variables en fonction des nécessités.


29 03 1139 : Innocent II place l’ordre du Temple sous la protection du St Siège.

1139 ou 1149 : Raimond Trencavel, second fils de Bernard Aton et vicomte de Béziers, hérite du Razés. Il est comte de Carcassonne et du Razés.


1140 : Bérenger de Peyrepertuse rend hommage au comte de Barcelone pour Cucugnan, Peyrepertuse, Quéribus, Rouffiac et la tour de Triniag.


1141 : Achat par le Temple d’une maison à Sainte Marie de Porva. L’actuel Courbous sur la route de Sournia à  Arsa, une ” Préceptorie ”  ou succursale de commanderie y sera établie. Udalgar cède tous ses droits sur les domaines de Guillem Ramon de Corbos à Pere de la Rovère. Ce dernier maître provincial de la maîtrise de Provence – Languedoc et de Catalogne – Aragon est avec H. Rigaud un des ” Conseillers financiers ” dépêchés par l’ordre dès son implantation, en charge de faire affluer les ressources, montures, armes, vivres, argent….

De 1141 à 1156 Bernat de Fenouillet est mentionné comme frère du temple et premier administrateur de l’ordre en Fenolhedés.


03/07/1141 : Acte de donation d’une forêt d’Uldaguer II vicomte de Fenouillet, aux templiers. Différents seigneurs étaient témoins dont Raymundi de Pratis et Gaucelme du Vivier. S’agirait-il de la donation suivante…


09 / 06 / 1142 : Udalgar donne à la milice du temple le bois de Matapenista ou de Mataperusta* à Arsa. Berenger, un des fils de Arnald de Sournia en est témoin. Autres donations aux templiers en présence des mêmes personnages que en 1141. Udalgar cède tous ses droits sur Corbos et Arnald de Sournia certaines redevances, reprises à un de ses fils. Il lui donne en contrepartie un manse* à Sournia. Arnald de Sournia cède aussi Aîchos, Le Puch, St Etienne de Rabouillet

Le vicomte Udalger et ses fils ainsi que des seigneurs de Sournia feront diverses donations jusques en 1173 sises à Pézilla, Rabouillet… Ses vassaux Arnau Pere de Pézilla et Guillem Seguier suivront cet exemple.

* Manse : L’habitation selon les matériaux d’alors avec ses  terres. Louée par le mansat avec option d’achat. La génération suivante n’était pas héréditaire mais avait un droit de préemption. Ce système visait à fixer la population qui était généralement nomade.

* En échange d’un mulet, d’une vigne et du domaine de Gaubert de Prugnanes. Mataperusta serait situé en fonction des écrits dans les ex cantons de Latour ou de St Paul. En contre partie de leurs largesses les seigneurs sont quelquefois libérés des hypothèques contractées pour pourvoir  aux constructions défensives.

Consultez la thèse de R. Tréton page LXXVI des chartes du Mas Déu.

Cette commanderie étant en Pays Catalan ses archives citent les noms de personnes, lieux en la langue locale, cependant ceux rattachés au Fenolhedés subissent le même traitement, du coup  Peire devient Pere, Arnald glisse en Arnau… On rejoint là le souci d’impartialité soulevé à la date 798. Plus d’explications sur l’avertissement de Un souffle cathare.


27 / 11 / 1143 Concile de Gérone : Sur insistance de Ramon Berenger IV et moyennant de considérables libéralités les templiers acceptent de combattre les infidèles en Espagne. Arnau de Sournia était présent aux cotés d’une imposante délégation templière.


1147 : Ab aquilone in carrera que vadit ad Fenoletum…Est autem iste campus adjacentia Sanctae Mariae de Aspirano... ADPO 12j24 p 187 et 207.

La voie du Fenouillèdes passait entre l’église et le fournil d’Espira de l’Agly, à priori elle filait aussitôt après en rive gauche pour rejoindre Fonte Anastes. Jean Abélanet émet de bonnes présomptions quand à son origine romaine dans Etudes roussillonnaises XV 1997 page 123. elle est dite strata publica en 1098 et en 1144. En face de l’église et en amont le lit de la rivière était généralement à sec jusqu’au jour où le barrage ne régule son cours. G. Bile argumente un chemin en rive droite deux cent ans avant notre ère.

01 / 03 / 1148 : Arnald de Sornian se donne aux frères de la milice du temple, jusques en 1153 il dirigera de façon plus ou moins collégiale, la commanderie de Douzens.


27/04/1147 A Paris Eugène III accorde la croix rouge aux templiers. A l’approche de la deuxième croisade dirigée par Louis VII.

A-V 1150 : le Temple possède des maisons et un moulin affermés à Pézilla de Conflent.


Vers 1150  Ramon Berenger IV retourne sa veste : Il délaisse la croix Occitane de ses ascendants les comtes Carolingiens (lignée de Guilhem de Gellone, cousin de Charlemagne), au profit du blason Catalan d’or à quatre pals de gueules*, la Senyera équivalent du gonfanon de l’église romaine en temps de guerre.  Il existe une autre version, développée en 1125 et les deux suivantes !

D’autres préfèrent interpréter ce drapeau comme étant la représentation symbolique de quatre doigts de l’empereur ou encore de Charles le Simple trempés dans le sang de Wilfred le Velu, cependant ce ne serait que du pipeau / una enganyifa en catalan puisqu’ils s’y identifient.. Comme chacun sait Charlemagne est mort en 814, bien avant la naissance de Wilfred, peut être s’agit il de l’empereur Charles le Chauve, Charles III le Simple n’avait pas ce rang.

Mais ce n’est pas tout, le Larousse catalan attribue ces quatre barres à l’Aragon, les Baléares,  la Catalogne et à Valence, composantes du feu royaume d’Aragon.

Entre tant de contradictions, la crédibilité des historiens est à nouveau mise à rude épreuve.

* Lecture conseillée : La Croix Occitane par B. de la Farge chez Loubatières, particulièrement au commun des catalans lesquels sont conditionnés à un raisonnement en ricochet borné entre Perpignan, Barcelone et le mont Canigò.

Éléments complémentaires en pages A Propos. On a là un modèle caractéristique des vérités historiques couramment escamotées du fait des auteurs Catalans. Inversement mais tout en restant dans l’art d’occulter, il est courant de lire que les Aragonais tenaient tout le pays au Xe  –  XIe siècle, ce qui est à relativiser compte tenu des pages ci-dessus.

 


1151 :  Les comtes de Barcelone se sont institués rois d’Aragon.


1153 : Bertrand de Blanchefort est élu grand maître de l’Ordre du Temple. La date 1156 est plus communément admise, elle serait erronée. Voir en 1344


1159 : Roger II Trencavel épouse Adélaîde, fille  du comte de Toulouse Raimond VI.


1160 : L’abbaye d’Alet est au faîte de sa puissance. L’essentiel des vestiges encore éloquents est attribué à deux phases de construction. Fin XIe début XIIe et deuxième moitié du XIIe.


1162 -1196 : Règne d’Alphonse II roi d’Aragon ” Anfos El Cast “. Anfos I et II sont la même personne désignée respectivement par les catalans et les aragonais. Le Fenouillèdes – Peyrepertusés sont sous sa souveraineté par le biais du vicomte de Narbonne qui le tient toujours en fief. Alphonse II eut un fils désigné Alphonse I comte de Provence en juillet 1193 ou 1195 ou  1209 par son union avec Gersende de Forcalquier – Sabran. Leur fils sera Raymond Béranger V. Le blason de Forcalquier qui était une préfiguration de la croix occitane devint de gueules  à trois pals d’or. Attention à une éventuelle méprise avec celui de la Catalogne, d’or à quatre pals de gueules. Lequel a t’il initié le second ? Allez en pages A Propos pour en savoir plus.

– El Cast = Le Chaste, d’après le Larousse il hérita en 1166 de la Provence. Alphonse est le nom de règne de Ramon, fils de Ramon Bérenger IV.


1163 : Arnaud de Fenolhet lègue à parts égales la seigneurie de Prugnanes aux Hospitaliers et aux Templiers. En 1173 pour G.Gavignaud-Fontaine agrégée d’histoire.

Le chanoine Rhénan Eckbert de Schönau crée la dénomination Cathare, du germanique Katte = Chat. Selon Anne Brenon ce fut une désignation péjorative des inquisiteurs avec pour seul fondement celui de discréditer les hérétiques. Cela signifiait dans l’esprit de l’inquisition, sorciers adorateurs du chat. Les intéressés s’appelaient entre eux Parfaits ou Bons hommes. A la veille de la croisade ils devinrent des Albigeois dans l’esprit des cisterciens. Après ce qui précède, il faut remarquer que le grec Catharos = Pur.


1167 : Assemblée Cathare de Saint Félix de Caraman * par l’évêque Nicetas de Constantinople. Création de quatre évêchés : agenais, albigeois, toulousain et carcassonnais. Dès l’an 1000 des communautés hérétiques sont connues en Aquitaine, Champagne, Flandres, Rhénanie… Un diacre de Catalogne était rattaché à l’Église du Toulousain.

De nos jours la filiation manichèenne du Perse Manès au III siècle est contestée. Ce disciple de Zoroastre Achéménide du VIIe siècle avant J-C prônait le dualisme. Une opposition du bien et du mal, de la lumière et des ténèbres. L’accès à de nouvelles archives semble permettre d’accréditer une dissidence endogène au christianisme, relative à l’interprétation du Nouveau Testament.

* On lit couramment Concile cathare de St. Félix de Caraman aujourd’hui Saint Félix de Lauragais.

 

La terre occitane présentait des facteurs économiques, politiques et culturels d’un société caractérisée par la réceptivité, l’ouverture d’esprit et la liberté. Le servage n’existe pas, la femme est considérée comme l’égale de l’homme… Les hommes de classes sociales différentes, possèdent un honneur et une dignité comparables… Chrétiens, musulmans, juifs, y vivent en harmonie. André Carol dans Mystérieuse Corbière de Sournia. Voir en 418 et à Liens et Livres Fenouillèdes..

  • En ce qui concerne la condition féminine, on est là en présence d’une interprétation erronée d’une création littéraire du XII è siècle, le Code des valeurs courtoises. La réalité se résume en un mot : Soumission, quel que soit leur statut social. L’exception n’est pas à rejeter, dans quelque ” enclave géographique ” ou sur la base d’une éventuelle influence heureuse des troubadours dans telle cour.

1170-1171 : Rhedae ( Rennes le Château ) hors citadelle, tombe aux mains du roi d’Aragon Alphonse II qui occupe Peyrepertuse, Puilaurens, Quéribus, Fenouillet et tout le territoire compris entre l’Aude et la Salz.. Le maître du Razés est un Trencavel, Roger II. Le prénom du comte varie  en fonction de l’auteur. A notre candide avis, nous sommes en présence d’une énième anomale, cette fois avec la date 07 / 1172. On relèvera un revirement de Roger II puisque en 1167 il était du parti d’Anfos.


1171 : Arnaud de Fenouillet rend hommage au comte de Razés, Roger Raimond Trencavel pour le château de Montalba. Possible erreur de prénom Trencavel, voir ci dessus. Le père de Raimond Roger qui moura à 24 ans dans un cachot de son château de Carcassonne.


1172 : Probable édification du fort de Caudiès, diligentée par Arnaud de Fenouillet.

07/1172 On écrivait le 04 des nones de juillet. Girart II ( Girart, Gérard ) dernier comte héréditaire du Roussillon lègue son comté à Anfos ( Alphonse ) roi d’Aragon. Descendant direct de Charlemagne, maître des anciens comtés carolingiens. En étant toutefois tenu de rendre hommage, comme ses prédécesseurs,  au roi de France pour ceux de Fenolhedés, Perapertusés, Donezan, Sault, Capcir. De même la Cerdagne, le Conflent, le Roussillon et le Vallespir  /  Annie de Pous.

Cette année là, Ramon ou Raymond Béranger IV, comte de Barcelone devient l’héritier du roi d’Aragon, ayant épousé sa fille unique.  Ainsi le Fenolhedés-Perapertusés se retrouve dans le royaume d’Aragon. Le Larousse indique que la réunion du comté de Barcelone à la couronne d’Aragon s’est faite en 1137.

Hommage : serment fidélité, de soumission impliquant 40 jours de service, pour le vassal au bas de la pyramide hiérarchique. Dans le midi cathare ce dû n’était généralement plus honoré. Plus d’informations en 1213.


1173 : Décès d’Arnaud III de Fenouillet au monastère de Lagrasse. Sa fille Ava née peu après sera la mère de Pierre IV de Fenollet et de Saissac. Mariée à Pierre un seigneur de la montagne noire. Cette même année, Arnaud exprima dans un acte sa fidélité due à la vicomtesse de Narbonne, il fut co vicomte avec son frère Pierre disparu sans postérité.


1179 : Avènement de Philippe Auguste.

Plusieurs conciles, Latran, Toulouse, condamnent l’hérésie.


1184 : Décrétale de Vérone, le pape Luvius III édicte des mesures anti-hérétiques à l’échelle européenne.

1185 :  Nouvel hommage du vicomte de Narbonne au roi d’Aragon pour le Fenouillèdes – Peyrepertusés qu’il tient en fief.


24 / 05 / 1188 : Villa Reboleti : Hugues de Sournia se donne aux frères de la milice du temple  en la personne de Pere de Colonge maître du Mas Déu. Il fait don à la commanderie du Mas Déu d’un alleu sis à Rabouillet, villa Reboleti avec l’église Saint Etienne, cela s’ajoute aux acquisitions de 1141 et 1142.

C’est la plus ancienne trace écrite connue de Rabouillet. Le toponyme est de nature à révéler un essartage d’époque carolingienne sans arrachage des souches. Site de la commune de Rabouillet.

Vers la fin du XII ème siècle deux neveux à Hug de Sournia, Arnau et Guillem sont archidiacres du Fenolhedés.


1193 : Peyrepertuse et Fenouillet sont inféodés par le roi Alphonse d’Aragon à son neveu Raimond Roger comte de Foix. Le mettant en possession du Fenolhedés et de ses dépendances, Perapertusés inclus. En conséquence le vicomte de Fenolhet lui prête serment d’hommage.


1196 : Pierre II dit “Le Catholique”, pour sa fidélité au pape, succède à son père au trône d’Aragon, jusqu’en 1213.


1198-1216 : Pontificat d’Innocent III.

  • Au XIIe conflits incessants entre Barcelone et Carcassonne, Carcassonne et Toulouse, Toulouse et l’Aragon, encore et toujours Barcelone face à Toulouse, le Carcassés et le Razés sont convoités. Ce sont les beaux jours des bâtisseurs de forteresses. Les préjudices de ces guerres sur chacun des belligérants deviennent très intéressants relativement aux visées des rois de France  en Languedoc.

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– XIIIe siècle –

1203 ou 1204 : Mariage du roi d’Aragon, en la maison de l’Ordre des Templiers  ( Rue Mailly à Perpignan ) avec Marie de de Montpellier, dernière héritière des Guilhem. Le 11 novembre il est couronné roi à Saint Pierre de Rome.

Construction de l’abbaye bénédictine de Saint Paul de Fenouillet. Auparavant il existait un monastère bénédictin mentionne en 906 comme succursale de celui de Joucou.

1204 : Pierre II d’Aragon, comte de Carcassonne, y organise une confrontation entre les Bons Hommes et les Catholiques.

23/06/1204 : Chute l’empire byzantin.

La quatrième croisade à destination de l’Egypte et de la Palestine à été détournée de ses objectifs pour s’abattre sur Constantinople. Les chrétiens latins d’Innocent III guidés par Enrico Dandolo doge de Venise massacrent ceux orthodoxes.  Ce premier magistrat avait scellé un accord avec les croisés, leur transport en Orient moyennant 85 000 marcs d’argent et la moitié des conquêtes. Le fanatisme de Rome passe avant toute logique tacticienne. De leur côté les vénitiens sous le prétexte de vouloir rétablir l’empereur byzantin Isaac II sur son trône, convoitaient à mettre fin à la concurrence commerciale croissante de Gênes et de Pise et s’ouvrir de nouveaux marchés jusques là interdits. Ce sera du pain béni pour Saladin. Par enchaînement de défaites il en résultera l’expulsion des templiers de l’Orient. Ce pillage fera la puissance de la Sérénissime. Un personnage tristement célèbre se fait déjà remarquer par sa cruauté, c’est Simon de Montfort.


1206 : Innocent III envoie Dominique Guzman fils d’une famille de nobles Espagnols, prêcher dans le Lauragais où il fonde le premier monastère pour femmes Cathares reconverties à Prouille aux portes de Fanjeaux. Il sera canonisé en 1234 sous le nom de Saint Dominique, le fondateur de l’ordre des Dominicains.


15/01/1208 : Assassinat à Saint Gilles du Gard, au retour d’un entretien houleux avec Raymond VI de Toulouse (excommunié pour tolérance envers l’hérésie) et par un des ses écuyers, du légat pontifical Pierre de Castelnau, moine cistercien de Fontfroide. Innocent III prétexta  de cet incident pour lancer un appel à la croisade contre les Albigeois. La flagellation publique de Raymond VI devant le caveau de Pierre de Castelnau en présence du pape, n’y changera rien.

03/1208  Nomination du cistercien Arnaud Amaury légat du Pape à la tête de la croisade contre les hérétiques.

Concession en apanage de Pierre II à son oncle Sanche ( Sanç, Sancho ) des comtés de Roussillon, Fenolhedés, Cerdagne et annexes. Nunez  ( Nunyo ) son fils hérite de cette faveur aux justifications inconnues, jusqu’en 1226. Sanche est fils de Alphonse Ier de Provence et petit  fils de Alphonse II d’Aragon.

Apanage : domaine assigné à des proches et qui devait revenir à la couronne après extinction des descendants mâles.

Fortia Padulis : C’est à dire l’église fortifiée de Paziols, mentionnée dans les biens de l’abbaye de Lagrasse. Au Xè siècle elle appartenait  à Ste Marie de Cubières. Padulis ou Pasulis sont à rapprocher de paludis, par forte pluviométrie l’aquifère des Corbières y remonte en surface.


1209 : Pierre IV de Fenolhet et de Saissac 13 ans ? fils de Ava et d’un seigneur de Saissac rend hommage à Aymeri III vicomte de Narbonne pour le château de Fenolhet et le Fenolhedés. Le vicomte de Narbonne étant vassal de Raymond VI comte de Toulouse.  La menace de la croisade des barons du nord (des évêques avec leurs troupes et des méridionaux dans leurs rangs) étant si proche. L’archidiacre Cathare Arnald de Fenolhet est témoin. Renouvellement en 1217 ou 1229.La présence d’un diacre Cathare à Fenouillet est attestée dès le XIIe siècle. Il est supposé que les premiers Cathares on été reçus à Fenouillet consécutivement à l’alliance avec les De Saissac, c’est à dire à partir de la deuxième moitié du XIIe siècle ainsi qu’à Puilaurens. Cette famille était déjà  hérétique.

22/07/1209 : Lo Grand Masèl, de l’Occitan au Français, la grande boucherie. Massacre de Béziers par la croisade dirigée par le légat, avec l’appui de Raymond VI comte de Toulouse lequel a rejoint les Croisés, dans une vaine tentative de détourner l’épée de Damoclès qui allait s’abattre sur son neveu de Carcassonne. Mais ce n’est pas la seule interprétation, Raimond VI est soupçonné d’avoir ainsi cherché à nuire à Raimond Roger Trencavel dont les terres morcelaient celles du comte de Toulouse. Les rancœurs initiées par les guerres des XIe – XIIe siècles ne pouvaient qu’être bien ancrées dans les mémoires.  Il est attribué à Arnaud Amaury une sentence devenue célèbre : Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens. Il y aurait eu 20 000 morts ? mais la population est estimée entre 7.000 et 10.000 habitants.

La croisade avait débuté au mois de mars en Quercy. Cette extermination se répétera à Minerve en Juillet 1210, à Lavaur en mai suivant et dans d’innombrables cités.

Raymond Roger Trencavel comte de Carcassonne prend conseil à Collioure auprès du roi d’Aragon.

15/08/1209 : Massacre de Carcassonne sur ordre du légat, par Arnaud Amaury et Simon de Montfort. Ce baron d’Île de France devient comte de Carcassonne.

  • Le siège de Carcassonne marque le retour de la catapulte romaine sinon peu d’années auparavant, diverses machines de jets seront mises en oeuvre lors de celui de 1240.

Invasion du Fenouillèdes  par la croisade selon Louis Fedié, 1217 également avancé. L’ombre de Simon de Montfort plane sur les ruines de l’ancien Lansac, fait historique ou allégation touristique ?

Anne Brenon ( Centre d’Etudes Cathares de Carcassonne ) entre autres, affirme au contraire que le castrum de Fenouillet comme celui de Peyrepertuse aurait été peu affecté du fait de la suzeraineté du roi d’Aragon.

10/11/1209 : Mort à 20 ans du vicomte de Béziers et du Razés  Raymond Roger Trencavel dans un cachot de son château de Carcassonne. Quelques années après Raymond de Termes y subira le même sort.   Le vicomte de Carcassonne et de Béziers, descendant de Bernard Aton, s’est sacrifié pour que les assiégés soient épargnés. Son fils Raymond se réfugie en Aragon.  Ici Raymond s’orthographie Raimon.

Vers 1246 Chabert de Barbaira séjournera dans les geôles de la cité de Carcassonne pour hérésie. Mais il sera libéré sur intervention de Jacques Ier le Conquérant  auprès d’Innocent IV.


1210 : Depuis la fin du Xe siècle tensions entre les comtes de Toulouse et de Barcelone.

Le castrum ( village fortifié ) d’Aguilar est occupé par les Croisés.


02/1211 : Les Croisés soumettent le castrum de Termes après un siège de quatre mois, puis détruisent Arques, le village antérieur à la bastide. Bataille de la Salz, démantèlement du château de Coustaussa après ceux de Albedun près de Le Bézu et de Rennes. Ces trois dernières forteresses venaient d’être ” désertées ”  pour cause de confrontation entre Couiza et le confluent de la Salz. L’armée des Croisés sous le commandement de Pierre de Voisins, contre les troupes du comte de Carcassonne et leurs partenaires. Soumission à Simon de Monfort de tout le pays de Rhedae. Evènements quelques fois datés de 1209-1210.

Le mouvement urbain des bastides qui dura environ 120 ans est pour partie issu des dévastations de la croisade des barons du nord. Cordes est une des plus anciennes. Fondée par Raimond VII en 1222.


16/07/1212 : Bataille de Las Navas de Tolosa : Victoire décisive de la Reconquête chrétienne de l’Espagne. Alphonse VIII de Castille, Pierre II d’Aragon appuyés par les Templiers écrasent les Berbères Almohades.


1213 : Hommage de Raymond VI de Toulouse au roi d’Aragon. Le comte est le beau frère du roi.

Concile de Lavaur, rejet par le pape d’un plan de paix de Pierre II d’Aragon. Lavaur tomba aux mains des croisés en 1211. Plusieurs des héros cités ci – après en 1262 et suivants sont impliqués à leurs dépends dans ce massacre suivi de l’un des plus importants bûchers de la croisade.

12/09/1213 : Bataille de Muret : défaite de la coalition Occitano –  Aragonaise, la seule circonstance ou ils s’accordèrent. Le roi d’Aragon y est tué. Son fils Jacques 1er “Le Conquérant” lui succède jusqu’en 1276, il n’a que neuf ans. La présence du roi d’Aragon s’explique par la menace que cette croisade engendrait sur ses droits féodaux. Raymond VI est son vassal.

Raimon VI se réfugie en Catalogne.

Le quartier général de Montfort était à Fanjeaux entre Razés et Lauragués. Village où Dominique prédicateur célèbre par ses disputes s’était fixé depuis 1206.

Dans les rangs de Pierre II , un chevalier rousillonnais, Pons de Vernet. Plus exactement un brigand, connu pour ses enlèvements d’enfants contre échange de rançon. Longtemps après sa mort il fut l’objet d’un procès d’inquisition comme hérétique. En dépit de legs considérables à la veille de son départ pour la Terre Sainte, aux victimes des ses exactions et 1100 sols barcelonais à Sainte Marie d’Espira. De plus il s’était repenti et donné au temple. Il n’échappa point longtemps après sa mort à l’exhumation et ses restes furent brûlés en public.

Cette première croisade aboutit à un demi échec du point de vue répression de l’hérésie. Innocent III n’avait pas l’appui de Philippe Auguste, qui considérait que c’était une ingérence du Vatican. Il en fut autrement dès 1226.D’autre part les croisés n’étaient engagés que pour 40 jours offerts* dans le cadre du service d’ost, système en usage depuis le Xè siècle. Au terme de cet engagement le vassal était libre de rentrer chez lui avec ses hommes, armes et chevaux.

*Abstraction faite du service de garde et des chevauchées dont ils étaient pareillement redevables.


16 / 12 / 1213 :  A Aix en Provence sur décision de Innocent III, Sanche est déclaré tuteur de Jacques Ier d’Aragon et de Raymond Béranger V comte de Provence. Ces deux enfants seront éduqués par les templiers de Monzon en Aragon.


1213 au 19/01/ 1242 : Nunez Sanche roi d’Aragon, il est l’arrière petit – fils de Raimond Béranger IV.


1215 : Le Razés attribué en fief à Pierre de Voisins (Voisins en Ile de France). Préalablement cédé à Louis VIII par Amaury de Montfort le fils de Simon, étant retiré à la cour.Le Pierre de Voisins sénéchal de Toulouse puis de Carcassonne était le fils du premier.

Concile de Latran : Simon de Montfort est nommé comte de Toulouse. Il se proclame duc ( Marquis ) de Narbonne, Arnaud Amaury ou Amalric l’abbé de Cîteaux, légat du pape et archevêque de ces lieux l’avait devancé dès 1212 en tant que tel. Le Fenouillèdes – Peyrepertusés relève de ce duché et les droits du roi d’Aragon s’y trouvent lésés.

03 / 03 / 1215 : Moyennant 100 sous de Maugio Ramon du Vivier en accord avec ses fils Bernard, Arnaud et Berenguer donne aux frères Balaguer et Estève commandeurs du Mas Déu et de Centernach divers revenus dans la paroisse de Derc. Nous n’avons relaté qu’une infime partie des générosités des seigneurs et donats* en faveur des templiers du Fenouillèdes.

*Donats / Donnés à, Consacrés à : En languedocien paysans ayant rallié l’ordre tant pour le salut de leur âme que pour s’affranchir de la tutelle seigneuriale et privant de fait, le clergé ou les seigneurs, de ressources. Le chemin du Paradis était censé passer par le cimetière Sainte Marie du Mas Déu.


1217 : Guilhem de Peyrepertuse rend hommage pour Peyrepertuse, à Simon de Monfort, duc de Narbonne et comte de Tououse. Son fief est cédé au roi d’Aragon. De Peyrepertuse branche cadette de Fenouillet. Guillaume cousin de Pierre IV comme Beranger de Peyrepertuse qui tenait le château de ce nom.

Le château de Montgaillard est tombé juste avant celui de Peyrepertuse.

Le mot frontière est mentionné pour la première fois dans l’acte de la soumission ci-dessus.

L’invasion du Fenouillèdes évoquée en 1209 et en 1229 : Un autochtone, André Carol issu d’une très ancienne famille influente de Sournia, dont des maîtres de forges en Ariège, Conflent et bien sûr à Sournia, situe ces événements en 1217 dans un livre qu’il faut avoir lu. Voir à Liens et Livres Fenouillèdes.


25/06/1218 : Au cours du siège de Toulouse, (automne 1217 à Juillet 1218)  Simon de Montfort est tué, la tête fracassée par une pierre catapultée. Son fils Amaury  lui succède à Narbonne avec les titres de comte et de duc jusques en 1222.


1220 : La commanderie templière de Centernac sise au moulin de Saint Arnac, est dominante sur le Fenouillèdes.


08/05/1221 : Le chevalier Ramon de Villarnaud vend à l’archidiacre de Saint Pierre de Fenolhedes l’église d’Arcianum  ( Arsa ) pour 800 sous de melgueil ( Maugio ).


14/01/1224 : Amaury de Montfort demande un trêve et cède le reste de ses possessions à Louis VIII fils de Philippe Auguste. Ce qui permet à Raimon Trencavel de réintégrer ses domaines. Aymeri III de Narbonne rend hommage à Raimond VII. Ce qui ne pouvait convenir à Rome. Cette fois le pape fut entendu. Louis VIII étant tenté de réunir le Languedoc à la France.

  • Amaury fils de Simon serait passé dans le vocabulaire languedocien, son prénom s’attacherait à un homme mal fini...Amorri, ( Amourit )

1224 Marque le début de la construction de l’abbatiale St Paul l’apôtre de Narbonne, sur la tombe du premier évêque de la cité où il est supposé être arrivé au milieu du IIIè siècle. Qui était – il ? Peut – être Paulus – Sergius proconsul de Chypre converti par St Paul , mais il ne fait pas l’unanimité. D’où venait – il ? Mystères !


1226 : Au siège d’Avignon hommage de Louis Ier du Vivier au roi de France Louis VIII. Ainsi contrairement à Pierre de Fenouillet et à Guillaume de Peyrepertuse vassaux du comte de Toulouse Raimond VII, les du Vivier s’épargnèrent la confiscation de leur seigneurie.

Concile Cathare à Pieusse : Création de l’évêché du Razés. En le démembrant de celui du Carcassés.

29 04 1226 : Hommage de N  Sanche à Louis VIII pour le Fenouillèdes – Peyrepertusés sous clause de restitution en cas de guerre opposant la France et l’Aragon. Dans un courrier destiné au roi de France, il se met à son service en préparation de la conquête du Languedoc par la France.

10/1226 : Louis VIII concède à N. Sanche et à perpétuité, de même qu’à ses héritiers, le Fenouillèdes – Perapertusés. Les tenants de cette largesse sont inconnus.  D’après Louis Fédié N.Sanche ne put jamais déposséder Pierre IV de son château. Voir au 01.06.1229. Cette cession n’a pas été admise par la population, qui tiendra tête à Sanche et au Sénéchal de Carcassonne jusqu’au traité de Corbeil. N Sanche avait un gros souci, Pierre de Fenouillet était son vassal au titre de ses domaines du Roussillon, il fallait le ménager. Peut – être car c’est en contradiction avec les lignes suivantes.

08/11/1226 : Mort de Louis VIII roi de France, Louis IX lui succède jusqu’en 1270.


 

1228 : Par Louis IX ( Saint Louis ) N. Sanche devient propriétaire en fief du Fenolhedés –  Perapertusés et confirme l’ hommage tenu à Louis VIII. Ainsi de suzerain qu’il était déjà par faveur des rois d’Aragon. N. Sanche devenait propriétaire des domaines dont avaient été spoliés ses propres vassaux par le roi de France, alors que ces terres appartenaient à l’Aragon. Anny de Pous. Propriétaire sous suzeraineté du roi de France. Hypothèse de René Quehen, ne pouvant tout mener de front, la France aurait choisi de donner la priorité à sa mainmise sur les possessions du comte de Carcassonne. Saint Louis n’a alors que 13 ans. Régence de sa mère Blanche de Castille.

1228 : Au temps des radelièrs.

Concession à Pierre de Voisins des droits de péage sur les bois transportés par flottaison sur l’Aude. Prélevés à Quillan au port des carràssièrs* où les grumes étaient généralement mises à l’eau sinon en amont à Belvianes.

* Carràssièrs synonyme languedocien de radelièrs, conducteurs d’un radeau, respectivement carràs et radèl.


1229 : Montalba ? Rabouillet, Puilaurens : Destruction de Rabouillet par les Croisés de Simon de Montfort, après une lutte de plusieurs mois face à Guilhem de Peyrepertuse qui tenait sa forteresse avec acharnement. Guilhem de Peyrepertuse se réfugie à Puilaurens (L.Fédié ) où il soutint un long siège en dépit de menaces d’excommunication. Simultanément le vicomte Pierre IV  était attaqué par N.Sanche, allié aux Croisés. Contradiction entre Fédié et Quehen tel que cité en 1226. Incohérence avec la date (25/06/1218). Nombreuses aberrations similaires en croisant les écrits des historiens, actuels inclus.

12/04/1229 Traité de Meaux-Paris : Capitulation de Raymond VII qui se soumet au roi et à l’église, il est condamné à 5 ans de croisade en Terre Sainte (dont il se soustraira habilement) et signe au pied de Notre Dame de Paris en cours de construction, le projet de rattachement de son comté et du marquisat de Provence à la couronne de France. Effectif en 1271 à la mort de sa fille unique Jeanne. Annexion au royaume de France du territoire du futur Languedoc dont le Razés et le Fenouillèdes dès 1258.

Jeanne fut contrainte d’épouser Alphonse de Poitiers frère cadet de Louis IX. A.de Poitiers ayant eu les oreillons…

Deuxième exil en Aragon de Raimon Trencavel, il venait de se révolter avec ses vassaux.

01/06/1229 : Acte par lequel Pierre de Fenouillet  fait donation de  sa vicomté à N. Sanche. Il garde ses biens de Canet en Roussillon où Sanche est comte.

Vicomté transmise à N. Sanche par Louis VIII le 1er juin 1229 dans le cadre de la deuxième croisade, sur fond d’annexion programmée du Languedoc à la Couronne de France. Voir au 10.1226. Ah ces historiens nous font avaler n’importe quoi. Louis VIII est mort en 1226. Cette transmission est antérieure.

Excommunication en juillet au concile de Toulouse de Guilhem de Peyrepertuse car il tenait Puilaurens contre les Croisés, soit au mépris de son serment de fidélité de 1217. Cette sentence s’appliqua à un soutien de Simon de Montfort, Géraut de Niort lequel entre – temps avait pris le parti des hérétiques.

Création de la sénéchaussée royale de Carcassonne de laquelle relève le Fenouillèdes.

  • Cela concrétise le rétablissement des droits de suzeraineté acquis des carolingiens
  • Le sénéchal détenait le pouvoir militaire, judiciaire et financier. Ses services géraient la maintenance des ouvrages d’art, les différents approvisionnements en munitions et en nourriture. Il était secondé par un juge-mage ou lieutenant général en charge de la justice. Elle était rendue au Présidial de la sénéchaussée, le tribunal civil et militaire. Les grandes affaires étaient jugées au parlement de Toulouse, ultérieurement à celui de Carcassonne.Le premier sénéchal fut Guillaume des Ormeaux. Pour être établi il fallait être homme d’épée, noble, chevalier. Sous François 1èr cette fonction fut réduite à la justice.

11 / 08 / 1229 : Bernat de Latour sur le départ pour une expédition dirigée par Jacques   Le Conquérant contre les musulmans de Majorque, désigne le commandeur du Mas Déu et Guilhem de Niort ses exécuteurs testamentaires. Il lègue au temple son corps,  son cheval ou 1000 sous de Maugio.


20/04/1233 : Bulle de Grégoire IX créant le tribunal d’inquisition.

Durcissement de l’inquisition selon Innocent III. Grégoire IX confie la répression aux Dominicains. Prédications publiques suivies d’un repentir pour permettre aux hérétiques de se dénoncer en bénéficiant du pardon. A expiration du délai de grâce, les inquisiteurs procèdent à un interrogatoire systématique des habitants. Les suspects sont soumis à la question, à la torture. Ceux reconnus coupables d’hérésie ou de sympathie envers les Albigeois se voient confisquer leurs biens, de pair avec des peines plus sévères pouvant aller jusqu’à la mort, prononcées au cours de sermons publics.La torture n’aurait été autorisée qu’a partir de 1252 sous Innocent IV mais peu mise en pratique. Les cathares se gardaient de mentir.

1233-1241 : Benoit de Termes évêque cathare du Razés s’établit à Quéribus où il finira ses jours.


1234 : Sous Grégoire IX début de l’inquisition en Languedoc. Conduite par Pierre Seillan et Guillaume Arnaud. L’année suivante introduction de l’inquisition en Catalogne à l’encontre des Cathares qui s’y sont réfugiés. Les passionnés du sujet auront reconnu L.Fédié dans ces lignes. Notaire et Conseiller Général de la haute vallée de l’Aude, cette personnalité du pays nous a laissé un ouvrage paru en 1880. Assez unanimement critiqué par ses successeurs. Chose ubuesque pour qui aura lu les pages A Propos.

Création d’un tribunal de l’inquisition à Carcassonne.

1235 – 1315 Ramón Llull ( Bienheureux Raymond Lulle ) : C’est à la fin de ce siècle, à partir de l’impulsion de ce majorquin sénéchal du roi puis théologien et poète que le catalan devient langue officielle et littéraire. D’un savoir encyclopédique et polyglotte, il a écrit et prêché en catalan, arabe, occitan et latin de Paris à l’Afrique du Nord en passant par Rome.


Vers 1238 : Coalition des seigneurs du Fenouillèdes pour essayer de reprendre leurs biens et attaquer le Roussillon.

1238 Ordonnance exigeant la destruction des lieux habités par les hérétiques.


12/02/1239 : N. Sanche vend le château de Peyrepertuse à Louis IX, 20 000 sols melgoriens ainsi que Quéribus. Sanche roi d’Aragon et comte du Roussillon est vassal de St Louis s’agissant du Fenouillèdes. D’après Louis Fédié. N. Sanche était fortement endetté. Le reste du Perapertusés sera absorbé par la France en 1258.

Les Français érigent Sant Jordi à Peyrepertuse, les fortifications sommitales actuelles. Le premier niveau autour de l’église Sainte Marie  fut édifié dans le courant du XIe siècle.

Melgorien : De Maugio près de Montpellier où était un atelier de frappe monétaire.


1240  Réorganisation administrative du Temple :  Scission en deux langues, celle de Provence est séparée de celle de Catalogne – Aragon. Les maisons chèvetaines sont respectivement à St Gilles du Gard et à Monzon dans l’actuelle Catalogne.  Les possessions du Fenouillèdes, Centernach et Prugnanes, restent liées au Mas Déu ( Langue d’Espagne ), même après que la frontière eut été établie dans le bassin de l’Agly et la création du royaume de Majorque. Simon Jean date cette partition en 1250, les chartes du Mas Déu en 1238.

De août à octobre vaine tentative de Raymond ou Raimon Trencavel de reprendre Carcassonne avec l’appui des faidits*, Pierre IV de Fenouillet, Chabert de Barbaira, Olivier de Termes,  Guilhem et Seguier de Peyrepertuse, Pierre de Cucugnan, Pierre de Latour, Géraud d’Aniort… dirigés par Raymond VII de Toulouse. Retraite des assiégeants le 11 octobre suite à l’arrivée des troupes de Jean de Beaumont ( Belmont )  grand chambellan de Louis IX envoyé par Blanche de Castille mère de Saint Louis et régente. Soumission de Guillaume de Peyrepertuse à Louis IX, charte du 16 / 12 / 1240. Son château est cédé à Jean de Beaumont  de même celui de Cucugnan ou de l’avis de René Quehen le 16 / 11 / 1240 ce qui est plus en phase avec la suite. Ce soulèvement contre l’occupant fut accompagné de trois de moindre ampleur.

L’arrivée de l’hiver dissuade Jean de Beaumont d’assiéger d’autres châteaux : Camps sur Agly, Le Fenouillèdes.

Suite à cette révolte Fenouillet et Puilaurens deviennent des refuges pour les chevaliers faydits comme Usson, Peyrepertuse, Quéribus, Aguilar…  Pour René Quehen c’était déjà le cas en 1228. Fenouillet  et Puilaurens seront ultérieurement séparés par la limite administrative Aude Pyrénées – Orientales. Raymond Trencavel regagne l’Aragon.

Séjour du diacre Cathare du Fenouillèdes Pierre Paraire au château de Puilaurens, ce qui confirme encore que cette église était aussi implantée de ce coté des Corbières.

* Faidits ou faydits : Graphies de l’Occitan au Français, Chevaliers hérétiques ou protecteurs des hérétiques proscrits et dépossédés de leurs biens par la croisade, acculés à l’exil. Cette émigration pour cause de répression s’est poursuivie jusqu’au traité de Corbeil. Plusieurs patronymes du Fenolhedés apparaissent des le XIIIe-XIVe en Aragon, Baléares où ils se réfugièrent et étendirent leurs domaines en récompense de faits d’armes : Saixa (1240) De Peyrepertuse, De Fenolhet, Chabert de Baraira… Leurs enfants furent souvent élevés à la cour d’Aragon : Olivier de Termes. Pons de Caramany ira chercher la protection de Jacques II de Majorque. On à vu qu’ils étaient simultanément vassaux du comte de Toulouse et du roi d’Aragon.


05 / 1241 : Olivier de Termes remet le château d’Aguilar  ( Le Viala ) à Saint Louis, 1260 est également proposé ? Oliverio de Terminis et  Olivario de T. de la main de St. Louis.


28/05/1242 :  Attentat d’Avignonet Lauraguais par un commando venu de Montségur. Vraisemblablement orchestré par Raimon VII et son bayle Raimon d’Alfaro. Massacre de deux inquisiteurs, Guillaume Arnaud et Etienne de St Thibery avec leurs neuf accompagnateurs dans le château d’Alfaro.

  • A la Mort de Sanche, le Conflent,  Cerdagne,  Roussillon,  Vallespir et le Fenouillèdes passent à Jacques Ier “Le Conquérant “, son plus proche héritier.Ce qui amènera Hugues ( Sic ? ) de Fenouillet à rendre hommage au roi d’Aragon.
  • René Quehen déduit que le Fenouillèdes est revenu à la France, n’étant pas mentionné dans cette succession. Voir la clause dans la donation de 1226.
  • St Louis renforce Peyrepertuse où ses habitants sont expulsés probablement à Duilhac. Un parchemin daté de 1242 énumère les remaniements ordonnés.

08 11 1242 :  Pierre IV, rend hommage en vain à Aymeri de Narbonne pour les châteaux de Fenouillet, dont les droits étaient partagés par plusieurs seigneurs. Hugues de Caramany était témoin, libellé Hugueti de Kara Manho, interprétation toponymique en 1307 . Béranger Ier du Vivier autre témoin.

Le Fenouillèdes écrit par Pierre de Fenouillet : Fenolletensis, Fenolletensem, Fenoletensis.

En 1242 mention de Sainte Eulalie de Trignac, église ou chapelle en rive droite de l’Agly en amont de Latour de France. Prieur en 1248. Édifice totalement disparu, cependant son emplacement a pu être déterminé et confirmé par des fouilles qui ont révélé des tombes.



1243 :
Pierre IV de Fenouillet et de Saissac* fils de Ava, meurt à la commanderie du Mas Déu où il s’était réfugié** sans s’être soumis à Saint Louis contrairement à Trencavel. Le premier accusé d’hérésie par Pons du Pouget frère inquisiteur de Narbonne, ses restes seront brûlés publiquement par la Sainte Inquisition en 1262. Selon René Quehen, Pierre de Fenouillet aurait été assisté par quatre diacres cathares dans ses derniers instants. Il venait de rendre hommage à Amalric le vicomte de Narbonne.

Un cathare réfugié chez les templiers, ce n’est pas un cas isolé, leur règle leur interdisait de sévir contre tout chrétien. Certains Albigeois en voie d’être dépossédés firent des donations au temple, d’autre part le Mas Déu relevait du roi d’Aragon et en 1199 Innocent III garantit l’immunité aux chevaliers hérétiques excommuniés qui rejoindraient la milice du temple.

Pierre de Fenouillet devient selon les ouvrages, Pierre II à V et confusions avec les branches collatérales. Pierre V selon Geneviève Gavignaud Fontaine agrégée d’histoire.

* De Saissac n’est que la forme moderne de De Saixas. Hors à Sournia un toponyme Saixa semble faire écho au catharisme comme on l’a vu aux dates 989 et 1240.

** Peire IV de Fenolhet à la fin de sa vie quitta son épouse Gueraua de Caudiès avec son consentement afin d’intégrer l’ordre et d’y finir ses jours  à la susdite commanderie.


16/03/1244 : Bûcher de Montségur, fin des églises Cathares.

Fuite des hérétiques en Aragon et en Lombardie. L’extermination des Cathares se poursuivra jusqu’en 1321 ( Belibaste ). Entre temps ceux qui ne se sont pas exilés seront pris et brûlés sur le bûcher. Ceux qui ont émigré en Catalogne seront rattrapés par l’inquisition qui y fut instaurée dés 1235.


1245 : Des parfaits, religieux Cathares, sont hébergés au château de Puilaurens.


15/05/1246 : Considérant la réorganisation des défenses de Peyrepertuse par le roi de France,  Jacques Ier de Majorque crée Salvaterra, une sauveté perchée sur l’oppidum éponyme d’Opoul, en lieu et place d’un castrum. Pour fixer des habitant sur ce lieu lunaire il leur accorde les mêmes privilèges que aux perpignanais. Dans la foulée il fait réadapter les châteaux de Salses et de Tautavel.

Les Français transforment Aguilar en forteresse royale. Une garnison y est logée.


1247 : Soumission définitive de Raymond Trencavel, Olivier de Termes et de Pierre de Cucugnan ( Camps sur l’Agly ) à Saint Louis.


06/1248 : Départ de la VIIe croisade. De nombreux seigneurs dont Raymond Trencavel, Olivier de Termes, Pierre de Cucugnan… accompagnent Saint Louis en Terre Sainte. Suite à l’échec de la révolte de 1240. Ils seront ainsi lavés de leurs fautes.

–  Louis IX ordonne à Guillaume de Pian, sénéchal de Carcassonne de prendre Molhet et Padern.


08/1248 : Pénétration de l’armée Française en Fenouillèdes, en règlement de l’héritage du pays par le roi d’Aragon.


27/09/1249 : A Millau mort de Raymond VII, sont comté passera à la couronne royale française en 1271.


1250 : En février, révolte des pastoureaux dans le nord de la France. Ce serait une des causes du séjour de Blanche de Castille, mère de St Louis, à Rennes les Bains. Ces bergers et leurs familles infiltrés de bandits, sévirent en Languedoc au 14e siècle, avec une préférence au détriment des nantis du moins dans les premiers temps.

A ne pas confondre avec Blanche de Castille citée en 1360. Si chacun dit vrai, c’est à dire Louis Fédié pour 1360 et ses successeurs audois pour 1250, ces deux altesses homographes auraient séjourné à Rennes les Bains.

Vers 1250 Reddition de Puilaurens qui est annexé par Saint Louis.


1252 ou vers 1248 – 1253 : Expédition de Guillaume de Pian, en un lieu appelé Bressols in Fenoledesio , ce fut un désastre , Castel – Fizel, Quéribus et Puilaurens étaient efficacement défendus par Chabert de Barbaira, un chevalier Cathare apparenté aux de Fenouillet. Le vicomte de Fenouillèdes était retenu en Espagne, à chasser le musulman. Guillelmus de Piano, le sénéchal originaire de Pia en Roussillon, sera rapidement remplacé par Pierre de Voisins. Le susdit désastre, selon l’expression d’A. Bayrou, interpelle puisque René Quehen affirme : On ne sait ce qui oblige cette armée à faire demi – tour mais l’expédition tourne court.Peut – être…Répété en triptyque.

R. Quehen envisage que ces faits auraient pu avoir pour cadre le Col de Brezou par rapprochement avec Bressols, soit sur la serre de St. Paul au nord de ce village. S’agissant de Chabert, Albert Bayrou est plus nuancé : Il fut sans doute un des principaux artisans de la défaite de l’expédition…

Chabert de Barbaira ingénieur militaire. D’après Lecoy de la Marche il avait fait construire la première grosse tour à triple toiture, appelée chat-château ou renard… Ces tours permirent la prise de Majorque en 1229.

Chat-château ou renard : Pour sa forme de galerie couverte, pouvait s’attacher aux murs pour servir d’abri aux sapeurs. On s’en servait pour combler les fossés. Quand ils étaient défendus par des tours, on les appelait chat-château. Il étaient construits en bois et pouvaient rouler sur quatre roues. Albert Bayrou dans Fenouillèdes-Diocèse d’Alet.


1254 : Pierre d’Auteuil promu sénéchal en juillet.


1255 : En mai – juin  Pierre d’Auteuil obtient la reddition de Quéribus, le  dernier château à tomber, tenu par Chabert de Barbaira, en contre partie de la liberté de Chabert emprisonné au fond des geôles de la cité de Carcassonne, du point de vue de René Quehen, il n’est pas certifié qu’il y ait eu siège. Ce  seigneur  fut capturé en mars par Olivier de Termes de retour de Palestine. Le revirement de Olivier de Termes pourrait s’expliquer comme suit : Jacques Ier le Conquérant fit don de seigneuries à Chabert. Ces fiefs d’Argelès, Estagel, St. Laurent de la Salanque avaient appartenu à Olivier de Termes. La soumission de Chabert et la cession de son château de Quéribus à Louis XI lui assurèrent sa liberté. On ignore quel fut le sort de la communauté hérétique hébergée dans les murs de Quéribus.

Louis IX aurait profité d’un arrangement diplomatique : Le suzerain du Fenouillèdes Jacques Ier d’Aragon était occupé à réprimer une révolte de ses sujets  de Montpellier. Affaire pour laquelle il avait besoin de l’aide du roi de France. Comme St Louis c’était un fervent catholique dont l’idéal était d’aller se sacrifier en Terre Sainte ! Ses prétentions sur la région en étaient passées au second plan. Il avait de plus d’autres visées expansionnistes, la France a saisi cette opportunité.

Louis IX ordonne au sénéchal de Carcassonne que les sergents de Peyrepertuse ne reçoivent pas leur femme avant Pâques.

Deuxième campagne de fortifications royales, Castel-Fizel, Fenouillet. A Puilaurens, après achat à l’abbaye de Cuxa et en avoir chassé les habitants. Cuxa abandonne également tous ses droits sur Lapradelle, le Caunil, Gincla, Aigues bonnes. Voir en 1011. Première phase de fortifications peu après 1240. Castel Fizel ou Castellum Fidélis, le château fidèle, au roi ou aux vicomtes de Fenouillet ? attendons que les historiens  s’accordent. D’autres forteresses, moins stratégiques par rapport au risque Aragon, sont rasées.

Vers 1254 Saint Louis restitue le château d’Aguilar à Olivier de Termes pour s’être brillamment illustré en Palestine.

Entre les guerres, les épidémies, les famines, environ cinquante au cours de ce siècle, les calamités naturelles, le Fenouillèdes est dépeuplé.  Léger mieux au XIIIe siècle concernant les épidémies.


05/1255 : Toute la vicomté est occupée par les troupes d’Olivier de Termes pour Saint Louis.

08/1255 : Louis IX ordonne au sénéchal de Carcassonne de fortifier Puilaurens. Les habitants sont déplacés dans la vallée.


1258 : Vaste opération contre la noblesse Cathare en Fenouillèdes entreprise par le roi d’Aragon, Jacques Ier. L’inquisition fait arrêter à Escouloubre Pierre Aura. Il aurait participé au meurtre d’inquisiteurs à Avignonet – Lauragais en 1242.

11/05/1258 Traité de Corbeil entre Louis IX et Jacques Ier ratifié le 16 juillet à …  Barcelone!*. Louis IX reçoit le Fenolhedés – Perapertusés sans Opoul,  Vingrau, Périllos ni Tautavel qui se retrouvent en Roussillon. Tout en restant liés à l’archevêché de Narbonne comme le Fenolhedés – Perapertusés. Simplification des droits de suzeraineté partagés jusques là, la France renie définitivement ses droits acquis des carolingiens au sud des Pyrénées et l’Aragon les siens en Languedoc. Pour le civil le Fenouillèdes relève dorénavant de la sénéchaussée de Carcassonne. Dans laquelle l’inquisition est instaurée, enquêtes jusqu’en 1262.

* Selon les historiens du cru que nous épargnerons en évitant de les citer, ne serais – ce pas plutôt à Corbeil au prieuré de Saint Jean? axl.cefan.ulaval.ca/monde/catalan

  • Vingrau et Tautavel occitans passent aux  ” Catalans “.
  • Opoul et Périllos bien que appartenant à l’aire linguistique occitane étaient déjà administrativement du côté opposé.

Tracé de la frontière : Du sud de Port  Leucate ( Voir pages Toponymie) aux confins de Salses avec  Fitou, Col des Hortoux ?, Trauc del Caval, Montoulié de Perilhou alias Périllos ( Radar météo )*, Pech del Genièvre à Vingrau,  Pas de Paziols, Pech de la couronne ( Horizon nord – ouest Estagel ), La Tour de France, Col de La Bataille, Belesta de la Frontière, Col des Ausines, crêtes sud de Campoussy, Sournia, Rabouillet, Montfort, Conosols…. Voir cartes et en 863 pour le tracé antérieur. Certes le Fenouillèdes est passé à la France. Mais pour son plus grand malheur, il est pris en tenaille par l’Aragon, au sud et à l’Est bien sûr et en façade du pays de Sault.

* Nonobstant son positionnement côté  ” Catalan ”  Périllos  sera durablement acquis à la famille De Gléon, des seigneurs français  établis entre Portel des Corbières et Fontjoncouse. Fait étonnant perçu de nos jours cette frontière n’a pas été matérialisée sur les hauteurs des Corbières maritimes.

Le Donezan, l’actuel canton ariégeois de Quérigut propriété des comtes de Foix feudataires du royaume de Navarre passe à Jacques 1er Le Conquérant ainsi que le pays de Sault, voir en 1607. La dernière assertion est digne de faire se retourner l’abbé Pierre Moulis dans sa tombe de Belvis! Elle a le seul mérite d’exister.

La cession du Fenouillèdes sera scellée en 1262 par le mariage du fils de Saint Louis, Philippe le Hardi avec la fille de Jacques Ier, Isabelle d’Aragon. Future mère de Philippe le Bel.

Peyrepertuse fut essentiellement édifié par les Aragonais*, ce n’est pas l’œuvre des Cathares. Puilaurens a bénéficié de remaniements  aux XIe et XIIe siècles, vers 1263 et également par les Aragonais. Restructuration en forteresses royales des cinq fils de Carcassonne dont Peyrepertuse considérablement étendu et Puilaurens, pivots des défenses Françaises sur la nouvelle frontièren préfiguration de leur apparence actuelle. Fenouillet est devenu une citadelle royale, gardée par une garnison de 25 sergents d’armes plus un capitaine commandant et un chapelain, autant à Puilaurens et à Peyrepertuse avec un chapelain. A Quéribus 27 sergents y sont déployés. A notre humble avis châtelain serait mieux de circonstance que l’ecclésiastique susdit.

*Par les Aragonais : Une inexactitude qui ne cadre pas avec les déroulements ci dessus, issue vraisemblablement de l’un de ces subtils escamotages dont on a déjà parlé. les Carolingiens et les Capétiens avaient fait le gros oeuvre. Sur un sol souvent préparé par les Romains et les Wisigoths. Puis les comtes de Bésalu les ont adaptés.

 

Création de la viguerie du Fenouillèdes. L’administration sous l’Ancien Régime. Cette date paraît simplificatrice, Albert Bayrou n’énumère les viguiers qu’à commencer de 1289 seulement. Le tribunal du viguier se composait d’un juge, d’un lieutenant principal, d’un lieutenant particulier, d’un procureur du roi, d’un substitut et d’un greffier…Avant le XIV è siècle, les viguiers étaient des roturiers…. A.B.


Evènements de Fenouillet : Louis Fédié propose une autre version, impliquant Pierre II de Fenouillet, en voici une synthèse :

N. Sanche pensa à tort qu’il pourrait rapidement dépouiller cet adolescent, c’est à dire Pierre II Sanche s’était déjà accaparé le comté de Bésalu au détriment de la comtesse Ava, il lui manquait le Fenouillèdes. Le château de Fenouillet eut à soutenir un siège mémorable, mais son vicomte résista. Là dessus vint la croisade contre les Albigeois, Pierre était de leur parti, allié au malheureux Raymond Roger Trencavel. Pierre de Fenouillet se retrouva faidit. Entre temps N. Sanche s’était rangé aux côtés des Croisés, il fut investi du Fenouillèdes par Simon de Montfort. Les Croisés étaient maîtres de tout le pays sauf des forteresses de Fenouillet, de Peyrepertuse et de Puilaurens, chacune défendue par un membre de la famille de Fenouillet et Simon de Montfort dut se retirer après un long siège vain. C’était vers 1217. N. Sanche mourut en 1242 à Formiguères en sa résidence d’été, sans avoir pu prendre Fenouillet ni Puilaurens. Nous voilà en 1258, Fenouillet est devenu forteresse royale aux mains de St Louis. Pierre de Fenouillet ne conserva que ses domaines d’Ille et de St Paul. Il protesta sans succès contre la confiscation de Fenouillet. Son petit fils alla jusqu’à réclamer pendant 10 ans de procédure en cassation auprès du pape sans obtenir gain de cause.


Un souffle cathare : Investigations  de Bernard Caillens publiées en quatre chapitres. Elles ont le mérite de lever le voile sur un sujet trop éludé, le Fenouillèdes Pays Cathare., nos lointains ancêtres étaient adeptes de ce courant de pensée.

Cathares et Templiers en Roussillon, Robert Vinas.

Julien – Bernard Alart ( 1824 – 1880 ) Suppression de l’ordre du Temple en Roussillon.

Recueil des chartes de la maison du Temple du Mas Déu Vol.  1 par Rodrigue  Tréton.

Philippe Coquin, La Corbière Catalane. Cliquez sur Liens et Livres Fenouillèdes.

Carte du Traité de Corbeil sur axl.cefan.ulaval.ca/monde/catalan

Des pages entières de Liens vous attendent sur l’article éponyme.

 


 

Du Neolithique aux Romains en Fenouillèdes

-8000 : St Paul de Fenouillet, gisement épipaléolithique de Galamus.

– 6000 à – 5300 : Fontanés haute vallée de l’Aude. Aux alentours de – 5300 usage de céramiques cardiales. Elles comptent parmi les plus anciennes connues. Cardial, d’après un motif décoratif imprimé avec une valve de cardium edule. Coquillage répandu sur les plages de méditerranée. A chaque époque correspond un type de poterie bien défini.

Le climat est proche de l’actuel, en plus chaud et plus pluvieux. Les auzines (chêne vert) sont rares. Les caducs dominent, à l’étage actuel du chêne vert. Entre – 5500 et – 2500.

Quérigut (Ariège) en Donezan. A plus de 1500.m d’altitude, dans une tourbière du Laurenti concentration de pollens de céréales et messicoles associées.


– 5800 : Habitat en bordure de l’ Agly à Caramany, voir ci dessous.


– 4800 : Pont de Corrége à Leucate. Il y avait là un important village de pécheurs, agriculteurs, éleveurs. Sur ilot aujourd’hui englouti sous quelques mètres par l’élévation du niveau marin. La chèvre, la vache, le porc et surtout le mouton y sont domestiqués. Les céréales cultivées. Les objets en terre cuite sont d’une grande diversité de décors. Réalisés par exemple à l’aide de cardiums, de peignes en bois.


– 4000 : Le Montbolien de Montbolo, dans la vallée du Tech. Utilisation de poteries peu décorées mais de belle facture, à anses tubulées pré-indicatrices du Chasséen (Chassay près d’Autun).

Grotte de Bélesta de la Frontière : Premières sépultures collectives. La plus ancienne du midi, environ vingt personnes pour les deux tiers des enfants et des adolescents. Le trésor de Bélesta, une série de 28 marmites et vases, bols, écuelles, tasses datés de -4700 a -4300 typiques du Montbolien. Réalisés au colombin, technique consistant à pétrir l’argile roulée en boudins. Découvertes dans une salle à onze mètres sous l’entrée de la caune. Au voisinage des foyers abondance de meules et de céréales carbonisées.

– Les premiers carmagnhols : Nécropole du Camp del Ginebre à Caramany, Station découverte au cours de fouilles de sauvetage préalables à la mise en eau du barrage sur l’Agly, sise à environ 1 km en amont du Pont rose. Le froment, le blé dur et l’orge nue y étaient cultivés. Les pratiques funéraires vont y perdurer jusqu’au premier âge du fer. Trois grandes tombes en tertre englobées chacune dans un tumulus de sept mètres de diamètre, entouré de sépultures individuelles et  des fosses d’incinération. aapo-66.com/publications 1994 et 95. Ce site est particulier en considérant l’ancienneté des rites d’incinération comparativement à ceux connus jusques là.


– 3500 – 2500 : Chasséen, en relais du Montbolien. Diversité de nouvelles vaisselles à la fabrication soignée, à Caramany un plat à marli et des anses tunelliformes respectivement des époques pré – citées. D’après J.Abélanet le Montbolien serait plutôt localisé en chevauchement des Pyrénées et aurait été colonisé par le Chasséen via le Languedoc.

Apparition de doliums, grands récipients enfouis destinés au stockage de céréales. Permettaient une conservation d’une année à l’autre. Sauf entame qui rendait le grain à consommer rapidement. Ceux qui ont visité l’oppidum d’Ensérune, aux portes de Béziers, auront été admiratifs devant les aires de stockage industriel par ce procédé. Les céramiques de cette époque sont à anses tubulées façon cartouchière.

C’est l’âge de la pierre polie. De nombreux gisements ont produit des outils en roche d’importation. Notamment des haches en obsidienne, roche magmatique de Sardaigne. Des bijoux en variscite, une roche verte des mines de Gavà en  Catalogne, exploitées vers – 6000 ou des silex blonds de la Loire, ce qui induit des échanges commerciaux.

Civilisation des tombes en fosse, généralement individuelles. Corps en position replié selon un rite très ancien, enfoui dans un coffre en lauzes appelé ‘ciste’. Stations de Caramany et de Calahons. Les Lauzes sont des pierres plates généralement en schiste. Voir chapitre cabanes.


– 2600 – 2000 : Le Vérazien de Veraza dans le Limouxin. Se distingue par de grands contenants à fond rond. Garnis de mamelons, ou de décors lisses, ou de languettes superposées.


– 2500 – 2000 : Généralisation des sépultures collectives, Les dolmens : Lesquerde, roc de l’arque à Felhuns, Ansignan.Vidés et réutilisés pendant des siècles sinon pillés, leur datation en est rendue aléatoire. Ils sont l’oeuvre des populations sédentarisées dont l’habitat était à proximité.Plusieurs méritent le détour à maints égards, particulièrement sur la serre de Sournia : Foun de l’Arca et sa dalle de couverture cupulée, Tribes en belvédère face au Canigou. Ce balcon a quelque chose d’irréel. Un de ces coins secrets du Fenouillèdes qui lorsqu’ils vous tiennent ne vous lâchent plus, en paraphrasant Annie de Pous. Cayenne à Campoussy comme les deux premiers.

Arques Arca, Arsa, Triby, Tribes, Palet de Roland, l’Homme Mort, ces lieux dits désignent des dolmens, des tombes en fosse. D’autres études font dériver Triby du latin trivium, c’est à dire un carrefour de chemins à 3 directions, vers Catllar, Rabouillet, Sournia. Là passait une des principales voies de transhumance, venant de Narbonne, Durban, Tuchan par Calce, le col de la Bataille à destination du Madres et du Capcir. Bien après le chemin de Catllar à Sournia portera le nom de chemin du Languedoc. Il fut également baptisé, Tira de Salvanère – Chemin du bois de Salvanère du temps où les seigneurs de Le Vivier exploitaient cette forêt, les grumes étaient tirées avec des bœufs jusqu’à la vallée de la Têt.

Les dolmens, tombes collectives, expression du culte funéraire comme plus tard les églises. Il faut les imaginer couverts du tumulus initial de plan circulaire entouré de dalles fichées verticalement sur leur pourtour. Ils seraient postérieurs de environ 1500 ans aux grands dolmens atlantiques. L’évolution des connaissances bat en brèche cette perception initiale. Le mégalithisme aurait débuté au sud ouest de l’Europe avant de se propager progressivement chez les Bretons.

Les menhirs : les motivations qui auraient préludé à l’érection de ces monolithes sont aussi floues que nombreuses : Sacré, Hommage à quelque personnage, culte à la fertilité d’après un profil souvent suggestif ou simplement bornage néolithique des voies de transhumance sinon moyenâgeux. Délimitation de communes au 10 éme siècle de notre ère.

Toponymes : Peyralade, Peyrefite, Peyredrete, rebaptisé en Catalan sur les cartes IGN top.25 1996 édition 2 ( Sans commentaire ), ce qui donne Pédra Dréta. Moins évident que pour les dolmens, confusions fréquentes avec des bornages ultérieurs.

On peut citer ceux de :

  • Counozouls dans l’Aude en descendant du col de Jau * par la vallée de l’Aiguette et la D.84 sur le remblai de la quelle il se dresse de ses 8, 90 mètres pour un poids estimé de 50 tonnes. * Un menhir couché au pied du panneau indiquant l’altitude.

  • La Peyredréte de Campoussy sous la D.619 accessible par la maison forestière de Cayenne. Ce colossal monolithe de granit est-il vraiment une pierre levée ? Si ce n’était ce toponyme il y aurait de quoi en douter. La Peyredréte de Caladroy, au bord de piste de Pleus mais couché et brisé. Par l’église ?

  • Celle proche de la jonction de quatre communes qui sont Vingrau, Tautavel, Cases de Péne , Espira c’est à dire au milieu du camp militaire ( Danger de mort ). A la ressemblance frappante avec un phallus de environ 2 mètres de haut et rebaptisée à la sauce Catalane, ci-dessus. Si ce n’était ce profil suggestif en observant la face nette de peintures, la frontière de Charles le Chauve devait logiquement passer tout près. A Vingrau elle est connue en tant que borne séparative des évêchés de Narbonne et  d’Elne.

  • « Le menhir » des Fumades à Prats de Sournia ( Photo ). Il gisait couché dans la terre arable*. Révélé en 1997 à l’occasion du creusement d’une retenue collinaire. Il  n’est pas identifié en tant que tel. Cependant la géographie du lieu est en adéquation, col ouvrant sur un vaste panorama et dominant un dénivelé de 300.m. Concentration de toponymes en rapport à proximité et surtout sa silhouette phallique quand il apparaît en venant de le Vivier. Il serait enfoncé aussi profondément que visible de ses 3 m de haut. En outre comme tant d’autres mégalithes en remontant des basses Corbières jusqu’aux alpages il borne une voie de transhumance majeure.

      * Véracité de cette information émanant d’un propriétaire riverain, catégoriquement réfutée par le maire Monsieur G. Deulofeu, d’ailleurs les traces de socs sont invisibles.

  • Le Touch et les Trés Palets de St Paul. A traduire par le but et les trois palets. Soit un menhir et un dolmen composé de trois lauzes. Des légendes mettent en scène un jeu de géants ou le célèbre Roland. Hélas ils ont été détruits. Voir en 842.

Il est permis de supposer qu’il sont de la même époque que les dolmens. Il n’est pas rare qu’ils soient juxtaposés sur un même lieu. Leur implantation parait répondre à des règles identiques d’ordre géographique. Érigés sur des cols, de minuscules replats, des plateaux, desquels le regard porte loin.

Cette énumération de mégalithes est loin d’être exhaustive.

Une mention pour le rocher dit des 40 croix sur les crêtes versant Désix au sud ouest de Rabouillet. Dans un paysage lunaire où abondent les chaos granitiques, réunis par une mer de callunes. Histoire de Mosset.

Rodes : sauf simple coïncidence, semble lié aux cromlechs. Ce sont des cercles de pierres levées, à allure de roue, roda en occitan ou rodes pour la forme masculine. Terme sur lequel les étymologistes abondent en interprétations variées. Par exemple une végétation broussailleuse, touffue. Dans un maquis impénétrable au nord de Sournia. En Catalan Rhodes.

Depuis environ un millénaire c’est le néolithique moyen nous sommes maintenant à la charnière du néolithique final, l’âge des métaux.


– 1900 à – 1000 : Phase dite campaniforme pyrénéen correspondant au chalcolithique, en clair l’âge du cuivre. Les vases sont ornés de gravures en fermeture éclair, apparence extérieure lustrée tant leur finition est aboutie. Ornementations réalisées au peigne à dents carrées ou a la cordelette.

Gisements d’Estagel et de la Caoune de l’or à Saint Paul. Charles Hedson ingénieur des mines en prospection à Galamus en 1913 révèle une station qui pourrait appartenir au campaniforme. La salle sépulcrale recélait des fragments d’os humains, du mobilier funéraire, une remarquable plaquette de pierre…

Ossuaire de Roque rouge à Saint Paul.

Caoune : Tout languedocien digne de ce nom écrira cauna et prononcera comme ci-dessus.


– 1800 : Langue Ibère. Influence Punique (Carthage) puis Grecque.

Age du Bronze ancien, le bronze est un alliage de cuivre et d’étain, véraziens établis à :

  • Caramany station des Codomines à 400 m en aval du Camp del Ginebre.
  • Latour de France, dolmen de St Martin occupé jusqu’à l’âge du fer.
  • Lesquerde.
  • Felluns au roc de l’Arque.
  • Tarérach au Mas del Colomb.
  • Vingrau…

Usage du tour à poterie.

Domestication du Cheval.


– 1500 : Implantation des Phéniciens ou Cananéens, venus de l’actuel Liban, via leurs colonies d’Afrique du nord et des Baléares. Phénicien serait issu du Grec Phoinix qui signifie rouge en référence à la pourpre extraite du murex. La mise en exploitation des filons métallifères leur est imputée. Il est impossible de préciser sur quels gisements ils opéraient. Leur production était exportée.

Philippe Coquin soupçonne une origine phénicienne à nos Rocs Rouges sans que ce soit son unique approche puisqu’il émet une hypothèse qui nous fait reculer à l’aube du néolithique. Concernant la première, ce pourrait être un lointain héritage d’un dieu censé protéger le territoire et veiller à la fécondité des troupeaux et des humains. Ansignan, Axat, Campoussy Fenouillet, Sournia, Galamus, Glorianes… A lire : Fenouillèdes No 20 et 43.


– 1200  – 1100 : Bronze final :

  • Bélesta en grotte, de même à celle de l’Aguzou dans la haute vallée de l’Aude.
  • Site d’ Ansignan, ayant révélé des moules de fondeurs.
  • Juin 1977 trois jeunes spéléos  découvrent un vase à triple ouverture coincé dans une diaclase de la Fou de St Paul, Françoise Claustre.
  • 1996 un charruage sur le plateau de Taîchac  fait apparaître des tessons de céramique non tournée.
  • A Cubières et à proximité d’une voie antique, la fouille d’un tas d’épierrage à produit des tessons de poterie non tournée. Dans cet amas caillouteux est apparue une lauze gréseuse ornée de trois cupules et de stries en damier, présumée antérieure au Bronze.
  • Rasiguères, St Arnac, Ansignan… aapo-66.com/publications 1996.
  • Paziols : Peyra d’al bast. paziols.fr

– 1000 : Peuplement Sorde, origine mal définie, Ibère ou Ligure ? Ces Sardons couvriront le basin de l’Agly en essaimant de la plaine. A la grotte de la chapelle dans les gorges de St Georges cinq bracelets de bronze du début de l’âge du fer ont été découverts à la fin du 19éme.


– 900 : Première vague Celte. Période proto-celtique ou Mailhacien, de Mailhac en Minervois, civilisation des champs d’urnes anciens. Les urnes contenant les cendres des défunts étaient déposées à faible profondeur protégées par une lauze en office de couvercle. Parfois accompagnées de vases d’offrandes, poterie non tournée. Peuvent apparaître de menus objets tels que rasoirs, épingles, couteaux, bracelets… en bronze ou en fer. Le tout, surmonté de quelques pierres entassées, dissimulé sous la surface du sol et souvent arasé par les labours.

Pratique funéraire d’influence Rhénane : Bélesta, Caramany au Camp del Ginèbre où des bijoux, des haches polies des meules etc. ont été mis à jour.

Confédération Celte des Volques Tectosages.

Abandon progressif du bronze au profit du fer.


– 800 : Premier âge du fer ou Hallstat, nécropole éponyme en Autriche. Armes et bijoux embellis de spirales, cercles, roues, symboles solaires.(La Princesse de Vix en Cote d’Or).Celtes Hallstatiens en superposition aux Ligures, venus du nord de l”Italie.


– 750 : Station de l’Artigue del baurien à Lesquerde : Habitat et mine de fer.

Champ d’urnes de Caramany jusque vers -600. Relatif à un autre site que ci dessus, les Coudoumines attenant au Pont rose, occupé dés le Bronze final.

Fondation de l‘oppidum Elysique de Montlaurés, précurseur de Narbonne. Un des plus anciens habitats connus de ce peuple ainsi nommé par les Grecs. Les mots Narba, Narbo sont aussi d’origine hellénique.

L’oppidum de Fenouillet semble être contemporain. Il deviendra en l’an 1000 le Castrum Saint Pierre, une véritable citadelle.


– 600 : Les Grecs supplantent les Phéniciens.

Au VI ème siècle Caucolibéris / Collioure existait déjà. Au cours du précédent Hérodote mentionne le port de Pyrène. Il pourrait être question du Portus Veneris des romains, littéralement le port de Vénus aujourd’hui Port – Vendres, en référence à un temple dédié à Aphrodite puis à Vénus, cité par plusieurs géographes jusqu’à Rufus Festus Aviénus contemporain de J – C..


– 560 : Deuxième âge du fer.

Fondation d’Agde par les Phocéens, des grecs d’Asie. Vagues de Celtes Danubiens.

Le Languedoc et le Roussillon sont peuplés d’indigènes d’origine ibérique ayant intégré des Celtes. Ce sont les Elysiques. Ils appelèrent ce pays les Champs Elysées (B.de la Farge). Ces Celtibéres selon le nom donné par les Romains avaient pour principales villes : Mailhac en Minervois, Ensérune, Montlaurés… Elles étaient en relations commerciales avec les Carthaginois, les Etrusques (Etrurie-Toscane), les Grecs. Des céramiques trouvées à Calce, Rivesaltes, Salses, Tautavel… attestent d’échanges avec les grecs et les carthaginois.

L’horizon Celtibère de l’oppidum d’Ensérune a révélé une mosaïque étrangement ressemblante au chrisme de Raimond IV de Toulouse. Autrement dit, la croix occitane.


– 300 : Celtisation, incursions de bandes Celtes Tectosages puis Bébryces, jusqu’aux Romains, elles dominent les Elysiques vers -250. Plusieurs de leurs oppidums semblent désertés.Les Bébrices appartiennent à la confédération des Volques Tectosages (légende de Pyrène, la fille du roi Bébrix), au même titre que la tribu des Céretanis (Céret et Cerdagne) ou celle des Atacins (Atax le fleuve Aude, Axat). Toulouse était leur capitale.Les Bébryces seront encore remarqués au IIe-IIIe siècle de nôtre ère par le sénateur Don Casius.

L’écriture ibère est adoptée. L’alphabet hellénique demeure tout autant présent.


– 218 : Deuxième guerre punique domination de Carthage. Qui au niveau local avait su tisser des liens avec les tribus. Ce n’était pas encore le cas des Romains. Le passage de l’armée du général Hannibal avec ses 37 éléphants en bénéficia.Il est censé avoir suivi de près le littoral au nord de Ruscino en venant de Illibéris. Mais une légende le détourne par Maury, Padern, (une autre par le col d’Ares). Tous les chemins mènent à Rome. Surtout que la Salanque et les étangs n’étaient pas ce qu’ils sont. Il faut les penser sans l’atterrissement alluvial et sans l’ensablement du lido. Ces parages étaient réputés insalubres bien après.

  • + 7 mètres sur la Via Domitia vers Torreilles.
  • + 1. 30 m à St Laurent de la Salanque sur un habitat de l’antiquité tardive.

L’Espagne était partie intégrante de l’empire Carthaginois, aux mains d’Hamilcar Barca, le père de Hannibal.

Oppidum de Trévillach, leTartier des Maures en surplomb de la Désix. Un autre habitat perché sur la rive opposée.


– 200 : Population Celtibère. Les Celtes ont dominés les Ibères,. Mais ils vont avoir affaire à d’autres Germains, les Cimbres et les Teutons.

Au cours du 2eme siècle avant J.C débuts d’Elne ( La supposée Pyrène* évoquée dans la légende d’ Héraclès ?), l’antique Illiberis c’est à dire La Ville Nouvelle, ainsi que de Rivesaltes-Tura et de Ruscino / Château – Roussillon. Abstraction faite d’un habitat datant de -700 sur ce dernier site précurseur de Perpignan, sis sur un éperon en rive droite du Ruscinon / La Têt.

* Oppidum habité en ininterrompu depuis au moins le VI ème siècle avant J-C, son sous – sol a produit des tessons d’origines attique et punique.


– 197 : Les Romains créent deux provinces en Espagne qu’ils ont conquise à la fin du IIIe siècle. On peut en déduire que dés lors les populations locales ont commencé à être imprégnées de leur culture.


– 123 : Rome appelé par Marseille pour lutter contre des Celtes met à profit cette opportunité pour envahir la Gaule.


– 118 : Licinus Crassus fonde la ville nouvelle de Narbonne qui supplantera l’oppidum de Montlaurés, baptisée Narbo Martius en hommage à un consul romain.

La via Domitia est datée de la même année, hormis Narbonne elle desservait l’autre grande ville du moment, Tarragone. Cette route aurait succédé à la via Héraclea ( De Héraclès ), d’abord littorale par Salses, Ruscino, Collioure, Col de Banyuls… Elle sera progressivement réalignée sur Cabestany et le col de Panissars jumeau de celui de Le Perthus.


– 107, – 101 : Premières grandes migrations germaniques. Les Cimbres et les Teutons supposés danois du Jutland, sèment la désolation dans le Bas – Languedoc Ils infligeront des défaites à Rome. Mais ils seront anéantis par le consul Marius à leur retour d’Espagne. Les celtibères saisissent l’opportunité de cette invasion pour se révolter contre les romains qui les feront refluer sur les hauteurs.


– 100 : Au cours du 1er siècle avant J-C la crête de Peyrepertuse est habitée, drachmes,fragments d’amphores et de tuiles romaines ( Tégula ) dispersés tout autour des défenses naturelles.


– 74 : Passage de Pompée. Comme à La Turbie dans les Alpes Maritimes et au col de Panissars à le Perthus, il aurait fait édifier un trophée au col de Saint Louis. Commémoratif de sa victoire sur les Sordes, Sordons ou Sordones, les quels peuplaient le sud des Corbiéres jusqu’au littoral. Selon Louis Fedié qui semble reprendre Heronymus Pujadesius dans Marca Hispanica.

Heronymus Pujadesius cité par l’archevêque de Toulouse Pierre de Marca en 1688 dans Marca Hispanica.

Face à de telles assertions, maître Louis Fédié est couramment victime de piques, assénées par les historiens actuels. Mais alors, d’où proviennent les blocs soigneusement équarris, visiblement de réemploi et qui constituent le parapet du viaduc de 1845 ? Lui même édifié sur le site du dit trophée.

Sordes est un sobriquet à inclination péjorative. A interpréter comme être méprisable issu de basse classe. Ils étaient opposés aux Cynètes du Roussillon. Ces deux ethnies étaient issues des Bébrices. D’après P.Coquin.

L’ Agly est appelé Sordus, le fleuve Sordicène, la rivière des Sordes par le proconsul Rufus Avienus. Selon les auteurs cette citation est datée du premier siècle de notre ère.


– 51 : La guerre des Gaules est finie, c’est la Pax Romana.


– 49 : La 10éme légion de retour de Lérida en Espagne (victoire sur Pompée) avec à sa tête Jules César est cantonnée en Narbonnaise. Une légende l’introduit dans le haut Razés à destination de Toulouse, la capitale des Volques.


– 46 : Installation des vétérans Romains. La contrée devait être un des pagus de la Narbonnaise. Province issue de la réorganisation de la Transalpine en -27.

Au premier siècle avant J-C les Romains fréquentent Aquis Calidis, les bains de Montferrand. Aujourd’hui Rennes les bains.

A la même époque les Goths du Gotland, province au sud de la Suède, vont s’établir sur la Vistule. C’est l’amorce du Périgrinatio gotica, un périple de plus de 5.000 kms qui les amènera à Toulouse.


– 27 : Octave divise la Gaule en quatre provinces dont la Narbonnaise.

Liens et Livres Fenouillèdes


Principales sources documentaires de Fenouilledes.fr et histoireetrando-prats-de-sournia.fr

Mise en garde

Autrement plus que leurs homologues bleu blanc rouge, les historiens catalans traînent depuis des siècles une réputation de :

Raisonnement  circonscrit à la Catalogne comme si le rôle du Languedoc –  Fenouillèdes limitrophe était nul ou gênant peut – être, fierté identitaire aidant ?

Compte tenu des problématiques soulevées en A Propos, Toponymie Occitane du Pays Catalan. les références suivantes résultent d’un tri drastique, il a fallu secouer le prunier; Ces éminences catalanes  y sont différenciées  dans l’idée d’activer votre vigilance.

Le jeu des 7 contradictions multipliées à l’infini : Si l’Histoire de la Catalogne ou de sa marge occitane vous passionne, ne vous fiez surtout pas aux seuls auteurs catalans quelle que soit leur notoriété plus ou moins fondée, comparez vos sources à la sauce catalane avec leurs homologues languedociens et de France. Ne consultez pas que les libraires du 66.

Sachez que beaucoup ont en point commun celui d’être diffusés par Terra Nostra dont ils sont quelquefois membres fondateurs. Pris dans un contexte plus élargi et à force d’être dans l’ambiance des auteurs catalans, il n’est pas rare d’en arriver à la synthèse suivante  :

– Seraient – ils en premier lieu sympathisants des mouvements identitaires ou séparatistes et ensuite historiens impartiaux peut – être ?

Plus ennuyeux, spécialement pour les élèves du Fenouillèdes, il en est qui sont enseignants !

 


Livres

 

Mémoire de Pierres. Docteur Elie Malé aux éditions Les Presses Littéraires 2017. Etude sur les cabanes de Latour de France et d’Estagel.

De Garrigues en Ministères.  Claude Guillabert aux Editions de Saint – Amans 2010, ( 511  pages, 24 x 16 cm ), Cet énarque natif de Sournia raconte de pair avec son cursus hors du commun, le monde rural dans la vallée de la Désix au cours des décennies 1930 – 1940.

 

Prats de Sournia, un village du Fenouillèdes. E. et C. Bordes, N. Calvet, M. Crambes, ( 220 pages, 24 x 17 cm )  2012. Histoire et vie d’un village frontière du Fenouillèdes de l’Age du bronze à nos jours. Veuillez vous adresser à : communedepratsdesournia@wanodoo.fr ou au numéro de téléphone suivant 04.68.97.74.06.


Fenouillèdes. Revue des mémoires et histoires des Languedociens des Pyrénées Orientales et du canton d’Axat. Quatre numéros par an. Incontournable par ses articles abondamment documentés.

Éditeur : 13 rue Pierre Vidal, 66220 Saint Paul Fenouillet.


Saint Paul et les Fenouillèdes. Geneviève Gavignaud-Fontaine, agrégée d’histoire. Editions Arpèges 2011, ( 292 pages, 16 x 24.cm )

Notre avis : La vraie histoire du Fenouillèdes

La brève période sous domination Aragonaise est contenue dans ses justes proportions. Chose fort rare dans les études relatives au Fenouillèdes. Ouvrage net des trucages habituels faisant du tout Catalan à tout va. Si répandus que les plus crédibles des historiens s’y sont fait piéger à la manière des mauvais élèves “pompant” sur leur camarade.

Nombreux extraits d’actes originels permettant de s’affranchir des petits arrangements à la catalane.

En vente dans les bonnes librairies du Fenouillèdes et auprès de la revue ci-dessus.


Au temps des dolmens. En Languedoc Roussillon. De Jean Guilaine, audois professeur au Collège de France. Éditions Privat 1998. ( 166 pages, 20 x 28.cm )


Aude. Ouvrage collectif aux éditions Bonneton. ( 431 pages, 17 x  24 .cm )


Pyrénées-Orientales Roussillon. Ouvrage collectif aux éditions Bonneton. ( 320 pages, 17 x 24. cm ). Les auteurs sont catalans et professeurs à l’université de Perpignan.


Fenollède. Le Pays et la Vicomté Féodale de Fenouillèdes du VIIIe au XIVe siècle.  Annie de Pous, auteure catalane aux éditions Roudil 1973. ( 167 pages, 18  x 24.cm ).


La Seigneurie de Peyrepertuse Son histoire, ses châteaux. René Quehen 1975 ( 292 pages, 17 x 24 cm )  édition de l’auteur, La Barbère 31310 Montesquieu Volvestre.

Notre avis : Une particularité, l’auteur ne s’est pas suffit à recopier ses prédécesseurs. Relation accompagnée d’une analyse et d’arguments démonstratifs. Extraits de textes originels.


Fenouillédes Diocèse d’Alet Fragments historiques et statistiques.  Albert Bayrou aux éditions de l’auteur 1980. ( 226 pages, 15 x 22.cm )


Mystérieuse Corbière de Sournia.  Premier prix histoire au concours international des Arts et Lettres 2006. En vente à Sournia.

André Carol historien de Sournia 2005. ( 207 pages, 17 x 24.cm ). Complémentaire et plus précis  que les autres auteurs de cette rubrique, concernant les wisigoths, les cathares et la croisade, les templiers.

Carol : très ancienne famille de Sournia.


Les Templiers des pays d’OC et du Roussillon. Simon Jean aux éditions Loubatières 2003. ( 413 pages, 16 x 24.cm )


Châteaux et forteresses en Pays cathare. Dominique Dieltiens aux éditions Loubatières 2003. ( 367 pages, 16 x 24.cm )


Lieux et légendes du Roussillon et des Pyrénées Catalanes. jean Abélanet, auteur catalan, ancien conservateur du musée de Tautavel aux éditions Trabucaïre à Perpignan 1999. (202 pages, 15×23.cm).


Autrefois des hommes… Préhistoire du pays Catalan. jean Abélanet, auteur catalan aux éditions Trabucaïre 1992. ( 206 pages, 14 x 22.cm )


Le comté de Razés et le diocèse d’Alet. Louis Fedié notaire et conseiller général de l’Aude aux éditions Lacour, réédition 2002 d’un ouvrage de 1880,  233 pages, 15 x 20.cm .


Les tours à signaux. Annie de Pous aux éditions Conflent 1981. ( 105 pages, 15 x 24.cm )


La Croix Occitane. Bertran de la Farge aux éditions Loubatières 2000. ( 120 pages, 11 x 20.cm )


Canigou Montagne sacrée des Pyrénées.  Joseph Ribas, auteur catalan aux éditions Loubatières 2003. ( 413 pages, 16 x 24.cm )


Géologie des Pyrénées Orientales. Henri Salvayre 1983, ( 429 pages en 14 x 21.cm )


Le Livre des Eaux souterraines des Pyrénées Catalanes. Henri Salvayre 2010 aux éditions Trabucaire, ( 240 pages en 17 x 24 cm ) Sous un titre déferlant une large place est consacrée aux bassins de l’Agly et de l’Aude.


Glossaire de la Langue d’OC.  Pierre Malvezin édition la Découvrance, réédition 2006, 278 pages.


Les Hommes des Collines : la Corbière Catalane aux 17ème et 18ème siècles

Avis : Grâce à une masse de documents d’archives, l’auteur, qui vit à Vingrau et y puise ses racines, se penche sur la vie quotidienne de ses ancêtres corbièrencs aux 17ème et 18ème siècles, analyse leurs rapports avec le pouvoir, la famille, la religion, et le travail. Il relève des coutumes étranges, des traditions, des comportements et des valeurs humaines étonnantes, comme l’égalitarisme et le respect de l’étranger, et dresse un portrait psychologique de l’homme et de la femme des Corbières, cette femme qui occupe ici une place égale à celle de l’homme, cas unique peut être dans les sociétés rurales méditerranéennes…

De : Coquin Philippe
Par : Editions Lacour
Avec : 218 pages en 21 x 15 cm
Editions Lacour


Le Pays de Sault. Abbé Pierre Moulis. Editions Lacour, 228 pages en 21 x 15 cm, réédition 2009 d’un ouvrage paru en 1958.


Larrouse Catalan


Dictionnaire Français-Catalan : Christian Camps et René Botet. Editions Trabucaire 2007.


Dctionnaire Occitan-Français selon les parlers languedociens. Louis Alibert, édition Institut d’Estudis Occitans, 710 pages.


Termenès Fleur d’Épine,  toponymie et microtoponymie. Claude Pla, 800 pages. Editions l’Harmattan 2015.

 


Liens :

Les assertions fantaisistes  avancées dans divers sites n’engagent que leurs auteurs, certains ont puisé à des sources des plus troubles.

Les liens qui précèdent sont incontournables, des suivants tout autant,  nul doute que vous y reviendrez souvent.

Destinations

 

Gabach – Gavach –  Gavatch – Gavatx – Gavot…

Les liens sont dans le texte et surtout en fin de cet article.

 

Cabanes

Pareillement que pour le précédent.

 

Toponymes

 


Cartes de randonnée IGN Top 25 (1:25.000)

2448 OT : Thuir-Ille sur Tet.

2348 ET : Prades-Saint Paul de Fenouillet.

2248 ET : Axat-Quérigut.

2347 OT : Quillan-Alet.

2447 OT : Tuchan-Corbières.

Pélerins du Fenouillèdes Association de randonneurs basée à Sournia.

Consultation gratuite de la carte des Cassini : géoportail.gouv.fr

Tout savoir sur le Sentier Cathare.

Randonner-malin.com Conseils pratiques et techniques. Le site à visiter avant tout achat ou escapade.

CC Agly – Fenouillèdes en Sud Cathare : Offres touristiques patrimoine, Activités de pleine nature, Oenotourisme, Trail…


  • Le feldspath en Fenouillèdes et ailleurs : lasim.org
  • Mines de fer de Planèzes tpcf.fr

Ouragan Klaus

Une colère d’Éole d’une force telle que le département n’en avait jamais vécu, hormis en haute montagne et en couloirs très localisés. Le 24 janvier 2009 à 13h peu avant d’exploser l’anémomètre de Météo France Perpignan indiquait 184km, au même moment 177km à St Paul. Imaginons sur les hauteurs.

Les dégâts : Plusieurs dizaines de milliers d’euros sur le domaine public dans chaque village. Passons sur ceux que chacun a en mémoire pour avoir été longuement diffusés par la presse écrite, parlée et télévisée. Comme d’habitude cette dernière s’est attardée sur les lieux courus des P-O, notamment la forêt de la Matte. Comme si le manteau forestier du Fenouillèdes avait été épargné. Pourtant les dommages y furent majeurs.

A titre d’exemple retenons Boucheville, pour sa référence au niveau national et la force inégalée de ses sapins de ce côté du massif Pyrénéen. Autour de la maison forestière de Gastepa ou au sud sur le sarrat à 1200m d’altitude, des chablis à perte de vue, à en être désorienté. Vous avez connu cette haute futaie aux troncs de 2.60m à 3m de circonférence ou plus. Soit un houppier culminant généralement à 45m pour les sapins et à 35m pour les hêtres. Eh bien Klaus a tout rasé, sans exception, sur ces stations. Sinon torsadé façon serpillière à ressuyer ! Ces destructions systématiques semblent avoir été décuplées par des coupes à blanc attenantes.

Ce boisement relève de l’exception, en ce sens qu’il n’a pas été sur exploité dans les décennies postérieures à la Révolution. Ce qui explique le développement optimal des essences.

Espérons seulement que les générations des siècles à venir auront la chance qui aura été la nôtre d’avoir à contempler ces géants du règne végétal.*

Hauteurs : issues de sources O.N.F

Sapins : Abiès pectinata, sapin pectiné, sapin blanc des Pyrénées.  

Géologie

Vallée de la Désix à Sournia

La concentration de ruisseaux à l’eau pétrifiante et permanents, même en 2008, étonne en Fenouillèdes dans un environnement si aride que même les chênes à kermès  (garrouilles) végètent.

Nous sommes sur les terrains métamorphiques du synclinal de Boucheville, marno-schistes de l’Albo Aptien supérieur , étages du crétacé, lequel est la dernière période de l’ère secondaire. Tout prés du front de chevauchement nord Pyrénéen ou faille nord  Pyrénéenne qui séparerait la plaque ibérique du continent et de la zone axiale. Cette dernière correspond ici au massif granitique dit de Quérigut-Millas, la serre de Sournia, les forages de Campoussy et Sournia.

Laissez votre véhicule à Roquevert, traversez la Désix sur le pont médiéval et remontez rive gauche en suivant l’antique route de Sournia (balisage petite randonnée). En quelques minutes vous changez de plaque. La faille nord Pyrénéenne suit le cours de la Désix et de là via Montfort, Sainte Colombe, Usson, Niort… jusqu’au pays Basque. A l’est elle se dirige vers Bélesta et Néfiach, puis sa localisation se perd dans le golfe pliocène du Roussillon.

La zone nord Pyrénéenne qui s’étend du front de chevauchement nord Pyrénéen au sud jusqu’à l’axe Pech de Bugarach-Padern au nord, est fracturée par plusieurs accidents tectoniques. Des failles de moindre ampleur que la précédente, généralement parallèles entre elles, selon une direction est ouest. On retiendra celles de :

  • Puilaurens-Lesquerde par les sources thermales de la Fou.
  • Fanges-Galamus-Quéribus-Sud de Paziols.
  • Trois failles allant de la région de Bugarach-Le Bezu, parallèles entre elles, dirigées sur Duilhac, Cucugnan, Padern.

Quand à la prétendue faille nord Pyrénéenne par le Pla d’en Dalen à Saint Martin de Fenouillet, ce n’est qu’une affabulation comme celle du volcan sous la clue de la Fou, racontée par nos arrière grands-parents. Il s’agit de l’un des prolongements du nœud de failles de Fenouillet. Le panneau didactique du sentier d’interprétation géologique devrait être complété par la mention : Attention couleuvre, à avaler. A quoi bon une pareille assertion dans un Pays au patrimoine historique et naturel remarquable. Cartes du BRGM au 1/50 000.

Liens :

D’autres liens ci – dessous.

Pech de Bugarach

Cette montagne sacrée habitée de nombreux mystères est connue des géologues pour sa discordance du tertiaire. Un formidable chambardement tectonique inversa les couches du jurassique qui vinrent se poser sur les marnes du crétacé. A voir depuis les cascades des Mathieux.

Tremblements de Terre

21/02/1330 Secousse sismique, à l’époque sa durée a été estimée équivalente à celle d’un Avé Maria ! Depuis une bonne quinzaine de séismes significatifs ont été répertoriés.

02/02/1428 De forte intensité. Telle qu’il n’y en aurait pas eu de similaire depuis. Il pourrait avoir été de force 8 et selon les chroniqueurs de ce temps là, il aurait duré le temps d’un Nôtre Père ! Son épicentre se serait situé du côté de Camprodon.

18/02/1996 Magnitude 5.6 sur l’échelle de Richter. Lié au chevauchement des plaques européenne et ibérique. Faille nord Pyrénéenne ci-dessus, épicentre dans les environs de Axat et à grande profondeur. Ce qui explique que les dégâts furent modestes au regard de la force pré-citée. Blog Pierre Gresillaud ingénieur civil des mines,   gypse de Lesquerde.

Plusieurs villages jusqu’à Estagel subirent des dommages. Principalement à St Paul où quelques façades furent lézardées dont le choeur de l’église et le clocher du Chapitre avec ses stucs. A la Fou de volumineux rochers finirent leur course de part et d’autre de la route en pulvérisant le parapet. Heureusement c’était le matin à 2h45, le trafic routier était nul.

Une secousse anecdotique selon Georges Soutadé en la comparant avec celle de 1428.

Liens  :

D’autres liens ci – dessous.

Genèse de la Révolution Française

Les climatologues s’accordent à penser que cette séquence polaire  aurait été déclenchée par l’éruption du millénaire. Celle du Laki en Islande, due à la fissuration du rift. Du 08.06.1783 au 07.02.1784 sans discontinuer, des millions de tonnes de dioxyde de soufre en se transformant en acide sulfurique dans la stratosphère, ont généré un refroidissement anormalement excessif et prolongé sur l’Europe. Le soleil fut fortement occulté durant 8 mois sur le continent par le nuage mortel. L’air empestait le soufre. Des dizaines de milliers d’Européens sont morts, les poumons détruits par l’acide sulfurique.

Il est malaisé de déterminer si le Fenouillèdes a été ou non atteint, wikipédia.org + le nom de votre village.

Cet enchaînement néfaste est considéré comme étant la genèse de la Révolution Française.

Rift : Fossé d’effondrement au volcanisme à activité variable, plaine d’Alsace, Mer Morte, Rift Valley en Tanzanie..

Spéléologie

Sont à consulter :

  • Le n° 8 de la revue Fenouillèdes.
  • Sur internet, Karstologia n° 10 (2eme semestre 1987)
  • B. OURNIÉ – Présentation spéléologique du massif des Fanges et du Roc Paradet (Fenouillèdes, Aude et Pyrénées-Orientales) (p. 1-6).
  • Les grandes cavités du Fenouillèdes.
  • Grottes et cavités Paridulac.